‹ Èdifices de Rome moderne, ou Recueil des palais, maisons, èglises, couvents, et et autres monuments publics et particuliers les plus remarquables de la ville de Rome dessinès, mesurès et publièsChapitre 55 sur 104 · TOME TROISIÈME · texte numérisé non relu

TOME TROISIÈME

Porto /•Inminia , im/ounl’/iui dot Populo.

(Jette porte prit soi) premier nom de la voie Flaminia, à laquelle elle conduisait, et qui de Home gagnait les bords de l'Adriatique et allait à Aimini. A la tin du jerv* siècle elle reçut celui de porte del Popolo , à cause île sa proximité de l’église S. Maria del Popolo. En voyant la grandeur et la magnificence de la place par où elle donne entrée dans Rome, on est naturellement porté à attribuer les dénominations de [>orte et de place du Peuple à la majesté des souvenirs du Peuple-Roi; mais certains antiquaires les font dériver du voisinage de peupliers (arbre appelé en latin populus), plantés près du mausolée d’Auguste, autour du bustum où l’on brûlait les corps ries empereurs (voir l’article suivant).

Le pape Pie IV, en i56t, confia à Michel-Ange la reconstruction de cette porte; en réalité elle fut exécutée- par Barozzi da Vignola. Les murs sont en travertin. Les colonnes d’ordre dorique sont formées : deux de granit rouge et deux de brèche violette. Les deux statues placées dans les .entre-col on nements sont médiocres; elles sont dit sculpteur florentin Mochi, et représentent saint Pierre et saint Paul, les deux protecteurs de la ville. Au-dessus de l'attiquc est un écusson aux armes des Médicis.

La décoration, à l'intérieur de la ville, fut demandée par Alexandre VII à Bernini, à. l’occasion de l’entrée-solennclle de Christine, reine de Suède, en rf>55.

Il y a lieu de blâmer dans ce monument de Vignole une certaine maigreur dans les moulures, qui contribue à donner une sorte de

NOTICES HISTORIQUES

pauvreté à l'ensemble de la composition. Combien est différente eette autre porte de ville, celle d i S. Spi rito (planches /p at 46), due à un autre architecte, non moins grand ni moins illustre, Antonio daSangalIo! Comme tout est puissant et grandiose dans cette autre construction d’un mérite incontesté!

Eglise S. AI. del Pçpolo.

(iette église est, par les sculptures et les peintures qu'elle renferme, une des plus intéressantes dé Rome. la tradition rapporte qu’en 1099, le pape Pascal II éleva une chapelle en cet endroit de la ville pour le purger de la présence des démons, qui, suivant les idées superstitieuses du temps, s’y étaient établis dans le voisinage du tombeau de Néron. le peuple se prépara par un jeune de trois jours à la consécration de cet édifice religieux, destiné à le délivrer de la terreur d'apparitions nocturnes, et qui devint en grande vénération. En 1337, peuple romain le reconstruisit à ses dépens. Quelques antiquaires rattachent à cette circonstance l’origine du nom del f*ojHtlo donné à l'église et à la place, nom qn’clles ont conservé jusqu'à

■ ' -, ce jour; et cette interprétation

■ 1 S naturelle semble plus proha-

, Bx"* * • *"m' 1 hle que l’autre étymologie ,

HV* • .* *4 ' P rapportée à l'article précédent,

■f* *- * En 1471, Sixte IV fit de 11011-

j ■TT . 7) veau reconstruire l'église sur

^ t . * les dessins de l'habile archi-

tecte Baccio Pintelli, et il y - joignit un couvent. Nous pos-

sérions un précieux dessin du ^ ^ • . xvi" siècle, que nous repro-

■ ut duisons ici, et où l’ou re-

trouve l’état primitif de la construction élevée par Haccio Pintelli. Lu

ET CRITIQUES

' 1 * 3«ft

comparaison de ce dessin avec l’état actuel pourrait faire ressortir plusieurs différences. Les modilications ont en lieu surtout lorsque, de nos jours, on a créé la promenade sur le Pincio et démoli U- couvent dépendant de l’église. Il a été remplacé par un autre couvent en harmonie avec la décoration symétrique de la place, et qui a été dessiné par l’architecte Yaladier.

L’église S. M, del Popolo reçut de grands embellissements du I»ape Jules II, d’Agostino Gliigi et d’autres personnages. Ia> plan de l’église est d’une ordonnance simple et régulière, qui a. été légèrement altérée depuis Pîntelli. Ainsi les chapelles des bas côtés avaient été établies par lui sur un plan uniforme; mais des changements importants sons le rapport de la forme et de l’étendue furent apportés à deux chapelles, situées les secondes près de la porte d’entrée; celle de droite est Ja belle chapelle Cibo, construite par l'architecte Carlo Fontana pour le cardinal Alderano Cibo, mort en 1700 et qui •y u son tombeau; celle de gauche est la chapelle Gliigi , qui a déjà été reproduite dans les planches 97 et 98 , et sur laquelle nous devons revenir encore (voyez l’article relatif à la planche 238); car, sons le rapport dn style, cette chapelle est un petit clief-d œuvre d'architecture; et les peintures en mosaïque, exécutées d'après les dessins de Raphaël, contribuent à lui donner un intérêt particulier (1).

la» petite façade de l’église, gravée au-dessus du plan, présente une disposition dont Je système a prévalu et a été, depuis Pintelli, fort usité en architecture. Il faut remarquer toutefois qu'à l'amortissement les ailes et les demi-frontons brisés sont des additions postérieures.

