‹ Edgar Quinet sa vie et son œuvre CharlesLouis ChassinChapitre 29 sur 66 · POLITIQUE NATIONALE DE L\ FRANCE · texte numérisé non relu

POLITIQUE NATIONALE DE L\ FRANCE

1850, qui, punition méritée par la dynastie de IMriTasion,

lui apparaît, à son retonr de Grèce, comme le réveil de la nationalité française s'arrachanl à la honteuse tutelle de la Sainte Alliance! Avec quel désespoir il voit bientôt le gouvernement de Juillet s'agenouiller humblement devant nos ennemis, par eux se faire pardonner son origine, leur livrer de nouveau l'honneur delà France, consentir enlin à celte servitude qpii, naguère imposée par la forée, venait d*élré brisée parla force! Quek cris de rage, quelles prophétiques menaces il adresse à ces bourgeois sans conscience, à ces iidTs constitutionnels, qui laisseoi la Russie forger la Pologne, TAutriche appesantir son joug sur ntalie, qui conduisent la France, ravalée au dernier rang des nations, écraser sous les ordres de l'Angleterre uu petit peuple dont le seul crime est de nous imiter l

« Les deux gnuvcincnîoiils qui ont précédé la RépuMiquc sont tombés pour s'chc enrôlés dans la Sainte Alliance. La Restauration a eu son expédition de 1825, par laquelle elle a étoulTé le libéralisme con« slitutioniiel de PEspagne; elle Ta expiée en 1850. Le gouvernement de Louis-Philippe a eu en 1K47 son expédition de Portugal, pour la-^

quelle il a détruit la révolution portugaise; il Ta expié en 1848

Telle a été depuis Waterloo la politique de la Sainte Alliance : faire servir la France d'instrument contre les amis de la France; et pour cela deux buts ét:iicnt poursuivis h la fois. Premièrement, détruire par nos propres mains les gouvernements libres; secondement, nous déshonorer par nos pro{)res succès'. »

18t)0 n'a pas voulu « échapper aux fourches caudines de Ja Sainte Alliance. » Mais maintenant que 1848 en a puÀi 1830, que va (aire la France républicaine? Immobile tout d'abord au milieu de l'Europe soulevée, elle crie : Paix 1 quand il eût fallu crier ; Guerre I

L'Europe soulevée est bientôt ramaoée sous le joug...

^ La Croisade contre la république rommue, |). 5, 4.

uss s ATioiruiiAs.

Depuis lors, la France de 1789 a~t-elle reconquis sur les peuples t'asceudant jqu'on lui a iaU perdre? C^mstiUiée une fois de plus en de^rs des traités de Viemié, a-i^e jeté aux nations serves la parole de vie? a-t-elle effacé sur la carie d'Europe la charte de 1815?...

Ne désespérons jamais de la France^ et répétons avee £dgarQuinet':

- . « Quelquefois, cbnt nos tbéorjes» je vois pâlir te Fiafiee. te pitrie, profit du genre humain. Ne vsini abiDikinBei pas à cette pente.

Si Ton cherchait l'origine de cette pensée, ou verrait qu^elle est née, sous te Restauration, dans la nuit de Tinvasion, lorsque te France vivait perdu la conscience d'elle-même. Ce Système de renoncement \ te nationahté est né dans le tombeau d'uii peuple. Mais le mort est ressuscité; la Francça retrouvé le sentiment d'eUe-méme; teisspiis donc te les pensées du sépulcre ! D ailleurs ne sentez- vous pas que cette lerre que vous foulez est nécessaii*c au monde? M. de Maistre dit qoe te France est investie d'une véritable magistrature dan$ Tunivers; qnsttd ses ennemis fartent ainsi, sont-ce ses entente qui soutiendront le eoniratre? Les aveugles ne verront-ils pas que te magistrature continue avec la nécessité de la fonction ? que le peuple qui a fait la Révolution est nécessaire pour la dir^er^ pour Texpliquer et te développer?... Qui dira au monde le sens, te conséquenoe, Tespiit de cette ère nouvelle, si ce n'est le peuple qui l*a créée ou inaugurée? Ne faut-il p;i«; que Touvrier subsiste pour surretller ou réparer son ouvrage? Et d'ailleurs où est te puissance, oiii est la nation qui, à te ptece de la France, se charge de prendre te magistniture et les dangers qui y sont attachés? Où est le peùpte qui a posé avec plus d'éclat les difficultés nouvelles de la bourgeoisie et du prolétariat, lesquelles enferment dans leurs flancs un monde inconnu? 11 ne faut que passer la frontière })OHr en apprendre beaucoup à ce sujet. Partout vous entendez les nations tranquilles, assises à leur foyer, répéter que la France cherche des périls volontaires, qu'elle no peut se reposer, qu'elle se travaille pour un bien auquel elle n'arrive pas, qu'elle se consume au lieu de jouir. Oui, en effet, elle se consume; et c'est pour la gloire du monde, pour les autres autant que pour elle-méniei pour un idéal non encore atteint d'humanité et de civiliiatioa? »

' Le ChriMianUme et la Hévolulioitj au toiue lll des Œuvres compièlei, p. 572, m

]K)UTIQIIE KATM)HALI 0B Là FRAliCB. 90?

La vraie politique nationale de la France est celle que noa pères de la Révolution ont inaugurée. Au cri de :

Amour sacré de la pairie î

ik chassèrent lennemi du territoire et ils envahirent le monde pour Témanctper.

Aujourd'hui, la France n'a point de conquêtes h faire. Son oauvrc est toute de justice et d'amour. Elle doit réaliser le programme, si bien tracé par Edgar Quinet, et qui «e résume en quatre mots :

lÂbertét égalité f fraternité des nationalités!

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