IX
XIV, Ji, 4a
'ilx'}. ' NOTICES HIStORIÇI'KS
rencontra de graves difficultés pour établir à quinze cannes ses fondations dans l’eau, line chute qu'il lit suspendit les travaux. Il les reprit plus tard; mais, après le sae de Rome, en 1537, il se réfugia à Venise; et. Antonio da Sangallo, appelés le remplacer, surmonta les difficultés et donna des preuves de son habileté comme constructeur, (liacorno délia Porta iui succéda ; puis à celui-ci Carlo jMademo, qui lit la décoration du choeur. Enfin, Alessandro (ialilei, sous Clément XII, en 1 734 ,< exécuta la façade qui existe aujourd’hui et qui pdrte un cachet de grandeur.
En i845, on établissait à l'intérieur de l'église un pavé de marbre dont les compartiments étaient assez, bien composés.
l'otnbeau d’Z/ieronimo /lutin, dans l'église S. M. sopra Minerva.
Parmi les églises de Rome, on signale' celle de S. M. sopra Minerva comme étant une des plus riches en tombeaux des xv* et xvr siècles. Celui d'Hieronimo Butio, disposé sur le dernier pilier de gauche, bien qu'étant un des plus simples, présente cependant de l’intérêt, si l'on considère la finesse, le bon goût et la souplesse de ses sculptures, surtout de celles de la frise et du champ compris entre les cliapiteaux des pilastres.
PLANCHE *25(i.
Plan de l'Iidpital et de l’église di S. Spirilo et du palais .du Commandeur.
f -'hôpital di San Spirito, le plus considérable de Rome, fut fondé en 1198 par Innocent III. la désignation : in Sa.ria ou Sassia, ajoutée à son nom, provient de la rue voisine des Saxons, où lna , roi des Suxohs de l'Occident, avait construit, en 717, un hospice [jour ses nationaux. Il'aiitres voient dans le nom de cette rue un souvenir des Saxons qui logeaient en ce lieu lorsque Charlemagne délivra l’Italie du joug des Lombards. Cet hôpital fut si richement doté, qu'on
HT CRITIQUES
rappelait : le plus grand seigneur de. Home ; il possédait une grande partit du territoire entre Rome et Civita-Veechia. lin incendie terrible, «|iti eut lien en 817, et un second, en 8^7, détruisirent les l>àtiments, qui furent en partie rétablis par Léon IV. Plus tard, les ravages de l'empereur Henri IV', qui assiégea Rome en 1081, et ceux exercés par les soldats de Rolrert Guiscard, accouru au secours du pa|>e, dévastèrent tellement ce quartier de la ville, qu’il ne resta même pas de traces de l'établissement. Cet état de choses subsista jusqu’à Innocent III, à la fin du xiir siècle. Il ordonna une construction nouvelle, dont fut ôhargé l’architecte Marchionne XIII, d’Arezzo. innocent IV en augmenta l’étendue. Il ne reste aujourd’hui aucun vestige de ces anciens ouvrages. Sixte IV, eu 1 47 1 , et ensuite Innocent VIII, tirent renouveler une grande partie des bâtiments par l'architecte ilaccio Pintelli, et peut-être par le Pollajolo. C’est au premier de (■es architectes qu'est dû le dessin de l'église; ce dessin, fut du reste modifié sous Paul III, par Antonio da Sangallo. Sous Grégoire XIII, < fttaviano Maschrrino construisit le palais du Commandeur, qui réunit l'hôpital à l’église; enfin Ferdinando Fnga exécuta, sous Benoit XIV, une salle nouvelle dans le prolongement de la façade.
André Palladio, à l’époque où il étudiait et mesurait à Rome les monuments antiques, érigea un autel au milieu de la longue salle de l'hôpital)' et cet autel est .l'unique production de ce grand ma i tre, q u i ex iste à Rome.
I a vignette, en forme demédnillon, interoalléeici dans le texte, donne la vue de la porte di S. Spirito, de l’église et de l'hôpital qui sont contigus, tels qu'ils sont figurés dans un ancien plan de Rome, à la date de 1 555, conservé dans cette ville à la bibliothèque de la Minerva.