(1) l.'importance artistique de l'eglise S. M. del Popolo est telle, que nous avons du lui consacrer plusieurs planches de notre ouvrage. Outre le» planches *33 et *34, contenant le

plan, la façade, et des details de l'église, les planches 97 et 98 donnent Je plan, la coupr et des details de la chapelle Ghigi; la planche *38 efi reproduit la vuej cvlle des deux autres chapelles est donnée dans les planches *36 ef *3.7. De pins, on trouvera des dessin» d’autels, de balustrades et de détails divers dans les planches *35* *6*, *78, *79 et 194 ; fonts haptismaui dans la planrhe 193, et enfin de tombeau* dans les planches 190, *34. *3%

*4r , *4*, *5i, *6*^3 1 5ct 33o.

rio

it. y. Église S. Af.tli MontaSnnto. — iv. t. Église S. M. de' Mirucu/i.

Ces deux petites églises, placées au point d’origine de trois rues principales rpii pénètrent, en divergeant, dans l’intérieur de la ville, forment à l'entrée de la Vin del Corso (une des rues les plus longues et la plus lielle de Rome) une décoration monumentale dont l’aspect symétrique concourt de ce côté à 1 embellissement de la place del Popola, et se combine en une perspective heureuse avec l'obélisque qui en occupe le milieu. Cette vue est reproduite au bas de la planche It33.

Ces églises ont de l'analogie dans le motif; IÇitrs façades sont semblables, mais leurs plans ne sont pas identiques : celui de la première est elliptique, tandis que celui de la seconde est circulaire. Elles doivent l'unité d'aspect de leur architecture au cardinal Gastaldi qui les fit terminer à ses frais, sqr les dessins de Rainaldi. Plusieurs parties furent exécutées sons la direction de Bernini et de Carlo Fontana. L’église S. M. di Monte-Santo fut commencée en 166a,

. ‘ sous Alexandre Vil. Vers la même époque, l’église S. M. de’ Miracoli. fut construite sur remplacement déjà occupé par une petite église plus ancienne ; Carlo Fontana y ajouta la façade et la coupole.

On prétend que les colonnes et Hne portion du travertin employés dans la construction de ces deux églises proviennent du clocher (pie Bernini avait élevé à la basilique de Saint-Pierre et qu’il fut forcé de démolir à cette époque, à cause des craintes, vraies' ou exagérées, sur son manque de solidité.

Église S. M. del Popoto : détails de la façade , et tombes.

îv, (. Ces détails ont de la finesse et leur ajustement est estimé. L’brnementatiou des chapiteaux a de la grâce,, bien qu elle soit d’un goût un peu bizarre, et que la disposition en soit pen heureuse dans l’ordre inférieur.

ET -CKlTI<fl!ES.

Les figures en bas- relief des deux tombes, incrustées dans le pavé des chapelles et gravées au bas de la planche, rappellent par leur caractère religieux le senti ment que les artistes du moyen âge ont mis dans Ces sortes d’ouvrages; mais le dessin- décoratif qui les encadre appartient à un art plus moderne et moins liturgique, pour ainsi dire.

Église S. M de! Populo : autel de ta quatrième chapelle à droite et details divers.

La quatrième chapelle à droite a conservé sa forme primitive. <v. L’autel du fond de cette chapelle est une œuvre qu'on peut citer comme une des meilleures de ce genre. Les arabesques en sont d'un goût exquis et l’exécution -en est si parfaite, qu'elle ne laisse rien à désirer. Les trois figures sculptées représentent sainte Catherine entre saint Antoine de Padoue et saint Vincent martyr.

Les trois balustrades, placées au-dessous, sont remarquables, nonseulement par la variété de leur composition, mais aussi par un style châtié. Enfin, l’autel de la première chapelle à droite est décoré avec à propos; les ornements y sont ménages avec une habile sobriété.

Église S. Al. del Populo ; vue de la troisième chapelle à droite.

Çette chapelle-est bien complète; elle a conservé son état primitif, n. On y reconnaît l’architecture naïve de Baccio Pintelli; on y retrouve les mêmes moulures qu’à la façade de S. Pietro in Montorio (voir planche 44)- Ce rapprochement -seul démontrerait au besoin que l'architecte fut le même pour les deux monuments. La balustrade est fort élégante, et les arabesques de. la voûte sont bien ajustées. I^es peintures des lunettes et de l'antel sont de Pinturiccbio; elles ont été restaurées sous la direction de Camuccini.

NOTICES HISTORIQUES

bit

Eglise S. Ai. tld Popolo : vite rie lu r/uatrième cluif telle à droite.

Il y a beaucoup d’analogie entre cette chapelle et celle de la planche précédente. Si la corniche est plus riche, la décoration de la voûte est beaucoup plus simple. Elle est à fond bleu, rehaussé d’étoiles dorées. La plauche a35 donne le dessin de l'autel dans des proportions et avec un détail qui permettent de l’apprécier. Le tombeau qui se voit à gauche, en perspective fuyante, est tout à fait semblable à celui de la première chapelle de droite. Il me parait bien évident que ces deux tombeaux sont de la main du même artiste.

Eglise S. .!/. del Populo •: chapelle Ghigi, la seconde à droite de l'entrée.

iv. i. ■ Cette chapelle fut construite par le chef de cette famille, |>ar le riche banquier Agostino Ghigi. Il fut l'ami de Raphaël , qui peignit pour .lui les fresques de la villa, connue depuis sous le nom de Farnesina, que ce célèbre protecteur des arts s’était fait bâtir, silr les bords du Tibre, par son compatriote BaldasSane Peruzzi (voir plan- <• elles 100 à ioz). A l’exemple de Jules Jl, qui, pour le récompenser de grands services rendus, l'avait autorisé à porter le nom de sa propre famille, délia Rovere, et à en prendre les armes, Ghigi voulut se faire préparer de son vivant une magnifique sépulture et il choisit pour cette destination une chapelle de l’église S. M. del Popolo. Ou a prétendu que ce fut Raphaël qui en donna le plan ; cette assertion aura probablement pris naissance dans le désir de lui décerner ici une triple couronne artistique et de le trouver architecte là où 1a tradition le signalait déjà comme peintre et comme statuaire.. J’ai

F.T r.RITlgl'KS.

liai

examiné précédemment (page a'iy) la question d'attribution relative à l'architecture de la chapelle (ihigi, et j'ai dit les raisons pour lesquelles j'inclinais à la restituer à Haldassare Peruzzi.

