VIII. — i/allejiagne
La dernière exceptée^ toutes les études d'Edgar Quinet, . examinées précédemment, roulent sur les' nationalités
, du midi de l'Iùii ope. De Grèce en Kspagne et en Portugal. d'Italie en Roumanie, le savant démocrate proclame, un même priadpe : Tunité des races méridionales ^ Dans son ardent amour pour ees peuples , naturellement frères , il
ne veut point entendre les voix de malheur qui crient : Us sont morts, les peuples du Midi 1
«♦ S'ils sont las, iv[»lique-t-il, ils se repostM'ont ; s'ils sont assis, ils se riît^vcront ; s'ils sont morts, ils ressuscitiTont ; cnr ils sont nécessaires à l'écorioinie (le la soc iété iiioderae, el leur ^jlace est marquée par les ({ébris uièiu(is. du calhoUcisme. »
Et îl excite la France de la Révolution à jeter à ses sœurs la parole de vie, à fonder la première alliance, celle que Ton nommaiiit à bon droit la Ligue latine. Mais son œu?re, d^ si vaste, ne se borne pas là. Au Midi, il veut, d'avance,
unir le Nord, el il prouve que telle est la tendance générale de la poésie, de l'histoire et de la vraie politique moderne,
' Allemagne, dans Allemagne et Itm ie, Révolutions d'Italie. 1. î, ch. v.; i. II, ch. I". Essai sur les Œuvres de Herdeii; Examen de la vie de Jésus, Ultramontaniême, leçon V, aux tomes II, III, IV, YI» des Œuvres com* pléteà d'BiMA Qvnitt.
que telle est encore la mission de la France , n^djalrica natm elle par sa position et par sou géiùc.
M. Qilinet n'a de |H'éférence peur aocim peuple, pour aueun groupe de peuples, à Texclusion d'aucun autre. U les Cl oil tous destinés à coopérer «à l'œuvre connnnne de liberté , d'égalité et de iVateruilé , el il les coavie toua à s*eQtr'aider pour, briaer les tyrannies qui les opprinmt. C'est pourquoi , bien que s*oceupant particnlièrmnent du réveil et de I miioa de la vieille race roiuaoe, il salue avec nne aCfectiieuse émotien l'apparition sur la scène politique de ta jenne race slave, et , en même temps , par-dessus le Rhin disputé, tend la main à la race germanique, lui prêche la coucorde et 1 aaïQur, et sans cesse iui demande : « Dor* iptez-Tom on veiltes^YOUs, ma scpur? » ^ V
Edgar Quinet , dès sa première jeuifesse, eniraîiné instinctivement vers rAllemagne, sans pourlanl renoncer à sa filiation éminemment française, a réalisé en lui-même l'union i4^]e d|i||»di^^4afL ^f^ijd.. Et c'est àcause de cela que ses études franco'^frerroamques, si profondes et si lumineuses, sont si sympathiques et aux Français et aux Allemands. Lorsque la France se contentait encore de l'Allé^magne de fantaisie de madame de Staël, c'est lui qui Tinj^ tia aux secrets de l'Allemagne vraie; et les travaux qu'il consacra à cette initiation, échelonnés de i8oi à 1838, forment en qu^que sorte un tableau n^ouvant sur fequel se, rap^redtiisent avec nne eiactitude rare les mé^^im^^^ (^oses des idées allemandes avant 184S. " ^ -
. Le premier mérite de M. Quinet est de n'avoJ^ point, mandit^l^ri^^Ea^^ allemande parce que c^;
réveil a été payé au prix du sang français. De plus, lors^^ que nul n'y voulait croire, il atîirma que l'unité était de-^ venue la pensée yrc^j^pi^fie^^ntinne , nécessaire, qui pécié<^ trait en tous les sens ce pays divisé à Tjifiii^ ; ,et fp^ ^Hi^
254 LËS KÂTIORÂtnÊS.
désormais y poussait, religion, philosophie, art, droit, commerce, liberté et despotisme. ' ■ .....
