VU
L'œuvre sinistre du c£^lhûUcijsme et 4e l'invasioQ eai àcbeyée. L'Italie est teilenieiit morte que ceux q[ui parient en soii nom ne la comprennent plus. En leurs œuvres humanitaires, échos de la philosophie française^ les Beltinelli, les Beccaria, les Filangieri, lea Gàliani ne disant pas lin mot de la nationalité. Ils sont cosmopolites et n'pnt garde de se souvenir qu'avant tout ils sont Italiens. Aussi les craint-on peu à Xiome ^u^si bieii c^u'à Vienne ; on les iêcottte même^ on leur aççorcie, par excnsipl^ l'.aMition.de la torture; leurs théories «ont* trop élevées pour faire trembler les maîtres, elles passent par-dessus la tète des esclaves. Le prince-philosophe, LéQpold^ «accueille les idées île ses confrères ; il réforme le gouvernienient tôsjOAO ait par le bien qu'il fait, fortifie la domination étrangère, empêche ritalie de sentir son asservissement.. Tou( tourne^ au détriment d'un peuple conquis^ et pir^icipalepi^tiii fausse liberté, octroyée par le maître. La liberté sera reprise, un jour ou l'autre, et le mailre, par elle alTernii^'^
restera» Mieux vaut mille fois ^ franc^h^ .c^t, impiia(s^bj^ J
L'ITALIE m
tyraonie I (Ibacuo la sent, la voit, la louche et la liait. On finit par se lasser de, la subir, et, en Due heure de sainte
colère, on la i)i isc. Mais quand la mort est si douce, à quoi hou réver de, vivre? Saos doute la vie ne serait pas aussi agréable que Ja mort !
La RoYolatioa française éclate. Elle oflVe èlTtalie Tacconiplissement des prophéties de Joacliim de Flore et de Canipanella; elle dép9S8e de bien loin VÉvangile éternel et la au du Soleil ; .par la liberté, l'égalité et la fraternité, t elle entend briser le vieux monde de la grâce, inaugurer eniin, et sur la terre même, le règne de la seule justice. , . — L'Italie repousse la Révolution française avec une indi* cible fureur. Quand, au chant de la MarsriHme^ ms
volontaires descendent la déhari asser de ses oppresseurs, elle se relire dans l ombre et là prépaie les Pâques de Vér^nes Nous crions : Ywe la RéfuMique! On noua ré* pond : Ywe Marie et mcrt mm jaeebins l Nous proclamons la souveraineté du peuple. A bas le peuple! nous réplique le peuple, etril nous égorge eu hurlant : Vive l EylUe! Les prolitairos en mass# sont contre nous, ils mettant UmlL leur espoir dans le succès de nos ennmms, leurs ennemis^ I^our i'onder des républiques à riniilalion de la notre, à peine U*ouvona*iu)us quelque^appui, non dans la démoora^ tie qui se rue sur elle-même dès que noua retîrons'nos armées, mais dans la bourgeoisie, dans la noblesse, dans les cla^s privilégiées, auxquelles nous n'avons rien à donner) si ea n'est la déchéaiiee politique et aooiate i*
Pourquoi THalte hait-elle ainsi la République française? La petite cause, la voici : les exactions du Directoire sont trcs-liabilemeiU mises par nos ennemis sur le compte de lallévoltttionMMni«*bi''gtiinde^ k vraie cause, M. Qninel l'a pai lailement "saisie : le peuple italien, dont la longue et CirueUô ûducation catholique ^ perverti le sens^ u& voit en
LES SATIOSALiTiiS.
; I nous que. dex hérétiqtteS} et cest res|n*ii ducoeeilede .1 Trente qui se sert de lui pour combattre Tesprit de la
; Conveulioii.
Mais d'uù vient que la haine aveugle des classes p{)\mlaires est partagée, entretenue, surexdiée par de grands esprils tels qu'Ateert? — « Mon nom, écrivait au Dîrecloire i'autcnr du Misogallo, mon nom est ViUorio AUieri ; le lieu où je suis né, l ilalie; ma patrie, rvlls ntart » Voilà le moi de Ténigme. L'itidie, éyeillée en sursaut, s'entend rappeler à elle-nième, elle se cherche, ne se retrouve [)B^. lùi proie au délire, elle saisit un poignard et tue. — * L'Ortis d'Ugo Foscolo se soieide parce qu'il né peut embrasser nolle part la patrie dont i( est épris. Telle ert la vraie conclusion de la politique d'Allieri. — Cependant la tragique fureur du grand critique, à force de s'eihaier en même temps èt contre les peuples' et contre les rois; contre les pauvres, contre les riches; contre r.Église, les ji'suites et Dieu; contre Voltaire, la Philosophie et la Kévolution; contre les Autrichiens et les Italiens aussi bien que contre les Français, révèle k Edgar Quinet lappari-
\ lioii d'une chose nouvelle en Italie. Une nation délinilivenient morte seiait incapable de pousser d'aussi vivantes dameurS) et 1» haine enfonle cotmne Tamour. L'Italie
' revivrait*eile donc?
