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placé à l'intérieur de la cour, car, vu la petitesse de celle-ci, l'oeil ne peut embrasser que le rez-de-chaussée : conséquemment c’était sur cette partie qu’il fallait principalement porter la richesse et multiplier les détails. De même, si les proportions de l'ordre composite semblent trop fortes comparativement à celles de l’ordre inférieur, on en jugerait autrement en se reportant à l'extérieur du palais : de là , en „ effet, il n'est possible de distinguer qu'une faible partie du premier étage, tandis que le second se voit en entier. Ce dernier, étant le plus important, devait donc être- mis en harmonie de proportion et , de richesse, moins avec l’ordre inférieur qu'avec les masses supérieures du bâtiment qui, seules, pouvaient lui être comparées. De là vint la nécessité d'avoir un ordre d'une dimension assez forte et dont la richesse put s’allier avec celle de la corniche de couronnement. C'est ainsi qu’après un. mûr examen, nous avons cherché à rendre raison de ce qui nous avait paru d’abord défectueux, et qu'ayant à prononcer sur l'ouvrage d'un grand homme, nous avons, ici comme en toute circonstance, préféré nous montrer plutôt circonspect que téméraire.
Il nous parait utile de faire remarquer avec quelle adresse on a su, dans un système de décoration si différent de celui des façades , continuer dans la cour les bandeaux et corniches de celles-ci, pour relier d'autant mieux l’intérieur avec l’extérieur.
Quoique riche par le motif de son architecture, le vestibule conserve néanmoins un caractère simple et ferme. Les caissons de la voûte V sont distribués avec sagesse, et l'ordre dorique n'a aucun ornement dans la frise. Ce même ordre , se continuant sous le portique et dans la cour, est dans cette partie enrichi de triglyphes et de métopes ornées. Le puits est ajusté avec goût et placé à l'écart , de manière à ne pas anticiper sur la cour.
NOTICES HISTORIQUES
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Elévation postérieure et détails divers du palais Linotte.
Nous avons évité , lians beaucoup de circonstances, de reproduire la pailie faible d’un ouvrage, et nous eussions fait de même pour cette façade postérieure, s’il n'était certains ouvrages tellement recommandables, qu’on regretterait de ne pouvoir être à même de les apprécier sous tous les points. D'ailleurs, le dessin que nous joignons ici ne servira pas seulement à présenter de nouveaux éclaircissements et à compléter l'intelligence de la coupe, mais il fera de plus connaître l’heureux motif des avant-corps, leur rapport avec la masse, et combien cette simple disposition contribue à donner du mouvement et de la variété aux lignes du petit édifice.
Toutefois, on a lieu d’être surpris de 11e plus retrouver sur cette façade l'esprit d’ordre et de prévision que nous admirions tout à l’heure. Ici, nulle symétrie, nul ajustement, nul indice de goût ni d’adresse. Sans doute ce n’était pas chose facile de parvenir à accorder les jours nécessaires à l’escalier avec l’économie de la façade, mais on eût désiré apercevoir quelques efforts, quelques traces d’une lutte avec les difficultés. Il semble, au contraire, qu'ayant désespéré de la réussite, l’artiste ait renoncé dès lors à toute tentative. Une égale négligence peut être observée dans l’escalier, dont les marches ont été si peu étudiées, que, pour faire arriver au deuxième étage, il a fallu en exagérer la hauteur et même mettre la dernière marche en saillie sur le palier. D'après ces considérations, il serait assez naturel de croire que cette partie du palais eut un continuateur inexpérimenté, l/élévation latérale, située vers le sud, est tout à fait semblable à la façade principale , si ce n’est que le portonc , qui n’existe pas de ce côté, a été remplacé par une croisée. I /s détails des bandeaux et des croisées, réunis au bas de cette feuille, sont profilés avec goût et convenance.
ET CRITIQUES
Détails de la cour du palais Linotte.
La plupart de ces détails ne sc font pas, sansdoute, remarquer par vi,»«. une grande correction; mais, en se rappelant nos observations sur la planche 5o, on peut assez bien se rendre compte de leur effet sur le monument, pour en conclure qu'ilsont été judicieusement composés et étudiés pour la place qu’ils occupent.
Palais Mignanelli, piazza Mignanelli.
Ce palais est situé sur le penchant du mont Pincius, à peu près vers i' • <«. le lieu où existèrent autrefois les jardins de Lucullus. Comme les constructions n’ont pas été établies sur un terrain déblayé, et qu’elles suivent le mouvement de la colline , il en résulte qu'aux étages supérieurs les appartements ont dû communiquer de plain-pied avec le sol , qui varie à mesure qu’on s’élève. Ce sol, pour le rez-de-chaussée, est au pied du mont; il est à mi-côte pour le premier étage, enfin il atteint à peu près au sommet de la colline pour le deuxième étage et les jardins qui en dépendent. Il eût sans doute été nécessaire, pour rendre ces dispositions parfaitement intelligibles, de faire usage «le plusieurs plans, pris à diverses hauteurs : mais ce travail devenait beaucoup plus compliqué sans être d’un grand, intérêt; nous avons préféré n’offrir qu’un seul plan d’ensemble, «pie la coupe et les éclaircissements que nous donnons ici, suffiront pour bien expliquer.
la* grand escalier qu'on trouve à droite sous le portique du fond , conduit au sol de la petite cour, et de là mène aux étages supérieurs, en prenant l’arcade du milieu. Autour de cette petite cour sont disposées , d’abord en face , des salles de bain et une grotte pénétrant sous les terres du jardin; puis, à gauche, une vaste cuisine desservant
NOTICES HISTORIQUES
une belle salle à manger, située au-dessus d'elle, et avec laquelle elle communique au moyen d’un petit esealier à limaçon. Nous avons préféré. représenter ici la salle à manger, pour faire mieux connaître son. heureuse situation, et quel agrément elle tire de la vue des jardins qui l'entourent.
L'architecture de la grande cour est d’un aspect sévère, mais n’a rien de très-remarquable. Le motif de la petite cour est fort gracieux; sa position surtout lui donne du pittoresque et de la gaieté.
