LES RELIGIOI^S DE L'INDE
Hurrinonie par oxceUence; car c*e9t une harmonie nvante, un poème ntani. L'œuTre et ToaTrier son! intimemeni «nia et tboS^adus ; il n'y a rien au delà, si ce n'est Dieu même, i
(V. "^ LES HeUGIOKS DE L*I5DE '.
Les bases da Génie des reHgitms nons sont connues. Maintenant nous pouvons y stiivre la « généalogie de l'Eternel. »
Les Yédas des Indiens datent d'au moins quatorze siècles ayant Jésus-Cbrist; et nulle part la nature et Thomme ne paraissent plus jeunes que dans ces livres sacrés. C'est donc là qu'Edgar Quinet retrouve l'époque patriarcale, bien plus vivante que dans la Bible. II y entend les hymnes des pastears saluant sur les sommets de k haute Asie la première lueur du soleil naissant. Il y sent « l'aube visible éveiller, eietter, provoquer l'aube de la pensée; m et la théodicée de la natm*e, révélée amsi par la lumière, fl la voit poindre, s'accroître, se dilater, remplir enRn tout l'espace, comme la lumière eHe-mème. Tout d'abord pas> sent dans la nuit les vagues génkes des vents sur les monts, « les aveugles Marutes, humides de gouttes de pluie. » Les étoiles se lèvent, et le feu a réveillé les deux Gémeaux, les Asvins, gardifens du seuil céleste. Aux Asvîns succèdent les Aubes, puis les Aurores, qui enfantent le monde en manifestant la lumière. Mais voici que les Aubes ont disparu et que grandit le soleil d'Orient, Indra, source de Tunique puissance, de l'unique sagesse ; dès lors la lumière des lumières est née, la première révélation est consommée.
Ici l'auteur lait remarquer en quoi se ressemblent In-
* Génie de$ BeHgkmi, I. m, ch. i-ir.
'284 LES REUGIONS ANTIQUES.
(Ira, se détachant du sein des Aubes étemelles, et Jého- ▼ah, se détachant du milieu des Elohim, sur la montagne sainte. Indra et Jéhovah sont tous les deux supérieurs â la création. On peut dire qu'ils ne sont, à Torigine, qu'un seul et même Dieu, révélé aux patriarches indiens et à Abraham. Si donc le culte des Védas ressemble à celui de la Bible, il ne diffère presque en rien de celui des premiers Persans : les mêmes noms souvent et les mêmes paroles liturgiques se retrouvent dans le Zend-Avesta.
Cependant les pasteurs indiens ont quitté les hauts plateaux, ils s'arrêtent dans la plaine, et des royaumes se forment. Après le ravissement causé par la création , de* vait naître le besoin de l'expliquer; l'hjrane est rem* placé par le système, la prière par le précepte. Le prêtre se charge de relever, d'interpréter, de transformer le culte des bergers ; et, désormais en possession d*une doctrine incommunicable, il devient le vrai chef des peuples et des rois. — C'est encore dans les Védas que l'historien philosophe trouve l'époque des théologiens, qui, du reste, y est ajoutée à l'époque des patriarches, sous le même titre, comme dans le Pentateuque de la Bible , sont confondues les traditions de Moise et celles des Lévites.
La première révélation s'est faite dans l'àme indienne par la lumière. La seconde se produit à l'aspect de l'Océan. Brahma est le premier né des eaux ; principe de tout, il est mêlé à tout, « comme le sel à Teau marine ; » il rêve de l'infini « au murmure des ondes éternelles. » Jéhovah n'a aucune ressemblance avec Brahma. Celui-ci, issu des méditations des solitaires, n'évoque point le monde du néant. Au commencement, il est seul dans Téternité, seul avec lui-même. Mais sa solitude vide finit par le troubler, il désire un autre lui ; il s'incarne dans la figure de l'univers. Seul encore, seul toujours.