‹ Edgar Quintet, sa vie et son œuvreChapitre 93 sur 109 · X. — LÉGUSE ET LE DIX-HUITIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

X. — LÉGUSE ET LE DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Edgar Quinet définit le dix-huitième siècle « la migralion du monde moderne, pour passer d'une forme sociale à une autre ; ce n'est pas seulement une époque, c'est une ère. » Soufflant sur les deux fanlôuies, royauté, sacerdoce, anéantissant la double idolâtrie catholique et monarchique, il fonde la justice et l'élève de toutes pièces sur le terrain débarrassé des masures du moyen âge.

Comme la philosophie du dix-huitième siècle ouvre à rhumanité un idéal nouveau, supérieur à celui de Tancienne Église, M. Quinet peut dire qu'il enlève au christianisme visible le christianisme vivant, et que dès lors le corps du christianisme est d'un côté, l'esprit de Tautre. Sceptiques à l'égard du passé, — toute révolution l'est et le doit être pour aboutir, — les précurseurs de 1789 cessent de croire à beaucoup de choses, mais au fond de leurs négations que trouve-t-on ? « Une foi universelle à ce qu'il y a de plus important dans rhcriiage du christianisme, je veux dire à la puissance de l'invisible, de la pensée. » Ils y croient tellement, que c'est avec la pensée seule qu'ils entendent abolir le vieux monde et créer le nouveau. Ces prétendus matérialistes, « par un mouvement héroïque de l'âme et sans prétention aucune à Tidéalisme, constituent le royaume des esprits ! »

Il a été de mode, au lendemain de 1815, — car de là datent toutes nos hontes, — et même depuis, de renier le dix-huitième siècle, le plus éminemment français de notre histoire. M. Quinet nous montre qu'à l'étranger on ne

* Vltramontanisme, 7« leçon. — J. Michelet, HUtoirede la Révolution, préface, introduction, II* partie, § 5, 6, 7; et à la fin du second volume : De la Méthode.

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