Plan du palais Nari, près l’église S. Ckiara.
vin, v. L’escalier compris dans les trois arcades du fond de la cour de ce palais, est d’une combinaison originale qui mérite d'être remarquée. Il conduit, après deux révolutions, à une loge donnant entrée aux appartements de l’entre-sol; puis fait arriver, après une troisième révolution, à un vestibule assez, vaste et bien décoré, lequel introduit aux grands appartements du premier étage. Ce vestibule tire son jour d’une arcade qui le prend elle-même' sur la petite cour. L'arcade se lie non-seulement à la décoration de cette cour, mais à celle du vestibule.
Plan du palais Grimaldi, via de' Ijicckesi.
11 , j;. La partie intéressante de ce palais est encore l’escalier qui est adroitement rattaché au vestibule ; celui-ci, ayant trois Issues et des dimensions assez étendues, permet aux voitures de remiser et de circuler librement.
ET CRITIQUES
y ue de la cour du palais Parracciani , via délia Ripresa de’ Barberi.
L’aspect pittoresque du fond de cette cour attire l’attention de ceux h, s» qui passent près du palais et l'aperçoivent de la rue. Quoique cette partie de l’habitation soit maintenant fort négligée, on n'en doit pas moins apprécier le charmant motif des fontaines et des deux pavillons en terrasse.
Maison , via di Parione. ' .
Il ne serait pas moins difficile de fixer aujourd'hui la date précise vi, : de la construction de cette maison que d'en indiquer l'architecte. Elle est assez souvent désignée sous le nom de Maison de Sixte- Quint ; mais comme il n'en est fait mention dans aucun auteur, nous ignorons jusqu'à l’orjgjne de cette dénomination (i). Aurait-elle été bâtie par ce pontife, ou seulement habitée par lui? La première hypothèse par raît peu probable, si l’on vient à considérer - la composition du plan et le cahictère de l’architecture .ou des arabesques qui appartiennent évidemment à une époque antérieure à celle de Sixte-Quint. I.ies peintures de la voûte du vestibule sont attribuées à Baldassarre Peruzzi ou à Giovanni da Udine : nous n'avons pour décider la question aucune preuve à apporter; mais il ne serait pas impossible que ces habiles maîtres eussent contribué tous les deux à l'embellissement de cette habitation , l'un comme architecte et l’autre comme peintre.
La jolie disposition du plan, le caractère à la fois élégant et sévère de la porte d’entrée, l’agréable motif des demi-arceaux ou lunettes
(i) J’ai retrouvé dernièrement sur une petite vue de l'ouvrage de Vasi, à la suite d’un chiffre de renvoi, cette indication : mPaluii e/e la nation du Picenum , habité autrefois par Sixte-Quint, lorsqu il était confina!. « On peut se demander à quelle source Vasi avait lui -même puisé ce renseignement.
NOTICES HISTORIQUES
qui supportent le corridor découvert servant de communication entre les pièces du premier étage, sont choses à remarquer et à étudier: mais l’attention doit principalement se fixer sur l'ajustement gracieux des arabesques de la voûte, dont les stucs sont malheureusement aujourd'hui fort dégradés.
Élévation du palais Boadile , via de' Césanni.
u, is Ce palais, désigné sur le plan de Nolli sous le nom délia comp. del Salvatore ad Sancta Sanctorum, est maintenant connu à Rome sous celui de Boadile. Il est attribué avec vraisemblance à Giacomo délia Porta, dont le style est ordinairement peu difficile à reconnaître. L'élévation est d’une belle masse, mais elle a moins d’élégance que de noblesse. Les deux derniers étages sont bien distribués , et les détails de la porte, des croisées, des bandeaux et de la comiche de couronnement, ont le caractère et les proportions convenables.
On voit avec regret que la porte n’a pas été placée au milieu de la façade , et que l’ajustement du rez-de-chaussée est traité avec beaucoup de négligence. Il est vrai, si l’on en juge d’après une ancienne gravure, que ce rez-de-chaussée n’existait pas ainsi dans l’origine.
I,a cour de ce palais est restée inachevée : des trois élévations en partie exécutées, celle qui est adossée à la façade sur la rue, est seule digne d’être mentionnée; elle est conçue dans un beau parti. Les deux étages inférieurs y sont décorés d’arcades et de pilastres doriques au rez-de-chaussée et ioniques au premier étage. Les profils y sont généralement bien entendus, et leur correction témoigne qu’ils appartiennent au beau temps de Giacomo délia Porta, c’est-à-dire à la première époque de sa carrière.
ET CRITIQUES
Plan du palais Cardclli , piazza Cardelli.
L’escalier et le portique qui le précède sont les seules parties de iv,i;. ce plan qu’on puisse citer. Elles sont décorées avec richesse , mais dans un goût un peu capricieux. i
Plan de la chapelle Sancta Sanctorum et de la Scala Santa.
L’ancien palais de Latran ayant été consumé par un incendie, ,ilo5 Sixte-Quint , qui le fit rebâtir , voulut qu'on respectât , à cause des reliques précieuses qu'elle renfermait, la chapelle dite Sancta Sanctorum que le feu avait épargnée. Il chargea Domenico Fontana de cette construction, en lui prescrivant d’y adjoindre quelques dépendances et d’y placer l’escalier saint {la scala santa), lequel est composé de 28 marches en marbre blanc, qui passent pour avoir appartenu * au palais de Pilate à Jérusalem, et sur lesquelles on pense que' Jésus dut monter, lorsqu’il fut appelé à comparaître devant son juge.
Fontana nous semble avoir aussi bien rempli les intentions du pontife que prévu tous les besoins du monument qu’il élevait , en établissant des escaliers spacieux et des vestibules assez vastes pour (jue, au moyen d’un corridor et du palier, ils puissent communiquer aisément entre eux. La foule qui se porte sur ce point aux jours solennels peut, d'après cette disposition, circuler librement.
L’escalier du milieu est en grande vénération et doit ne se monter qu'à genoux. Les deux petits escaliers compris dans l’épaisseur des murs latéraux conduisent à l'habitation des religieux préposés à la garde des saints lieux.
La façade est d'une jolie masse et d'une ordonnance heureuse ; le rez-de-chaussée est percé d’arcades, et le premier étage éclairé par
I (j8 NOTICES HISTORIQUES
des croisées. L’un est orné d’un ordre dorique et l'autre d’un ordre ionique.
Plan d'une maison , via /ilcssandrina .
i, s* Ici la forme bizarre du terrain était une difficulté que l'architecte avait à surmonter pour obtenir une distribution commode et une façade régulière. L’examen de ce plan fait juger de son habileté et de son adresse.
