‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 8 sur 150 · Mémorial d'Exil, inédit · texte numérisé non relu

Mémorial d'Exil, inédit

INTRODUCTION. xiii

OU artistique, elles éclairaient d'une lumière subite les spécialistes eux-mêmes.

Dans sa jeunesse, il était très expansif, parlait avec abandon, cédait à l'attendrissement. C'est depuis l'enseignement public, à dater des luttes du Collège de France, qu'il se maîtrisa et se concentra avec une puissance extraordinaire; ainsi s'amasse la source profonde qui alimente l'apostolat. La dure expérience des hommes, tant d'amis avec qui il fallut rompre, contribuèrent au maintien réservé qu'il s'imposa; il s'habitua à contenir ses sentiments.

Puis vint l'exil, qui changea ses habitudes. Jusquelà, il était aussi actif, alerte de mouvements, que d'esprit; qui a fait plus de voyages, de courses effrénées que lui? Quelle vie ardente en Grèce, en Italie, en Espagne, en Allemagne ! C'est en exil qu'il prit des allures graves, lentes, casanières, replié sur lui-même et n'éprouvant plus que le désir de maintenir son âme en paix. Les souffrances nerveuses qu'il éprouvait à la tête depuis 1851, à la suite de^ tant de douleurs et d'indignations, ajoutaient aussi une entrave à ses habitudes d'autrefois. Mais, pour tout ce qui lui était personnel, il avait une résigna* tion exemplaire. L'unique bien auquel il aspirât, c'était le recueillement nécessaire au travail. Quelle différence avec la première moitié de sa vie !

En parlant de sa jeunesse, il disait un mot plai-

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