Quant à l'opinion , assez générale et suivie par moi , que Raphaël dessina les compositions de la coupole, des compartiments de l’attiqtte; des lunettes des pendentifs et du tableau de l’autel, commencé par Sébastien del Piombo, elle ne s'appuie pas, il faut le reconnaître, sur des preuves positives. f>e seul fait bien certain, c’est que ce fut d’après son dessin que son élève I .oren/.o Ixitti , dit I .orenwtto . exécuta ht statue fameuse du Jonas. Ou reste, si Raphaël n'a pas ici coopéré directement à l’ensemble des travaux, on y retrouve toutefois les traces de son influence sur, l’art de son temps. I * style de cette chapelle n'appartient déjà plus à la fin du xve siècle. I .'architecture encore un peu sèche de cette époque a, eu effet, disparu. 1 /aurore du grand siècle s'annonce déjà avec un vif éclat. L’.art qui s’élève, s est ravivé aux source."* de l'antiquité païenne; et c’est une curiosité digne d'ètre signalée ici, qne l’irruption de ce |>a;^misme dans les temples chrétiens» et que ces figures de Jupiter, de Saturne, de Diane, de Mercure, etc., qui, dans les peintures en mosaïque de la coupole {voir planche q8), fout cortège à. Jéhovah.

Église’ S. I/. del Papota : mausolée dit' cardinal /fscanio Sforza. situé il gauche dans le choeur.

Deux admirables mausolées sont placés vis-à-vis l’un de l'autre dans le choeur, derrière le maître-autel. Ils sont dns au ciseau de l'ingénieux et habile architecte et sculpteur Andrea Sansovino (ij, qui

\ i ) Un Mil ne faut pas confondre oet Andrea Omturci dal Monte Sansavino, on Saiiwvino, Mitvani la prononciation florentine, arec le célèbre Jacopo Talti, qui ftil son élève et auquel il laissa son nmn de Sansovino, que celui-ci, Kami de Titien et de PArélin, devait k son mur porter si ^lofiensemenl.

NOTICES HISTOHIQUES

les a signés; on n'hésite pas, en effet, à inscrire son nom sur île tels chefs-d'œuvre. * ... v ■ ...

I, 'harmonie la plus parfaite régne clans toute cette brillante composition ; l'architecture et la sculpture y sont dans un merveilleux accord. L'ensemble de ces mausolées se compose d’un soubassement sur lequel est établi tin ordre composite porté par un piédestal et couronné d’un attique. Tout y est traité avec une précision infinie, avec un goût et une pureté rares. L’œil se complaît à suivre des dé- ; • •

tails aussi élégants que gracieux et dont l’extrême perfectionna ja-mais été surpassée même par Baldassare Peruxzi, le maître par excellence en ce genre. On admirera les frises, soit de l’attique , soit de l’ordre composite, et surtout l’ornement sculpté sur le piédestal et qui est d’une ravissante délicatesse. La plupart des figilres, particuliérement celles qui sont renfermées dans les niches-, sont d’un styleplein d'élévation. Les statues couchées des personnages qu'on a voulu glorifier, sont remarquables par la noblesse de la pose, par l’expression sereine du visage; l'ajustement des moindres détails, ’y . est parfaitement étudié. L’attitude du cardinal Ascanio est pleine de calme et de dignité; il semble plutôt goûter le sommeil du juste que figurer l’image de la mort. t . •' • • •

A l’occasion de ce mausolée, on aime à rendre un hommage légitime à Jules II. Ce généreux pontife, oubliant ses démêlés avec Ascanio Sforza, fils de François Sforza, duc de Milan, et rendant justice à ses vertus et à son intégrité, éleva lui-même ce monument à la mémoire de son ancien adversaire. On ne lit pas sans quelque impression cette noble et simple inscription : -

JULIUS II PONT. MAX. VIBITTUM MEMOH HONBSTISSIMAR.

CONTENTION® M OBUTt'S SACELLO A Fl'NDA MENT. F.BECTO

posi'it wnv.

ET CRITIQUES

5ar>

Église S. M. fiel Populo : coupe sur la largeur du mausolée d’Ascanio Sforzrt et détails divers.

Cette coupe et ces détails expliquent les ressauts du plan et corn- iv, 4. ‘plètent par d’utiles renseignements l'intelligence du monument.

Eglise S. M. de! Populo : mausolée du cardinal Hieronimo Passa ;

« droite dans U chœur.

Tont ce qui a été dit au sujet du mausolée de la planche a3<), est iv. ». également applicable à celui d’IIieronimo Rasso , cardinal de Recan'ati et neveu de Jules IL La part d'éloges est commune, car les deux monuments sont presque identiques , et les différences que. l'on peut signaler dans les statues et dans les ornements ne laissent ressortir aucune infériorité dans la composition ou dans le style. Peutêtre seulement reeorinaltra-t-on que le monument d'Hieronimà ftassn, qui fut exécuté le dernier, a plus de souplesse dans le travail et-* brille par une étude plus accomplie dans certains ajustements.