Palais Doriu Pnnfili , via del Corso.
i\ , >i. Le cardinal Fazio Santorio ayant acheté le monastère de Saint-Cv- ' riaque, supprimé en i435 par le pape Eugène IV, fit construire sur son emplacement un palais avec une cour entourée de portiques, palais qu’il céda ensuite à Jules II, lequel, à sa mort, le laissa à son neveu Francesco Maria délia Rovere,duc d’Urhin. Sous Clément VIII, il passa aux Aldobrandini , puis aux Panfili, et enfin aux héritiers de ceux-ci, les Doria de Gênes. Ce fut le prince D. Camille Panfili qui fit embellir la partie du palais située vers la rue del Corso , .et construire la façade sur la même rue par Valvasori: de plus, il commença sur la place du Collège Romain une autre partie de bâtiment, que termina soir f rère. Ces dernières constructions sont attribuées par les uns à Borromini , par d’autres à Pietro da Cortona, qui éleva la façade de l’église contiguë de S. M. in via lata, ou même à Bernini. Il est possible que ces trois architectes aient été appelés successivement à y prendre part : mais la manière de Bernini s’y reconnaît plutôt que celle des deux autres, comme nous le montrerons à l'occasion de la planche suivante. Enfin, le dernier propriétaire du nom de Panfili fit élever la partie qui se prolonge derrière le palais d’Aste et fait face au palais diVenezia , par l’architecte Paolo Ainali.
ET CRITIQUES
On peut juger de suite, d'après le petit plan général et à la manière dont les diverses parties en sont disposées, que eet ensemble manque de l'imité qui caractérise ordinairement les ouvrages exécutés d'un seul jet et par'un seul homme. Les élévations portent aussi le.caractère distinctif des diverses époques auxquelles elles fuient construites, époques désastreuses et de décadence.
Avant d'examiner les parties intéressantes de cet édiliee, qui feront successivement le sujet des- planches suivantes, et qu'on a signalées sur le plan général par une indication détaillée, tandis que le reste des bâtiments ne se voit qu’en masse, nous ferons remarquer l’adresse que l'architecte, chargé de continuer ce palais, a su mettre dans la disposition du grand vestibule et de l’escalier, qu’il a eu l’heureiise idée de placer, pour la commodité des communications, dans le prolongement de l une des galeries aboutissant à la nie dcl Corso : de là résulte une longue perspective, animée, à diverses distances, par des oppositions d’ombre et de lumière, et terminée d’une manière théâtrale par l’escalier.
Les écuries, dont nous nous occuperons d’abord et qu’on trouve représentées sur cette planche, ont été vraisemblablement construites à la même époque que la cour principale, et sans doute par le même architecte, par Bramante, comme nous le ferons voir lorsque nous aurons à traiter de cette cour. Les colonnes de celle-ci et celles de l'écurie sont, en effet, d’un égal diamètre; analogie qui vient à l'appui île notre opinion. Il n’y a de différence que dans la hauteur, qu’on a dû' réduire pour les dernières, afin de' leur donner la proportion toscane. Ces écuries sont spacieuses et disposées avec magnificence : l’ordre toscan qui les décore est bien profilé, et la proportion en est heureuse; enfin, jusque dans l’ajustement des stalles, on retrouve rrième de l’étude et de la recherche.
Suite du palais Doria Panfili ; cour et vestibule.
I je style et la manière du Bramante se reconnaissent dans l'architecture de cette cour, surtout en la comparant à la chancellerie (voyez PI. 85), avec laquelle elle a des analogies frappantes. Ici , comme au palais de la chancellerie , existent deux rangs d'arcades portées sur des colonnes et dam des proportions semblables; les chapiteaux du rez-de-chaussée et ceux du premier étage, sans être d une conformité parfaite, sont évidemment composés dans le même style que ceux du rez-de-chaussée et du second étage de la chancellerie. Ia‘ motif des médaillons placés entre les archivoltes est le même dans les deux palais, et ces médaillons sont également ornés d'armes- à l’intérieur. Ija corniche de couronnement et la corniche inférieure ont des profils presque identiques dans les deux cours : à la chancellerie, les angles sont fortifiés par des pieds-droits .carrés; ici, la même précaution a paru nécessaire; mais comme la cour est plus petite et les bâtiments moins élevés, on s’est contenté d’augmenter la grosseur des colonnes de l’angle. Toutes ces considérations nous ont paru tellement concluantes, qu’il nous semble difficile qu’on puisse nier que cette partie des deux édifices ne soit l’œuvre du même architecte. Cette opinion, d’ailleurs, concorde parfaitement avec la date de la construction de la cour du palais Doria, laquelle, avons-nous dit, fut élevée au temps du cardinal Fazio Santorio, contenqmrain de Jules IF, et conséquemment de Bramante, architecte de ce pontife (ti.
T/aspect de cette cour produit à la première vue une sensation agréable, qu’il faut attribuer à l’harmonie qui règne entre toutes les
(») Il est toutefois probable que celle cour n'a pas été exécutée tout entière à la même époque : des différences notables existent, en effet, dans la qualité des matériaux et dan* le mode d'exécution. Le portique, situe au sud du cùu» de la place rfi Fermia, nous semblerait de la première époque.
UOI
parties de son ordonnance. La hauteur des bâtiments du pourtour, le rapport des étages et la proportion des arcades , peuvent être cités comme des exemples bons à imiter. Nous devons faire remarquer qu'iei les colonnes du premier étage reposent directement sur la corniche du rez-de-chaussée et non sur un appui comme à la chancellerie; enfin, nous n'omettrons pas d'appeler l’attention sur les divers détails, où l’on retrouve en général cette raison et cette finesse qui distinguent les productions de Bramante.
Il est à regretter que l'architecte Valvasori, auquel fut confiée ta construction de la façade sur la rue dcl Corso, ait surchargé celle-ci d’ornements et de détails aussi bizarres que ridicules, et qu’il ait détruit une partie du charme que pouvait offrir la cour au moyen des tristes adjonctions qu’il s’est permis de faire au premier étage. En substituant des croisées aux arcades, dont il a rempli les vides, il a non-seulement fait preuve d’un mauvais esprit, mais il a déplus imprimé sur tout ce qu’il introduisait le cachet de son goût déréglé à l'excès (l).
