LES RELIGIONS ANTIQUES
monde naissant. Sqm des niMn» dii«PB, celle trkiHé <sofr* stitue le principe du dogme é^y})tien : le père, Ammon^ Osiris, Knef ; l'épouse nourrice, Moulh, Isis, ^eiih ; le dieu naissant, Orjus, Klions, Malouli, se retrouvent dans chaque sanctuaire. Autour de cette monstreuse famille rôde son ennemi Typhon, une espèce de Satan. — Le dieu, issu d'Asie, s'incarne naturel lemeut» en Egypte, sous la double figure du soleil et du. fleuve, ^ réfléeiiit son image. 11 est le Messie attendu chaque année. Dès qu'il parait, la krre, son épouse, se couvre de fruits; il disparaît, tout meurt. Où va-t-il se perdre? D'où vient- il? Peutêtre ses eaux jaillissent^elles du sfiîo d'Atlior? En sommes [ rÉgypte confond sans cesse et le fleuTe et le dieu; le ciel Itout enlier ne lui semble être qu'un « iVil élluré. » Supposc-tron quelle devait être l'épouvante du peuple, quand, « sous l'haleine de Typhon, » le fleuve, le dieu manquait son incarnation? ('ette épouvante explique pourquoi ce sont les monuments de mort qui représentent le mieux risgypte. Quêtaient les p]framides , à l'orilgine? M. Quinet répond : « Des sépul^^res^ de dieux-. »
A l'instabilité divine, l'Egypte doit une partie de sa grandeur, et de 9on originaUté. Des vicissitudes du dieu rj||i;N|i|Dii|iiMr^fite p se donner une valeur, à lui-même ; kÎMifiâiènt de la personnalité, étoufifê par le panthéisme oriental, apparaît sur les bords du >'il. On voit les Phari^|i|Mdi:esser leurs colosses en face des temples et s'asseoir pour Féiernité, au fond des sanctuaires, à côté de la trinîté sacrée. Dans tous les monuments, les souvenirs de la vie politiqjie, les batailles, les triomphes de l'homme, «e npiélent 9àt mystères divins* Enfin , ce qui consacre ci^e appart^n première dé la personnalité, c'est le culte ^>éndu aux morts. Les autres peuples bridaient les cada- .V vç/^s ou (ç^^^i^ieat dévouer par les oU^ux^dej»^^,^
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dépouille n'ayant aucune importance du moment où l'esprit de chacun s'e:xhalait dans le (irand-Tout. Les Egypr tiens, ({tti croient à la résurrectton, embauinent soignoo-; sèment les corps, comme pour coliser^r à l'âme le gage de son individualité. A cause de cela, l'Kgyple, inférieure sous d'autres rapports à la Perse, à i'Inde, leur est hu- . maniement supèrienre. Ëlle est, an point de Yue morale dît Edgar Quiiiet, a elle est , aveola Judée, TOcddent de rOrient. » La religion égyptienne» fortifiée par cet instinct précoce de l'individualité, put résister à toutes les conquèteé. Elle ne céda qu'au christiarnsme^ auquel s^ dogmes TaVaient préparée depuis des siècles./^ v ; '^,<.f:
Vin. — LES RELlGlOHS INB BABILONE ET DE LA PRÉmCIE^'
A [Babylone, l'historien philosophe retrouve Tinspiratîôn des pasteurs de la bouta Asie évoquant la première «urere; mais cette inspiration s'y est transformée en
science, observation, calcul. On ne se contente plus de demander aux astres indulgents la lumière de chaque jour ; on leur veut arracher l'avenir. Le primitif cantiqne est devenu l'astrologie. Le culte de Babylone est un rit particulier de la lumière première, incarnée sous la figure des astres ; il consacre ainsi l'adoration des images daiis les temples, ce qui le met en opposition tranchée avec le Zend-Avesta, « véritable protestantisme au sein de ]a grande Eglise païenne. ii> Cette opposition siiiïit à dupliquer 1^ guerres acharnées, de T Assyrie et de la Perse; ce sont des guerres de religion. — D'antre part, les dieuxenfants, empruntés au culte de la lumière, ont grandi :
