‹ Edgar Quinet sa vie et son œuvre CharlesLouis ChassinChapitre 54 sur 66 · AHASVÉRUS · texte numérisé non relu

AHASVÉRUS

tdéak Déiomab l'étonid maudit aspire à Dien; loaig

Dieu même lui siiffira-t-il ? H ne doute plus que de cela. Qu il s ageuouiile et que Raciiel le baptise de ses larmes I

t Encore des larmes, crie-t-îl, les tiennes sont trop tièdet. Pleuré donc sur fliOB oœnr, là, oui, là ; c'est là qoe j'ai stdf.* • — < Et net, se dit Raohel» c^estlé aussi, sans le vouloir, que U sm feis nounr» pour ne plus jamais ressusciter! »

• . lAdh parcourt les restes du monde, ralliant les morts retardataiires. Elle pousse Rachel et Ahasvérus vers la

vallée de Josaphat. Les foul(^s rcssuscilées s'v entassent pendant que ]es saints chantent les prières et les litanies de la Vierge. Les ileurs qui, lespremiètes, ers» rhabillent sur leurs tiges a entonnent^ un ebœur auquel répond Marie. Les Montagnes, sous la conduite du mont lilanc et des Alpes, se présentent àTÉterneL — Vous avez douté une heure, leur dilril, de tous vos sommets, je me ferai « un^ banc de pierre pour m'asseoir sur ma porte. » — Et, se tournant vers TOcéan, il ajoute : « Tu as douté jusqu'au fond de tes vagues; va l je prendrai toute ton eau dans le creux de ma main pour en laver la plaie et le calice de mon Fils. » — Aux Etoiles, qui, elles aussi, ont douté, il reprend tous leurs Royaux « pour en faire une bague à son doigt, n. — ' Mais bientôt, cette bague d'étoiles, il la donne aux femmes qui ont aimé sur la terre et dont los noces seront célébrées au ciel. Le Temps et Mob comparaissent devant lui, guidant le troupeau des morts. Que le Temps lui rende son sablier vide, et Mob, sa faux désormais inntile! ~ Les Dieux morts s'inclinent devant lui. De ces « Klernilés d'une semaine, » il fait ses .jécuyers, ses cavaliers, ses fous de cour, pour l'amuser «I dans sa vide infinité, a ^ Babyione, Ninive, Bactrés, Thé* bes, lui redemandent à vivre pour lui bâtir dt s temples et lui chauler des hymnes, a Moi-même, leur.rèpond*il, je ne

peux p«i relonnier en «rriève djtns non jardin d'Ëden...

Ge que vous nrez été, yous ne le serez plus ! » — - Athènes, la reioe du Beau, ne suscite point sa colère, comme Rome, celle qui a tué son fik ^ (jolgoUia* — Malédiction «ur elle, ctimi les saints^ — « Le Vatican eipie k (kifotha, » dit Rome. — VA les saints crient : Miserere ! Miserere! — « Donne-moi ton épée, commande l'Eternel, tes jarabta, ia emrasse d'airain, ta croit d'or, ta mitre. JTen ferai un trophée que j'attacherai A la rampe de ma cité nouvelle. » — Les divers peuples du moyen âge et du monde moderne, ceux d'Allemagne, de France, d'Angle» > terre, 4'Amériqne et des îles île la mer Pacifique défilent et sont jugés selon leurs œuvres. Enfin, quand il ne reste pins rien à maudire, apparaît liachel soutenant Abasvérns. Tous le» morts reculent devant le Juif errant.

Jéhovah a cédé te trône de justiiie à- Jésua-Ghrist. Qui snis-je? s'écrie-t~il. — « Vous êtes mon Seigneur, » répond Ahasvérus. ^ Qui te Ta dit ? — a Ma borne devant ma porte, ma langue dans mon palais, mes pleurs sur ma natte, et Raehel à mon côté. i» -*--Le Oirisllni fait raconter son voyage. Ahasvérus achève ainsi son lugubre récit :

i Tai cherdié le repos et j'ai trouvé Torage ; j'ai i^erché Toidbre et j^BÎ Iroavé le aoleil; j'ai cherché le «hemin de mea jeaiies années et trouvé te ehisniBi de fétemelle doidemr. t

Sur rinterrogatoire du juge divin, l'Univers atteste que le voyageur a bu tout ce cpiî restait de douleur sur la terre. Donc sa tàclie est iiiiie. — Veux-tu retourner en Orient, lui demande le Christ. — ^ Ob 1 non^ Seigneur. — Que désires tu ?

. ff Je demande la vie, non pas le repos Je voudrais» «ans m^ar*

ràter, monter jusqu'à vous les degrés do l'univers... Je voudrais blanrhir inos 5;oiiliersde la pouss^^rc des étoiles, monter, monter toitjoiir^» (le inoiidea en amiades,... allfr frapper (eiijonr» à d^ étoitea iBODO*

nues, à une vie nouvelle, h des seuils entr'ouvert<; au bout de rinfini et à des cieux meilleurs. » — a Mais qui voudrait ta suivre? » — « Non pas nous, » crie la foule. — « Kt moi, dit Rachel, je le suivrai, mon cu'ur n'est pas lassé. » — « Celte voix t'a sauvé, Ahasvérus, ajoute le Christ; je te béiiii» le pèlerin des inondes à venir et le second Adam. * . . , ' ,

Alors AhasVérns, recommençant son éternel voyage, entonne l'hymne triomphal de l'Avenir ^ que les peuples écoutent :

« ... Je veux voir ce (ju'aucun œil ne voit; je veux toucher ce qu'aucune inain ne louche ; jusqu'au moment de moui ir je veux aimer

ce qui n'a point de nom. Tout est fini, tout recommence Le temps

passe, le lendemain n'arrive pas; et mes pieds ne se reposeront, croisés Turi sur Tautre, que sur le banc de rinfini. » — « Ahasvérus est l'homme éternel, dit Jéhovah au Christ, tous les autres lui ressemblent. Ti>o jugement po^r lui nous servira pour eux. tous. »

Un concert angcli(jiie de.s trompes, des clairons, des violes et des orgues, que dqmiae la lyre, termine le Mystère.

. Cependant il y .a encore un Épilogue ^ qui nous transporte plus loin, toujours plus loin dans l'avenir. Christ a YÎeilli, il se prend à douter de lui-même.

« Qui ai-j(» été? se dit-il, qui suis-je? qui serai-je demain? Verbe sans vie? ou vie sans verbe? Monde sans Dieu? ou Dieu sans monde?... Je suis le rien (pii toujours doute de son doute, et le néant qui toujours se renie. » — « Tout est fmi, ajoute-t-il, parlant à l'Ëternitc, étends-moi dans le sépulcre de mon père. Ainsi soit-il. »

Kt l'Etei nilé, son liérilièrej redite seule, absorbant eu elle et l'Etre et le >'éant.

Xe dénier mot de l'œuvre est le Moi de rÉternité, jeté dans le vide. Est*ce à dire que tout soit 0m? Oui, «tout est lini, tout recommence. » Après « le nouvel Adam, » un «' nouveau Clirist » renaîtra. On compr^d dès lors la suprême si^ificatioii du Myêtire à^AhasvéfU», Avec Je

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