On voit au bas de cette planche le plan du vestibule et de l'escalier situés sur la place dcl Coltcgio Ilornano. Le vestibule est spacieux, commode et d’une magnificence qu’il doit uniquement à sa belle disposition. I^es deux hémicycles qui le terminent dans le sens de la longueur sont, l’un et l’autre, percés d'une arcade dans leur milieu. Ces deux ouvertures forment d’un côté une entrée à l'escalier, et de l'autre introduisent à ce long portique déjà mentionné, et aboutissant à la rue dcl Corso, lai voûte de ce vestibule est citée comme une construction remarquable ; elle est , en effet , très-méplate, quoique d’une grande portée. On oliservc qu’elle est contre-butée en tous sens avec infiniment d’adresse, et les colonnes soit isolées , soit groupées, sont disposées de manière à opposer une forte résistance, tout en conservant aux arcades l’apparence d’une extrême légèreté.
• (i) Ces croisée* ont été établies pour rclairer une belle et riche galerie de tableaux, connue sous le nom de Galerie Daria.
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L'escalier, dont les marches sont en marbre blanc d'un seul morceau , se présente avantageusement et d’une manière imposante : il tire encore un grand charme des effets de lumière résultant «le l'opposition entre la demi-teinte répandue sur les murs de l'hémicycle, où il prend naissance , et la vive clarté qui règne derrière dans le second vestibule, ou premier palier. L'arrivée de ce même escalier au premier étage est d’une disposition originale d’un très-bon effet.
Plusieurs auteurs, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, attribuent à Borromini et à Pietro da Cortona la construction de toute cette pai'tie du palais, située vers la place c/cl Collegio Homano. Quoique Hernini ne soit cité que par un seul d’entre eux, il nous parait néanmoins devoir être considéré comme l’architecte du vestibule et de l'escalier, sans nier toutefois que les deux autres architectes aient |in coopérera la construction des bâtiments environnants. On trouve ici dans les détails une simplicité et une sagesse de style «pii s'écartent beaucoup de la manière incorrecte et bizarre de Borromini et de Pietro da Cortona : tandis «jue la disposition du plan présente, au contraire, «les analogies frappantes avec celle du palais Barberini, élevé en grande partie sous la direction de Bernini. Les rapprochements qu’on pourrait faire seraient faciles à saisir.
Suite du palais Doria Panfili.
ix, >i. La coupe et la vue, représentées sur cette planche, confirment ce que nous avons dit plus haut relativement à l'aspect noble et grandiose du vestibule et de l’escalier. On peut se convaincre, par cet exemple, comme par tant d’autres qu’on pourrait citer, que les brillants effets d’architecture ressortent principalement d'une disposition habilement conçue, et «pie la simplicité de la décoration est loin de les exclure.
«PWT-
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Palais Ossoli, via de' Balestrari.
La tradition attribue ce charmant petit palais à Baldassarre Peruzzi, vu, ■«. et nous avons dû partager cette opinion en comparant le parti du plan , l'ordonnance et les détails de la façade avec ceux des palais Massimi , de la Farnesina et de la l igna di papa Gin/iv, ravissantes productions du même auteur, mais aussi différentes entre elles que celle-ci peut l'être à leur égard. On retrouve néanmoins dans la plupart de ces édifices des points de comparaison, ou,. si l’on veut, des airs d« parenté frappants qui établissent, en faveur de Peruzzi, sinon des preuves irrécusables, du moins de fortes présomptions. Malgré leur étonnante variété, on sent fort bien que c’est le meme esprit qui a présidé à toutes ces constructions, mais que le fécond génie de l’artiste a su leur donner il toutes le charme de l'originalité.
Le plan est d’une disposition simple et commode, et la façade est empreinte d’un beau caractère. L'aspect de sévérité, qui domine dans le soubassement, contribue, par le contraste, à faire valoir les étages supérieurs, lesquels semblent solidement assis sur des rangs de bossages. Les petits ordres et les croisées sont étudiés avec goût, et leur rapport avec l’ensemble parfaitement concerté.
La frise placée au-dessus de la porte est un fragment antique posé là comme décoration.
Coupes du palais Ossoli, via de' Balestrari.
Les deux coupes réunies sur cette planche rendent compte de ce ni.ii. qu’il restait à faire connaître de ce petit et élégant édifice. I.i cour, malgré sa simplicité , se soutient à côté de la façade et forme avec elle un tout bien assorti et complet.
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Église et cloître de S. M. délia Pace.
f, 4». Sixte IV commença, en 1487,5011s la direction de Baceio Pintelli, eette église, qu'il donna ensuite aux chanoines réguliers de Sainti Jean de Latran. Il avait fait vœu de l’élever en l’honneur de la Vierge , si, par son intercession, il obtenait un terme aux guerres qui désolaient alors l’Italie. Le nom délia Pace (de la paix), qu’elle porte encore aujourd'hui , dérive du motif même qui en détermina la fondation.
IiC monastère adjacent, commencé également par Sixte IV, ne fut achevé cpi’en i5o4, sur les dessins de Bramante Lazzari, par le cardinal napolitain Oliviero CarafTa, comme le témoigne une inscription du cloître (1). Plus tard, Alexandre VII fit restaurer complètement l’église par Pietro da Cortona , qu'il chargea en outre de renouveler entièrement la façade.
La forme irrégulière du terrain fut sans doute une grande gène imposée à l’architecte, et probablement on exigea de lui qu’il utilisât les fondations d'une ancienne église qui existait à la même place. Baceio Pintelli, malgré toutes les difficultés qu’il eut à surmonter, a réussi néanmoins à réaliser un ensemble très-satisfaisant. Il est vrai qu’on peut reprocher à la nef d'être un peu étroite, mais l’octogone qui la continue a de la grandeur: c'est une conception noble et d’un bel effet. Enfin des chapelles ou des portes ont été établies dans les arcades situées sur les côtés de l'octogone. Ces portes procurent
{») Celle inscription se lit dans la frise de l’ordre du re* -de-chaujsée ; elle est ainsi conçue :
OUVERIVS CARRAPHA EPS HOSTIENSLS CARD NEAPOUTAN PIE A FVNDAMENTIS EREX1T ANNO SALMIS CRISTIANF. MDUII DEO O HT MAX ET D1VE MARIE VIRG1NI GLORIOSE DEIPAKE CANON ICJS Q.Z RKGVLARIBYS CONGREGATIOMS LATER AN RNSIS.
