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I7S NOTICE» HISTORIQUES
quoique petite, suffit pour lui donner beaucoup de clarté; lorsqu'il est vu du portique opposé , il est d'un effet assez piquant, parce qu’on aperçoit de là les balustrades se croiser à diverses profondeurs. la- |>etit escalier de dégagement , dont l’entrée existe au pied de l’escalier principal , est dissimulé avec adresse : il est dans une situation parfaitement choisie.
Plan d'un palais pris de la piazzo de' SS. Apostoli.
h, si On retrouve ici , dans la magnificence et la grandeur desdispositions, l'un des types distinctifs de l’habitation romaine. Nous ne saurions néanmoins approuver les escaliers de ce plan ; non-seulement ils sont trop multipliés, mais ils ont le défaut de rivaliser entre eux d'importance. La longue et large galerie qui traverse le palais procure un accès facile et commode aux escaliers, aux «ours et aux écuries.
Élévation de l'Église S. Omobono, située au pied du mont Capitolino.
tu, «. La confrérie des tailleurs fit construire, l'an 1373, cette église dont la façade présente une belle masse, et un heureux motif qui se recommande autant par la bonne étude de scs proportions que par la pureté de ses détails.
Élévation de l'entrée délia casa professa de’ Gesuiti, piazza dcl Gesu.
ix, jj. Cette habitation, composée de bâtiments considérables, sert de maison professe à la compagnie des jésuites et de résidence à leur général. Elle est attenante à l'église del Gesù , et fut bâtie, l'an i fia3 , par le cardinal Odoardo Famese , Sur les dessins de Girolamo llaipaldi. ■ • . ..
Quoique l'élévation, du côté de l’entrée, que nous avons figurée
ET CH1TIQUES
sur cette planche, soit moins étendue que celle des autres faces, elle est pourtant la plus intéressante. Elle est conçue dans un caractère grave, simple et plein de convenance. Si quelques détails en sont incorrects, la plupart du moins sont recommandables pour la proportion de leur masse avec l’ensemble; la corniche supérieure est surtout bien divisée et forme un couronnement d'un bon effet.
Plan et vue du vestibule du palais Guarnieri, via di porta Pinciana.
I, escalier de ce palais, dont on peut juger l’effet d'après la pers- m,,. pective que nous en donnons, se présente avec avantage au milieu du vestibule, et -offre quelques combinaisons assez adroites. Ainsi, à partir du premier palier , il se divise en deux branches conduisant toutes deux à l'eritre-sol; celle de gauche, se continuant, fait arriver d’abord au jardiu, puis aux divers appartements des étages supérieurs. I je sol du jardin se trouve intermédiaire entre l’entrç-sol et le premier étage.
Plan , coupe et vue du vestibule d'une maison, via de’ Luccbes.i.
On peut d’abord remarquer dans ce plan combien les écuries et ii.p*. remises sont commodes et d'iin accès facile; mais l’attention doit principalement se porter sur l'escalier, dont la disposition ne manque pas d’originalité. I/ordonnance à double étage, qu’on distingue à l’extrémité du long passage formant vestibule, accuse bien l'escalier; le motif de celui-Ci se compose de deux rangs de pilastres accompagnés d’arcades. La coupe et la vue donnent une idée assez exacte de ce vestibule , dont l'effet frappe toujours d’une manière inattendue. L’ordre dorique du rez-de-chaussée est étudié avec élégance, mais les piédroits de l’entre-sol sont profilés avec moins de goût.
NOTICES HISTORIQUES
. ‘ Elévation du palais Costa, via di Borgo .nuovo.
xiv, l; Jacohiis Brixianus, chirurgien du pape Iéon X , fit hâtif, ce palais, i qui , depuis, doit avoir appartenu successivement aux familles Costa,
Colonna et Ceva. Il est situé près du palais Accaramboni , à peu de distance de la place de S. Pietro. Quelques auteurs en attribuent .la construction à Baldassarre Peruzzi , d'autres ont cru y retrouver la manière de Raphaël. Nous nous rangerons de l’avis des premiers sans pouvoir, toutefois, l’appuyer de preuves, ou d’analogies décisives.
