TROISIÈME PARTIE
l. — COSMOPOLITISME ET NATIONALITÉ *.
Courant à la recherche des rivages inconnus, peuplant les terres désertes, défrichant les contrées infertiles, les forêts vierges et les marais fétides, fouillant jusqu*au cœur du globe pour en arracher les trésors oubliés, auxquels, chaque jour, elle invente des applications nouvelles, l'industrie recule, élargit sans cesse les bornes du patrimoine du genre humain. A la faiblesse matérielle de Tiudividu, elle supplée par l'omnipotence collective de la machine. Par les rivières, dont elle corrige le cours, par les canaux qui joignent les fleuves, par ces longues lignes tracées à travers les océans et que suivent d'innombrables paquebots, en dépit des flots et des vents, elle développe et multiplie les communications naturelles, elle rapproche et unit
• Unité morale des peuples modernes;— Génie des Religiansy liv. I, m, v; liv. in, IV ; — Allemagne et Italie, xvi; — Le Champ de bataille de Waterloo; — préface de Prométhée; — Les Jésuites, conclusion ; — Ultratnontanisme, levons I" et TX'; — Les HoumainSy conclusion; ~ Révolutions ^Italie, liv. ï, v; — aux tomes UI, IV, YI, VUl des OEuvres complètes d'Edgar Quinet.
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les pays et les coiilinents. Lançant la vapeur sur des routes de fer qui brisent les frontières des Etats, — car rien n'arrête leur développement logicpie, ni le cours d'eau, ni le précipice, ni la montagne ; — abolissant jusqu'à la distance avec l'électricité qui, rapide comme la foudre, d'un bout du monde à l'autre peut mettre les hommes en rapports immédiats et constants avec les hommes; enfin, au moyen de l'échange, du crédit, de l'association, unissant les intérêts universels en un faisceau commun, et les rendant solidaires, elle anéantit la division des anciens âges et semble préparer l'unité des temps futurs.
Admirons tant de merveilles, mais qu'elles ne nous éblouissent pas! L'industrie n'est point son but à ellemême. Si elle ne devait pas provoquer une pensée nouvelle qui, demain, se servira d'elle, comme aujourd'hui elle prétend se servir de la nature, n'aurions-nous pas à la maudire plutôt qu'à la glorifier?
Par exemple, en exagérant le principe fécond de l'association des capitaux, en plaçant, au faite de la société, des chiffres, non plus des êtres, n'a-t-elle pas déjà amoindri la valeur de l'individu, altéré la conscience du moi^ noyé la personnalité dans le tout anonyme et irresponsable ? Conviant le Nord et le Midi, l'Occident et l'Orient à unir leurs forces dans un but commun, pour une conquête toute matérielle ; groupant, non les peuples, mais les produits des contrées, autour de l'autel du dieu Capital^ a-t-elle mieux réussi *que le catholicisme à fondre les races en un même troupeau, n'ayant d'autre patrie que la richesse, laquelle, à cette heure, paraît remplacer le paradis? Tendant à l'universalisation de l'échange des produits et des valeurs représentatives, au cosmopolitisme des intérêts, n' a-t-elle pas détrôné l'espf it au profit de la matière,
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supprime des nations cherchant chacune un avenir humanitaire et se développant dans toute la force expansive de leur individualité, pour ne mettre à leur place que des hommes sans âme, sans idéal, sans foi, sans principes, vivant du présent et devant mourir avec lui?
Nul n'a protesté avec plus de vigueur et de persévérance qu'Edgar Quinet contre ces illusions de l'industrie contemporaine. 11 y a vingt ans, assistant à l'origine du mouveiAent qui, aujourd'hui, a dépassé son apogée, il cherchait, non point à l'entraver, car il le croyait nécessaire, mais à eiï modérer l'exagération naturelle, exagération fatale à l'individualité et à la nationalité, qu'il considère avec raison comme les deux sources des plus hantes vertus de Tintelligence et du cœur.
