‹ Edgar Quinet sa vie et son œuvre CharlesLouis ChassinChapitre 39 sur 66 · IX. U KBUGIOK BÉSBAÎQOCS · texte numérisé non relu

IX. U KBUGIOK BÉSBAÎQOCS

En abordant 1-étude de TAncien Testament, H. Quiiiet refose de suWre la eritiqoe allemande en ce qu'elle a 4e purement négatif*. Fon but n'est point de discuter si tel

texte est aullien(i(|ne ou apocryphe, mais de découvrir, à travers ie livre entier, le génie de la religion et du peuple de Dieu.

La première question ïju'il se pose est celle-ci : les religions orientales ayant toutes été considérées comme sœurs ; «t formant, en quelque sorte, l'Ancien Testament du| monde profane, par quel Ken y rattacher rAncteu Testa- \

ment du monde chrétien? — Pour trouver une alliance n ' JéhoYah,.il faut s'élever jusqu'au principe même des cultes

^ Génk ilei BelighiUyl.^. *

^Lîre l'exposé des travaux de celte iinpIacAlile eiilîquc dans YE,tameH ée la Vie de J(^f(iis, ( h. 1, au tome III des Œuvres complètes, ^Ums ne donnons ici que le< afiirmations de raotcur. Oo pourra les ootiiparer avec le« «égalions de i Aileina£^c savanlc.

! de la hante Asie, m Bralima des lndiens, au ^nran Ake- ! rêne ilos Persans, à Celui qui est par lui-même^ Dieu §olitaire qui disparaît vile des cieux païeos après avoir épuisé sa divinité en la eommmiiqiNBil à iMSi. Jéhovah luf ressemble en ce qu'il est parce qu'il est; mais, au lieu de répaijdre sa divinité, il raccumule en lui, au point d'absprber juaqu a la trioiié qui ^ait le kmà de tous les autres dogmes. Comme kidra et Ormuzd, il seiAbie être né de h lumière, et c'est par elle qu'il se communique à Abraham, à Isaac, à Moïse, au peuple bébreu , à Salomon , à Élie. A mesure qu'il fpr«idit, il s-aasimik, en lepuritîaiit, tout ce qu*il micontre de sacré en Orient. La Genèse, somie de la nuit, est empruntée à l'Egypte ; le Déluge et Biibel, aux Cbaldéens ; les Anges, l'Eden et Satun^ aux Mèdes et aux Perses. Tout en ^augmentant ains* des dépouilles des ( autres dieux, Jéhovah ne perd rien de sa personnalité. Au contraire, il l'accwse de plus en plus ; en même temps qu'il tient à tout, il se sépare de tout, et s'isole, avec sou ]>eiiple élu, à Textrémité de TAsie. Ou se ré?èle-i41? au désert, là où « son ombre est son nni(jue compagnon. » De l'Océan capricieux devaient surgir les dieux cbau: géants de l'Inde et de la Grèce. Le désert seul pouvait '^Y^^t!J!tjK?'^^^^P^ initnuable^^ inexorable, în^ corruptible comme lûT. » — Ton jours , dit encore Ldgar

IQuinet,..« toujours le désert se montre à l'borizon quand vous prononeez le nom, de Jéhovab. H. ea est le géoi^ réternel habitant. » ■ ^--^

Ji.Le peuple licbreu répond exact ement à son D ieu.

f àomme Jébovab, il vit isole, sani» dHance, étranger à la terre et au temps. Mais; dans cette solitude orgueilleuse^ est-il an moins benrenx et tranquille? Une inquiétude» ignorée du reste de I bumanité, le tourmente, il a déjà le mal de l'avenir. Dieu étant libre, Tàme humaine, à sou