L'hôpital est spécialement destiné aux fiévreux ; on n'y admet que
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des hommes. fl<y a aussi une salle pour les opérations chirurgicales. Les salles, tant grandes (pie petites, sont au nombre de douze et contiennent ifiHo lits. Quatre médecins en chef et deux chirurgiens sont chargés du service. Deux salles sont affectées' à l’école de médecine clinique, fondée par Pie VII. L'hôpital possède un musée anatomique, une belle salle de dissection, mie pharmacie, une collection d'instruments de chirurgie et une bibliothèque.
A l'hôpital di San Spirito sont annexés deux autres établissements: le premier est un hospice des enfants trouvés, dont le nombre s’élève annuellement à 800; le second est un hospice contigu, rue de Iti Lunffum , destiné aux aliénés des deux sexes; il peut contenir 5oo individus. L'administration est confiée à un |>rélat, qui est commandeur de l’ordre du Saint - Esprit, ordre de prêtres réguliers et hospitaliers, fondé au xiT siècle par Guy de Montpellier. Ils portent l’halrit ecclésiastique, et sur la poitrine une croix de soie blanche. -
lie long portique de la façade, aujourd’hui bouché, se reconnaît encore parfaitement bien au milieu des constructions modernes. Sur
KT .CHIWQUK* V|5
un vieux dessin que nous croyons être du xvi“ siècle, et qu'on pourrait attribuer à Oltaviano Maseherino, ec portique est clairement indiqué ; l’on y voit en outre un petit avant-corps que nous avons rétabli.
Après avoir donné le plan détaillé des constructions de rhû|>ital et de l'église di S. Spirito, qui offre un objet d'étude d’un haut intérêt, il nous eût semblé regrettable de ne pouvoir pas faire connaître le beau développement des façades. gravure sur bois, placée au bas de l’autre page, est destinée à montrer cette longue perspective des bâtiments; elle permet de se former une idée de l’aspect grandiose de ce vaste ensemble.
Palais ilu commandeur di S. Spirito ; liorgo di S. Spirito. .
Ce palais, situé entre l’église et l’hôpital, fut construit, comme il ni, u est dit à l’article précédent, sous Grégoire XIJ1, par Ottaviano Mascberino. architecte bolonais, qui mourut’âgé de quatre-vingt-deux ansj sous le pontificat de Paul V.-
La cour est carrée et d’une architecture régulière. Les portiques du rez-de-chaussée et les galeries du premier étage y forment des promenoirs commodes, bien ouverts à l’air et à la lumière. Le portique est décoré de quelques ligures sans valeur. Cette cour est ornée d’une fontaine d’un goût peu correct, mais d’un effet agréable, et la vue du clocher voisin, celui de l’église di San Spirito, contribue à lui donner un aspect pittoresque.
Nous donnons ci-contre un détail de ce clocher, dont la composition et les proportions sont bien entendues. Selon Va si, il aurait- été la seule partie çon-
Ni >TIC ES HJ STO RIQl1 ES
servée de la première église, bâtie à la lin du xii1' siècle. Si cela est, son architecture à dû être modifiée à l’extérieur.
PLANCIIK ±-,S. .
Drloits pris lions /' rphsr i/i M. Spirito et lions h ■ palais i/o ( iooinnnt/rni.
Plusieurs détails réunis sur cette planche, et provenant, soit de l’église di S. Spirito , soit du palais dn Commandeur, sont dignes de fixer l’attention. On remarquera surtout les 'fragments empruntés à l’église, dont les profils et les- ajustements ont de l'analogie avec des détails du palais l'arnèse , et démontrent une origine commune. I.’on a vu, en effet, ci-dessus qu’Antonio da Sangallo fut chargé de la direction des travaux de l'église, à l’exception toutefois de ceux de la façade, qu'on attribue, et avec raison je crois, à Ottaviano \Jascherino.
lieux détails dé cette planche présentent les arabesques .sculptées sur le pilastre de la chaire de l'église et dans les compartiments du dais. Cette chaire elle-même, d'une bonne proportion, et où les divisions et la distribution du décor sont bien entendues, nous a paru digne d'être reproduite. On la trouve figurée "ici dans une gravure sur bois, à laquelle on pourra rapporter le dessin des ornements donné dans la planche à une plus grande échelle. .*
Kl' CIIITIQUKS.