Au-dessus d’un rez-de-chaussée , traité en bossages, d'un caractère sévère , oii l’heureux ajustement des boutiques et des croisées de l’entre-sol se fait remarquer, s’élève un étage décoré d'un ordre dorique et de lielles croisées à fronton. T-' étage supérieur est traité en attique et if une façon tout à fait secondaire : des pilastres ou plutôt despiédestaux allongés continuent perpendiculairement les lignes de l'aplomb de l'ordre inférieur; enfin, des croisées d’une richesse et d’une proportion convenable complètent la décoration de cet attique.
L’heureuse masse de cette façade , l'excellente division et proportion îles étages, le motif si bien raisonné de sa’ décoration , enfin , ses détails généralement bien profilés, tels sont les genres de mérite qui font lait apprécier des connaisseurs. Quelques incorrections, il est vrai, pourraient d’abord provoquer la critique , mais un plus mûr examen en fait bientôt reconnaître l’origine, et prouve que l'esprit judicieux et expérimenté, qui a présidé à tous ces ajustements, a su faire à propos quelques .sacrifices pour obtenir un ensemble harmonieux. C’est ainsi que les contre-pilastres du premier étage |>euvent trouver . '* une excuse, car ils servent comme d'encadrements aux croisées; ils
diminuent non-seulement l’intervalle trop considérable entre les pilastres, mais ils préservent ceux-ci d'une apparence de maigreur qui eût été choquante.
ET CRITIQUES
Remarquons encore avec quelle adresse ces mêmes .pilastres' sont accusés; comme on a su les faire ressortir et pour ainsi dire les détacher, et cela avec quelques combinaisons de moulures bien simples. f.a base des contre-pilastres a été supprimée, la corniche de leurs piédestaux .remplacée, par un simple bandeau, d’où il résulte que le piédestal des pilastres en brille davantage. Si la hase des piédestaux règne à la fois sur les contre-piédestaiix, c’est sans doute pour constituer une, sorte d'empâtement à l’ordre, lequel repose ainsi d’une manière plus ferme sur le soubassement rustique.
Quant aux croisées, elles sont ornées de consoles, mais sans contrechambranle, leur soutien pu plutôt leur accompagnement habituel. S’il a été supprimé, c’était, sai^s doute, pour obtenir un champ égal autour des croisées et les faire paraître plus légères. C’est vraisemblablement dans la même intention qu’on a profilé l’appui 'sur lequel elles [>ortent pour le faire, en quelque sorte, participer à leur hauteur.
*. En considérant cette façade avec attention, on s’aperçoit que les entre-axes des pilastres sont inégaux, et que cette différence, quoique graduée, est néanmoins assez, sensible à la dernière division. L’architecte a cherché à dissimuler cette irrégularité en variant la grosseur des triglyphes et en portant jusqu’à cinq dans l'entre-pilastre de gauche, leur nombre qui, partout ailleurs, n’est que de trois. Ci» différences , presque inaperçues sur le lieu meme , fussent devenues visibles et choquantes en dessin : leur reproduction étant ici sans utilité réelle, nous avons cri» préférable de conserver au palais l’exacte proportion de sa masse, d’adopter des divisions égales pour les entreaxes des pilastres, et enfin de mettre quatre triglyphes entre chacun d’eux , au lieu de trois et de cinq , qui s’y trouvent en réalité. Ce moyen terme nous a procuré un grand avantage, doilt on eût été privé en s'attachant à la représentation fidèle, celui de donner des métopes carrées.
Mais d où peuvent doiic provenir toutes ces irrégularités , si ce n’est de l'obligation imposée à l’architecte de respecter des constructibns
l8a NOTICES HISTORIQUES
existantes qu'on voulait utiliser, d’où il résulterait que son travail ne fut qu’une restauration? Cette opinion acquiert beaucoup île vraisemblance quand on considère le plan , et combien peu sa composition répond au talent et à l’intelligence qui se manifeste partout à l'extérieur. Ce plan dut être primitivement compris dans un espace triangulaire, et les boutiques, aujourd'hui placées perpendiculairement à 1 un des eûtes du triangle, seraient, selon nou%. 1 adjonction qu'on aurait faite postérieurement ; alors l’angle aigu qui devait exister précédemment à gauche, aurait été remplacé par une façade latérale, laquelle se trouve avoir précisément en largeur #la profondeur des boutiques; ( I ’oyf. ItM figure» ci-eontre. I ,
Nous dirons peu de chose de cette façade latérale, qui est étroite et n'a qu’une seule baie au rez - de - chaussée ; elle ri'offre, au reste, qu’une continuation de la farad»' principale dont le motif a été prolongé en retour. Les seules modifications qu'on y remarque sont légères et n'existent qu'au premier étage , où l'on aperçoit encore des ajustements d'armes ayant évidemment appartenu aux M édifia. Ou lit près de ces armes l'inscription suivante :
LEO MS X PONT. MAX. LIBRRAMTATE J A CO BUS BK1X1AM> CHIRUR1K» .EDIFICAVIT (l).
