‹ Edgar Quinet: sa vie et son œuvreChapitre 111 sur 135 · Q0 LA QUESTION RELIGIEUSE AU DIX-NEUVIÈUE SIÈCLE · texte numérisé non relu

Q0 LA QUESTION RELIGIEUSE AU DIX-NEUVIÈUE SIÈCLE

glise que réducafion nationale peut et doit ôtre constituée, Si l'on objecte que l'État, en dehors, au-dessus des cultes, ne peut pas faire donner Tinstruction religieuse aux enfants, il est aisé de répondre que cela ne regarde ni TEtat, ni son représentant l'instituteur, mais le père. Cette idée, si vraie, si méconnue encore, conduit M. Quinet au cœur de la question de l'enseignement du peuple.

< Ce qui presse le plus, s'éane-t-il, c est de réchauffer lëtincelle du oyer domestique. Le père a cessé de croire, la mère croit encore arec fei*veur. Ballotté entre ces deta autorités contraires, que deiiendrs Tenfant? Longtemps il ignore s'il croit et s'il doute.... A la fin... le fils suit le père dans le doute ; la fille suit la mère dans la foi. De plus en plus, les cœurs se divisent; ils s'aliènent : qui les réunira? Heureux si, brisé par le divorce moral du père et de la mère, renfant ne feint pas de douter avec Tun et de croire avec l'autre ! •

A oe foyer divisé, qui peut rendre la paix, l'union, la vie, l'amour, si ce n'est l'enfant 7 Or c'est ce sauveur, sauveur de la famille, de la patrie, de l'humanité nouvelle, quMl faut élever. Et comment l'élever en dehors des sectes, en dehors de nos préjugés, de nos haines, de nos défaillances, pour qu'il nous fortifie, nous rapproche, et marche avec nous, devant nous, dans la voie de la justice?

< Que serait-ce, dit Edgar Quinel, si Ton commençait par le faire naître à la vie sociale, au milieu de tout ce qui parle d'union entre les hommes, c'est-â-dire au milieu des principes communs à toutes les sociétés; si on le nourrissait d'abord de ce lait fortifiant dont s'abreuve l'humanité entière? Il ne connaîtrait les ilifférences qui sé|Mrent les hommes qu'après avoir connu les ressemblances qui les rapprochent. Je voudrais le faire grandir au milieu des pensées divines qui soutiennent le genre humain; il ne saurait que plus tard la divergence des croyances et le triste secret du divoice des âmes ; il coqnaîtrait Dieu avant de connaître le prêtre. C'est tout le contraire de oe qui se fait aujourd'hui. De ces deux seules idées gravées dans la constitution, Dieu et une ^imille de frères, que ne pourrait déduire un instituteur digne de ce nom ! »

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