‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 73 sur 150 · Voy. Lettres à sa mère · texte numérisé non relu

Voy. Lettres à sa mère

courant et qu'elle a une folle envie de monter à cheval.

» Rien de plus pressé que de réaliser la fantaisie de la gracieuse enfant ; je l'aide à grimper sur un bloc de pierre, j'approche le cheval; elle avait une robe blanche dont les plis flottants, agités par le vent, effrayent le cheval ; enfin elle prend son élan; d'un bond, la voilà en selle. Au même instant, le cheval fait un écart, il m'entraîne' la princesse tombe, et tous deux nous roulons dans l'herbe, aux éclats de rire de la grande-duchesse et de sa suite, qui apparaissaient justement à l'entrée du bois. Nous nous amusions comme des enfants, chaque fois que nous nous revîmes, au souvenir de l'aventure de Frascati*. »

Bien des années après (en 1863, à Genève), la princesse X. . . , accompagnée de sa fille, lareine de Portugal, séjourna quelques jours à l'hôtel de la Métropole, et, apprenant qu'Edgar Quinet se trouvait dans la même ville, elle manifesta le désir de le revoir. Celte entrevue avec le proscrit n'eut pas lieu ; mais, devant son mari et devant toute sa petite cour, cette aimable femme raconta à notre ami, M. le pasteur Chenevière, les souvenirs de son séjour à Rome avec sa mère et sa sœur. Elle n'avait rien oublié, pas même la promenade de Frascati.

Cette année en Italie fut une des plus riches de la carrière de l'écrivain. Il rapportait A Aasî;^rw5, écrit partout, dans les cathédrales, dans les villes, en gondole, sur mer, dans les catacombes, à pied, à cheval. Il rapportait aussi

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