Élévation de l’église S. Pietro in Hontorio, sur le mont Gianicolo.
ou. >s On prétend que la fondation de cette église remonte au temps de Constantin , et qu'elle porta d’abord le nom de in monte Aurco ,
0{te inscription, ainsi que les armes» ont disparu à la suite d’une restauration recente.
BT CRITIQUES.
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et anciennement celui île : in Castro Aurco. Après avoir été une des vingt abbayes de Rome, elle fut abandonnée, puis cédée, en 147a, aux frères mineurs de l’observance, ensuite aux réformés de Saint- François, pour lesquels le roi d’Espagne, Ferdinand IV, et la reine Isabelle, la firent rebâtir sur les dessins de Bac-cio Pintelli. Philippe 111 , en i6o5 , fit faire, devant l'église, une place et une fontaine aujourd'hui détruite. C’est à lui qu'on doit aussi la construction de ce gros mur de soutènement destiné à maintenir et. à encaisser les terres de la colline qui menaçaient de s’ébouler par suite , peut-être , de la charge des constructions.
Il y a une sorte de sécheresse dans l’élévation de cette église comme dans la plupart des oeuvres de Baccio Pintelli; mais l’habile architecte rachetait, presque toujours, cette imperfection par une foule d’excellentes qualités. Ici, par exemple, on ne pourrait s’empêcher dé louer la simplicité et l’élégance du motif, l’heureuse proportion de l'en-, semble et en particulier celle du fronton; enfin, la convenance et la délicatesse des détails. La porte est, sous ce rapport, la partie la plus remarquable; elle est fort riche; bien profilée, et d’une belle exécutiou. A l’exception de cette porte, qui est en marbre blanc, toute la façade a été construite en pierre travertine.
La charmante petite chapelle circulaire, connue sous le nom de Temple de Bramante , existe au centre de l'-une des cours du cloître attenant à l’église; nous l'avons représentée à la page io3.
De l'esplanade qui précède l'église, on jouit d’un des spectacles J es plus magnifiques et les plus imposants qu’on puisse voir : Rome tout entière se décoûvre à vos pieds, et, au loin, l'immense plaine qui l’environne, limitée par le mont Marius, le Sorgcte, la chaîne de l'Apennin, et le riant coteau dé Tivoli. , • -
NOTICES HISTORIQUES
Porte de S. Spirito, via délia Làngitra.
\iv, prt» >«. C'est à Paul III qu'est due la construction de cette belle et majestueuse porte élevée par Antonio da Sungallo , a l'époque où l'on s'occupait de réparer et d’agrandir les murs de la cité léonine. Elle- est traitée dans un style sévère, et son apparence de solidité convient parfaitement à un monument lié aux remparts. On doit y admirer la noble simplicité de la composition , l'heureuse proportion des diverses parties , la Convenance et la beauté des profils. Sans vouloir expliquer ce qui a motivé la surélévation des divers points de centre îles arcs, et la largeur peut-être exagérée des archivoltes dont les niches sont couronnées , nous nous contenterons d’en faire ici l’objet d’une si mp)e ol>servation. • . -
La vue de ce noble ouvrage, si rrcommandnble sous tant de rapports , laisse Toujours à un ami des arts un vif sujet de regrets : le monument est malheureusement resté inachevé. Vasari lç compare à tout ce que d'antiquité offre de plus magnifique en ce genre , et ajoute qu après la mort île Sangallo , oh chercha , mais sans succès , a te faire détruire , et que ce fut plutôt l'envie que la raison qui réclama cette mesure (1). il ne cite personne, par respect, peut-être, pour Michel-Ange, auquel il avait voué une sorte de culte , mais qu’on a depuis accusé de cette coupable intrigue (3). Ce serait un acte odieux, ' peu. honorable pour le grand homme, et, il faut en convenir, ètran-
( 0 Voici les expressions de Vasari : « La quale opera tlopo la morte d Antonio fù rlii cerc<»,
• più da invidia mosso chc'da alcnna ragioncvole cngionc, per vie straordinaric di farla rovi- « narc, ma non fù permesso da chi poleva. » (fi*,*? s4htemio d* SangnU,,.)
