‹ Èdifices de Rome moderne, ou Recueil des palais, maisons, èglises, couvents, et et autres monuments publics et particuliers les plus remarquables de la ville de Rome dessinès, mesurès et publièsChapitre 44 sur 104 · TV · texte numérisé non relu

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plus possible d'en juger maintenant que sur les faibles traces et les fragments qui nous en restent.

Si ces deux élévations sont intéressantes sous le rapport de l'histoire de l'art, l'une d’elles, celle du bas de la page, l’est encore à d'autres égards : carelle est d'un heureux motif, et tire de sa décoration même un caractère de gravitequ’on a su alliera une certaine élégance.

Ia-s détails que nous avons ajoutés sur cette même feuille compléteront l’idée qu'on peut se former de ces peintures, et feront connaître le genre de travail et pour ainsi dire le faire de l'artiste, qu'on a copie avec assez d’exactitude.

Petit palais , via de’ Coronari.

». i* Il est situé en face d’une maison qui fut habitée quelque temps par Raphaël, dont le portrait a été peint en clair-obscur sur la façade par Carlo Maratta.

Ce plan, d'une disposition gracieuse et sage, a quelque chose de l’aspect simple et de l’élégante naïveté des plans antiques.

Palais d’Aste, piazza di Penczia.

o. J» Cet édifice, après avoir appartenu successivement .aux familles d’Aste et aux Rinucci de Florence , a été acquis par madame Letitia Ronaparte , qui l’a habité longtemps et jusqu'à sa mort. L’architecte Cio : Antonio de Rossi, dont plusieurs fois nous avons eu occasion de faire remarquer le talent pour combiner un plan, a de même dis- [K»é celui-ci avec beaucoup d’intelligence. En donnant au vestibule de la grandeur et de la noblesse, il a su augmenter l'importance de ce palais, en réalité d'une médiocre étendue. L'arcade du milieu est assez large pour permettre aux voitures d’y tourner et de traverser une cour fort petite. I«a situation et l’arrangement de celle-ci procure aux étages supérieurs des appartements doubles et éclairés sur tous

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les points. Enfin, les petites fontaines décorant cette même cour sont ajustées aven assez de bonheur.

Comme la façade est entachée du mauvais goût de l’é|>o(|ue, nous n'avons pas dti la reproduire ici, bien quelle soit régulière et que la division et la proportion des étages y soient dignes d'éloges.

Palais Gentil! , via Rase/la.

L'escalier est la partie remarquable de ce palais : il est accessible 11. v de deux côtés, et combiné de telle sorte, que deux personnes arrivant en même temps par l'une et par l'autre entrée, doivent à mi-étage se rencontrer sur le même palier, puis continuer à monter ensemble les révolutions suivantes destinée* à conduire aux étages supérieurs.

Palais Strozzi piazza Strozzi.

On retrouve ici un motif d’escalier semblable à celui que nous ve- ix, ,« lions d'examiner, mais avec des combinaisons différentes. Ce ne sera ■ probablement pas sans intérêt que le lecteur pourra comparer la manière ingénieuse dont les habiles architectes de ces deux palais ont satisfait, au même programme dans des circonstances très-diverses.'

■Carlo Maderno, selon Venuti, doit avoir contribué aux embellissements du, palais Strozzi. . ""jj

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Église S. Agnese hors les murs.

Cette église, qu'on trouve hors de la porte Pia, à la distance d ouik * viron un mille et demi de Rome, est bâtie dans la vallée située entre les voies antiques Salara et Nomentana , mais a proximité et au-drssous de la dernière. Constantin le Grand la lit édifier à la prière de Constance , sa fille , sur le lieu même où fut trouvé le corps de sainte Agnes.

