‹ Edgar Quintet, sa vie et son œuvreChapitre 73 sur 109 · I. — DOCTRIISES FONDAMENTALES · texte numérisé non relu

I. — DOCTRIISES FONDAMENTALES

L^déal réalisé dans le Génie des religions est l'union de la tradition profane avec la tradition sacrée pour former TAncien Testament, d'où naît le Nouveau Testament chrétien, confirmant l'autre et l'absorbant en lui. L'idéal nouveau auquel Edgar Quinet aspire dans les études variées, dont Tensemble compose son enseignement au collège de France, c'est Tunion de toutes les Églises, romaine, protestante, grecque', dans une unité supérieure, sorte de christianisme éternellement progressif.

. € Le concile de Nicée, dit-il •, a décrété ce qu'on peut appeler la déclaration des droits de Dieu; tout le moyen âge a travaillé à la dé« claration des droits de rÉsflise; enfin les temps modernes ont ajouté,

jamais, Edgar Quinet a une rcputaiion de mysticisme et d'insondable obscurité, qui éioigne de la lecture de ses œuvres nombre de gens auxquels ses idées seraient très-sympathiques. — Je ne recherche pas si cette réputation lui a été donnée par la légèreté seule ou par l'inimitié; mais je déclare quil ne la mérite pas. Tous ses ouvrages, môme les plus synthétiques, peuvent se résumer : donc ils se peuvent comprendre. Cependant, M. Quinet a un défaut, un grand défaut par le temps qui court : il n'écrit pas que pour écrire'; il écrit parce qu'il pense et pour faire penser. Que ceux •donc qui redoutent les idécB fuient ses livres ; car ici les idées sont aussi nombreuses que les mots, quelquefois plus. À ce titre, M. Quinet est trcsr •obscur, on ne peut plus mystique; un libre esprit est indispensable pour suivre au vol sou intelligence audacieuse; un cœur est nécessaire pour monter jusqu'à son idéal.

* Le Christianisme et la Révolution française, leçon 3*.

* /d., leçon ¥.

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dans r Assemblée constituante, à Tanlique Credo la déclaration des droits du genre humain. Or ces professions de foi, faites en des temps différents, semblent d'abord se contredire et se heurter, quoiqu'elles soient nées les unes des autres. Qui les conciliera?... C'est là le travail qui, aujourd'hui, divise et oppresse le monde, t

Ainsi, l'œuvre de Tillustre professeur n'a pas été, comme on l'a pu dire, une œuvre de haine, mais de paix et d'amour. La destruction quand même n'est point le fait de M. Quinet. Cet esprit ardent monte avec enthousiasme vers l'avenir, édifiant sans cesse. S'il lutte, c'est qu'on Ty contraint. S'il abat, c'est que l'obstacle que l'on dresse en face de lui l'empêche de voir le Vrai, le Juste, dans sa splendeur immaculée. Il n'a pas écrit les Jésuites y VUltramontanisme^ le Christianisme et la Révolution^ pour soulever des tempêtes. Les tempêtes se sont amassées autour de lui, malgré lui. 11 n'a point reculé devant elles, il les a affrontées avec une admirable bravoure d'âme, et il les a vaincues en élevant hors de leur portée son idéal infini, la liberté absolue de la conscience individuelle, l'égalité des hommes devant l'éternelle justice, et la fraternité du genre humain.

Si, comme tous ses contemporains, M. Quinet est intérieurement travaillé par le doute, le doute ne l'endort pas dans l'indifférence ; il l'excite, au contraire, à s'élancer vers des cieux plus élevés, plus larges que les cieux anciens, qui ne lui suffisent ni pour lui-même ni pour l'humanité. Veut-on mesurer jusqu'où va ce que je ne saurais nommer autrement que l'inquiétude croyante d'Edgar Quinet, il faut lire Y Examen de la vie de Jésus.^ et un morceau de quelques pages, la Religion dans les limites de la raison *.

* Œuvra complétée^ tome 111.

* Lettre sur Kant, du 18 août 1841, au tome X des Œuvres, p. 287-292.

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