Seconde cour de l'hôpital di S- Spirito : coupe de ht cour et détail de la fontaine.
Les deux cours oldongues, situées derrière In grande salle de l'hôpital, sont décorées de portiques dans le style particulier à lïaccio Pintelli; c'est-à-dire, ayant de la finesse dans les profils, mais en même temps une certaine sécheresse dans l’ensemble.
la fontaine présente de. même quelques bonnes parties, mais d'autres sont d'un galbe moins heureux; toutefois l’ornementation, d’un goût assez sévère, est convenablement appropriée au lieu, et son aspect général ne manque ni d’élégance, ni de légèreté.
Ensemble et détails de la /sorte d'en liée de l'hôpital di S. Spirito.
(’.ette porte méritait d’être reproduite dans son ensemble et dans les détails de son ornementation. L'extrême élégance des sculptures qui l'encadrent témoigne de l’heureux épanouissement de l’art à cette époque du xv* siècle, où deux artistes, Kaccio Pintelli etGiulianoda Sangallo, se font remarquer par de si brillantes qualités.
lee siècle d'or de la sculpture d’ornement fut, comme celui de la peinture, de 1 4 ôo à i55o. Au milieu de la vie qui anime l'art et du mouvement qui l’emporte alors, la tendance générale du style présente de l’analogie avec celle qui régnait au beau siècle de la Grèce; aux deux époques, quelles que soient les différences profondes qui les séparent , les esprits ont eu la même aperception vive et nette de la forme, et le même goût jeune et pur a
NOTICES HISTOHIQt KS
5/jK
Plan et vue du cimetière de f hôpital di S. Spirite et rhapel/e del SS. Cmcijixso.
Ce cimetière, situé à proximité de l'hôpital di S. Spirito, est destiné à en recevoir les morts. On y remarquera l’alignement des tombes régulières et uniformes.
Après avoir enlevé la pierre de recouvrement, on descend le corps dans la fosse et on y jette de la chaux vive, qui le consume. Cette disposition est due à l'architecte Fuga. Ces murailles de l’enceinte sont d’un dessin architectural simple et correct, et ont etc décorées par lui de peintures; elles laissent apercevoir quelques édifices voisins et les collines à l'horizon.
La chapelle est petite, et sa rotonde, surmontée d'un dôme peu élevé, complète d une manière convenable l’ensemble île la perspective.
Plan de l'église di S. Bihiana, via di S. Bihitma.
ff- Cette église est située dans le quartier désert qui est proche de la porte S. I.orenzo. Klle occupe, selon les légendes, le lieu où furent inhumées, après leurs martyres, Ribinna et sa sa ur Démétria, filles d’un prélèt de Rome; elle fut élevée en 365 par la matrone Olympina; consacrée par le pape Simplicius, en 470; restaurée en 1 aa4, par Honorius 111, et reconstruite par Urbain VIII, sur les dessins de Rernini, qui ajouta la façade.,
I, 'intérieur, assez petit, est divisé en trois nefs par huit colonnes antiques, dont six sont de granit. Sur le maltre-autel est une statue en marbre de sainte Bibiane, considérée comme un des plus beaux ouvrages de Bernini, et dont la pureté de style contraste avec le goût tourmenté de ses derniers ouvrages, a L'urne qui est sous l'autel ren-
KT CRITIQUK».
ferme les dépouilles des deux soeurs et de leur mère; elle est en albâtre oriental et a dix-sept pieds de tour. C’était le plus gros moreeau d'albâtre oriental qui lut à Rome avant les eolonnes que le paelia d’Kgvpte envoya en cadeau à Grégoire \VI, pour l’église S. Paul.
