‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 70 sur 150 · Allemagne et Italie · texte numérisé non relu

Allemagne et Italie

hâves, farouches, ces mosaïques dont personne n'avait encore parlé :

« Elles sont du m" ou iv" siècle, d'une main barbare; à coup sûr, elle n'était pas italienne. Mais il y a des œuvres d'art plus barbares encore et qui datent du neuvième siècle.

» Je m'occupai en même temps, dans la bibliothèque du Vatican des grands poèmes carlovingiens auxquels on ne songeait pas encore. C'est dans Ahasvérus qu'on retrouve l'empreinte de mes sentiments, de mes pensées et aussi de mes travaux en Italie. Je me suis inspiré de ces premières œuvres barbares du christianisme, de ces mosaïques et aussi des poèmes carlovingiens*. »

Son poème si étrange, si original,, le voilà expliqué : Vitraux, mosaïques, arabesques, colonnettes, fresques, statues et statuettes du splendide moyen âge italien, enrichissent de leurs formes bizarres ou harmonieuse cet Ahasvérus, vrai contemporain de l'église Saint-Paul hors les murs.

Jamais poète n'a autant vivifié par son âme les choses inanimées. Ces cathédrales, ces campaniles, ces tombes, cet univers mort et vivant qui chante ses joies et ses douleurs, c'est le poète lui-même.

Quel poème vivant que cette année en Italie! Il faudrait renfermer mille âmes en une seule poitrine pour sentir, penser, jouir et souffrir comme il l'a fait.

Que d'échos lointains résonneraient, si je pouvais dé-

Page 1