Eglise S. M. del Popolo : détails du mausolée <f Hieronimo Passa.

fi examen des détails de ce mausolée, exprimés ici à une plus iv.j. grande échelle, justifiera pleinement, nous n’en doutons pas, tous les éloges que nous en avons faits. Cette admiration était déjà pro-, fessée, — comment aurait-il pu en être autrement? — . par les artistes du xv)c siècle, si Tou s’en rapporte à Vàsari, qui n'était le plus souvent que leur écho : « André Sansovino, dit-il, fut ensuite appelé à <r Route par le pape Jules II, qui le fit charger île deux mausolées-de

NOTICES HISTORIQUES . ' h

- marbre placés dans Sainte-Marie du Peuple, à savoir l’un en I lion- « neur du cardinal Sl’orza cl Vautre du cardinal Keeanati, très-proche

« parent du pape.

« Lesquels ou vra- ■■ ges furent exé- « eûtes par An- « dré avec une « telle perfection , « qu'ils ne lais- « sent rien à dési- " rer, en ce qu’ils « sont finis et tra- « vailles avec tant «■ de précision, de •i beauté et de grâ- V ce,(|u'on recon - ■i< naît en eux l’ob- « servation des « règles de l'art.

« On y xoit cuit core une statue « de la Tempéra lice tenant en « main un sablier « et qui est iv- « potée chose di- « vine ; et en vé- « rité elle ne se'm- "blc pas une oeuvre moderne, mais plutôt antique et des plus par- « laites; et bien que, parmi les autres ligures, il y en ait d’un grand ■ mérite, celle-ci néanmoins est de' beaucoup supérieure pour l’atti- « tilde et la grâce; sans compter qu’on ne peut voir rien de plus

• 1 > - KT CRITIQURS. laÿ

« élégant et de plus beau que ce toile qui l’enveloppe el qui est tra- « vaille avec une telle délicatesse, qu'il semble, en l’examinant, tenir « du miracle. » (Vnsari : Vita di Andrea dal Monte Sansovino. )

I a-s quatre gravures des planches a3() , sujo , o.\ i et -x\i. font bien eonnaitre la structure des splendides mausolées, élevés en l'honneur des deux cardinaux ; nous avons pensé, toutefois, qu'en ontre de ce tracé , purement architectural , jl pouvait être intéressant de faire apprécier les proportions élégantes de ces tombeaux sous- un nouvel aspect, celui de l ellet pittoresque. C’est dans1 ce but que nous plaçons ici une belle vignette destinée à mettre en évidence les développements des diverses saillies et le jeu de* ombres. . ..

‘ ■ Plan du palais Spudu ; Piazza Cap» di Ferra.

•Ce palais, situé à pende distance du palais Famèse, fut bâti, au vu. temps de Paul 111, par le cardinal Oirolamo Capo di Pcrro, qui l’éleva j>our eu faire sou habitation. I,a construction en fut confiée à Citdio .MazZoni, élève de Daniel de Volterre. On reitiarque dans le plan de» dispositions assez, étranges qui dénotent le peu d’expérience de- l'architecte. Mazzoni, en effet, était plutôt un sculpteur qu’un Consfrueteor d'édifices. Vasari semble même ne lui attribuer (pie le mérite d’avoir été, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de ce palais, le décorateur-ornemaniste; il en parle également connue d’un |>eintre de mérite : « Ayant appris de Daniel, dit-il, a travailler en stuc, et devenu en cet art t'émule de son maître, il a orné de sa main tout l'intérieur du palais du cardinal Capo di l-'erro, et fait là des œuvres merveilleuses, non-seulement en stuc, mais encore en compositions, historiques, peintes à fresque ou à l'huile, (pii lui ont justement valu des éloges infinis. » U faut évidemment ici faire la part de l’exagération complaisante du langage.-.

NOTICES HISTORIQUES

f)u cardinal Capo di Ferro le palais passa à la famille Mignanelli, puis au cardinal Rernardino Spada, qui, en Ifi'ia, le fit restaurer et décorer par Francesco Borromini. . . “

|,a façade principale, sur la place Capo di Ferro, bien que d’un aspect singulier, ne laisse pas que d’avoir une certaine importance. Derrière cette façade se trouve un vestibule qui manque d’ampleur et dont l’ornementation trop peu accentuée est défectueuse. A gauche de ce vestibule quelques pièces réunies ont servi à recevoir une sorte de musée de statues antiques, parmi lesquelles la curiosité se j>ortc principalement sur la statue colossale dite de Pompée (i), au pied de laquelle la tradition suppose que tomba César sous le poignard des conjurés. I.C vestibule ouvre sur un portique à l’entrée de la cour; à la droite de ce premier portique prend naissance le principal escalier du palais. Il est formé d’une seule rampe, se développant dans une cage qui semble trop étendue. Il manque de jour et la décoration en est mesquine.

I,e jardin est séparé en deux parties, de manière à ménager à la fois une vue agréable, et un. passage pour l’arrivée des voitures aux écuries. Celles-ci sont reportées loin de l’habitation, qui est mise ainsi à l’abri de l’odeur et du bruit.

(i) Olte statue fut découverte cotlchée sous un mur de séparation entre deux maisons contiguës. De là contestation entre les deux propriétaires. Les juges, renouvelant le jugement de Salomon, décidèrent que l’un d’eux aurait le corps et l’antre la tête. Le cardinal Capo di Ferro, qui aimait les arts, fit suspendre l’exécution de ret arrêt étrange, et le dénonça à Jules I1L. Le pape, voulant empêcher la mutilation de cette statue, lachela 5oO écus et la donna au cardinal. !x*s antiquaires ont voulu y voir tour à tour un Alexandre le Grand, un Auguste, ou quelque empereur inconnu. L’emplacement où elle fut trouvée, et un rapport de traits avec une médaille de Pompée, ont servi à déterminer l'attribution qui a prévalu. Os traits, du reste, sont sans génie, sans bouté et sans beauté. Quelles qu’aient été les objections soulevées par la critique, « entre autres celle, tirée du globe-que cette figure tient dahs Li main gauche et qui ne semble pas convenir à Pompée, on a continué, par un penchant naturel de l'imagination, ü voir dans cette statue celle au pied de laquelle César fut assassiné* dans la curie de Pompée et que l’empereur Auguste fit transporter plus tard sur une de ces arcade* désignées sous le nom de Janus. (Suétone, Si.)

