VII. — LA RELICIOS DE l'ÉGYPTE
La civilisation de l'Egypte est un mélange du génie de l'Afrique avec le génie de l'Asie. Comme son sphinx, elle a double nature, « le front pensif de l'extrême Orient, les reins puissants des lions de la Lybie. »
De même que la source du Nil, le premier vestige de la société égyptienne est perdu dans les déserts d'Abyssinie, <l'Éthiopie, dans les profondeurs africaines. De Méroë partent des colonies de prêtres qui, suivant le cours du fleuveroi, descendent à Thèbes, à Memphis, au Delta. Chaque fois qu'ils s'arrêtent, ils bâtissent des temples, lieux de refuge, points de rassemblement des populations diverses •éparses dans le désert. Là différence d'origine et de couleur des hommes constitue ici leur inégaUté sociale : les castes s'établissent, pour ainsi dire, naturellement. Longtemps les villes, ainsi élevées autour des temples, restent à l'état d'oasis, isolées les unes des .autres. Pour constituer une unité nationale sous un dieu commun, il faut
* GétUe desBeligûm, I. IV, cli. ii.