7J/aa t/c l'rj'lisc Ccsit c Varia , via tlrl Corso.
(iarlo Milanese fut, en l(J4o, l’architecte de cette église, <pii brille lv, par la richesse décorative île ses intérieurs. I,e mérite de cet édi fice consiste particulièrement dans la l»el le disposition et les proportions du plan. Centrée, à droite, conduit au cloître; celle de gauche ouvre sur un simple corridor, qui aboutit à la riche sacristie ; celleci communique, soit avec le choeur des chanoines, soit avec l’église.
PLANCHE m
7 timbrait tic (iiocaaai t Ici la I tuerie, dans Icf'lisc S. M . tlrl Papota.
I.a famille délia ttovere, suivant quelques historiens, était origi- iv, -,. naire du territoire de Savone, près de Gênes; elle fut tirée de l’obscurité par suite de l’élévation au pontificat de Sixte IV, auquel on reprocha les abus du népotisme, et surtout par suite de celle de Julien délia Kovere, qui monta sur la chaire de saint Pierre, en i5o3,sous le nom de Jules 11.
I.e tombeau, gravé au haut de la planche afia, est placé à droite en entrant dans l’église S. M. del Popolo, sur la paroi de droite de la deuxième chapelle, la? défunt est représenté couché, réinscription indique sa parenté avec Sixte IV, et qu’il mourut en i48-3,à l’âge de quatrevingts ans. (à* tombeau n’a qu’une importance secondaire, au milieu des monuments si remarquables du même gerire réunis dans cette même eglise; cependant il offre quelque intérêt à cause de sa disposition et de la finesse d’exécution de la sculpture.
NOTICES HISTORIQUES
Tombeau du cardinal Antonio Pallavicini , dans l'église S. y)/, dcl Popolo.
il est situé dans la première chapelle à gauche, dans l'église S. M del Popolo, et à gauche dans cette chapelle. J a; dessin, la proportion et l’ornementation du sarcophage sont excellents. 1,’étude de l’ordre composite, les caissons sous l’architrave, les diverses arabesques et autres détails sont pleins de goût et d’élégance. Les ligures de la madone et des anges ont de l’expression et du charme dans les poses. Quelques parties sont doives, d'autres sont teintées en rouge ei en bleu d’une manière Tort harmonieuse.
Fragments t/e balustrade.
|X • Sur les côtés de la planche précédente sont disposés de beaux fragments de la balustrade fermant une chapelle du transsept de droite, dans l’église S. M. sopra Minerva; les balustres ont un galbe élégant et qui ne manque pas rie fermeté; la sculpture en est variée et de bon goût. Oh prétend que l’un de ces balustres est antique. L'examen de cette question m’a échappé. Il mérite cependant de fixer l'attention ; il serait intéressant, en effet, de constater l’existence d’un exemple de balustre antique. On sait que jusqu’ici on n’a trouvé dans aucun édifice antique un exemple de ce genre d'amortissement, dont on fait aujourd'hui un emploi si fréquent et si banal.
/ il la Tarncsiana on jrin/ins Farnesr, situés sur le mont Palatin; /dan et vue (T mu- partir tin Forum.
u* Le plan et la vue du Forum antique gravé» sur cette planche, donnent avec exactitude la situation de la villa Farnesiana, sur le mont Palatin. Aucun site ne pouvait être plus favorable que cette col*
ET CRITIQUES
line , qui fut le berceau de Rome, et où plus tard les Césars euxmèmes avaient assis leurs palais. C'est sur ce sol tout couvert de substructinns antiques, et où chaque jour on faisait d’intéressantes découvertes, que le pape Paul III (Farnèse) voulut se faire élever une maison de- plaisance.