(a) C’est peut -être un autre passage de Vasari*qui a pu donner heu k cette accusation. Ce biographe raconte en detail une altercation très-animée qui eut lieu, en présence du pape, entre Michel-Ange et Sangallo, à l’occasion des murs que ce dornier exécutait alors, et que Michel- Ange, consulté, critiqua amèrement- Lés paroles échangées entre lc> deux artistes furent si vives, que Paul III se vit obligé de leur imposer silence (Pu Je i tichei-jnge). Toujours est-il que le travail fut dès ce moment interrompu et n’a plus été repris.
RT CRITIQUES
ger même à son caractère ; bien que cependant il n’ait pas fait preuve de modération dans ses démêlés antérieurs avec Sangallo , qu’il entrava plus d'une fois dans ses opérations et auquel il enleva l’honneur d'achever son plus bel ouvrage en se faisant adjuger l’exécution du couronnement du palais Famèse.
Nous ne pensons pas qu'il existe de l'autcùr de ce monument des dessins figurant la partie inachevée ; mais à défaut de ces renseignements, si l’on voulait en faire une restauration, il conviendrait de recourir aux ouvrages du même architecte ayant quelque analogie d'ensemble avec celui-ci : telle serait, par exemple, la façade du haut de la planche 47-
Détails de la porte de S. Spirito, via délia Longara.
Ces profils mâles, purs et pleins de convenance, produisent le \it, meilleur effet à la place qu’ils occupent, et sont en parfaite harmonie avec le monument qu’ils décorent. Leur dimension est si considérable, que, mis a l’échelle ordinaire de nos détails, ils ont pris un développement tel que nous avons été obligé de leur consacrer une page entière.
Élévation de la banque, via del Banco di S. Spirito.
Cet édifice, occupé aujourd'hui par la banque de Rome, fut élevé v, sur les dessins d’Antonio da Sangallo, pour servir d’hôtel des monnaies, et, pour cette raison, nommé la Zecca. Il est situé à l’angle de deux rues , formant un pan coupé dont la façade est représentée au haut de cette planche.
Quoique d’une architecture fort recommandable, on peut néanmoins reprocher à l'élévation de ce petit palais de manquer d’unité.
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Il ne règne pas une harmonie parfaite entre le soubassement et l'ordonnance de la partie supérieure. Ce soubassement est traité dans un-» style trop sévère pour supporter immédiatement un ordre composite. Mais chacune de ces parties offre isolément un charmant motif : la composition n’en est pas moins remarquable que l’étude.
la? soubassement se distingue par un bel appareil , et il est couronné dignement d’un bandeau fort riche , orné, de grecques. L’ordre composite est dans une jolie proportion, et n’a pas les feuilles de son chapiteau détaillées. On trouve dans l’élévation de l’église S. M. di Ixircto, construite par le meme architecte et représentée planche 7, l’exemple d'un chapiteau semblable et d'autres analogies dans les profils. Nous avons cm pouvoir nous dispenser de faire sentir , dans le dessin , la légère courbure de cette façade. C’est une pratique que Sangallo a de même employée à la porte de S. Spirito. (t'ogespl. a.)
Élévation et détails tl’une maison, piazza di S. Salvatorc in Lauro.
Nous avons à signaler principalement dans cette petite façade l’élégance des proportions réunie à la pureté des profils. T .a direction d’un architecte habile s'y fait reconnaître, mais son nom, ignoré aujourd'hui, restera sans doute toujours inconnu.
F«i porte, malgré quelques incorrections, produit un bon effet. On blâme avec raison, à tous les étages, la grandeur disproportionnée des refends.
Cette maison menaçait ruine , il y a quelques années ; déjà même un l’étayait pour la réparer : il est à craindre que la restauration dont elle est menacée 11e lui soit funeste et qu'elle n'en sorte défigurée (1).
(1) Nos prévisions ne w sont que trop réalisées. En i83i j'ai revu cette façade, et c’est à peine si je pouvais la reconnaître, tant le» améliorations qu’on a prétendu y faire ont été maladroites.
