‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 84 sur 150 · DAVID · texte numérisé non relu

DAVID

LE COLLfcGK [)E FRANCE. 259

Les dîners hebdomadaires au Palais-Royal réunissaient encore des hommes que les divergences politiques allaient bientôt séparer à jamais : Montalembert et M. de Tocqueville, Lacordaire et Ampère, Sainte-Beuve, Magnin, Léon Faucher, M. de Gorcelles.

Que d'anecdotes sur ces dîners! Entre autres, Edgar Quinet se souvenait d*une interpellation comique de M.Magnin, qui lui demandait brusquement, tout en découpant un gigot : « Quinet, que pensez-vous de Tavenir des religions? »

On ne réussit jamais à entraîner Michelet à ces réunions; il préférait attendre son ami dans sa maison hospitalière, rue des Postes, où il avait un beau jardin égayé par les fleurs, par ses deux enfants, Charles et Adèle, et où Edgar Quinet se sentait comme chez lui.

A propos de M. de Tocqueville : « Il faut convenir qu'il avait un abord glacial, disait Edgar Quinet. Et moi aussi, j'étais obligé par là à une réserve extrême. Je sentais que ce monde n'était pas ami, je ne voulais pas me livrer; on m'observait. Avec mes amis, je bavardais comme une pie; mais, dans cette société, c'était différent. Fauriel me rapporta qu'un jour, après un dîner chez M. Guizot, celui-ci dit : « Quinet est très bien, mais il ne » parle pas assez ^ »

Il avait beaucoup d'affection pour M. Fauriel, et vantait sa parfaite courtoisie de troubadour. L'auteur de la Poésie provençale a écrit pour Prométhéeei pour iVapoléon des notes critiques minutieuses (écrites, puis discu-

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