*t pun iqüks. . . 5j<) • - *

-* Borromini .ayant été apjtelé à exécuter la restauration de ce pu- . • ■

lais, Conçut la fantaisie de combiner dans l’axe transversal de la seronde cour, un modèle de colonnade aux proportions réduites et :

rapidement dégradées, de manière à figurer dans un espace restreint ■ la |>erspective fantastique d'une vaste galerie. L’illusion est coin- " -

plète quand on 1’aper-çoit à travers l'arcade ouverte au côté gauche ' . -

de la première cour (i). Quelque ingénieuse que soit cette dérogation théâtrale T il ne faut toutefois considérer ce trompe-l’œil d'architecture feinte que comme un jeu puéril et indigne des nobles réalités de l’art. . . • • ,

lildvatjk ni principale du palais Spnda ; Viazza t ‘apo’di Ferra.

• Si l’on considère le dessin architectural de cette façade en lui-meme v,t. >»•

et isolé de l'ornementation siirubondaute qui le masque en partie et

distrait l’attention , on trouve quelle présente d’heureuses et justes

proportions. Les fenêtres, les bandeaux et les corniches sont dans de • -

lions rapports; les refends sont bien divises; les détails sont simples • . ‘ •

et ne manquent pas de pureté. Ce qui nuit à lu simplicité de cette . • •

façade, ce sont les frontons des niches et surtout les figures bas-reliefs . ' -

du milieu; «lies sont d’une nature trop forte; et les ajustements qui . ,

les «ntourent sont trop maniérés. Les médaillons placés à la hauteur ,

du deuxième étage sont également trop grands, trop surchargés d’or- - •

nemrnts; ils attirent trop l'attention et ils empêchent les fenêtres voir

sines de conserver toute leur importance. Le même défaut se re» *

produit , avec une antre disposition, au deuxième étage, ôii les .

encadrements qui alternent avec, les croisées ont de même trop

de valeur. Ils contiennent des inscriptions relatives aux personnages .

placés dans les niches du dessous. •

(i) On prétend ipie ce modèle inspira à lier tu tm lea disposition» du bel escalier appelé Aruiu ntgiti, qui, au Vatican, conduit du rr/.-dc-chM«*éc 1t la grande ialle nommée Salle mrnle et .1 " la chapelle Si &ri ne. ■ % * ‘ * : • - ■

Mo NOTICES H|sTOSIQI KS

'l>e dessin du lias de la planche représente un fragment du combat des (Centaures de la frise de la cour, has-reiief exécuté en stuc jiar fijulio Mazzrtni. Ce l>as-relief est assez bien entendu, surtout pour l'époque; et il rappelle par la simplicité de la ligne le caractère des sculptures antiques en ce genre qui nous sont parvenues.

Vestibule et cour du palais Spaila ; coupe sur la largeur et vite

vu, i0. Cette rue, et la coupe figurée sur la même page, se complètent l’une l’ autrê et font connaître l'architecture des diverses faces et la décoration de la cour avec la variété «les sculptures et dés peintures. Nous ajouterons ici une dernière remarque; c’est «pie la plupart des mezzanines du premier étage sont des ouvertures feintes; ou retrouve dans cet ajustement mensonger plutôt l'allure irréfléchie du sculpteur que le. discernement judicieux de l’archkectr.

Détails divers du palais Spadn. » •'

y». ..o l. escalier principal du palais est loin d’être un modèle; cependant, à cause de sa disposition peu commune, nous avons cru devoir en tracer ici le plan et en donner la coupe et la vue. On reconnaîtra encore d’assez bons profils ou ajustements, représentés jui bas de fa même planche. > : •

ise de S. Clément ; plan général, entrée extérieure , rue de l'atrium et du couvent.

i, Cette église, une des plus anciennes et «les plus intéressantes de-

Rome pour l'histoire de' l’art religieux, est située entré le Colisée et

ET CRITIQUES

lu basilique de Saint-Jean de Latraii. Dans le principe elle fut, dit-on, élevée sur l'emplacement d'un oratoire de la maison de saint Clément, un des premiers successeurs de saint Pierre, qui vécut sous Trajan.

Dans la confession ou crypte placée sous le maître-autel , ont été déposées des reliques du saint. Déjà, en 3(ja, saint Jérôme fait mention de l’église Saint-Clément. Il est certain, du reste, qu’elle existait au v* siècle, puisque ce fut dans son enceinte qu'eu 4 >7, le pape saint Zosime condamna l'hérétique Celestius, disciple de Pelasge: saint Grégoire le Grand v institua', en r>90, quelques processions de pénitence et y prononça deux de ses homélies (la 33e et la 38*). lille fut restaurée sous plusieurs papes et entre autres, en 77a, sous Adrien Ier. Des antiquaires considèrent cette église comme ayant été reconstruite au ix* siècle, sur une basilique plus ancienne ; il faut n’accepter qu’avec une certaine réserve cette date, qui paraît n’avoir «l’autre fondement que le monogramme du pape Jean VIII, sculpte sur la balustrade en marbre du chœur. Si nous continuons à suivre la série des temps, nous trouvons que Pascal II y fut élu pape en ioy<). Divers cardinaux la réparèrent successivement, et notamment Jacques Thomas Gaetani, neveu de Bonifacé VIII, qui, en 1 299, resta u ni l’abside, désignée en Italie sous le nom de tribune, et la décora de mosaïques. Cependant, s’il faut en croire Carlo Féa, ces mosaïques auraient été faites par le cardinal Anastase, ou commencement du xn* siècle, la? caractère archaïque de leur style serait conforme à cette date. En ce cas, l’image de saint Dominique, mort en laai, que l’on y voit, aurait été substituée lors de la restauration du cardinal Gaëtani. Sous Clément XI, l'architecte Carlo Fontana entreprit une dernière restauration, celle à laquelle est dû l’état actuel. Ce niême architecte établit aussi le monastère contigu des religieux Dominicains ; depuis Urbain VIII, l’église de Saint-Clément leur appartient.

