Mémorial (TExil, inédit
les matériaux du Génie des Religions et des Révolutions d'Italie, et des notes pour Allemagne et Italie.
Poète, il Ta été jusqu'à son dernier jour; mais les facultés de méditation, d'observation sont venues équilibrer sa puissante imagination. Son séjour en Italie appartient à la poésie seule. Il suffit de parcourir une page i* Ahasvérus, pour sentir que l'ange de la poésie (ange ou démon) ne peut s'élever plus haut, ni d'un coup d'aile plus hardi.
. La muse de la peinture et de la sculpture aida à compléter l'artiste. Musicien, il l'était déjà. Avant de quitter son pays bressan, si mélancolique, il disait :
Peut-être eussé-je été musicien, si j'eusse pu saisir cette harmonie sans souffle et ces soupirs sans voix qui passaient comme des brises sur mon cœur. Quand le vent soufflait dans les bouleaux, je révais d'ineffables mélodies au fond des. bois; mais ces chants célestes ne dépassaient pas mes lèvres, et je ne sais aucun son qui en puisse donner Tidée.
Tous ces éléments d'art réunis ont créé Ahasvérus. Ahasvérus a tout le caractère d'un poème symphonique. Ne lui demandez pas d'autres clartés, d'autres interprétations. La symphonie en la de Beethoven, dans la seconde partie, reproduit pour moi la scène de la cathédrale de Strasbourg * ; il m'est impossible en lisant l'une, en écoutant l'autre, de ne pas les confondre dans mon esprit.