LE PORTUGAL
Souvent on a désespéré de TEspagne. On a toujours eu tort. Le sérieux apprentissage qu'elle faisait de la vie moderne, à la tribune des cortès, sa foi profonde en la parole sincère, sa soif de loyauté, sa force empruntée sans cesse au sang du taureau, la persévérance de ses efforts, Taudace de ses brusques et fréquents réveils et sa joie dans la bataille, tout cela senti, saisi, vu sur les lieux, a inspiré à Edgar Quinet une haute estime pour ce peuple trop méprisé des prétendus forts. Triste au départ, le voyageur croyait aller vers le néant. Au retour, il affirme la vie. — * « Je voudrais, dit-if, rallumer chez ce peuple )a pensée que rissue de ses débats est intimement Uée à la destinée des autres, et qu'il a, comme tous les autres, sa mission dans le monde actuel. » Ce peuple est brave et fier, il pense « qu'^1 vaut encore la peine de mourir pour quelque chose; il a son rôle à remplir dans le grand chœur de la démocratie moderne. » De quoi s'*agit-il aujourd'hui ? Nonseulément de briser le despotisme temporel, mais de tarir jusqu'à la source du despotisme spirituel. Attachée, « pleine de vie, à une reUgion morte, » l'Espagne n'estelle pas la première intéressée à ce que le cable soit rompu, à être affranchie de la vieille foi, à prendre librement son essor vers Tidéal de justice, que la Révolution française offre aux peuples et à l'humanité?