XII INTRODUCTION
faut dire les choses d'une manière nouvelle et avec une précision rigoureuse. Je crois avoir fait cela*. »
Toute lecture éveillait en lui des pensées de haute critique et lui suggérait les aperçus les plus neufs sur tous les sujets qui s'offraient à son esprit. Il remplaçait par des points de vue nouveaux les notions admises jusque-là et usées par la routine; une^ source pleine de fraîcheur vivifiait les terrains épuisés par les fleurs de rhétorique.
Ce qui distingue Edgar Quinet de tant d'autres écrivains illustres, c'est qu'ils se font un devoir de surcharger d'ornements leur pensée, et de donner un éclat uniforme à chaque partie de leur œuvre : quel que soit le sujet, ils le traitent de la même façon. Edgar Quinet, loin de chercher à enjoliver sa pensée, lui garde sa simplicité. Dans VHistoire de la Campagne de 1815 et dans la Révolution ^ il dépouille son style de tout artifice et laisse aux idées la noblesse, la majesté de la vérité.
Quelle éloquence il mettait dans ses entretiens familiers, au coin du feu! Une seule de ses idées eût fait l'ornement d'un beau discours. Quelles conversations j'ai entendues pendant vingt-quatre ans! Et j'étais seule à en jouir. Quelle variété de pensées toujours profondes, toujours justes, et si originales, si imprévues, que, dans chaque spécialité scientifique