C’est à juste raison que l’on signale cette église comme une «les plus intéressantes de Rome. Malgré ses nombreuses restaurations, dont la dernière est du commencement du xvm* siècle, aucune n’a conserve

NOTICES HISTORIQI lis

plus intactes la disposition et Ifs parties caractéristiques des basiliques chrétiennes et ne s'adapte mieux aux cérémonies de l’ancienne liturgie. C’est ce qui va ressortir de l’examen détaillé qui suit.

l/église est précédée d’un atrium , ou cour entourée de portiques, à laquelle un porche d’entrée donne accès. Ce /mrr/ia, à voûte d’arête, et surmonté d’un toit à trois pignons, est porté par quatre colonnes provenant d’édifices anciens; les deux en avant sont d’ordre ionique, les deux autres d’ordre corinthien. Une barre de fer, placée entre les chapiteaux des colonnes, porte encore les anneaux qui servaient à suspendre les tentures destinées à soustraire les fidèles aux causes extérieures de distraction.

I<a cour carrée est entourée de galeries ou portiques. A l’excejrtion de la galerie à laquelle est adossé le porche, et qui est formée de piliers, les trois autres portiques sont-soutenus par des colonnes de granit. Deux galeries opposées présentent des arcades à plein cintre ; les deux autres n’ont que des architraves. C’est dans cette cour que les pénitents exclus de l’église se tenaient à genoux, exposés aux injures de l’air, et invoquant les prières des fidèles jusqu'à ce que l’absolution leur fût accordée. Il y avait ordinairement dans l'atrium des basiliques un ou plusieurs bassins où les fidèles se lavaient la bouche et les mains avant d’entrer, et dont le souvenir s'est perpétué dans les bénitiers placés aujourd’hui à l’entrée des églises. On enterrait aussi les personnes de distinction dans cette partie des basiliques, usage qui s’est maintenu au moyen Âge et qui, ainsi qu’on en a justement fait la remarque, s'est conservé jusqu’à nos jours devant les églises de campagne. I.a galerie tic la façade de l’église représente le narthex (voir la description de l’église de Saint-I.aurent hors les murs). A la partie gauche du narthex s’élève un clocher, dont la construction est plus récente que celle du reste de l’édifice.

I .'intérieur de l'église est divisé en trois nefs; par deux rangs de ro7 Innues ioniques, que l'on dit être en marbre de Paroset de Numidie. On remarquera qu'un des bas côtés est plus large que l'autre : c’est

ET CRITIQUES

celui qui était occupé par les hommes. Cette inégalité de dimension se reproduit dans plusieurs basiliques. I,a nef est pavée en marbre de diverses couleurs. Dans la seconde moitié, et au. milieu de In nef centrale (voyez planche , est placé le chtvur, où se tenaient les chantres, les sous-diacres et les diacres, lisant l’Epttre et l’Evangile, les lettres et ordonnances épiscopales. Cette enceinte est entourée d'un mura hauteur d’appui en marbre décoré de mosaïques, sur lequel on voit le monogramme de Jean \ III, semblable aux empreintes des médailles de ce pape. Sur les côtés du chœur sont placées les chaires ou ambons , nom provenant du grec iyA-n , éminence, et dont quelques-uns ont cherché à tort l'étymologie dans le mot latin ambo , à cause des deux escaliers dont ils sont ordinairement munis, r.’ambon de droite, garni de son pupitre (voyez planche a la torme carrée, et n’a qu'une seule rampe d’escalier; il sert à la lecture de l'Epitre. l/ambon de gauche est de forme octogone et a un double escalier; il est plus élevé que l’autre et sert à la lecture de l’Evangile. A côté de cette dernière chaire est une colonne torse servant de candélabre pour le cierge pascal.

1 ,c sanctuaire est séparé du chœur par des marches et par on cbnncel ou balustrade, formée ici d’un mur d’appui en marbre, et il ne communique avec lui que par une ouverture. Dans les anciens temps le sanctuaire était masqué, (vendant une partie des offices religieux, par des tentures suspendues au-dessus du chance). Au milieu du sanctuaire est le maître-autel surmonté d’un ciborium , édicule à deux frontons, porté sur quatre colonnes de marbre, dont les baldaquins sont une imitation altérée.

Derrière l'autel et dans le prolongement de la nef du milieu est l’abside ou hémicycle formant le chevet de l’église. Cette partie était le presbyterium . la place réservée aux prêtres. Au fond de l’hémicycle est le siège épiscopal, cathedra, élevé sur trois degrés, et que l’on dit avoir été fait au xil* siècle. Autour sont des bancs pour les prêtres. A dmite et à gauche de l’abside on trouve ici deux absides latérales,'

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à l’extrémité des nefs des bas côtés. Dans 1r primitive église elles étaient closes au moyen de tentures ; on y déposait les vases précieux, les vêlements des prêtres, les offrandes des fidèles, les livres sacrés, les diplômes. En avant de ces absides latérales, et à droite et à gauche de l'autel, étaient les emplacements réservés, d'un côté aux sénateurs, île l’autre aux matrones; une balustrade et trois marche» les séparent ici des nefs collatérales.

I -h mosaïque de l'abside, qu'elle soit du xne siècle ou du xm' comme on l'admet généralement, a été restaurée au xvn* siècle, sous Urbain VIH.