ils « ont pris la robe virile. » Qu'ils s'appellent Bel^fiaal,
on Adonai, le désir croit dans leur «ein, et, avec ein, TtH .mour divin s'insinue dans les mondes, au cri de volupté jeté par Babjlone.. Que signifient les rites de Chaldée et de Phénieiei Lft courtmiis uni«ersdle,'k: Nature, -eélé^ brant sans cesse ses fiançailles avec le seigneur Soleîf. Aux extrémités de toutes les grandes voies de cmnmuni- CKatioo, «V cëitre éa conuneree asiatiquev toujours m retrouve FétemeHe amcnireuee avec rétemêl amttnt : Mylitta etThamnuz, à Babylone; Astarté et Adonis, en riiénicie, à Caribage; Cybèle et Altis, en Phrygie; partout, le ma mgè du ciel et de la Jerre. É tant repréB attée àe la forte sons son aspect féminin, la diviiililé ûë [Mlii^j^ juanquer d'émanciper les femmesTTjiTerret ,^TTês ne filent plus, comme ailTèiïrs , au fond des obscurs gynécées ; elles s'étalent au soleil, jomsscoit d'une épouvantable liberté; * d*esclaves, les voilà de venjjfis. vierges folles.
« Sém^attis, ÎMoa, Slratonke^' Alhalie^ ArMnlse» <3éo{iftlreap- |parii88eat»8iir leurs trônes coiuind ïimtg/» tnoiai^sàsÊate de râerneik Astarté. Blessées d'un cuisant aiguillon^ tous diriez d^un chœur de Ménades royales qui suivent la course enivrée de la Madone du BandiéisiBe»»
Edgar Quinet termine ici sou savant tableau des relî^ gions de la haute Asie par une des plus belles pages qu'il .ait écrites. Je dois la citer presque en entier. .
4 Voîlk dune, après 9» chaenn des aenfiments de Tenfonèe t été ^pnîsé, terreur^ respect, rsviasementy Itioninie épris d^ya amour délirant p<mr rinBni sous la forme de la nature,... Souvent il se lasse de n'enriiriisser que les membres firaids de la déesse d\ir ou d*ai^nt au fond du sanctuaire : il vendrait ^sséder Ir déesse ellé-méme pàpilante sous son /étreinte mortelle. Les yeux bagards, «saisi de vertige, il se précipite hors du temple oà il étouffe k Tétroit; il parcourt les lieux sauvages ; là il forme des o6œurs de Gorybantes, de Gorèles» de Ikactyles, qui, de wMtes en retraites, i^ercbent la grande aiênle des montagnes, éternellement inèi-e, éternellement vierge...^.. tetout enivré des émanations de la déesse» il respire d'dpfes pcu^ms dans la
dMreInre des hm Mcr^ el cM)t aoitir t^AnouToir mui les fleors le «ein de la Halrooe des forêts. Il s'élève sur les cimes, il descend aa fond des gouffres, il appelle : Érohél firohé ! puis, quand le soupir des Cotes kd répond, li hi volupté 9e mêle le dâe^ir de ne pouvoir at* letadre cet- iailni décevant 11 épuisn la coupe de Torgie; aa aeîC s*ae» croit encore; il. se déchire de sea quina; son eorps gatde d'affreux stigmates, et toujours il suit la grande Madone amoureuse, 9111 toujours se dérdl«e au bout de fbonson sur son char attelé de lionnes mgisHUilea» Il voit la trace des rooes anr la rosée luttante ; il s^en approche; jà B*olietine, jas^'k ce qne^ balelaM» éperdu, ne sadbaol plus de quel côté se tourner pour embrasser Varaante, il la voit un jour monter dans les cieux épurés de Syrie, sous In figure de la Vierge iimnaculée du christianisme; car il Cillait qu'il eût visité de^s torche levle Tenceinte de la matière et des corps, avant de consentir -sans retour à chercher sa volupté, par delà Tunivs» visible, dans unamoar plus insatiable <pie Tamour des Ménades. »