L'association, en effet, n'est la vraie loi de l'avenir que si, en combinant les forces de tous dans un but commun, elle ne diminue ni ne brise la force de chacun des associés. De même, le cosmopolitisme, — c'est-à-dire l'unité absolue du genre humain, — ne peut pas être une doctrine démocratique s'il exig^ la destruction des races, obtenue n'importe comment, par le césarisme aussi bien que par la conquête révolutionnaire, par l'industrialisme aussi bien que par le hasard ; si, loin de tenter le rapprochement fraternel par l'amour réciproque, il rêve une confusion qui ne serait pas autre chose que l'Kmpire d'Autriche universalisé.
Mal compris, l'association et le cosmopolitisme conduiraient à l'abolition de l'homme et des peuples, sans qu'il en résultât une humanité véritable, composée d'êtres égaux et Kbres. La mission que la Révolution française I ous a léguée est précisément l'union des deux principes qui semblent aujourd'hui se poser en contradiction : l'union de la liberté et de l'égaÛté, de l'individu et du
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groupe, de la nationalité et de l'humanité. L'homme, libre parce qu'il est homme, s'associant librement dans la Famille, dans la commune, dans la patrie, dansThumanité, tel est le développement naturel de chacun de nous. Combiner les divers sentiments, remplir à la fois les devoirs multiples et exercer les droits attachés à la quadruple qualité de père, de citoyen , de patriote et de membre actif de la grande famille. hummne, c'est être vraiment un honome. On ne Test qu'à demi si l'on est père aux d^ens ;de la patrie et si Ton viole l'humanité par excès de patriotisme. Ne cesserait-on pas de l'être en voulant l^êke trop, en se plongeant, hors de la famille, de la cité, de la patrie, dans la mer infinie de Tes^ce?
Sous prétexte d'élargir nos horizons, d'élever nos âmes, ne nous perdons point dans des abstractions vagues, dont l'eflet trop rapide est de mettre le devoir au-des8U9*de la portée commune et, par conséquent, d'encourager l'indifférence, l'inaction, Tégoïsme. Gardons-nous bien surtout de mépriser la nationalité, croyant ainsi mieux aimer l'humanité ; car nous endormirions. en nous une conscience qu'il est bon de tenir éveillée ; car nous imiterions ceux de nos pères qui avaient intérêt à légitimer l'invasion de 1815, nous deviendrions p/(i/o«oph^5 et nous cesserions d'être peuple. Alors, sans doute, nous pourrions accumuler syllogismes sur syllogismes, mais non pas actes sur actes, comme les héros de 1792, repoussant l'ennemi du sol sacré de la patrie, et, vainqueurs, le poursuivant sur son propre territoire en propageant le saint dogme de la fraternité des nations.
Du reste, les théoriciens du cosmopolitisme antinational, enivrés de la grandeur apparente de leur rêve, — rêve emprunté à l'ultramontanisme, dont l'idéal a toujours été une seule foi, un seul pape, un troupeau de
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fidèles courbés sous une autorité unique ; — les théoriciens du cosmopolitisme ont peu étudié T histoire et semblent ignorer combien les races humaines diffèrent les unes des autres, combien il est difficile, — s'il est possible, — de tuer.une nation.
Qu'ilsi remontent jusqu'aux premiers âges, et ils retrouveront les races encore existantes, portant chacune dans ses traits, dans ses mœurs, dans ses pensées, un sceau particulier, que les siècles, les migrations, les invasions ont modifié plus ou moins, mais que nulle force n'effacera complètement. D*autre part, qu'ils approfondissent le fait de la conquête, par lequel se dissolvent ou se transforment les associations nationales^; ils le verront se produire de trois manières : .