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ZOJ
<les communications commodes et directes, soit avec la sacristie, soit avec l’extérieur.
la décoration intérieure peut être appréciée d’après la coupe. Klle est assez, bien entendue, mais malheureusement elle manque d'harmonie, et les ornements qu’on y trouve ne laissent que trop apercevoir les diverses époques auxquelles ils appartiennent. Audessus des arcades, l’ajustement des tableaux entre les pilastres de l’octogone offre un système de décoration d’un effet très-agrcable. Parmi ces tableaux, il faut distinguer un bel ouvrage du peintrearchitecte Baldassarrc Pcruzzi. Au-dessus de la première chapelle de la nef, à droite en entrant, existe une admirable fresque de Raphaël, représentant les sibylles. Pour rappeler que celte peinture ’ célèbre orne l’église, nous n’avons vu aucun inconvénient à l’indiquer sur la coupe, en face de sa véritable place. Le pavé, à compartiments, est exécuté en marbre de diverses couleurs, et répond à la magnificence du monument. *
On reconnaît moins, dans la façade de cette église, l'œuvre d’un architecte que celle d’un peintre: il semble que Pietro da Cortona, en élevant cette construction , ait visé principalement à un effet théâtral. Sans doute le parti général présente des combinaisons fort adroites, et il faut avouer que l’artiste a parfaitement réussi à dissimuler, derrière les deux ailes de l’élévation, l’aspect discordant des habitations voisines et de l’église S. M. dell’ Anima; mais cette heureuse pensée est singulièrement déparée par d’étranges bizarreries et par une foule de détails de mauvais goût. 11 est encore à regretter qu’un porche, d’un caractère simple et noble, n’ait pas été préféré, pour le devant de la façade, à cette imitation mesquine des temples circulaires des anciens.
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Coupe sur la cour du cloître de S. M. délia Face.
Le cloître de S. M. délia Pace fut, à Rome, l’un des premiers ouvrages de Bramante, et lui acquit, selon Vasari, une grande imputation : c'est de là peut-ctre que date l’origine de ses brillantes destinées. L’architecture de cette cour n’est pas néanmoins exempte de tout reproche, et le constructeur mérite bien quelque blâme pour avoir osé mettre des colonnes en porte-à-faux au-dessus des arcades du rez-de-chaussée. On comprend très-bien , au reste , comment Bramante a été conduit à cette infraction aux règles les plus simples de la stabilité. 11 a voulu éviter ces espacements énormes qui choquent si souvent la vue dans les cloîtres d'une époque antérieure. Il semble même que l’habile architecte ait prévu ou cherché à atténuer les reproches qu’on pouvait lui adresser en accusant fortement les véritables supports, qui sont les pilastres carrés du premier étage. Son intention, évidemment, a été de faire considérer les colonnes intermédiaires comme de simples ornements destinés à dissimuler des vides trop considérables. De telles licences sont condamnables, sans doute, mais la raison la plus sévère doit se montrer tolérante toutes les fois que le talent a réussi à déguiser un défaut, ou à le racheter par d’ingénieux ajustements.
Nous trouvons particulièrement à louer dans ce cloître la bonne proportion des ordres, l’harmonie qui règne entre les deux étages et quelques heureux détails. La construction en est également bien établie et entièrement exécutée en travertin.
On voit en outre, sur la même planche, un tombeau érigé en i5oS à la mémoire de deux enfants enlevés en bas âge par la peste. L’inscription en est touchante. Il est situé dans la nef de l’église, à gauche, en entrant. I .es ajustements y sont d’un goût exquis, et d'une exécution précieuse. Il nous paraît assez croyable que Bra-
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■Mimante, qui terminait le cloître voisin, à peu près à la même époque, ait pu présider également à l'érection de cet élégant monument funéraire. Ia-s arabesques, du moins, se rapprochent, pour le style, de celles de la chancellerie, et pourraient bien être sorties de la même main.
Détails de la cour du cloître de S. M. délia P ace.
la-s détails réunis sur cette planche n'offrent pas tous au même v degré cette délicatesse et ce goût qui caractérisent la plupart des ouvrages de Bramante. Cependant ils présentent déjà beaucoup d'analogie avec ceux que ce maître fit exécuter postérieurement dans d’autres édifices.
Pue de la rour du cloître de S. M. délia P ace, prise du premier étage.
S’il convient de donner à l’architecture des monastères, de ces v habitations consacrées à la retraite et à la vie religieuse, un caractère grave, et sévère, on doit aussi s'efforcer d’animer ces paisibles solitudes, soit par de la verdure, soit par l'aspect de sites pittoresques. Ici le terrain était trop resserré, sa forme trop irrégulière et la vue trop bornée pour pouvoir recourir à de pareils moyens d'embellissement. L’architecture, alors, y devait faire tous les frais, et l'on voit avec satisfaction qu elle a surmonté les difficultés et rempli sa tâche avec un rare bonheur; en effet, cette cour est d’un aspect aussi varié qu’agréable, comme on en pourra juger par la vue qui fait le sujet de cette planche.
La disposition des sièges est un ajustement heureux qu’il faut y remarquer. Cet arrangement procure aux religieux un lieu commode pour y converser ou pour se distraire du triste silence de la cellule.
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Plan du palais Altieri, via dcl Gesù.
ii , »v Ce magnifique palais, l’un des plus vastes qu'il y ait à Rome, fut commencé sous la direction de Gio: Antonio de Rossi , par le cardinal camerlingue Gio: Rattista Altieri, et achevé sous le pontificat de Clément X, par le cardinal Paluzzo Altieri. Dans cette circonstance, comme dans plusieurs autres, l’intelligent architecte a su donner à son plan une disposition à la fois grandiose et ingénieuse.
I >ü cour principale est entourée de larges portiques, et ses dimensions dam les deux sens sont en parfaite harmonie avec la hauteur des bâtiments environnants. De plus, elle communique directement avec trois rues et la belle cour de service du même palais. la' grand escalier mérite surtout de fixer l’attention; il se présente avec dignité , et se développe à la seconde rampe d’une manière imposante. Il est exécuté dans des proportions considérables, et j»ourrait encore, à plusieurs titres, figurer convenablement dans l’habitation d’un souverain. I«i décoration en est noble et plutôt grave que simple. Il faut y observer des combinaisons qui 11'ont pu s'obtenir qu'avec une extrême difficulté et beaucoup d’étude : l'arrivée de l’escalier au premier étage est de ce nombre. Après la première révolution, le palier vient précisément correspondre à l’arcade du milieu de la loge ou vestibule qui précède le grand salon, en sorte que ce vestibule, ce salon et la suite de l'escalier, se trouvent placés sur le même axe : disposition véritablement admirable, autant pour l’extrême commodité qu’elle procure que pour le bel effet qui en résulte.