Luther, ea portant un coup mortel à la papantè, avait en même temps brisé l'unité dii saint-empire r(rmain germa^ ni(iue. Par la Réforme, la conscience individuelle s'était affirmée, et en s'aftirmant avait dissous la confusion féodale unifiée. Après les effroyables divisions àristcfératic^oiirgeoises qui suivirent l'écrasement dës Jacques d*6otre-Rlnn réclamant les conséquences matérielles de la révolution spirituelle, après la guerre de Trente-Ans, l'AUeinagne épm* sée, dévastée, mcnroelée, n'existait iduÉ» guère què 4e nom. Depuis lors, — comme l'a si nettemént expliqué M. Quinet, — deux choses ont servi à rendre à l'Etat la conscience de lui-même : d'abord, le mouvemânt littéraire et philosopHique de ta fin du dix-huitième ^le ; ehsuite et surtout la conquête napoléonienne. ' ' ■ • > ^
Divisés dans la vie publique, les Allemands se retrouvèrent pour la première fois dans ia vie littéraire, t/entlK)usiasme soulevé par un poëme de Gœllie, par un drame de Schiller ou par une improvisation de Fichte, rapprocha les âmes, et, durant un demt^sièele, « la dictature de Tart » renoua le lien brisé de la nationalité. An début de la Révolution française, la philosophie allemande semblait en être la réllexion. Kant, qui saluait I ère nouvelle avec ambiHr, a le même caractère que la Constituante ; a mémeM espérances illimitées, dit Edgar Quinet, même enthousiasme du devoir, mêmes acclamations sur sa réforme inattendue... L'héroïsme est h condition de sa philosophie morâle, comme ille devait être de la soéfété enfantée par la déclaration des droits. » Ficlile représente « le génie abstrait de la Couveution ; » philosophe montagnard, il méprisé le passé et la tradition, défait, refàit la création . étérnelte, et, sur la négation de la nature, plante révolu-
I/ALLEHAfiNE. 235
Uonaairement la volont(« liumaine. Plus tard , quand la Francë révolutionnée déborde jusqit'en Egypte^ la philosophie allemande s'tmhrersaiise aussi. ScKelItng embrasse à la fois « les rêves d'Alexandre et le panthéisme Scandinave. » Bientôt Hegel, remuant les idées universelles au ctntrè dé là Sainte-Alliance, de la thèse à l'antithèse; et par la synthèse, d*'ah80ltt en absolu, aboutira a cette doctrine de mort morale : « S*accommoder de ce monde tel qu'il eîst et pourtant lui être supérieur, » Ç'pstlà, en effet,» i{ue devait fstaleàidnt conduire telhétiailB^ànc^^ X luelle allemande. Le grand Gœthe, « immobile comme le sphinx du désert, » Wieland et Herder, dans leur sérénité sublime, mènent diréctraent à Tari pour l'art de Tieck et de Jean-Pskd^RieHtér. Avec la critique des frères Schlegel, l'art s'éloigne de plus en plus de la terre, et la littérature, égarée dans des nuées indéfmissâbles, y plane sans qu'aucun bruit de la sodété poKtique puisse monter jus-
qU'àerte. ' ' V- - — : ^v-^*-^.. ..v i^: : -'M - •
A peine retrouvée, grâce au sublime effort de la seule pensée, T Allemagne se serait évanouie en fumée transcendftntalë, 4Bi elle n'avait reçu tout à coup le rude choc de la France. En la foulant sous les pieds de ses chevaux, Napoléon lui rendit un double service : il brisa la carapace féodale soùs laquelle elle étouffait, il la réveilla à force de se faire haîr, la groupa contre lui-même, si bien qu*à Leipsick elle se dressa invincible devant son invincible ambition. Alors on vit l'Allemagne, sortie d'elle-même, y rentrer avec fureur, Restreindre son horizon vague, nationatisér son art entre le Rhin et le Danube : les frères Grimm scrutèrent les antiquités germaniques pour relrouver les titres oubliés de la nationalité ; la musique universèlle de Mozart et d'Haydn fut germanisée par Weber et Spohr ; Cornélius lit reculer la peinture jusqu'au fond
m LES SATIOftAMTKS.
du moyen âge, ver» les temps gkirieiix du saûiUemjiire ;
enfin la poésie endossa la giberne, mâcha la cartouche et
(Mitonna le Chotit du (jlaive avec4vœnier et Uhland. M«U cûUe reuais^ance sous la iorme militaire ne pouvait pas plus que la renaissance pacifique et idéale amener ininié<> diatement de féconds résultats. Gothique et carlovini^ionne, au service de toutes le$ âfiôlocraties européennes, elle devait être comprimée par ceux mêmes qui Tavai^nl encouragée, des brillantes promesm de la Sainte* Al* lianco, en 181.1, tomber dans les amères déceplions qui couronuèreul la viçloixe de , Waterloo et la prise de , Paris.