— Ou le conquérant est repoussé, soit en une longue suite de siècles, comme le Maure par l'Espagnol, soit en quelques semaines, comme l'Europe monarchique par la France républicaine. En ce cas, la nationalité mise en péril, grâce à l'héroïsme de ses défenseurs, est désormais assise sur d'inébranlables bases ; elle tend même à déborder hors de ses frontières naturelles, semblable au. fleuve dont une digue impuissante a, un moment, dérangé le cours. — Ou bien, le conquérant est victorieux, il parvient à prendre pied sur le sol, il s'y enracine. Alors, s'il est Asiatique, il se superpose au vaincu, qui perd jusqu'à son nom et devient caste inférieure. S'il est Européen, peu à peu, il se mêle au peuple conquis, et, par l'introduction d'un élément nouveau, métamorphose son génie et son état social, à Texemple des Normands devenus maîtres de l'Angleterre anglo-saxonne. — Ou bieui, enfin, le conquérant n'ose pas garder sa conquèl;e; quoique vainqueur, il se retire de lui-même; mais, après avoir imposé au vaincu un gouvernement de son choix, c'est-à-dire, après avoir
fait d'un corps un cadavre, de telle sorte que le cadavre ne pourra redevenir corps qu'en brisant la lourde pierre du sépulcre, et ne sera réellement vivant que du jour où il aura, non-seulement renversé le pouvoir imposé par l'ennemi, mais encore déchiré en mille pièces le traité signé pour consacrer sa dépendance. Témoin la France,. qui a commencé, en 1850, à rompre le joug de 1815, mais qui, depuis, n'a pas encore pu retrouver sa sublime énergie des temps de la Révolution, s'est même vue, au lendemain de février 1848, impuissante à assurer le triomphe universel de ses idées humanitaires; et cela, parce qu'elle n'a point rompu, violé dans sa totalité et dans chacun de ses honteux détails, le pacte de la Sainte-Alliance.
En somme, la conquête, sous quelque forme qu'elle se produise, est un acte de barbarie tellement contraire à cette idée même d'humanité, dont certains esprits faussés tendraient à la faire l'actif agent, que jamais l'on n'a vu un peuple l'accueillir comme un bien et que tous les peuples qui vivent et qui renaîtront, ne vivent que parce qu'ils l'ont repoussé en versant le plus pur de leur sang, ne renaîtront qu'en se soulevant héroïquement contre elle.
En Asie, les peuples morts sont moj"ts pour toujours, parce que l'Asie ne comprend que la caste, et qu'ayant borné au nom de la religion le libre développement de l'individu, elle peut hiérarchiser et immobiliser les masses, comme elle hiérarchise et immobilise les hommes. Mais en Europe, où la* personnahté est la base de la civilisation vraie, les peuples, quoi que l'on fasse, ne peuvent pas être tués, parce que chaque homme, comprenant ce qu'il vaut en tant qu^homme, comprend aussi que chaque ensemble d'hommes, habitant une contrée qu'il s'est appropriée depuis des siècles, ayant une langue propre, des mœurs, des lois nées à la fois de la nature de son génie
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et de celle du pays, est véritablement une unité dans le genre humain, une personne vivante qui possède un passé, un présent, un avenir à elle, une intelligence, une volonté, une conscience, une âme en un mot. D'où il résulte qu'attenter à l'indépendance d'un peuple est un crime qui crie vengeance et dont tout cœur juste ressent Thorreur, que tout homme a droit et devoir de punir.
