Voy. Lettres d sa mère
de ce vin de feu, lacryma christiy pour me rafraîchir. Ou bien je me jetais à la mer et je nageais si loin, que ceux du rivage n'apercevaient qu'un point noir à l'horizon. Un jour, par un violent orage, il me prit fantaisie de me baigner et de livrer combat aux vagues. Mon batelier voulut absolument m'accompagner avec sa barque. Je nageai plus d'une heure, disparaissant sous les flots ; aussi le batelier, en me ramenant au rivage, s'écriait : Per Baccot che raggazzot Questo si puo contarK »
De son ascension au Vésuve, il garde le souvenir de la grande respiration de la montagne, « soupir d'Encelade )).
Ce sol tremblant, cette nature saisie d'un vertige, ces intervalles de bruit et de silence, de lumière et de ténèbres, le calme de la nuit, le calme non moins grand delà mer, la montagne émue, autant d'images qui s'harmonisaient avec son âme. C'est encore dans Ahasvérus que flamboient les torrents de lave du Vésuve et la réverbération de feu des rochers de Caprée.
Mais le Mystère était achevé. Déjà il songe au Génie des Religions. Pendant son second séjour à Rome (jusqu'en juillet 1833), ses carnets sont remplis de notes très érudites, sur l'origine des sociétés religieuses étudiées par leur poèmes et leurs monuments.
Ces investigations artistiques ne détournent pas sa pensée des aff*aires de France. De Naples, il avait adressé au National une page ardente : « La velléité de sang que
i. Mémorial d* Exil finédlim
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le pouvoir a montrée en juin Ta durement marqué au front et le fait à présent reconnaître de loin *. »
Il venait d'être présenté à une famille charmante qui faisait oublier ses titres princiers par la simplicité et la cordialité de son accueil. La grande-duchesse de Bade, qui se trouvait à Rome, invita Edgar Quinet à venir la voir. Elle le reçut au palais Barberini comme un comr patriote, étant elle-même Française, et au plus haut degré, de cœur, d'esprit, de manières. Belle encore, grande musicienne, chantant des romances, elle en composait et de très sentimentales, entre autres : Une Fleur dans les thermes de Caracalla. Ses deux filles étaient avec elle, adorablement jolies; Tune avait quinze ans, l'autre seize; toutes deux gracieuses et bonnes et extrêmement enfants.
Ah! les belles promenades faites ensemble dans les environs de Rome, à Tivoli, à Frascîiti ! C'est lui qui va raconter une anecdote :
« Un jour, nous allâmes à Frascati; ces dames étaient en calèche, je galopais en avant et je les attendis dans le petit bois. J'étais descendu de mon cheval ; je rattachai à un arbre, et, assis à l'ombre d'un de ces beaux pins d'Italie, je me laissai aller à mille rêveries. J'avais fini par oublier la compagnie; tout à coup j'aperçois devant moi la princesse Joséphine. C'était un vrai type de Raphaël; les traits fins, réguliers, une enfant charmante de naturel et de simplicité. Elle me dit en riant que sa mère, sa sœur suivent à pied, qu'elle est venue en