X. — LA Ho^OHU
Si M. Quinet ne s'est pas spécialement occupé de la Hongrie, — pour elle, c'est un véritable malheur, — du moîiia l'a-t-il toujours comprise parmi les auxiliaires de la Révolution française. Trouvant l'occasion de perler d'elle en condamnant la politique qui conduisait noa soldats à Rome , voici ce qu'il a dit de notre sœur danubienne^:
« Et quel moment a-t^-on choisi pour entrer dans le plan de la coalitioii austro-rasM? Avajtr-elle du moins pour elle la fascination de la force et de la fidoire ? Était-ce un de ces moments où les ennemis de h France afaieot pour eux Tautoritë du succès? Non. Vous êtes entrés
* la cnUade centre la république nmainey p. 8.
LES NATIONALITËS.
dans IbS rangs de la Russie et de T Autriche Taincues. Que feriez -vous donc si elles étaient victorieuses? Ces mêmes Hongrois qui ont protégé nos pères contre Tinrasion de Tislamisme Tonnaient la barrière la plus solide de la France conlre TinTaston de PEurope cosaque. Ils coun::iient de leurs poitrines notre Ooddent; ils formaient Tavant-garde inespérée de la France; entourés de tos ennemis, ils les refoulaient par une suite de prodiges; ils ne tous demandaient rieu que de combattre pour votre propre cause, pour celle de votre territoire et de votre indépendance. Et c'est le moment que vous choisissez pour aider k les massacrer par derrière ! le concours que tous donnes ^ TAutricbe a \alu pour elle cent mille hommes, qu'elle a pu en toute sûreté rvjeter contre Les Hongrois. En sorte que du même coup vous aves frappé deux nationalités amies; et ce double meurtre atteint au cœur la nationalité de la France. •
M. Michelet a donne au peuple hongrois son vrai nom. Il Ta appelé « le héros de l'Europe », — « ce peuple entre tous héroïque, qui, de ses actes, de ses souffrances, de sa grande voix forte, nous relève et nous fait plus grands! Dans toutcequ'ils font ou qu'ils disent, j'entends toujours: Sun^im corda ^ ! ».
Nul peuple, en effet, n'a eu à remplir une mission plus iinpoi*tante que ce dernier venu de l'invasion . De la fin du quatorzième siècle au milieu du seizième , il fut le soldat (le la chrétienté contre la barbarie triomphante'. Aide quelquefois, par hasard, mais jamais d'june manière efiicice ; le plus souvent abandonné de tous, il accomplit son œuvre jusqu'au bout. Le Turc ne passa que sur son cadavre. Après la défaite de Mohacs (1520), rien n'existe de l'ancienne Hongrie ; villes et hommes, tout a disparu ; ce qui garde son indépendance sous le protectorat de l'ancien ennemi , ce qui croit l'assurer en mettant la couronne de saint Etienne sur la tète d'un prince autrichien.
' Uiffbrme, p. 403, 494.
* V. mon élude sur Jean de Hunyad et la Hongrie au quintièmc .' icdc, in-8». Ptrh. 4850.