V. — LA RÉFORMATION
« A peine, dit M. Quinet, les cathédrales sont-belles achevées, qu*une force inconnue commence à les miner. » — L'Église catholique, apostolique et romaine est parvenue au faite de sa puissance. Mais au moment où elle semble absorber définitivement la chrétienté, on sent déjà que la chrétienté tend à se séparer d*elle. Préparée dans le Midi, avant d'éclater dans le Nord, la réforme de TÉglise, au quinzième siècle, préoccupe tous les esprits. Rome, seule, ne sent, n'entend, ne voit rien. L'humanité, impatiente, veut marcher en avant. Rome, immobile, prétend, quand même, la retenir éternellement dans le passé.
Le premier avertissement donné à l'Eglise romaine date du neuvième siècle : c'est le schisme grec. Les deux moitiés du monde antique, b Grèce et Rome, réunies dans le Panthéon, sont divisées par le Vatican. Mais est-ce une révolution religieuse que Byzance fait contre sa rivale itahenné? Non, ce n'est qu' « une révolte de l'orgueil au moins autant que de la conscience » et l'introduction dans le dogme de « l'égoisme politique. » Voilà pourquoi Edgar Quinet a raison d'affirmer que (c Constantinople est tombée le jour où, après s'être séparée de Rome, elle n'a pas eu l'ambition de devenir à sa place la capitale et l'âoie de l'univers chrétien. » — En vain le cathoUcisme essayat-il de rapprocher les deux Églises rivales, mais ce que les évêques du concile de Florence ne purent faire, les artistes de la Renaissance l'accomplirent : par leurs œuvres néo-païennes, la Grèce antique et Rome moderne furent enfin réconcihées.
* Le Chriêtianisme et la Bévolutian, leçons 9, 10, il.