Napoléon, au faîte de sa gloire, tient rilalie eaticro sous sa domination ; il y semble d'autant plus fort et d'autant mieux assis que son empire est de tradition gibeKne, beaucoup plus italien que français. El pourtant, en 18lî2, les patriotes bourgeois et nobles de 1797, les anciens partisans de la France révolutionnaire se lignent avec le peuple et travaillent è délivrer Tltalie de la tyrannie firan*-* çaise. Encore ^ràcc aux étrangers, aux Autrichiens, aux Anglais, aux UusSes, l'Italie est^débarrassée de l'étranger»
i;iTAUC.
De nouveau^ après 1815, la \oiià sot» le joug, — joug doré, il eal vrai, de certaines libertés promises, oubliées an plus vile après la vidoire. Malgré tout, les principes que la Frauce a][épandus dcrricreclle ont germé dans les esprits ; Hs porferoi^ leurs fruits. D'autre part, toujours par le fait de la France, le $mnt»empîrê romain germa^^ nupte a élô anéanti, et comme il n'y a plus d* héritiers des Césars, T Italie se demande sérieusement, vers 1820, pounfuoi il n'y aurait pas une Italieir Dispersés à travers la Péninsule entière, les earbonari et, plus tard, des conspirateurs plus radicaux travaillent pour qu'il y ait une mtion entre les Alpes et la mer de Sicile. Dès lors le mou-} • vemient national, secret et publie^ grandit sans cesse jus-gu'à riienre fatale oà il épouse la chimère guelfe. 1 Oui ne se souvient de l'exaltation de Pie iX et de l inenanable enthousiasme que le pontife souleva en donnant du haut du trône de saint Pierre la bénédiction de mort & l'Italie renaissante? — Or voici ce qu'en Tautomne de 1847 osait écrire Edgar Quinet :
(( Enron; niie illusion (ju*c(Tact»ra bientôt la ]>lus déccvanle et la jiiiis anière flos réiilitts ! (lompliT pour s'affranchir (in rétranjrer et dev(iiir libre chez elle, sur l'éternel ennemi delà nationalité italienne et (le la liberté de riioninie! Quelle eandeur })U('rile et quelle fat:de erédulité î Que servent donc h l'Italie les enseign(ni<*nls de son passé, qu'elle se laisse eneore séduire ])ar le iiiirage qui Ta tant de fois Irouipce? Fùt-il trois fois saint, t e vieillard l'abuse. Pie IX manquera aux promesses, à la ])arole de Mastaï. L'institution sera jdus forte que le bon vouloir de 1 institué. l/esj»rit de l'Église remportera sur les intentions libérales de son serviteur. L'Italie est leuriée. Le calholi- > cisme et Pindépendanee, le catholicisme et la bberté sont radicale- \ ment iucom pat i Ides. Vous vous a}>puyez sur la papauté pour voug relever; vous retomberez plus bas encore i vous voulez renaître par rÉfflise, vous mourrez ^ »
* Voir le même avertisisemeat donné dès 1844, VUramoiUaHÙtmet leçon iX. . ' .
ttS LES NATIONALITÉS.
Nul avertissement, hélas ! ne fut moins écouté. — Et certes, Edgar Quinet (il tout ce gui dépendait de lui pour entraver-ia ràiKsation de stf sinistre prédkiion. Qui n'a eiitendii ks hrUsê paroles jetées par lui du haut die la fri» bune française, qui n'a lu ses ardonls païuplilets lancés dans la i'oule, tant que se développa la révolution italienne, tant que, pour d^^autres, elle resta indécise? L'Italie en doit une étemelle reconnaissancé ft Teitilë, — et la France également, car par sa voix patriotique elle a prolesté avant, pendant et après la ruine de la république ro* maine.
