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LA HONGRIE

le lils du cabarelier-boucher de la Puszta , Alexandre Petœfi , est tom))ée république : elle se relèvera république.

Autre question grave : la Hongrie pourra-l-elle renaître telle qu'elle est apparue en 1848, avec toutes ses anciennes provinces , et en bostilité contre les diverses races qui peuplent plusieurs de ses parties historiques?

Quoique les ennemis de la Hongrie se complaisent à poser cette question, je ne crois pas que l'heure soit propice pour la résoudre.

Cependant il est bon de rappeler quelques faits qui prouvent que les erreurs d'autrefois ne peuvent guère se reproduire. La loi votée le 28 juillet 1849 par la diète de Szeged proclamait la liberté et l'égalité de toutes les nationalités réunies sur le sol hongrois. Depuis lors, le 21 août 18."j4, Kossuth ^ proclamait la réconciliation des anciens ennemis et les conviait tous, Croates, Serbes, Roumains, à l'indépendance et à la fraternité. Enfin, au nom de l'émigration hongroise, Ladislas Teleki écrivait lors de la mort du général Bem, ce héros de deux peuples, des Polonais et des Hongrois : « Piccueillons

I héritage qu'il nous laisse, profitons du legs qu'il nous a fait : Ce legs s'appelle Amour. Jurons donc fidélité à sa mémoire, et partant amour et fraternité, sans distinction de races et de nationalités. »

Si tels sont les sentiments manifestés à l'extérieur par les plus légitimes représentants de la Hongrie vaincue, on sait aussi quels sont ceux qui sont journellement prouvés à l'intérieur. Confondues sous la même tyrannie, les nationalités rivales se rapprochent, et toutes attendent avec impatience le moment de se ruer ensemble sur l'en-

' Iiiscours prononcé à Haulcy sur la Guerre d'Orient.

nemi commun, le vainqueur pour celles-ci, le parjure pour celles-là.

L'Aulriclie disparue, — et il importe qu'elle disparaisse, car celte « casaque d'Arlequin » est formée de cadavres de peuples cousus les uns aux autres au moyen de toutes les iniquités politiques et religieuses; — l'Autriche disparue, linjuslice diplomatique est à jamais rayée de l'histoire et le règne de la justice nationale commence. C'est à cause de cela que le point central de la question des nationalités est toujours sur le Danuhe. Le nœud gordien ne peut êlre tranché qu'en Hongrie.

Dans la réorganisation plus ou moins prochaine, - mais forcée, — de ce faux Orient qui se disloque, grâce aux savantes précautions prises par les diplomates, la Hongrie doit jouer un rôle considérable. Asiatique d'origine et de mœurs sous plus d'un rapport, habituée à la liberté par mille ans d'indépendance et de constitutionnalisme, fortement imbue des idées de la Révolution française, nulle nationalité n'est plus apte à renouer immédiatement le lien rompu brusquement par un cataclysme. Son intime alliance avec la Pologne l'empêche d'être ennemie acharnée des Slaves, mais elle est assez leur adversaire pour empêcher leur union forcée d'être effectuée par le czarisrae de Saint-Pétersbourg. Catholique et protestante, extrêmement libérale au point de vue religieux, elle* peut encore servir à entraver la formation d'un catholicisme grec, qui deviendrait fatalement aussi dangereux que l'autre. Enfin, géographiquement installée entre le Danube et les Karpathes, elle seule est assez forte, assez militaire, assez sûre dès aujourd'hui , pour être la gardienne de cette citadelle avancée de la Piévolution.

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