RÉVOLUTION DE JUILLET. — SOCIÉTÉ DE
L'exil de raa jeunesse est fini ! » s'écrie Edgar Quinet se retrouvant à Paris. Quelle explosion d'enthousiasme ir la liberté enfin reconquise ! 11 est désolé d'avoir été ent de Paris, il ne se console pas de n'avoir pas mar-
avec les faubourgs. Dix-huit ans plus tard, il prendra revanche.
)ans ces jours d'enivrement, il ne se soucie guère de érature, et ne songe qu'à l'action durable qu'il fauit exercer sur le pays. C'est aux affaires publiques il voudrait appliquer son intelligence et toute son leur.
W. Guizot était assez bien disposé pour lui :
1 m'a reçu avec inJBniment de grâce et d'amitié; quoique . Lettres à sa mère.
son salon fût rempli, c'est à moi qu'il est venu en entrant ; i
il m'a conduit vers un canapé et nous avons causé pendant une demi-heure; il m'a raconté les événements de Juillet ».
Quarante ans après, il conservait encore rintonatioa. de M. Guizot, les paroles qu'il lui dit dans l'embrasure d'une fenêtre : c Monsieur, quand j'ai vu venir les or-
donnances, je me suis dit : € En voilà pour six mois » d'une franche tyrannie *. »
Arrêtons-nous un peu à cette révolution de Juillet, c^^ -îse moment est si beau ! L'exubérance de vie intellectuelle» jBe chez tous ces hommes jeunes et ardents rendait le; ^^ves liens d'amitié plus attrayants. Tous entrevoyaient pour 1^ Mi la France les grandes destinées de la liberté, et le profond .^cid amour de la patrie resserrait les nobles amitiés. Maisi^ il y avait aussi la curiosité des idées nouvelles qui entrai- M^ înait dans le même courant des natures dissemblables^^ -s* Edgar Quinet, sans vouloir s'affilier à aucune coterie, s- ^ aucune secte, examinait tout dans un esprit impartiale -'• Ses sympathies le portaient vers le Globe, « ce journal qu^ r" ^ * a refait, disait-il, de 1825 à 1830, la France morale e< littéraire, et même la Fran îe politique. "»
€ L'élite des esprits concourait à la rédaction; aus était-ce pour moi un événement, lorsque, loin de Pariî je recevais ce journal. C'est à mon retour d'Angleterr -^ que je le lus pour la première fois, dans un café. Il y ava£l- ^ alors, à la rédaction du Globe Villemain, Jonffroy, Gui — zot. Cousin, Pierre Leroux, Magnin, Sainte-Beuv^ ^