VI. — LA RELIGION DE LA PERSE
Autant l'extrême Orient paraît immobile, autant semble agitée l'Asie occidentale. Avec les peuples Zends le mouvement de l'histoire commence, et « l'humanité se jette dans cette inquiétude qui ne finira plus. » Des hauteurs de la Bactriane, les Perses et les Mèdes, hardis cavaliers, s'élancent à la conquête, et, poussés par un vague instinct, ils soumettront l'Egypte, ils rêveront même d'imposer leur joug à l'Occident, qui les arrêtera à Salamine.
Deux découvertes ont révélé la Perse à l'Europe : celle des ruines de Persépolis et celle du Zend-Avesta. Commentant le livre par les monuments , initié à l'interprétation de l'inexplicable par son maître Herder, Edgar Quinet, en quelques pages lumineuses, décrit les origines, le génie et le mouvement de la civilisation primitive des Perses,
Dès l'abord, il reconnaît en eux les frères des Hindous, et, signalant l'identité originelle des doctrines des uns et des autres, il arrive à prouver qu'ils ont balbutié la même parole dans le même berceau. Le Zend-Avesta est, selon lui, la révélation ingénue des patriarches du haut Orient, ramenée par les Mages à un système de liturgie. La Genèse persane est celle d'un peuple nomade. Les territoires
' Génie des Religions, 1. IV, ch. i.