* Kt maintenant que dix années se sont écoulées, que le , tyran napolitain pèse librement sur son peuple, que le ' souverain pontife bénit TunitersaUté des fidèles sous k
protection des baïonnettes étrangères et<|uc Vemperèur autrichien règne en conquérant sur Milan el sur Venise, comment ritaKe revivra-t-elle? '
Tonte son histoire lui' crie : — Tn as été tuée par la papauté et parTempire ; à l'empereur tu as dû 1 intervention permanente, la sujétion à Télranger, rinconscience de ta personnalité nationale ^ de ton droil ; au catlidli* cisme, au pape, cumulant à ton>eentre les deux pouvoirs, tu as dû de ne jamais l'appartenir à toi-même, d'être la terre cosmopolite, perpétuellement ouverte à tous lès^en? vabisseurSfSans cesse appelés par le vice-Dieu sans patrie* Du pape tu ne te délivreras pas par l'empereur, — en vain tu l'as essayé depuis le moyeu âge ; — de l'empereur tu ne te délivreras pas par le pape,.^ hier tu^en as eu la preuve de la main de la fillê aklée ie VÉffiige, Rentre ime '
en loi-ménie cl déharrasse-toi de tout ce qui n'est pas loi. A cette condition seulement tu vivras.
I Double est la quesUon de la renaissuice italienne. Elle
• est nationale ; elle est religieuse.
Nationale, elle a été admirahlemont posée par Daniele Hanin, le héros de Venise, en dehors, au-dessus de tous les partis, et résumée en deux ibots : Indépendamey Unt-
fication.
Qu'il n'y ait plus d'Autrichiens en Lombardie, plus de Suisses à Kaples, c'est biert ; mais ce n'est pas assez* H faut qu'en même temps soit aboli le domaine temporel,
qu'il devienne désormais impossible à TEurope de croire ou de faire croire que cette terre italique n'est point à l'Italie et qu'elle esl au monde.
H La raison^ dit Edgar Qninct, dans ses Bévolutions, la raison le refuse h concevoir comment Tltalie peut àtrc affrancliie de l'étranger * en gardant à Home pour souverain le pape, c'est-à-dii'e réternel étranger qui, s*il est quelque chosp, est la négation même de ndée de patrie. Vous voulez guérir un blessé en de mort; ne lui laissez pas du moins ce fer sacré dans la plaie. » — • L'Italie^ ajoute-t-il ailleurs', pour la centième fois l>i is(>e, violée, lacérée, souillée^ étoufiee»au nom de TÉglise, par toutes les nations dites catholiques, peut échapper à ce grand coupe- gorge qui se dresse pour elle à chaque ttècle : le moyen radical, le seul efficace, est celui que lui ont conseillé tous les grands hommes du passé, en l'invitant à réformer: son Église; \p moyen e^ de rompre son lien spirituel avec la nef de Saint- Pierre, qui en s*engoulîrant Tentraîne dans i*abime« Il B3T tufs us coofsa LE cable! 1
Ainsi la question ilalieuae, diplomatiqueiuent insoluble, devient une question réirolutionnaire de pr^ier ordre. — « Après avoir été la mère de la servitude uni- '
verselle, (rUalie) eiilanlera la liheiié de tous, si elle veut jamais se délivrer elle-nième. d — tlle le voudi*a, elle le veut. Recueillant avec amour les saintes paroles de vie adressées par Texilé français aux exilés italiens, patrie
* I,a Croisndr aulrirfiirnnr, française, napolitaine, eftpagnole contre la république romaine, p. 'i- ('(lirMui. Paris, 1X40. ('.liamorot. — Lirr doux îulmirahles discours piotionccs par Ëdgar Quincl le décembre 1848 «a le 7 août I8i9.
m LBS NATIOHAUTÊS.
nouvelle de l'héroïsme, elle répudiera sa tradition impériale et papale, et, reprenant enfin son élan vers TaveDir, en brisant ses chaînes elle brisera celles de toutes ses sœurs, rivées au même culte et au inèuie esclavage.
Du reste, la révolution est désormais accomplie moratement. Il n'y a plus en Italie, pour soutenir ta papauté, que le fait brutal de l'occupation étrangère. Ces deux faits disparus, il n'y a plus, pour soutenir rempire, qm^ le lait diplomatique. — Au premier coup de canon tiré au nom de la nationalité italienne, la nationalité italienne existera sans empire et sans papauté.