Mémorial d'Exil, inédit
INTRODUCTION. xi
ne doivent pas avoir toutes la même longueur, car le style deviendrait pesant et monotone.
» Suivre d'instinct la loi de la respiration, un souffle aisé, naturel, ni trop saccadé, ni trop haletarft, ni trop lent.
» Proportionner la phrase à la respiration, la couper, si elle est trop longue.
» L'unique moyen de se corriger, — il n'y en a pas deux, — c'est de se recopier plusieurs foig^ de refaire plusieurs éditions de son manuscrit. Récrire ce qui est écrit. »
Toujours à propos de style et de correction, il ajoute :
€ Jusqu'en 1836, j'ai écrit le français d'instinct. Mon séjour d'Allemagne en 1827 et 1828 m'avait bien gâté la langue. Oui, comme La Fontaine en parlant de Dubartas, je pouvais dire : « Ils ont > failli me gâter ! »
> Le voyage en Gçèce a coupé court à ce français confus et germanisé. Mais ce n'était pas assez. Depuis 1836, je me suis sérieusement occupé à perfectionner ma langue par l'étude de la grammaire, des grands écrivains du xvii« siècle et de Voltaire surtout, que je n'avais pas encore lu à ce point de vue. Dès ce moment, j'étais sauvé. Il y a une grande jouissance à faire une chose aussi bien, d'un fini aussi achevé qu'il est en notre pouvoir. Thucydide a pour précepte que, en Histoire, il