DE L'ËNSEIGNEVEKT DU PEUPLE
Après avoir résolu ainsi avec le cœur la première difficulté de réducation contemporaine, Edgar Quinet résout avec la raison l'ensemble des difficultés que présente l'enseignement populaire. Toutes ces difficultés, a-t-on prétendu, nt! se résolvent-elles pas d'elles-mêmes par la liberté ? ?»on, certes, car il s'agit d'établir la liberté^ et non de la livrer.
f Vous n'avez pas à régir une société idéale. Quelle est, au vrai, la réalité? D*un côté des individus épars ; de Tautre une assodation immense qui s'appelle l'Église. C'est avec cette inégalité formidable qu'il faut ordonner la liberté dans le monde moral. Voilà le problème dans sa rigueur; il est Ik, non ailleurs. »
Dans le système de l'absolue liberté, l'instituteur laïque, non soutenu, non pafyé par l'Etat, se trouverait réduit à ses propres forces morales, à ses propres ressources matérielles, en face d'un corps compacte, salarié par la nation, riche de lui-même, tout-puissant par conséquent. Il n'y aurait de libre alors que le clergé enseignant, et bientôt disparaîtrait l'instituteur laïque, écrasé, tué par la faiml Tel est, en effet, l'idéal de Tultramontanisme : être seul libre et dominer le monde. Cela n'est point conforme aux principes de 1789.
L'absolue liberté lui paraissant impossible pour l'heure, faute d'égalité entre les concurrents, M. Quinet proposait à la France d'imiter, vis-à-vis des divers clergés, l'exemple de l'Amérique, qui n'en paye aucun ; il demandait la séparation de l'enseignement laïque et de l'enseignement des Églises particulières, séparation proclamée par Condorcet en 1 792, appliquée depuis 1 807 par la Hollande monarchique ; enfin il voulait que l'instruction fût gratuite et devint obligatoire au moins jusqu'à un certain degré.
308 LA QUESTION RELIGIfiUSB AU DIX-NISUVltaE SIÈCLE.