Cependant, démontrer ainsi la nationalité par la haine légitimement due à qui la menace, ne serait-ce pas donner raison aux théoriciens qui, partisans de la paix universelle quand même, prétendent, en supprimant les divisions nationales, ôter à la guerre la principale de ses causes? — Non, sans doute. Car, si Torganisation ou plutôt la désorganisation des États de Tancien monde les portait logiquement à se ruer les uns sur les autres pour la seule satisfaction des ambitieuses folies de leurs souverains, les nations démocratiques du monde nouveau ne doivent ni ne peuvent entretenir à l'égard les unes des autres les mêmes rivalités, les mêmes jalousies, les mêmes inimitiés, sous prétexte de prépondérance ou d'équilibre. Petites ou grandes, faibles ou fortes, se déployant dans toute l'étendue de leur génie particulier, vivant de toute leur vie, loin de s'atténuer Tune devant l'autre, elles marcheront d'un pas plus ou moins rapide vers le but commun qui est la liberté et l'égalité; et la première arrivée tendra la main à ses sœurs, non pour les absorber à son profit, mais pour les élever jusqu'à elle, les associer avec elle dans la vie, non dans le néant. Ainsi sera effectuée l'unification du genre humain par le seul effort de Tamour volontaire. Dès lors, l'humanité, dont Tunité absolue aurait fait une cohue d'hommes, sous la forme fédérative, s'élèvera audessus des peuples, harmonie divine résultant de tous les accords humains.
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C'est pour eoncourir à la réalisalioii de cet idéal qu'Edgar Quinet a consacré une des meilleures parts de sa laborieuse existence à faire connaître les nationalités à la France. Ouvrant son cours de Lyon, le 10 awil 1839, il faisait en ces ternies sa profession de foi littéraire et politique : — « Unité des lettres et fraternité des peuples modernes. » -*- Et, après avoir démontré que Findustrie et la science, Tari et la politique, que tout tend aujovrd- hui à rapprocher les peuples et à rendra la guerre fratricide, il s'écriait :
« Si la conscience de cette nation s^est élevée par degrés de la
commune à la province, de la province à la France, je dis, de plus, que cette progression ne doit pas s*arréter à ces termes... La li'ranee n'est pourtant qu'une province dans Thumamté. . . Notre pays tout entier aspire d'un même efîort à sortir de ses propres limi^ pour connaître ce qui se passe hors de lui, se confondre ainsi avec le génie du genre humain lui-même. »
Dans le Génie des Religions^ Edgar Quinet saluait du plus ardent enthousiasme la grande découverte de l'affiliation des idiomes d'Orient avec ceux d'Occident, affiliation qui prouve que les peuples, aujourd'hui les plus étrangers les uns aux autres, ont vécu à l'origine en relations intimes et prolongées. — Ailleurs, — préface de Proméihie^ — il déclarait « Tunité de civilisation devenue un des dogmes du monde » et montrait « un seul Dieu, présent dans chaque moment de l'histoire, rassemblant en une même famille les peuples frères que des années rapides séparent seulement les uns des autres. — ^ Paris, du haut de sa chaire du collège de France, il disait aux jeunes gens qui se pressaient pour l'entendjrë :
« Aimez donc ce pays, non comme une abstraction doctrinaire, mais comme une terre consacrée. Quand les métaphysiciens vous proposent d'émigrer sans choix, sans souvenir, à la surfa^cvdu globe, «np-
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pelez-vous ce mot par lequel a été sauvée la Révolution : « Emportelai-je ma patrie à la semelle de mes souliers? »
Aux étrangers de races différentes, ennemies parfois,
— Polonais, Russes, Italiens, Allemands, Hongrois, Espagnols, Portugais, Roumains, Turcs, Anglais, Américains,
— dispersés dans, son auditoire, il disait aussi :
« C^est une chose difficile, dans une semblable rencontre, de ne blesser la nationalité de personne. Je Tai toujours désiré, j'y ai mis tons mes efforts, je crois y être parvenu. Si cela est, puisse Funion rapide de ces hommes de races diverses être pour nous Temblème de Tunion, de Talliânce, de la renaissance, de la prospérité future de leurs patries dans un esprit nouveau de justice et de solidiurité. Vous rcTerrez un jour, bientôt peut-être, ces patries désirées. On vous de- Hiandera ce que Ton fait en France : vous direz qu'on y fait des vœux pour le monde. »