La Révolution de ISôO n*exerça qu'une action peu apparente sur l'Allemagne, remise sous le joug de ses rois, princes et principicules.. Cependant, rambition politique, éveillée en 1814, se trouvait excitée de nouveau par le coup porlé en France à la légitimité monarchique, et, si rbomièleté et la naïveté alleinaades étaient incapables dei comprendre les fictions parlementaires, du moms* les esprits conocTaient-ils avec plus de lucidité une forme politique nationale. Des 1851 , l'aspect de l'Allemagne pensante permettait à Edgar Quinet de prédira le parlement de Francfort, le Zoliverein et les révolutions de. Berlin, de Vienne, de Bade, de la Hesse et du Wurtemberg. Dans le silence et sous rimmobilité d alors, l'observateur attentif finissait par découvrir le mouvement unitaire esprits et les secrètes aspirations de la philosophie à se produire dans les faits. Pendant que d'autres peuples remontaient « de Texpérienceà la spéculation, » rAUemagoe «.iaclinait vi^ siblement de la spéculation à lexpérience. »
Durant la première période de leur renaissance, les Allemands avaient fait prédominer leur faculté de synthèse ; iiUuilivemeut et laborieusement ils avaient systématiaé
i;aixkma<.m:. 2.h
tous les arls et lonles les sciences, el s êlaient lancés avec une audace sans pareille dans les jiiéncralités les plus abs- Irailes, vers les hauteurs inélapli\>if|U('s \os plus incommensurables. Mais, par excès d'universali^alion, ils nvnicul j)erdu jusqu'à la notion, au sens du détail, souvrnl le méconnaissant, le transformant souvent on ensemble, dételle sorte (ju'unc bulle de savon devenait à leurs yeux un soleil. D aulre part, à force de chercher à travers Tirréel l'affirmation sans bornes, ils avaient trouvé l'absolue nc- }j;ation, el Thonmie, absorbé par T humanité, tendait à se dépersoimaliser, à disparaître dans le panlhéisme. Mais a |)eine les demi-<lieu\ de l'époque héroïque de la philosophie, les Lessing, les (iœlbe, les Hegel, les Klopstock, les Schiller, les Kanl, les Fichle, les Herder, ont-ils disparu, que l'universel, le spirituel et l'idéal absolu send>lent avec eux s'évanouir. L'Allemagne, conliaintc à se retourner sur elle-même pour résister à la con(juéIe, dans les s|)hères intellectuelles se retourne aussi ; de la synthèse créatrice elle descend dans l'analyse dissolvante, de la foi ai lisliijue et j)hilosophique dans le doute anti-religieux. Toutes les vieilles croyances, — jusques et y compris les plus nationales, — sont battues en brèche, non- seulement par les crili(jues, mais avec autant d'ardeur par les savants, les philoso|)lies el les poètes. On dirait d'une iniwnd>rable armée do. termites prenant tout à coup possession «lu vieux bâtiment du passé, le sciant dans tous les sens, le rongeant, le dissolvant, le brûlant d»» leurs acides jus(prà ce qu'en entier il ait passé dans des millions de |)etits estomacs, (pii le digèrent, le rendent en poussière, le réiluisenl à néant. De leurs ilèchesd'or, brillantes et mortelles, qu'ils lancent avec une furie toute française, les Hœrnc, les llerwegh, les Lenau, trans|)ercent el mettent à jour le monstre féodal, et, connne dit Edgar <juinet, « le long
LES NAnONAUTtS.
monologue de l'idéalisme allemand finit par rédatde rin^ d'Henri Heine, > Les Woll*, Jes Kiebubr ei leurs disciples, démolissent l'antiquilé grecque et romaine, les Bauer, les Daiil), les de Wette, les Lengerke, les. Bohleii, les de \\ atke, les Strauss, — et depuis les F^^rbacb, .-^ tous prêtres et .la plupart professeurs de théologie, ayec uae patience, une obstination et une impassibilité olympienne, pour le seul honneur de la science, livre par livre, moi:*ceau par morc^ip, yeraet par verset, dissèquent ÏAnàm Testament, le Nouveau, Dieu même, sapent et font sauter toute la reli^it»u ofticieUe, toute 1 mmmaiile orUiodoiie chrétienne.
