Lettres à sa mère
rue des Postes, « c'est comme ma propre maison, ma vraie famille; son amitié m'est devenue tellement intime que je n'y songe guère plus qu'à moi-même ».
Michelet est très content des chapitres de la Grèce qu'il lit en manuscrit, et met cela fort au-dessus de V Itinéraire de M. de Chateaubriand. Un extrait purement politique parait dans le Globe] MM. Cousin et Villemain veulent parler du livre dans les Débats ; tous les amis croient que cette Grèce aura une grande influence sur la situation d'Edgar Quinet. M. de Lamartine le désigne comme inspecteur de l'Université, M. de Gérando et M. Cousin parlent de la chaire de philosophie à Strasbourg, vacante depuis que M. Bautain venait d'entrer dans les ordres. Rien de tout cela ne se fait, et pourtant il lui tardait de trouver enfin un abri assuré. Il écrit à sa mère :
(f Je suis las d'être seul, mon sentiment pour Minna est tellement éprouvé et profond ! C'est elle qu'il me faut. >
Il n'y tient plus et s'élance à Heidelberg pour six semaines ; ce temps donné au bonheur ne sera pas perdu pour le travail. Son livre s'imprimait à Strasbourg chez les Berger-Levrault ; il corrige les épreuves. En même temps, on faisait une seconde édition de Herder.
La Grèce moderne paraît ; aussitôt traduite en allemand et en russe, elle est très bien accueillie. M. de Chateaubriand écrit à l'auteur :
Je connaissais déjà, monsieur, votre Grèce moderne. J'ai éi& heureux de revoir par vos yeux cette terre des souvenirs. J'ai eu Toccasion de citer votre travail sur Herder dans mes Études
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^ijtorîgues qui vont paraitre.Ainsi^monsieur, c'est déjà comme iine vieille connaissance que j'aurai l'honneur de vous recevoir avec empressement dans ma retraite.
Agrééez, etc., etc.