Dans ces jardins si pittoresques, les rampes, les fontaines, les grottes, les volières, sont disposées avec symétrie, et la verdure des gazons et des bosquets s'associe d'une manière heureuse au bel ensemble tracé par Vignole et par d’autres architectes ingénieux qui y ont ajouté des embellissements. On [nuit cependant y relever des erreurs de goût qui surprennent de la part d'un architecte justement considéré comme le chef de l'école classique. Quand on étudie les œuvres de ce maître, on remarque que Vignole, s'il conserva toujours une correction extrême dans ses constructions de ville, se permit parfois des licences et même s'abandonna à quelques bizarreries dans ses travaux exécutés à la campagne; sou expérience lui ayant sans doute fait reconnaître qti’ici, dans les conditions pittoresques particulières résultant de l’alliance de l'architecture et de la verdure, il pouvait, sans inconvénient, se relâcher au besoin rie sa sévérité habituelle.
Si l’on cherche à pénétrer la pensée d'ensemble qui a dù présider à ees travaux, on croit reconnaître qu'elle n'a pas reçu son complet développement, et que les constructions, au lieu d’avoir été élevées rl'un seul jet, ont été entreprises à diverses époques et par divers artistes; on reste persuadé que, dans le principe, l'architecte avait conçu le projet d’un vaste palais, dont nous ne trouvons ici que des accessoires ou des dépendances. Probablement, après la mort de Paul 111, son neveu le cardinal Alexandre Farnèse, déjà engagé dans «les dépenses considérables pour sa villa de Caprarola, ce magnifique palais •pie Vignole lui construisait du côté de Viterbe, aura-t-il été contraint de ralentir ou même de suspendre les constructions moins avancées de la villa Farnesiaua.
NOTICES HISTORIQUES
C'est au roi de Naples, héritier des biens des Farnèse, qu’appartiennent aujourd’hui ces jardins. Le manque d'habitation a contribué sans doute à l’état d’abandon dans lequel ils sont tombés. Ces terrasses, ces pavillons, construits avec des débris antiques, sont à leur tour devenus une espèce de ruine moderne, qui menace d’aller se confondre avec les ruines du palais îles Césars.
/ ilia Farncsinna on janfins Farnèse, sur le mon I Palatin ; façades intérieures et extérieures.
x h I .es jardins de la Famesiana présentent un as[>ect très-varié et très- pittoresque, par suite du mouvement de terrain et de la perspective des batiments qui s’élèvent en amphithéâtre; mais au point de vue de l'architecture, la partie inférieure est la plus digne d'attention : sa décoration dorique, classique et régulière, est évidemment Pieuvre de Vignole.
I ,es deux volières du fond sont d'un style bien éloigné de celui «le ce maître; elles sont attribuées à Girolamo llainaldi. Le soubassement de ces volières est décoré de [teintures en sgrallito fort dégradées, et qui n’ont jamais dù être que d’une valeur assez, médiocre. (Quelques-uns ont prétendu que la partie supérieure des terrasses a été exécutée d’après des dessins de Michel-Ange.
Janlius Farnèse, sur le mont Palatin ; vue intérieure des jonlint et coupe générale sur In longueur.
\. «: Cette planche complète la connaissance de l’ensemble des jardins
Farnèse. 1-a, coupe sur la longueur montre l’inclinaison des rampes, et rend compte de la hauteur des terrasses successives, en même temps qu'elle fait voir la disposition des grottes et des constructions
ET CMTIQUBS.
souterraines. lai vue intérieure fait bien saisir l'étendue des jardins, ainsi que leur aspect général, combiné d'une manière pittoresque avec celui des monuments du voisinage, tels que les ruines du palais des Césars, le Capitole et une partie des ruines du Forum, qui forment ici une de ces belles perspectives si caractéristiques dans la ville de Rome.
Ef'Uxr f/e’ SS. \t‘irn eil A chilien ; plan, façade, détails et vue intérieure.