Les écuries sont spacieuses, et leur magnificence est en harmonie avec le reste du palais. Elles sont adossées aux remises et reportées adroitement dans un lieu écarté. C'est ainsi qu'on est parvenu à éloigner le bruit et l’odeur, sans pour cela empêcher l'utile surveillance du maître. Au-dessus des portiques de la cour principale, existent les
KT CRITIQUAS.
grauds et ricDej appartements qu’il eût été nécessaire de traverser pour communiquer âvec les bâtiments du fond et les dépendances du palais, si l'habile architecte n'avait remédié à ce grave inconvénient en ménageant une galerie de communication au-dessus de ces piédroits allongés que le plan indique au rez-de-chaussée , entre les deux cours.
Au deuxième étage, sur la cour de service, se distinguent, en plusieurs endroits, des terrasses disposées de manière à recevoir des plantations et jusqu'à des arbres.
L'architecture des façades, comme celle des cours, n’offre rien de remarquahlo, si ce n'est de belles lignes et un aspect de grandeur; quant aux détails, ils sont généralement fort impurs et ne méritent aucune attention.
PLANCHE f>8.
Plan et élévation de l’église S. M. in Cosmedin.
Elle est construite sur les restes d'un édifice antique, dont plusieurs xti colonnes sont engagées dans l'épaisseur des murs de son enceinte ou se voient dans la sacristie. I,es antiquaires ne sont pas d’accord sur la première destination de ce monument. I-cs uns prétendent que c’était le temple de la Pudicité patricienne, d’autres l'école de Cassius, qui devint par suite l'école grecque ; quelques-uns croient y reconnaître le temple de la Fortune ou de Matuta, ou enfin celui de Cérès et de Proserpine.
En 77a, Adrien Ier reconstruisit cette église. I<a magnificence qu’il y déploya lui lit donner le nom de in Cosmedin, du mot grec xAjgoç , qui signifie ornement. On l’appela encore, et cette désignation lui est restée, la Bouche de la vérité {la Boeca delta verità), à cause d’un grand masque exposé à gauche en entrant dans le vestibule. Ce masque, servit vraisemblablement à recouvrir l’ouverture d’un ancien égout. On lui supposait une propriété merveilleuse, celle de fermer la bouche sur
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NOTICES HISTORIQUES
la main de celui qui, en l’y plaçant, osait prêter un faux serment. En 1718, le cardinal Aunihal Albani, étant titulaire de cette diaconie, refit le portique et la façade d'après les dessins de l'architecte Giuseppe Sardi. Le chœur d’hiver fut élevé par le chevalier Tomntaso Mattéi , aux frais du chanoine Gio: Battista Gasparri.
Le plan est composé dans le système des anciennes églises ; il est simple et d’une bonhe disjMxsitiou. I/es adjonctions modernes, le chœur d’hiver et le portique de la façade, ont pourvu à de nouveaux besoins et procuré plus de commodité. O11 aime à retrouver à l'extrémité de la nef et dans un bon état de conservation les deux tunbons ou pupitres de marbre, sur lesquels, suivant le rite de la primitive Eglise, on lisait au peuple l’épître et l’Evangile. Les détails de la façade sont d’une grande impureté ; il faut les oublier pour 11e voir que le motif assez agréable de l’ensemble.
Plan et coupe de i église S. M. dell' Anima.
o- Cette église et l’hôpital de sa dépendance furent commencés en l/joo, avec les fonds qu’un Flamand, nommé Giovanni diPietro, avait laissés par testament. L’édifice a été ugrandi depuis par les libéralités de la nation allemande, qui continue d'y entretenir un hôpital. A l’occasion de cet agrandissement, Bramante, selon Vasari, fut appelé à donner son avis sur les plans dont l'exécution fut ensuite confiée à un architecte allemand. Le nom de S. M. dell' Anima lui vient de ce qu’011 trouva en cet endroit une ancienne image représentant la Vierge assise entre deux ligures dont la pose semblait indiquer deux âmes de fidèles. Une copie de cette image a été sculptée sur le tympan du fronton de la principale porte d’entrée. On voit, à droite, dans le chœur, le tombeau du pape Adrien VI , exécuté d'après les dessins de Baldassarre Peruzzi ; il est placé eu face de celui que nous avons représenté sur la coujie.
J>e plan est d'une disposition assez heureuse, et étudié de manière
ET CRITIQUES
* à 'dissimuler le biais du terrairt. En distribuant sur la longueur des bas-côtés de grandes niches, dont la profondeur décroît graduellement , l'architecte est parvenu à faire disparaître les différences d’équerre. Ces grandes niches montent à la même hauteur (pie les voûtes, et sont d’une proportion trop élancée ; elles rappellent encore le système tudesque abandonné depuis peu de temps. Cette architecture légère, malgré sa maigreur, n’est cependant pas dépourvue d'un certain charme.
Élévation de l'église S ■ M. dcll' Anima.
Cette façade, qu’on dit avoir été construite en i5aa, sous le ponti- v,<i. ficat d'Adrien VI , me paraît d’une époque antérieure, et si elle ne fut pas élevée par Bramante, du moins l’influence des avis de ce inaîtres'y fait apercevoir. On l’attribue généralement au vieux Antonio Giamlierti da Sangallo, frère de Giuliano et oncle d’ Antonio Picconi, le plus célèbre des Sangallo et (‘architecte des palais Farnèse et Sacchctti ; d’autres cependant ne reconnaissent Antonio Giamberti que pour l’auteur des belles portes d’entrée exécutées avec une rare précision en marbre blanc et en porta, santa (i). Cette façade est, au reste , d’un aspect imposant, et le rapport des étages assez heureux. Le parti du rez-de-ehaussée mérite surtout d’étre mentionné avec éloge. Les . pilastres, entablements et chambranles, sont en travertin, et les murs en briques apparentes. Fa? clocher, placé au-dessus de l’escalier circulaire, est d’un motif agréable ; je regrette de n’avoir pu le représenter. *
(i) D’n près les rapports qui existent entre ces portes et le tombeau d’Adriru VI, tant pour 1.1 nature tics matériaux tpie pour le style des ornements , je ne serais pas éloigné de peftser qu’elles ne soient une production du meme artiste, de Ilaldassarrc Peruizi, l'architecte d'Adrien VI. Ce ne serait plus alors l’élévation tout entière qu’on aurait construite en *5*a, mais seulement les trois portes : H parait, en effet , très-probable que tous les travaux exécutés à celte époque, dans l’église, furent dirigés par le même architecte. Celte interprétation me semble devoir mettre d'aecord les diverses opinions que j’ai relatées ri -dessus.
