‹ Edgar Quinet: sa vie et son œuvreChapitre 79 sur 135 · IX. — LA RELIGION a^RAtQQE · texte numérisé non relu

IX. — LA RELIGION a^RAtQQE

En abordant Tétude de l'Ancien Testament, H. Quinel refuse de suivre la critique allemande en ce qu elle a de purement négatif^. Son but n'est point de diseuter si tel texte est authentique ou apocryphe, mais de découvrir, à travers le livre entier, le génie de la religion et du peuple de Dieu.

La première question qu'il se pose est celle-ci : les religions orientales ayant toutes été considérées comme sœurs et formant, en quelque sorte, l'Ancien Testament du monde profane, par quel lien y rattacher l'Ancien Testament du monde chrétien? — Pour trouver une alliance à Jéhovah, il faut s'élever jusqu'au principe même des cultes

< Géde dêê Hdi^itm, 1. V.

* Lire l'exposé des travaux de cette implacable critique daus V Examen de la Vie de Jésus, cb. i, au tome ni des (JEuvres compUies. Nous ne donnons ici que les affirmations de l'auteur. On pourra les comparer avec les oégatiooa de rAlkmagne MTantc.

30i LES RELIGIONS ANTIQUES.

de la haute Asie, au Brahma des Indiens, au Zervan Akerène des Persans, à Celui qui est par lui-mémey Dieu solitaire qui disparaît vite des cieux païens après avoir épuisé sa divinité en la communiquant à tous. Jéhovah lui ressemble en ce qu il est parce qu'il est; mais, au lieu de répandre sa divinité, il Taccumule en lui, au point d'absorber jusqu'à la trinité qui fait le fond de tous les autres dogmes. Comme Indra et Ormuzd, il semble être né de la lumière, et c'est par elle qu'il se communique à Abraham, à Isaac, à Moïse, au peuple hébreu , à Salomon , à Élie. A mesure qu'il grandit, il s'assimile, en le purifiant, tout ce qu'il rencontre de sacré en Orient. La Genèse, sortie de la nuit, est empruntée à l'Egypte ; le Déluge et Babel, aux Chaldéens ; les Anges, TÉden et Satan, aux Mèdes et aux Perses. Tout en s'augmentant ainsi des dépouilles des autres dieux, Jéhovah ne perd rien de sa personnalité. Au contraire, il l'accuse de plus en plus ; en même teoips qu'il tient k tout, il se sépare de tout, et s'isole, avec son peuple élu, à l'extrémité de l'Asie. Où se révèle-t-il7 au désert , là où €< son ombre est son unique compagnon. » De rOcéan capricieux devaient surgir les dieux changeants de rinde et de la Grèce. Le désert seul pouvait révéler c< le Dieu Esprit, immuable, inexorable , incorruptible comme lui. » — Toujours , dit encore Edgar Quinet, « toujours le désert se montre à l'horizon quand vous prononcez le nom de Jéhovah. Il en est le génie, l'éternel habitant. »

Le peuple hébreu répond exactement à son Dieu. (]omme Jéhovah, il vit isolé, sans alliance, étranger à la terre et au temps. Mais, dans cette solitude orgueilleuse, est-il au moins heureux et tranquille? Une inquiétude, ignorée du reste de l'humanité, le tourmente, il a déjà le n;al de l'avenir. Dieu étant libre, l'âme humaine, à son

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