DE L ENSBIGNEMENT DU PEUPLE
répandre l'instruction populaire, en dépit du mauvais vouloir du clergé, il placera dans chaque commune, en face du prêtre, un instituteur laïque. Mais que deviendra ce pauvre homme? Le prélre ne pourra supporter Tinstiteur que si Tinstituteur se fait Tesclave du prêtre, et, en ce cas, le maire sera en droit de lui reprocher sa servitude comme un crime, car il est avant tout le représentant de la société civile, qui professe la tolérance de tous les cultes. Dans cet état de choses, entre un curé, qui, s'il pratique la pure orthodoxie, est tenu de lui faire prêcher la haine de tout ce qui n'est pas catholique, et un maire, qui, s'il remplissait son devoir, devrait lui rappeler sans cesse que lÉtal lui a conCé le mandat d'apprendre aux en^* fiints à s'aimer mutuellement malgré la différence des sectes, l'instituteur laïque, ne sachant que dire, que faire, contraint à enseigner quand même, est le plus misérable^ le plus accablé, le plus impuissant de tous les prolétaires français. Et tel, ce martyr, souvent sublime, est la base de l'enseignement du peuple I Si vous remontiez jusqu'au sommet, que verriez-vous ? L'anarchie, « dans son sanctuaire même, » comme dit Edgar Qui.net. « Vous verriez, rangés autour d'une table, pour rendre un jugement, trois religions et un système de philosophie. Le chaos présiderait. »
fl Dans la confusion établie entre la théologie sacerdotale et la science humnine, qu'arrlve-t-il ? L'instituteur laïque, en intervenant dan» rÉglise, y fait entrer Thérésie. Le prêtre, en intervenant dans Técole, y fiiit entrer la $enritiide. Que faut-il donc faire? Les séparer. »
Séparation absolue de l'enseignement laïque de l'Eglise^ voilà donc ce que demande trés-clairement M. Quinet. Tous les éléments de la sociabilité moderne, la science, le droit civil, la constitution politique, ne s'étant développés qu'en hostilité avec l'Église, c'est en se séparant de l'È*»