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image, est Kbrd, ee qui aéléceifie d'être 1« règle immoa-

ble de ce qui est, et l'on voit un peuple rojeler un présent ! odieuK) vivre ea ^«Ique. sorte hors de hii, attendant I rimpoaaible du toot-puiasant Jéhovafa. Ce sentiment pnn ' fond est exprimé par les prophètes. Selon M. Qainet, la constitution juive repose sur un double sacerdoce, celui de la tribu de Lévi, héréditaire, chargé de maintenir laj tradition teeloi des prophètes,, fibre, personnel, cmnoiu-/ niquaut une vie nouvelle aux dogmes anciens. Les prophètes sont « les tribuns du peuple de Dieu, » Leur puissanee à prédire provient d'une parfaite eonnaissaace de leur temps ; ils savaient lire dans l'histoire religteoso l'histoire civile et politique, et « la mort des dieux leur enseignait par avance la mort des peuples, » Us ont été les premiers à coœjmndre la déeadence, la ruine du vieil Orient ; voilk pourquoi se sont réalisées, coup sur eoup, leurs terribles menaces contre Babylone^ lÊfjjfpte^ Dnfna$ et le roj^ume d'Ephrdim» Mais ils ne s'occupait pas seirienient des peuples étrangers; o*eflft surtout pour la Judée qu'ils lèvent leurs voix retentissantes. En des ei* tnations diflérentes, ils ont tous, comme dit Edi^ar Ouinel, « la même pensée, la même politique^ la même ca*ûnte ; en> fiice de TOrient réuni eontfte itex^ ils invo* quent dans le ciel l'unité de Dieu, sur la terre 1 unité des peuples , la réunion des tribus , la fraternité entre le royaume d'Epluaïm et le royaume de David , TiHiité du gouvernement, c'est-à-dire lalliance du sacerdoce et de la royauté dans le sein de la théocratie. » S'il est douteux que les prophètes aient cru à l'immortalité de l'àme, il est sûr qu'ils ont eu foi en c l'Immortalité terrestre du peuple hébreu. » Leur oauvre, mélMige de douteur et'de joie, de rage et d'allégresse, en son ensemble n'a qu'un butf sauver et fortifier la Judée, « le sanctuaiie de l'ave-

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nir, » le noâe d^âtethn ée Jéhwêlk. Après le retour de

la captivité de Babylone, il n'y a plus de prophètes, sauf à l'époque des Machabées. Pourquoi? Le peuple juif s'est abaiâaé à reeennaiire k prôteolion de l'Asie YÎelorieiiee ; et, âjoiile M. Quinet, il « ne*vil plus que des promesses du passé; en perdant l'indépendance, il a perdu sou trépied» » . • , -

Le psauine;est la peésie propre «m Bébrem. « Êioliini crée l'univers d*un édatr de sa volonté. » Distinct de son ceuvre, le créateur provoque une création par chacun de ses voulcHrs^ ek chacun de ces prodiges provoque un^échi d'enlhoosiasme, un hymne d'aetimis de grâces. Le psamne « est la vraie poésie des miracles ; » le peuple de ITiéu'n^en pouvait avoir d'autre. Le recueil des psaumes embrasse toute la vie des iiébreax, ide McMe mx Ueefaat>ées. G'esl comme un choeur triomphal qm soit leor hislotre de son commencement à sa lin. Cependant les psaumes ne reproduisent pas seulement des sentinients inspirés par le génie du seeerdoee et de^la-royantè* Oa y renooiitre des plÀitee et des espéranesB hamaines, qui prouvent qne k personna* lité de l'homme se fait jour en même temps que celle de Dieu. M. Quinet y retrouve par intervalles comme une rémittsoenœ du {tif^Véda. m, C'est, dit-il, on soaffle de k hante Asie qui pénètre, on ne sait par qnel ehemin, dans l'âme de la Judée. )>