Après les curiosités archaïques, relatives à la distribution architecturale particulière aux basiliques chrétiennes, l’église de Saint- ( élément offre encore à l’étude, dans une de ses chapelles, une rareté artistique des plus précieuses : des fresques de la jeunesse de Masaccio, le célèbre précurseur de Michel-Ange et de llaphaël. Malheureusement ces peintures ont été altérées par les restaurations successives qu’elles ont dû subir, et dont la dernière date de i8a5. Elles représentent la Passion, quelques traits de la vie de sainte Catherine et les quatre Evangélistes. I^es figures de ceux-ci sont celles qui ont le moins souffert.

Parmi les tombeaux en marbre de cette église, qui méritent d'attirer l’attention , il faut citer particulièrement celui du cardinal Roverella, situé à droite du sanctuaire. Ce monument du xv* siècle se recommande par la légèreté et la finesse de sa sculpture.

Plan détaillé de S. -Clément ; coupe sur la longueur de l’église et de l'atrium ; détails divers.

i, 9s. On trouve sur cette planche, outre le plan détaillé de l’église et la coupe générale qui en font bien comprendre la distribution, divers détails intéressants, particuliers aux anciennes basiliques chrétiennes, et

ET CRITIQUES. 5'iÔ

représentés ici à une plus grande échelle, pour en compléter l’intelligence. Sur le dossier du siège épiscopal on remarquera une inscription contenant le nom du cardinal Anastase qui fit faire ce siège vers i 1 1 u.

Jif'lùr f/c S.-Clément ; vue de /'intérieur.

lat gravure de la planche a4q est destinée k montrer en perspective i.

les parties les plus caractéristiques de cette vénérable église :

l’abside avec ses antiques peintures ; le maître - autel surmonté du ciborium; les deux a ni bons placés k droiteetk gauche du chœur, la colonne torse destinée à porter le cierge pascal , et enfin la disposition et l’ornementa tion de la balustrade en marbre, servant k isoler le chœur au milieu de la nef.

NOTICES HISTORIQUES

Nous donnons, dans la belle gravure sur bois qui orne la page précédente, une seconde vue intérieure de l’église, prise d'un point très-élevé, de manière à bien faire pénétrer le regard dans l’intérieur du chœur et du sanctuaire, et à montrer comment ils se relient entre eux, et quels sont les divers objets dont ils se composent ou qui les circonscrivent.

Puits entre cour et jardin , dans le couvent de' Gesuiti Prnitenzicri.

mv, h. Ce couvent est situé dans le quartier Saint-Pierre, entre la place

Scossa CuvaJIf et la rue del Borgo di San Spirito. L'architecture des bâtiments rappelle le style de Baccio Pintelli. On y retrouve le caractère de ses profils, la forme de ses balustres, l'ornementation de ses pilastres à pans coupés. (Voyez planche 1G7.)

lies armes de Sixte IV, qui y figurent, viennent encore ajouter une autre probabilité. Déjà, en effet, nous avons eu l'occasion de faire remarquer (pie Baccio Pintelli fut l'afchrtecte le plus employé à Home, au temps de ce pontife. Aussi ii' hésitons • nous pas à considérer cette construction connue son ouvrage. Toutefois plusieurs soflites, ainsi que quelques peintures , répandues dans le couvent, semblent appartenir à une époque postérieure ; et peut-être serait-on fondé à y reconnaître la coopération de Baldassare | Peruzzi.

Ce qui donne à ce petit monument du puits de l'intérêt et une certaine valeur, cest sa dis-

position particulière, heureusement combinée pour le rendre à la fois propre à servir à l’usage du jardin supérieur et en même temps pour lui faire produire dans la cour basse un effet très-pittoresque. La vignette sur bois ajoutée ici, montre d’une manière plus précise la différence de niveau des deux sols qu’il sépare.

Tombeau de Giovanni di Castro, dans la première chapelle à droite de I" église S. M. de/ Popota.

Plusieurs projets de constructions destinés à la famille di Castro, trouvés parmi les dessins d’Antonio da Sangallo , indiquent que celui-ci fut l'architecte de -cette famille, et nous portent à penser que le tomlieau, sujet de cette planche, doit lui être attribué. Il n’avait alors que trente-six ans, lorsqu'il l’éleva, en tôofi, sous Jules 11. Ces présomptions se trouvent corroliorées, si l'on examine attentivement ce monument. En effet, pour des yeux exercés à interpréter les œuvres des maîtres, le caractère des ornements et des détails accuse bien ici la manière de Sangallo.

fa» ouvrages de ce grand architecte, furent dans l’origine, jiour la masse comme pour le détail, entachés d'une certaine pesanteur, qu’il modifia dans un âge plus avancé, saus néanmoins parvenir à en triompher tout à fait. Ce défaut caractéristique se transforma même chez lui en une sorte de système.

Dans le tombeau de (liovanni di Castro , c'est à la partie supérieure que cette pesanteur est le plus sensible, dans les ornements de la frise, dans le chapiteau et les arabesques des pilastres. Tout est mieux entendu à la partie inférieure; le sarcophage, le piédestal et sa base sont bien combinés; l’ornementation est bien ajustée; et les figures gracieuses, qui semblent être des portraits, sont bien assises, d’un mouvement plus heureux et d'ufie exécution plus satisfaisante que celles du couronnement.

XOTICES H ISTOHIQl. KS

Église S. Martino a Monti.

Otte église, une des plus belles de Rome, est située sur l'Esquiliu, entre les thermes de Titus et la basilique de Sainte-Marie Majeure. On la désigne aussi sous le nom de C/iiesa île' SS. Silvestro e Marlino. On croit communément que le pape saint Silvestre fit construire ici un oratoire souterrain dans un jardin appartenant à un prêtre nommé Equitius. La persécution des chrétiens ayant cessé, l’édifice fiit agrandi à l’aide de matériaux empruntés dans le voisinage , aux thermes de Titus et de Trajan, et on lui conserva le titre in Ei/mzio , qui rappelait le nom de l’ancien propriétaire du terrain. Selon la tradition, le même pa|>e saint Silvestre y tint un concile auquel furent présents deux cent trente évêques et l’empereur Constantin luimême. Depuis il n’est plus fait mention de cette première église, qui, tombée en ruine et restée en partie sous terre, ne fut découverte qu’en t65o. .