Cette église, et le cloître qui en dépend, sont situés entre la via di Porta laitina et les thermes de Caracalla. Les deux saints, Nérée et Aehillée, auxquels elle est consacrée, étaient des eunuques de sainte Flavie Domitillc; on dit qu’ils reçurent, ainsi qu elle, le martyre à Terracine, sous Trajan. En Jean 1", leur éleva un oratoire, qui fut converti en une église par Léon III, à la fin du vin'’ siècle. En i ‘>1)7 , elle était dans un état de dégradation tel, que le cardinal Jiaronius, qui alors en était le titulaire, dut la faire rebâtir en entier. Il chercha à lui conserver, ou, selon quelques-uns, à lui donner le caractère des anciennes basiliques. Outre la confession , il lit placer les ambons pour la lecture de l’Évangile et de l’Epître. Au fond de l’abside, décorée de peintures en mosaïque, est le siège de marbre où s'assit saint Grégoire le Grand, lorsqu'il prononça dans cette église sa vingt-huitième homélie. Une partie de cette homélie est gravée sur le dossier. I.e ciborium, ou baldaquin de l’autel, est soutenu par quatre belles colonnes de marbre africain. Sur la petite place, devant la porte d’entrée, s'élève une colonne de granit portée par une base de porphyre. La façade est d’une extrême simplicité; elle pourrait servir de modèle pour une église de campagne.
Il y avait sur l'enduit de cette façade des peintures que le temps a dégradées et qui aujourd'hui sont illisibles.
NOTICES HISTOniQlES
Palais .Stoppant, aujourd’hui Vidoni.
m j«. (tien que l'architecture de ce palais soit de l’immortel Raphaël, le plan ne présente pas un motif décidé et de quelque valeur; aussi nous sommes-nous borné à n'en donner que la partie la plus apparente.
Dans l'examen de la façade, dessinée aussi par Raphaël, il faut figre abstraction de l’attique qui eu altère l'ordonnance, et dont la mesquine addition est duc à l'architecte Sansimoni. Cette façade est d’une uniformité trop continue; on y regrette l'absence de parties saillantes qui l'accentuent davantage et en rompent la monotonie. I ,e premier étage, à colonnes doriques accouplées, manque de caractère et trahit quelque mollesse dans les profils. Au re/.-d e-cliaussée, qui est à bossages horizontaux et verticaux au centre, et à bossages de lits seulement aux deux extrémités, les ouvertures sont d'un dessin indécis et combinées entre elles d’une manière peu heureuse.
O palais, dans le principe, fut bâti pour les ducsCaffarelli; il devint ensuite la propriété du cardinal Stoppani ; puis il échut par hérédité au cardinal Vidoni , dont la famille le possède aujourd’hui. CharlCs-Quint y. séjourna lorsqu'il vint à Rome.
Plan t/a palais Cnmemta, piazzn dell’ Ondogio.
Il y a un donhle portique; les colonnes sont accouplées. On y trouve de bonnes proportions.
Plan t/a palais S. Giacomo degli inrurabUi, piazzn di Sciarra.
Jolie disposition de plan; portique aboutissant à deux beaux esentiers.
Htt.silitntr tir A’. Iahth zti, hors 1rs murs.
r)ôS
Cette église, curieuse par ses restes antiques, est une des cinq basiliques patriarcales; elle est située sur la via Tihnrtina, à un mille de la porte San Lorenzo. Sa première construction date de Constantin, qui l'éleva vers 33o sur un champ appartenant à Cvriaque, matrone romaine, et où celle-ci avait enseveli les corps de plusieurs martyrs, et notamment celui de saint Laurent. Cette basilique fut plusieurs fois reconstruite. Honorius III en changea, dit-on, la direction en y ajoutant la grande nef, et il lit bâtir le portique en 1216. Au xvr siècle, sons Nicolas V, une restauration' fut opérée par l’architecte florentin Bernardo Kosellini. Enfin cette basilique fut mise dans l’état actuel par les chanoines réguliers de Latran, de la congrégation du JUiin, qui la possèdent depuis Sixte IV. C'est au cardinal Oliviero Cura fa qu'est dû le plafond doré.