NOTICES HISTORIQUES

Les papes S. Liberius et Innocent I" la restaurèrent successivement; puis Ilonorius I", clans le vu» siècle, en orna la tribune ou abside de peintures en mosaïques représentant la sainte entre deux papes. le même pontife éleva de plus au-dessus du maître-autel un ciboire ou baldaquin en métal doré; ce baldaquin, venant à menacer ruine, Paul V le fit remplacer par un autre en marbre supporté par quatre colonnes d'un porphyre très -fin et très-beau. Il y adjoignit un autel orné de pierres précieuses , dans lequel repose le corps de la sainte titulaire, dont la statue se voit au-dessus : celle-ci est formée d'un torse antique d'albâtre oriental, auquel on a ajouté une tête , des mains et des pieds en bronze doré , exécutés par Nicolas Cordieri, ou, selon d'autres, par Franc'iosini. Avant Paul V, en 1600, le cardinal Alessandro Medici avait déjà restauré le monastère contigu et fait des réparations notables à l’église.

Pour arriver à celle-ci, on descend aujourd'hui un large escalier de quarante-huit marches, dont les murs sont enrichis d’un grand nombre d'inscriptions chrétiennes tirées des catacombes voisines. Il est probable cjue l’entrée ordinaire existait dans l’origine sur la façade principale qui se présente au fond de la vallée.

De la voie Nomentana on arrive de plain-pied aux tribunes du premier étage en passant sous un petit porche à deux colonnes : des tribunes on descend au rez-de-chaussée au moyen d'un petit escalier circulaire indiqué sur les plans.

Les colonnes servant à supporter la nef sont antiques et ont appartenu à divers édifices. On en distingue quatre au rez-de-chaussée, du beau marbre appelé Porta santa , et deux autres en brèche violette , également fort remarquables, moins encore par la richesse de la matière que par le fini de l'exécution. las cannelures y sont subdivisées en plusieurs baguettes, gorges et filets, ce qui a fait dire que ces colonnes avaient jusqu a cent quarante cannelures.

Si l'on fait abstraction des chapelles latérales, évidemment postérieures à la construction primitive, l’église se trouve ainsi réduite à

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la nef terminée par un hémicycle, et aux bas-côtés, accusés seulement par deux liles de colonnes supportant des arcades. Dans cette disposition ainsi modifiée* . on retrouve la noble simplicité des monuments antiques, simplicité ravissante dont la tradition, conservée au temps de Constantin, semble un secret perdu pour nous.

la; petit plan général et la vue extérieure qu’on voit sur cette même planche, achèveront de donner une idée de l'ensemble du couvent et de l'église, ainsi que de l'aspect pittoresque de toute cette charmante fabrique.

Coupes sur l'église S. Agnese.

D’après la coupe générale sur lu longueur, on peut juger très-bien de la décoration intérieure de l’église , et apprécier de même les détails et le caractère de son architecture, en considérant les deux portions découpés rapportées à l'échelle ordinaire des élévations. Enfin, d'après le détail du plafond, on pourra également connaître l'ajustement des caissons, dont les compartiments présentent d’heureuses combinaisons.

. . A l’exception des mosaïques de la tribune, toute la décoration, c’est-a-dire les peintures, le plafond , l'autel , la balustrade du premier étage, les ornements entre les archivoltes ou dans le cintre des arcades du premier étage , appartient aux temps liiodernes.

**4 la* beau candélabre antique qu’on aperçoit sur la coupe longitudinale, a été trouvé dans le petit temple voisin de Sainte-Constance.

Cue intérieure de l'église S. Agnese.

Nous aimons à faire remarquer que le bel effet perspectif de cette vue intérieure résulte d’une ordonnance d’arebiteeture des plus simples. Cet exemple, et tous ceux du rnêjn^ genre que déjà nous avons

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ru occasion de citer, prouvent assez qu'on s’abuse étrangement lorsque, pour donner plus d'éclat à ses ouvrages, on multiplie sans raison les divisions, les ressauts et les détails de toute sorte. Concluons donc, et c’est une vérité dont on ne saurait trop se pénétrer dans la pratique , que eelui-là seul connaît le vrai secret de son art, qui sait atteindre le but, même le plus élevé, sans avoir recours à ces combinaisons maniérées dans lesquelles se trahissent presque toujours d’impuissants efforts, ou à ces moyens extraordinaires qui entraînent souvent à des dépenses, d’autant phis regrettables, qu'elles sont rarement justifiées par le succès.

FIS DE> NOTICES DE PBEMIEN VOUEE.

NOTICES HISTORIQUES ET CRITIQUES

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