NOTICES HISTORIQl’RS
. College de la Sapienza; plan et élévation .
*■", ”»■ On fait remonter l'origine «le eet établissement jusqu’en i o.\\ , sous le pontificat d’Iunocent IV; mais les écoles publiques ne furent instituées dans ce . lieu qu’en 1291) , sous lloniface VIII. Clément V, en i3io, et Eugène IV, en 1 4 'fa , y fondèrent de nouvelles chaires et l’enricliirent de plusieurs dotations. La construction «les bâtiments actuels 11e remonte guère qu’au commencement du XVI* siècle, sous le pontificat de Pie III et de Jules II , dont le nom et les armes se voient encore au-dessus des deux croisées du premier, étage, du côté de l’entrée. I /éon X, à «pii l'honneur de cette fondation est attribué, donna, en effet, plus d’extension aux plans primitifs, en adoptant <»ux que lui présenta Michel' Angelo Buonarroti. La mort «le ce pape avant interrompu les travaux, ils 11e furent repris qu'en 1 07 "> , sous le pontificat de Grégoire XIII, et l'on commença alors le porti- «jue de la cour sur les dessins «le Giacomo délia Porta. T<«»s constructions continuèrent sous Sixte V ; la façade principale , située à l'occident, fut terminée, et le double portique achevé en entier. Clément- VIII et Paul V édifièrent les parties latérales au nord et au midi. Urbain VIII, ayant confié la direction des travaux à Borromini, termina la façade septentrionale et bâtit l'église. Innocent X éleva ensuite la coupole; enfin, en ififio, Alexandre VII mit la dernière main à l'édifice, acheva la décoration intérieure de l’église, ta façade orientale vois S. Eustqchio,
- et construisit la grande salle de la bibliothèrpie.
Ce somptueux édifiœ, désigné souvent sous le nom d'Archigymnase, est le siège «le l’université «le Rome. Il est situé entre le Panthéon et la place Navona. Le nom de/« Sapienza lui vient de eette ins«’ription : ixiTivvt sapiknti* timor DOMixi , «pii est gravée sur la façade. Les papes y ont fondé successivement des chaires où l'on enseigne gratuitement le droit, la théologie, la médecine , l’archéologie, les langues
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orientales et les diverses brandies des sciences et des lettres. I,’ école des beaux-arts, dirigée par l'Académie de S. Lue, a été récemment transportée dans les salles du rez-de-chaussée. Dans les appartements du troisième étage est placée l’école des ingénieurs, créée par Pie VII et organisée par Léon XII,
La disposition du plan est à la fois simple, commode, et très-convenable pour un établissement de ce genre. I .es salles sont belles et spacieuses, les abords faciles, les communications bien établies, enfin, les escaliers parfaitement situés pour desservir les étages supérieurs; la seule chose qui choque et dépare la noble simplicité du reste , est la forme singulière que Uorromini a choisie pour son église. Il a cherché, pour faire allusion aux armes du pape Urbain VIII, à reproduire dans son plan la figure d'une abeille; idée puérile et ridicule qui, à l'intérieur, a donné naissance à une foule de combinaisons bizarres, d'autant moins tolérables, que loin d’être rachetées par d’élégants ajustements, ceux-ci sont, au contraire, du goût le plus capricieux.’ Cette église est dédiée aux saints Luc l’évangéliste, Léou'le Grand , et Yves, l’avocat des pauvres.
la façade principale , que construisit Giacomo délia Porta, offre un ensemble d'un aspect simple et sévère, très-convenable pour un monument destiné à l’étude. Le grand mur lisse du rez-de-chaussée, contribue» lui donner ce caractère de tranquillité qui rend cette façade si remarquable. les étages y sont dans un heureux rapport , la porte et les croisées d'une belle masse, la corniche et les bandeaux d'un bon effet. A l’extrémité, sur la gauche, existe un clocher peu important, et que, pour cette raison, nous n’avons pas cru devoir indiquer.
Collège de la Sapienta; portions de t élévation et de la coupe.
On retrouve ici les parties principales de la façade, savoir, l'angle et le milieu de cette façade mis à l'échelle ordinaire des élévations.
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A l'aide de ces dessins, on pourra non-seulement connaître les mesures les plus essentielles, mais encore juger assez bien du caractère des moulures, lesquelles se font plutôt remarquer par l’excellent rapport de leur masse que par la délicatesse de leurs profils. Nous devons faire observer qu'ici vue isolément, la porte d’entrée paraît trèslourde, tandis que sur l'ensemble de la façade, sur le mur lisse qu’elle seule décore, elle produit un excellent effet. C'est ainsi que les détails doivent varier de proportion suivant les circonstances et se modifier de manière qu’ils contribuent à donner toujours à l'édifice qu'ils décorent un caractère conforme à sa destination.
[.a coupe transversale, dont une moitié est représentée sur cette même feuille, reproduit à l'œil , d’une manière exacte, la proportion des ordres .et des arcades, et -fait de plus connaître les moulures et les mesures principales. Nous parlerons plus amplement de cette cour à l'occasion de la planche suivante.