(t On dirait, s'érric M. Quiiiel, (jin\ pour gapre d'impartialité, chaque tiiéolo^icri se croit oblige, pour s:i })art, do jeter dans le gouffre une feuille des Écritures. D;ms celle étrange ardeur des hoiniues d'Église à saci ilier eux-niènies le corps et l;i lettre de leur croyance, n'y a-l-il pas qiK'lipie chose fpii rappelle celle nuit de la Coudtituaiitey OÙ chacun venait brûler ses lettres de noblesse? •
Contre cette critique révolutionnaire^ M. i^uiuet .cro,yait devoir réagir^ en ,1858, afln de sauvegarder la persimma* lité humaine menacée par la réduction en mythes impal* pables d'iudividualitcs telles qu Homère et Jésus-Christ, ll setirayait aussi de voir rAUcma^ne^.repreiiaut.etparii* chevant ]a partie; négative de Tccuvre de Voltairei perdre son originalité à mesure qu'elle s'éloignait du pur idéalisme, et renoncer aux aspirations de ce .génie cosuiopolite et i^ipartiali qui lui avait donné un.si gi^nd a«(^ndant moral/pour s'enfoncer à Taveugle dans une voie coodui*
sant au vide. 11 signalait aNcc tristesse qu'en travaillant ainsi n la desl|'UcUon radicale dM chii&tianisnie , elle n'enfwtait^ point une fi^f.nouxçlle, que le titisme rmdifTéreiiee gagnaient chaque jour du terrain dans )e do> iuaine dçs àmes,.e| que 1^ çilei^ce lîûsait aiU, milieu^ du
li'ALUilMÂGNB.
boiileversaoïeat pacifique mais eoatioii de teu» les aniiqnee systèmes. I)e ce silence, néanmoins, il n'auga-
rait pas la iiioi t; et, en dépit des apparences, il aiiirmait :
« Une transformation profonde travaille aujourd'hui les peuples alleniamis. Cette révolution ii'ist point apparente et bruyante coinine celle.s qui s'opèrent en Fraiicc, en Angleterre ; niais il eîbt ausbi impossible de la nier, et elle va aboutir à des résultats semblables. »
Suivant donc avec intérêt ce meuiRemenl intkne de l'AI^
leniapie démocratique et unitaire, il s'efforçait, d'une part, de lui concilier l'opinion irançaiseï et, d'autre part, de lui ôter lë earaetère inojen âge el on^rançais, qui hâ semblait y être imprimé moins par le peu[)le même que par des publicistes lualadroils doiil la censure encourageait les eitf;ès puisqu'elle les autorisait* Discutant un à un les mal- " iieurenx préjugés , btténdres et pcrtitiques qui tendaient à séparer éternellement les Français des Allemands, ridiculisant avec une é^le vivacité la teutouianie et la gallopho- -fafey il ne maHfjpuit pas un» «ecanoa d'apaiser la vieille ifiepute du Rhin, d'arraeherdes ossurs les raneutfes de h conquête, les souvenu's de Leipsick et de Paris, de pi èchcr eniin la concorde et ia réconciliation.
'^nmoA son eours do Collège de France, le SO mars 4844, il disait:
t Les Allcniunds comprendroniHls enfin qu*il est temps d'oublier •lapINHidind de i8i5, et que tout n*e$t pas tnawais dans la tradition d6>iM morts de Leipsick? Si l'alliance de Te^^prit fraoçais et de TeB» prît angUia a j«té de grandes iiunières dans )e dii-huitièiue siècle, oiii, je TaTOue, j'ai cru longtemps qac Talliance de rAlleniagne et de la France poui>rait également honorer le dix-neuvième... J'ai cru que eette ligue sainte , était la plus furte ttnmûlle contre les préteutims da passé, de queliiuei pact qu'eUes .vinssent. . . .