Vers l’année 5oo, le pape saint Symmaque éleva sur le même emplacement une église qu'il dédia à saint Silvestre et à saint Martin, et qui est l’origine de l’église actuelle. Adrien I*r. et, au ix* siècle, Sergins II et son successeur Léon IV, la réparèrent successivement; et elle reçut divers embellissements de plusieurs cardinaux titulaires, parmi lesquels on compte saint Charles Borromée, qui l'enrichit d’un soffite doré. En i55y, elle fut donnée à une congrégation de PP. Carmélites à qui elle doit sa dernière transformation, opérée au XVIIe siècle. I e père Antonio Filippini, général de l’ordre, consacra son patrimoine, montant à soixante-dix mille sruili, à cette reconstruction, confiée à l’architecte et peintre Filippo Gagliardi. L’église nouvelle perdit alors son caractère d’antiquité.

Elle est divisée en trois nefs, par deux rangs de colonnes corinthiennes, antiques et de marbres différents, provenant, dit-on, de la

BT CRITIQUES.

Pilla Adriani, près Tivoli. La tlis|josition du maître-autel, pyrami- <i>i ut d’une manière élégante au-dessus d’une plafe-tbrme élevée -sur un double escalier, et entourée d’une balustrade, est attribuée à Pietro da-Cortona, à qui sont dues l’ordonnance et la décoration de l'escalier du milieu qui descend à l'église souterraine.

Dans les nefs latérales, les paysages peints à fresque; et qui, mallieu reuseiuent,- ont été retouchés, sont l’ouvrage estimé de (>as|mrd Poussin (Guaspre Duguet); les figures sont d’une autre main. Deux peintures à fresque, particulièrement intéressantes pour les architectes, représentent l’intérieur de Saint-Pierre et de Saint-Jean de I jstran avant leur reconstruction. Les peintures de l’abside sont de Cavallucci, sous la direction duquel l’église fut enrichie dé nouveaux ornements à la fin du siècle dernier.

La planche aôa réunit les plans détaillés dn chœur et de l’église souterraine et une vue générale de l’intérieur de l’église qui en fait bien saisir l'effet pittoresque.

.V. I lartuhn a' Afonti ; vite de l'église sàiitèpsdiie.

I a vue, grayée sur la partie supérieure fie la planche, fait connaître l’aspect vraiment merveilleux de eette-partic de l'édifice, où la disposition adoptée jwir Pietro (la Cortoua produit un efièt théâtral et- une riche perspective. ;

•V • ** ’ fVf h s* ¥*'

Église S. Giueomo degti'SpagtUfoli, située pUite Navdnc. .

lin infant de Castille fit bâtir cette église, aujourd’hui détruite; elle fut ensuite, vers i \ r>o , reconstruite par don Alfonso Paradinas , évêque de Rodrigo, en Espagne, et dédiée à l’apôtre saint Jacques et à saint lldephonse. l>e caractère de la façade et le goût des ornements disent assez que.Raccio- Pintelli en fut l’architecte.

XOTtCKS IIISTORIQIIÎS

Des plans que j'ai retrouvés parmi les dessins d’Antoflio da Sangallo démontrent qu’il y lit des travaux. On verra avec intérêt relui de son projet si régulier de restauration, mis en regard du plan désordonné de l’église dont il voulait corriger les imperfections. An- . tonio da Sangallo y construisit aussi une chapelle, ainsi que Flaminio Ponzio. dette église, outre d’élégants tombeaux, contenait des peintures par Annibal Carrache, ou exécutées d’après ses cartons par l’Albane et le Dominiquin. • .

La façade tombait en ruine et était en partie démolie, il y a nue dizaine d’années; on se décida à en achever la démolition.

Porte de /'église »V. Giaeonw degli S/Mignuo/i.

vi. u. Cette porte appartient à la façade postérieure de l’église sur la vin de' Sediari, vis-à-vis du collège de la Sapienza. La proportion de l'ensemble est excellente; les moulures sont bien entendues; la sculpture des ornements et des ligures est en parfaite harmonie avec le tout.

Détails de la porte de F église. S. Giacnnto deg/i SpagntudL

vi. o Cette porte, dont le dessin d’ensemble occupe la planche précédente, est intéressante sous trop de rapports pour que nous négligions de développer les détails délicats de son ornementation ; nous nous applaudissons d’autant plps de les avoir reproduits, que ces sculptures ont, depuis, subi des mutilations.

Plan île f église S. Giovanni lie' Fiorentini.

v. n Cette église est située, au liord du Tibre; au commencement de la via Julin. Elle doit son origine il une association de pieux Floren-

ÜT CHITIQl KS.

tins (fui, en i44^) •'J’1 moment où la peste sévissait, se dévouèrent à

ensevelir les pauvres ; ils déridèrent ensuite qu'une église serait fondée aux frais des nationaux, et voulurent surpasser en magnificence dans cet édifice les églises que les autres nations catholiques se construisaient à Rome.

Michel - Ange lit cinq projets ; nous reproduisons ci-contre un de ce» projets (plan, façade et coupe), qui, pour la disposition, a quelque ressemblance avec le Panthéon-

Antonio dn Sangallo, Baldassare Peruzzi, Raphaël, concoururent également; mais Léon X donna la préférence au modèle de Jacopo Sanaovino. Celui-ci, trouvant l’espace trop restreint , imagina d'empiéter sur le Tibre. Outre le strrcrolt considérable de dépense, il

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