La poésie des Hébreux ne e'est pas enfouie tout entière dans le psaume et dans h prophétie. Il en est encore resté pour le doute et pour le blasphème. Le poëme de Job est <x un sublime défi jeté par l'homme à Dieu. » Des criti- ^pm ont attribué i ce poëoie une origine étrangère et voudraient k jre^raneher de k Khk. Loin -de partager leur opinion, M. Quinet ne saurait comprendre la foi de Moïse sans le blaaphàne de Job. L'idée du Dieu unique

avait dû produire certaines contradictions. Uoriginc du mal, par exemple, de l'injustice, de la douleur, dans l'Asie polytbéifile). 88 trouyaii expliquée naturellement par la fatte mcessanle des dieux rinainf^ oostre les dieux bons^ Mais en Judée, où, à la place des deux principes, il n'y en a plus qu'un, Jcjiovah, seul créateur, seul mailre responsable, cette originé du mal et de l'ii^ustîce est btdrâent en lui, et c^est à^lui quec rh anîBme rebelle doi t reprocher sa souffrance imméritée. Le livre do Moïse pose l'éteriKil problème, et c est le livre de Job qui, pour la première fok, tente de ie résoudre*. Aux plaintes juste aeoablé^ que répond JehoVab? « Où étais-tu quand je posais ht terre sur sa base, quand je disais à la mer : Tu n'iras pas plus loin? » Ël ia voix du tonnerre acbève ie raison-* nemenl. De telle sorte que Job n'est point persuadé, niais iHliloui, vaincu, léerasé^ La solution du problème est donc ajournée. Le drafne intime de Job, pas plus que celui ihi Pron^éihàM^ peut-trouv^r son clénoûment dans r Ancien Testament Sa<fpi^ffe|Nriti<^ii d ^ appelle leifauteau.

L'épisode^ à& Sah n'est pourlagfe-p m lit l i fti ii M i^^ scepticisme liébraïque. Pour le trouver, il faut ouvrir YEcclésiaste^ rempli d'un immense dégoût du cid et de la t^re, et qui est, selon M. Quinet, le Conmmmaium est de la société juive. — «Le mosaîsme, dit ^ea concluant riiislorien philosophe, c'esl-à-dire Tunité de Dieu sans rimmorlalilé n'est que la première période d'une religion qui atljrâH4;.d'étTe consommée par une nouvelle loi. » — Hais le christianisme , en donnant au mal terrestre uue compensation dans la vie éternelle, supprime-t-il le re* doutable problème? 11 en change les termes, et voilà tout. En un superbe chapitre, sur lequel j'insisterai ailleurs^ Edgar Qui^^^t compare le scepticisme occidental au scepticisme oriental, reproduit les alteinatives diverses de la

m L£S RELIGIONS ANTIQUëS.

lutte de rbomme et dê Dieu, et doniie eti qaeUjœ iforle

la sMillicse de l'histoire du Doute éternel.

M. Quinet ne peut quitter l'Orient «ans s'occuper de la d^nière censéquenee ^te-ses dogmes. L^esdevage lui apparaît partout. A Persépolis, à Hcliopolis, à Athènes, en dépit des différences de civilisation, lorsque tout change, tout tombe^ aùul U reste debout^ A cela rien d'étrange. Ik n'y a point de polythéisme sans esclavage, et pour qtie resclavajjo, d'institution divine, disparaisse, il faut que la société antique soit, non pas réformée, mais anéantie. Il subsiste, en effet, tant que Died ti'est pas un pour loud les bommes et libre dan» le ciel. Et la pr<^ve, o'esl' qu'à mesure que Ton s'éloigne du polythéisme en Orient, on aperçoit les traces non cootestahles d'une émancipation progressive. Ën Judée, y «-l-ildes esclaves? En tÛorie, il n'y en a pas, le peuple tout entier étant l*«na1iéniA)le propriété de Jéhovah. S'il en est en pratique, leur servitude est brisée chaque septième année. L'imitation du reste de l'Orient a seule empêché, chez les l^nreux; l'égalité parfaite, consacrée par leur religion *. '

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