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héros aveugle ou trop lucide qui, marchant au combat, Toiè d'avanee et tient la vietoire.
A yrai dire, e^il ayait, et dans une mesure exceptionnelle, toutes les vertus du citoyen, jointes à un iiialLcrable bon sens et à un coup d' œil juste, il ne possédait pas cette habileté peu scrupuleuse que Ton prétend nécessaire aux praticiens politiques, et, s'il pouvait être, avec une voix faible mais pénétrante, un regard expressif, un geste majestueux et une physionomie des plus sympathiques, professeur entraînant, il lui manquait cette vigueur d'organe, cette ampleur physique, cette brutalité intellectuelle qui sont indispensables au ti'ibun, cette lièvre constante, cette agitation toute extérieure, qu'il faut à Thomme d'action* •
Cependant on doit reconnaître avec quelle assiduité, avec quel zèle, plus d'une fois avec quel coura^re, toujours avec quelle fermeté d'âme, il s'acquitta, jusqu'à la &i, de sm mandat de représentant du peuple. Il travailla énormément dans l'obscurité des commissions parlementaires, et je ne sache rien de plus touchant, de plus humain, que les efforts qu'il ne cessa de faire dans le but d'attirer l'attention et la pitié de ses collègues sur la misère sociale et politique de ses compatriotes du département de l'Ain. 11 est impossible de relire sans pleurer sa
• brochure inûivAée i V État de siége^.
On doit surtout constater, admirer, de quelle étom
nante pénétration il lit preuve dans les conseils qu'il donna à ses coreligionnaires politiques, dans les avertis-
* Je rien à dire ici de k eondiiite de M. (hiinet en qualité de colonel de la garde nationale atant el pendant l'inaurreetion do juin. Le jour ne me «eoible pas venu, lé lieu ne me paraît pas faTorable, pour toucher à l'horrible malentendu qui arma des r^piiblicnins contre des républicains. ?iul, on peut le dire, ne soufTrit plus qu'Edgar Quinct des discordes iwr lesquelles a été ajourné le triomphe définitif de la démocratie.
^ lu'lS, Paris, 1850, chez Chamerot.
as L'IlOMAifc, SA VIE ET S(X\ IXFIXE.NCE.
semenls qu*il adressa au |)cii[)le lui-même du haut ie la
tribune nationale et par ses éloquentes brochures. Edgar Quinei fut de 1848 à 1851 , un des républicaias qui commirent le moins de fautes et s'efTorcèrrat d'en empêcher ie plus. Seul ou presque seul, il comprit et affirma que la
! révolution politique ou sociale u'élait rieu sans la révolution religieuse.
^ • Pendant toute la durée des sessions de la Constituante
et de la Législative, il s'attacha à trois qi^tions capitales^ qu'il n'abandonna pas un seul instant ; je veux parler de Tiiffrancliissement de l'ilalie, de l'instruction publique^ impliffuant la religion, enfin de l'avènement d'une nouvelle dynastie dont il se préoccupa depuis septembre 1848. Ces trois questions, il les traita à foud^ avec toute lexpérience que Tbistoire lui avait fournie, av<ec toute Tardeur de son âme droite.
A la veille de la révolution, la première partie de ses Révolutions d'Italie avait déjà mis à nu les vices radicaux ((ui s'opposaient à la délivrance des italiens. En dépit de
I l'engouement général dont on s'était épris pour Pie IX, il u avait pas hésité à montrer Tennenu éternel dans la papauté, quelle qu'elle pût être ou se montrer, — ce qu'il avait indiqué déjà en 1847. — Au moment de l'expédition de Rome, il lança la Croisade autrichienne^ française^ napolitaine^ espagnole, contre la République romaine\\è-
. hémente protestation d'un cosur juste, où, dans son indignation, il prédit que h guerre d'une république contre une république, au profit d'un pape, tuerait l'une et tuerait T autre. Les Révolutions dltaliej commencées à l'heure bénie où les plus subhmes espérances ravissaient les âmes les moins naïves, ne furent achevées qu'à l'heure
* In-4S, choz Chamerot, Part», 184{».