Plus tard encore, hier, lui, exilé, élevant la voix en faveur des hommes sans patrie, rappelant aux Latins d'Occident leurs frères oubliés sur les bords du Danube, il écrivait :
« Un peuple de moins dans le monde, c^est un rapt fait à la nature humaine. La civilisation n*est pas seulement le trafic; elle a aussi pour but de conserver les individus, hommes ou nations. Celle qui en conservera le plus sera la plus élevée. L^idée d'humanité», qui a fait jusqu'ici Thonneur de notre siècle, en deviendrait le fléau, si elle devait servir à couvrir de ce beau nom l'anéantissement de l'homme au profit de Fespèce. »
De la sorte associant Tidée de pattie à Tidée d'humanité, conviant toutes les races à apporter un fragment à l'œuvre commune, n'admettant pas qu'un seul peuple pût rester éternellement cloué sur la croix et le Golgolha de l'histoire, sans avoir son jour de résurrection ; solidarisant les misères particuUcres de tous les peuples au point de faire de la misère de chacun la misère de l'humanité, il concluait en ces termes :
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« Il est certain que nul d'entre eux ne rentrera dans l'entière possession de lui-même, si la cause de tous ses frères ne devient sa caus^^ si cette idée n'agrandit à ses yeux sa propre entreprise, s'il n'a tout ensemble pour lui la puissance de la nationalité et la puissance de l'univers. »
Enfin, dans son ardent amour pour la patrie française, il se complaisait à la montrer se liant à l'Italie et à TFspagne par ses provinces méridionales, à l'Allemagne par ses provinces orientales, et par ses provinces occidentales à FAngleterre; investie, en raison même de sa position, du rôle de médiatrice entre le Nord et le Midi ; unifiant en son génie cosmopolite ces génies jusqu^alors contraires; il rappelait au nom de toute son histoire, surtout au nom des principes qui présidèrent à la régénération de 1789, ù c< prononcer la parole sociale capable de relever ritatie, TEspagne, le Portugal, l'Irlande, la Pologne, la Bohême, la Hongrie, tous ces débris tombés de la couronne des papes. »
Telles sont les bases solides sur lesquelles reposent les études qu'Edgar Quinet a consacrées aux nationalités*.
• En un admirable petit poème, le Rfrin (tome VIII, p. 475), Edgar Quinet, répliquant à la Marseillaise de la paix de Limnrtine, exprimait ainsi toute sa théorie :
Si pairie est un mot inventé par la haine.
Tente vide, en lambeaux, que l'amour doit ployer, S'il faut des nations briser la forme vaine, Arrache donc aussi la famille au foyer!
I>e tout cham^ limité condamne la narrière.
Maudis le jeune hymen dôs que son temple est clos. Au lare domestique interdis la prière; Tous, ensemble^ au hasard, mêlant notre poussière. Fraternisons dans le chaos.
Regarde I dans ton vol les cieux que tu visites, Par des rivières d'or divisant l'iniini, Ces royaumes profonde dont tu sais les limites, Déscrtént-ils l'azur que Uieu même a béni ?
Le Bélier au Verseau cède-t-il sa frontière ? Au vain rugissement de l'Ours ou du Lion, Quand vit-on reculer le sanglant Sagittaire, Ou fuir les deux Gémeaux, s^inclinant jusqu'à terre Dans la dté du Scorpion?
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LA GHÈGË MODERNE. 129
Ces études/ dont quelques-unes sont de date récente et qjiielqpues autres déjà anciennes, méritent d'être examinées avec plus d'attention que jamais : elles empruntent à YéUii actuel de l'Europe un puissant intérêt d'actualité; embrassées dans leur ensemble, complétées sur certains points, reliées et synthétisées, elles tracent le vrai programme de la politique paciGcatrice et civilisatrice de la France révolutionnaire à partir du jour où les règles arbitraires du vieil équilibre européen et les honteuses violences, consacrées au nom de Dieu par la Sainte Alliance, ne suffiront plus à garantir la paix du monde.