Collège de la Sapicnza ; coupe et vue de la cour.
in, L'effet de la cour de la Sapicnza peut très-bien s'apprécier d’après notre perspective qui en donne une idée assez complète. Le parti général de cette cour mérite d'être cité avec éloge, et l'on doit approuver particulièrement la retraite de la largeur du portique pratiquée adroitement au deuxième étage sur les deux parties latérales. Par suite de cette disposition, non-seulement la cour semble agrandie , mais il en résulte un mouvement dans les lignes d’architecture qui ajoute à cette cour un aspect pittoresque. I<es ordres et les arcades sont entre eux dans une excellente proportion et bien en harmonie avec l’ensemble. Quant aux détails , on en jugera beaucoup mieux en consultant la ligure, de la page précédente. Ils sont bien entendus comme elïèt, mais ils ne se recommandent ni par leur finesse, ni par leur correction. Giacomo délia Porta, qui a élevé ce double portique,
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architecte d'un talent fécond , s'est plutôt fait remarquer par le grandiose de ses compositions que par la grâce de leurs détails , et , sous ce rapport, il ne semblait nullement appartenir à l’école de Vignole, dont il fut pourtant l’élève le plus distingué. Au dernier étage, cette oeuvre malheureuse de Borromini , on ne trouve que d'assez, puuvres ajustements. Cet étage paraît trop élevé comparativement à ceux qui le supportent. Au reste , ce défaut est dissimulé sur les deux ailes de la cour pur la saillie du portique.
Nous nous sommes abstenu, dans la coupe longitudinale, de faire connaître l’intérieur de l’église à cause des combinaisons et des ajustements de mauvais goût qui y régnent ; et c'est pour un motif semblable que nous avons évité, dans la vue perspective de la cour, d'offrir aux yeux la façade de l'église, dont le dôme est surmonté d'une lanterne se terminant en spirale : chef-d'œuvre d’extravagance, production d'une imagination en délire, où la bizarrerie des détails rivalise de ridicule avec la conception générale f. 11 faut autant que possible vojler de tels objets et se garder d’en offenser la vue(l). •
Plan du palais di f'enezia et de l'église de S. Marco.
L'église de S. Marco fut fondée en 33t>, sous le règne de Constantin , par le pontife romain saint Marc I1', qui la dédia à saint Marc l’évangéliste. Elle fut réparée vers l'an 77a, par Adrien 1er, et restaurée en entier environ l’an 833, par Grégoire IV, auquel on doit les mosaïques de la tribune; enfin, vers l’an ii68, le pape Paul 11 y fit faire des réparations très-importantes sous la direction de Giuliano da Majano. Cet architecte en éleva la façade et construisit l’immense palais adjacent. Une restauration plus moderne a été faite à l'église jwr f architecte Orazio Turriani.
(ij Milizia t en pareille circonstance, se sert d'nne expression aussi originale cju’cnergique , lorsqu’il dit : awclcna la viata , elle empoisonne U vue.
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Depuis Paul II, le palais servit d'habitation deté aux pont îles ses successeurs jusqu'il Pie IV, qui le donna à la république de Venise ■tour y loger ses ambassadeurs. Depuis la réunion de Venise à l’Empire, il sert de résidence aux ambassadeurs d'Autriche.
Le palais contigu, que fai désigné sous le nom de petit palais dt fenezia, n'a été mentionné d’une manière particulière dans aucune description de Rome, et tous les auteurs attribuent, sans distinction , la construction des deux palais à Giuliano da Majano. Cependant il \ a une différence si marquée dans le style de leur architecture, et même dans leur physionomie, que cette différence frappe de prime abord.
I*a manière extraordinaire dont ils sont liés entre eux démontre , d'ailleurs, jusqu'à l’évidence, qu’ils n'ont été ni conçus, ni exécutés d’un seul jet. De plus, nous ferons observer que le petit palais ne se compose, pour ainsi dire, que d'un portique intérieur à double étage, servant seulement à entourer un jardin , et revêtu à l’extérieur d’une façade; du reste, aucune distribution intérieure propre à en rendre l’habitation possible; il n'y a même aucune entrée directe. Comment expliquer cette singulière construction, si ce n’est en la considérant comme une dépendance du premier palais, et eu supposant qu’elle fut entreprise pour procurer une promenade ou bien une communication avec le Capitole, au moyen d’un pont jeté au-dessus de la rue S. Marco? On retrouve, en effet, la même intention au Vatican, la demeure actuelle des papes, -dans cette galerie destinée à le faire communiquer avec le fort Saint-Ange, où, en cas de surprise et d'attaque subite, ils peuvent trouver un asile assuré.
Ainsi, il parait non-seulement prouvé «pie le petit palais <!i Venezia «•st d'une construction postérieure au grand édifice, mais tout porte à croire que Sixte IV, successeur de Paul II, fut le continuateur des travaux; du moins il est évident pour nous «pi'ils ont été dirigés par son architecte, Baccio Pintelli, <;n qui le pontife, suivant Vasari, avait toute confiance, et «pi’il consultait en toute occasion. Le style de ce maître
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s’y reconnaît tout de suite; si l’on en doutait, il suffirait, pour s'en convaincre , de comparer l’intérieur de la cour du petit palais avec la façade de l’église de’ SS. Apostoli, œuvre bien authentique de Baccio Pintclli, et l’on y trouverait l’identité la plus complète : même système d’arcades, supportées, au rez-de-chaussée, par des pieds-droits à pans coupés, et au premier étage, par des colonnes; mêmes chapiteaux, mêmes consoles entre les archivoltes; enfin les corniches profilées de la même manière.
Venons maintenant à l’examen détaillé de l’édifice. I/église est, dans le plan, la partie qui offre le plus d’intérêt; elle est enclavée avec talent dans le palais; la disposition en est lionne et les accès faciles.
I /entrée principale existe sous le portique de la façade , que nous avons déjà mentionné comme étant l’œuvre de Giutiano da Majano. I-es entrées latérales se prennent, fune sous le portique de la cour, et l’autre au fond d'un des vestibules du palais. Le sol actuel est au-dessous de celui de la voie publique ; peut-être est-ce le sol antique, celui enfin de l'église primitive, à laquelle il fallait sans doute monter, dans le principe, tandis que, pour y arriver, il faut maintenant descendre plusieurs degrés; Les colonnes de la nef sont en marbre diapré de Sicile., et les pieds-droits revêtus d’un marbre blanc veiné.
Nous avons jugé à propos de signaler par une teinte plus pâle cette partie du grand palais transformée en petites habitations. Les nombreux changements qu elle a subis ne permettent que diffieilement, aujourd’hui, d’en reconnaître l’état primitif. Un simple trait indique de même la suite présumée du portique et la masse des bâtiments dont la cour devait être environnée.
Palais di Veneiia ; élévations et coupes.
On trouve réunies, sur cette seule planche , les façades principales ix, v, et les coupes sur les deux cours du grand et du petit palais. Nous
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