ff Encore une fois, je fuis ici appel aux écrivains, aux penseiyrs aile-'* mands. Qu'ils rejettent loin d'eux des iferments de liainc aujourd'hui SanS'gnœdsurl Les fispaaliote» qne^ran a dit si iinplacableè» ne nonr^
•2; ) lifô 19ATI0!iALtm
i\ sent uoiilrc nous aucun ressentiujeiit ; leur tej ie, Dieu merc i, M>>asiée de noire sang. Et la terre d'Allemagne n'en a-t-elle j»as assf/ j.u eu les Allenjands sont-ils devaneés par les Espagnols'.^ Ce qu'il y a de liiV, cVsl que la liaiiieest du passé; ralliance, c e«t ra\enir. »
n été, en Aikinagnc, l'épaoouiâ^emeut |>réci|ûié tïune double fleur, d'enthousiasme : enthousiasme d% jeimi^s boiirg^^ds qin ai?ri«it oubBé de itaître en 1850, eiillioiisiasiiio .le jeunes socialistes trop pressés de naître. i848 HYorta, Lï comme ailMrs, parce 4]4ie ia poiitufue craignit de loue!x*i! à la religion et que Ténergie rèTohition* naire lit absoluir.ent défaut. L'Allemagne socialiste et républicaine, si lail;ie encore, ne put qu'annoncer l'avenir eii yersaiU largetuent wi sang* Tout leinrésent appartint an eonsiilutionnalniUH^. Le conâstituttomiaKsnie, réuni en as- * semblée unitaire à Francfort, abolit, — il Faut lui rendre tcelte justice, — plusieurs des abus féodaux, notanunent les corvées, les prérogatives judiciaires des seigneurs sur feurs terres ; il améliora le sort des juife. Mais, pars(m réve de saint-empire à la Barberousse, — rêve qui le poussa à jeter le mtinteau de Siaximilien sur les bourgeoises épaules du grosFréd^icrGuiliaiime, lequel n'en venlut pas; *^ par son hostilité égoïste à l'égard de la Pologne, de la Bohême, da ritalie, pai* sun em|)ressemeut à sévir, de coucert avec les rots, princes et arislocr.: es, contre les insurgés pié> béiens, il mérita la fin si triste, si ridicule, qu'il a eue.
Le parlement de Francfort dissous, rAlleinagne, sans ein|>ereur ni enqiire, retomba dar.8 la confusion de i815« Duàlitédu Kord etdu Sud, Prusse contre Autriche, Saxe contre Bavière ; dualité de TOuest et de l'Est, Bavière contre Wurtembei'g ; hostilité de la Hesse contre laHesse- Cassel, du royaume de Saxe contre les duchés de Saxe, de Saxe-Cobourg contre Cobourg Gotha ; lutte du protestantisme et du catholicisme, piélisme. prussien, jésui(isaue
autrichien; hobereaumm et là; tout ce qui la torturait
iiaj^iière, la tiraillant, la tenaillant flans tons les sens, la torlure encore. Avec le reste de 1 kiurope, il iaul l'a-» vouer, jelie est plongée dans une ouït lugubre; sa splen* deur inteUectUfille et morate d'autrefois est totalem^
éclipsée.
Le peu qui reste de TAUemagne pensante poursuit la« borieusement l'œuvre de pure critique déjà commencée.
Les derniers des philosophes achèvent la destruction de la Religion el de l'absolu; puisque Voltaire, semble-l-il, n'a pas asset démolî, ils reprennent Voltaire ; ils veulent faire lable rase de Fidéologie du passé, en attendant l'avènement « délinitirde la Nature vi de la Jiislicc.
- Malériellenient, — comme ses voisins, — l'Alleniagne a eu à subir toutes tes déceptions du régime de la féodalité financière. Knfonéée jusqu'au cou dans ta boue de l'agiotage et de rindnslrialisme, elle y eût étouflc si les hasards de la crise ne commençaientà l'en débarrasser.
Chose phis triste encore ! Les Allemands, si patriotes qu'ils Fétaienl trop, ont pris, eu dégoût du préseul, leur patrie même en liaine. Quelques-uns parmi eux se complaiaenl, aux applaudissements de la foule, à ravaler toutes les choses allemandes.
11 en est (Tau très, — et ce sont des populations entières, — qui fuient ù deux mille lieues de la patrie marâtre. Dans k Basse, dans le Fatattnat, on ne trouve fà» de jeunes gens pour la conscription. Ka Wurtemberg, on pourrait citer des villages où il ne reste pas àme qui vive pour maudire l'impôt, la misère, la tyrannie et la honte!
Mais rAUeowgne tombée sa relèvera. Sous le passé détruit par son implacable recherche, le préaé^t couve Vth venir; au sein du silence apparent et du désespoir trop réel, la révolution ewte, se prépare, triomphera. Uéri-
Ui lES NATIONALITES. •
tkmdeta pmëée germaine, les peuples, an jour du réveil,
viendront sur le sol sâcrc de rAlleniagne, — poitrine européenne, — sceller la grande alliance ; et c*est elle, — Ga^Êom miAer^ ^ qui, lAouis aclhe, donnera aux plus Mstift lea qualités prémuses' que ses^ebfants ont conservées : la mesure , la solidité, la conscience, la persévéranee, T honnêteté, la profondeur et T universalité.