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Palais Maccarani , via Margana.
Ce n'est ni dans les élévations, ni dans les détails de ce palais, qu'il faut chercher quelque trace de talent : dans le plan seul réside, en effet, tout le mérite et tout l’intérct. C'est même à l’ingénieuse disposition de ce plan qu’il faut attribuer l'aspect pittoresque de la cour et du vestibule. On doit y remarquer la manière dont les deux cours communiquent entre elles , et comment l’escalier est rattaché au portique au moyen d’une arcade formant un passage abrité : cet escalier, dont la composition et l’effet ont été combinés avec la vue des treilles et des terrasses voisines, est lui-même digne de fixer l'attention.
La maison adjacente est tellement enclavée dans le palais, que les deux édifices paraissent essentiellement liés l’un à l’autre et avoir été élevés simultanément. Leur réunion forme un ensemble qui méritait d’être connu et étudié, surtout à cause de l'adroite combinaison des deux escaliers.
Plan et élévation du palais Linotte, vicolo dell’ A r/uila.
Le palais Linotte, autrefois Silvestri, est situé à peu «le distance de vi. ,« la chancellerie; son élévation principale fait face au vicolo dell' Aquila, et l’élévation postérieure à la via de' Baullari.
Il n’existe aucune tradition relative à ce palais ; on ignore la date de sa coastruction , le nom du personnage pour lequel il fut élevé, et celui de l'architecte qui en dirigea l’exécution. Nous allons toutefois indiquer les conjectures qui nous paraissent les plus probables à cet égard.
Il fut d’abord connu sous le nom de la Farnesina , et de là , peut- «‘•tre, on en a conclu que ce fut le modèle du palais Farnèse. f,a eom-
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paraLson des deux édifices fait de suite juger combien cette assertion est peu vraisemblable (i). La seule conséquence qu’il nous parait possible d'en tirer, c’est qu’il a dû appartenir à la famille Farnese ; ce qui le prouve encore, ce sont les armes distinctives de cette famille, les fleurs de lis, qu’on voit sculptées sur les bandeaux des façades et sur les métopes de l'ordre de la cour; une circonstance ajoute un nouveau poids à cette opinion , c'est que le Cas in , éleve par Ghigi, de l’autre côté du Tibre, fut également appelé la Farnesina, lorsqu'il devint la propriété des Farnèse.
la» petit palais dont il est ici question, après avoir été possède depuis par le marquis Silvestri, est passé au comte Linotte, sous le nom duquel nous l’avons désigné, ayant à cet égard toute liberté, puisqu’il ne porte aucune dénomination sur le plan de Nolli.
Quelques auteurs en ont attribué la construction à Bramante, d autres à Michel-Ange, et enfin, le plus grand nombre, à Baldassare Peruzzi. Il est impossible d’v reconnaître le style du Bramante, ou d'y retrouver la manière incorrecte de Michel-Ange , tandis que la marche du plan, le caractère des élévations, et quelques analogies de détails avec des ouvrages authentiques de Peruzzi rendent tresvraisemblable l’hypothèse qui le fait considérer comme l'architecte du palais Linotte (a). On doit craindre d'ailleurs d’être injuste envers ce grand artiste et de lui dérober l’honneur de ses œuvres; car après avoir consacré sa vie tout entière à l'étude de l’art qu’il exerça avec tant de distinction et de désintéressement , après avoir légué à la postérité, moins injuste que son siècle, tant de beaux ouvrages, il mou-
(i) Ou y retrouve bien, à la vérité, quelques ressemblances: les ornements des bandeau* au premier et au deuxième étage sont à peu près les mêmes; les vestibules, les colonnes engagée* de la cour, et surtout leur arrangement aux angles, sont étudies dans le même esprit; mais loin d'y voir le modèle du palais Farnèse, je serais plutôt porté à croire que celui-ci fut le modèle du palais Linotte. Il n’est pas impossible, en effet, que celui des Farnèse qui fit élever cette {setitr habitation, ait désiré qu’elle eût le caractère du grand palais que sa famille édifiait alors dans la même ville.
(a) Pour en acquérir une certaine conviction il convient d'établir des rapprochements avec
KT CRITIQUES
put pauvre sans avoir été dignement apprécié de ses contemporains.
A moins de se rendre bien compte de l'exiguïté du terrain occupé par les constructions, on ne pourrait croire que dans un espace aussi borné il fut possible de trouver place pour tant de choses : cependant, rien n'y parait à l'étroit, tout y porte même l'empreinte d'une sorte de grandiose : résultat admirable dû à l'inspiration, et que le talent lui-même 11'obtient pas toujours. Je ne connais, au reste, aucun exemple où l’on ait porté aussi loin l'art de tromper les yeux et de faire une illusion aussi complète sur les dimensions réelles.
I<e plan présente d'abord un vestibule conduisant au portique qui précède la cour, lequel donne entrée à l'escalier et à tontes les pièces du rez-de-chaussée. Ce plan est tracé sur un terrain isolé de trois cotés, et engagé seulement au nord dans des constructions voisines. Sa forme irrégulière a été dissimulée avec beaucoup d'adresse : de l'intérieur de la cour, cette irrégularité ne s’aperçoit nullement, et c'est à peine si on la juge à l’extérieur d'après le léger biais qui existe aux angles des façades.
L'élévation principale se fait surtout remarquer par la justesse de ses proportions et l'unité parfaite de son ensemble. Les détails ne sont pas non plus dépourvus d'une certaine grâce; la porte, les croisées et lis soupiraux du rez-de-chaussée, y sont disposésavec goût et avec la plus judicieuse méthode. L’étude des bossages présente même d'élégantes combinaisons qui tempèrent l’idée de solidité qu’on a su imprimer à tout le soubassement. Le style sévère du rez-de-chaussée, dont la limite est déterminée par le bandeau lisse qui le couronne, se pro-
le palais Pâma de Satiri , planche 3i \ la chapelle Ghigi, planche 97; la Far/irsina , planche 101 , et le palais Pirm Mn%shni oit l'on trouvera quelques details qui semblent sortir do la même main.
S» toutefois il m'était bien démontre que Pcruzzi ne dut prendre aucune part à cette construction , c’est à Antonio da Sangallo et à lui seul que je l'attribuerais , bien qu’il ne soit désigne par aucun auteur; et pour motiver cette opinion , je pourrais non -seulement rappeler qu'il fut l’architecte des Farnése, appu ver davantage *ur les analogies que j'ai fait apercevoir dans la note précédente, mais même en citer quelques autres encore.
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longe toutefois, mais d'une manière moins prononcée, et va en quelijue sorte en se dégradant jiiscju'à l'appui des croisées du premier étage. Au lieu de bossages, ce ne sont plus, sur cet appui, que de simples refends traités même avec finesse. Les chaînes de pierre dont on a renforcé les angles n'augmentent pas seulement la solidité, mais elles font, pour ainsi dire, participer les étages supérieurs au système du rez-de-chaussée, et lient le tout ensemble. Ia*s croisées du premier étage sont d'une belle masse , et leurs détails entendus avec goût. Leurs frontons, comme cela se pratiquait fréquemment au xvi'siècle, sont alternativement triangulaires et cintrés ; cette différence est peu sensible et donne de la variété sans détruire l’harmonie. Enfin, la corniche supérieure forme un couronnement très-noble et digne de l’ensemble.
( oiipr sur le pu lais Linotte .
On est surpris, en considérant cette coupe, de trouver dans un espace aussi resserré un motif de décoration architectonique d une telle complication. Cependant nulle confusion; l'ordre y règne, rien n'y choque, rien n'y |>arail à la gène. Les causes qui agrandissent à l'o-il cette petite cour et font oublier son excessive exiguïté, tiennent à des effets d'optique toujours difficiles à bien apprécier: aussi, sans entrer dans aucune dissertation à ce sujet, nous bornerons-nous à faire remarquer que la cour n’est totalement fermée qu’au rez-de-chaussée , et comme elle est ouverte d’un côté, à partir du premier étage, la lumière pénètre librement et en abondance à l’intérieur.
Quelques dispositions dans l'ordonnance de l’ensemble sembleront blâmables et même choquantes sur le dessin; mais l'excuse de ces prétendues incorrections se trouve sur le lieu même. On ne saurait sans doute approuver la superposition d’un ordre dorique à un autre, le second dorique étant surtout moins riche et moins complet; mais on doit considérer que ce défaut n’est pas appréciable pour celui qui est
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