Os reconstructions et restaurations si nombreuses ont nécessairement fait perdre à la basilique de Saint-Laurent sa physionomie primitive; cependant c'est, avec Sainte-Agnès et Saint-Clément, une des églises oii le caractère archaïque a été le moins altéré. Elle est précédée d'un portique ou narthex couvert d'un toit en appentis. Dans les premières basiliques, le nailhex, au lieu d’être extérieur, était intérieur, et placé entre l'entrée et la première travée de la nef. M. Ail). Leuoir, dans un article de la /tenir grnèrttlr tir l’arr/tilrrtutv. a établi que cette disposition fut abandonnée à partir du v» siècle; le narthex devint alors un corps de bâtiment en saillie, en avant de la façade de l’église. On sait que c’est dans le narthex que se tenaient primitivement les catéchumènes et certaines classes de pénitents. Le portique est ici soutenu par six colonnes antiques d’ordre ionique de diamètres inégaux, ainsi que les colonnes de la grande
nef; les chapiteaux ont été rapportés. Les peintures des portiques sont, dit-on, du temps d'Honorius III, et représentent des sujets relatifs à l'histoire de ce pape du commencement du xm* siècle.
L’intérieur de l’église présente deux parties distinctes. La première et la plus récente est la grande nef, divisée elle-même en trois nefs par vingt-deux colonnes ioniques, presque toutes en granit. Une particularité de leur ornementation a fait penser qu’elles provenaient des temples de Jupiter et de Junon, élevés au centre du portique d'Oetavie et antérieurs à ce portique bâti par Auguste. Eu citer,' sur la volute des chapiteaux de deux de ces colonnes, on voit sculptés un lézard et une grenouille (voir au bas de la planche 268); et Winekelmann a cru retrouvêr dans . ces figures d'animaux, dont les noms sont en grec Sauna et BeUrachos, les emblèmes des noms de deux artistes grecs dont parle Pline (1).
Quelques archéologues cependant trouvent ces sculptures des colonnes de la basilique Saint-Laurent trop inférieures pour croire qu’elles soient de la bonne époque des artistes cités par l’auteur latin. Du reste, on a remarqué dans les chapiteaux de ces colonnes que le gorgerin est placé h quelque distance au-dessous de l’échine, et que les coins des volutes étaient couverts de feuillages sculptés.
A droite de la porte d’entrée est un sarcophage antique, orné d’un bas-relief représentant une cérémonie nuptiale; il sert de tombeau au cardinal Fiesehi, neveu du pape Innocent IV. Deux amlwns de marbre (voir Saint-Clément, page 553) marquent le commencement dn chœur, dont l’enceinte a été supprimée. La seconde partie, au fond de l’église, formant le sanctuaire et le presbytère, a été exhaus-
(i; Il iiv fani pat oublier, dit-il, Sauras et Balrnchus, Lacédémoniens, qui ont fait les temples renfermes dans les portique* d’Oetavie. Quelques-uns pensent qu’ils riaient fort riches et qu’ils avaient construit ces ouvrages à leurs dépens, espérant y inscrire leur nom; mais que, l'iuScription leur ayant été refusée, ils y suppléèrent en un autre lien çt d’une autre façon : toujours est-il qii’aujaiu d'hui encore on voit graves sur les tnrrs «les colonnes (éneot mu a arum tpirts) un lézard et une grenouille, emblèmes de leurs noms. (Pline, traduction de 1 .titré, livre XXXVI, 4, »H.)
ET r.HITlQl ES.
sée au-dessus de la première, et commence à l'endroit oii est la confession ou chapelle souterraine. Klle est également divisée en trois nefs par des colonnes de marbre à moitié enfouies et qui posent sur l'ancien pavé de l’édifice (voir la planche 37a). Les deux premiers chapiteaux sont d'ordre composite, et ont des trophées au lieu de feuilles d'acanthe; les autres chapiteaux sont d'ordre corinthien. I .'entablement porté par ces colonnes est composé de fragments provenant «le divers monuments antiques, et dont quelques-nnssontd’un lx*au travail. Au-dessus de l'entablement s’élève un ordre de colonnes plus petites, qui contribue à donner à cette partie, la plus ancienne «le l'édifice, de la ressemblance avec les basiliques antiques.
La planche afin, outre le plan général de la basilique San Lorenzo et du couvent qui s’y rattache, donne une vue de cette église et de ses dépendances; la place qui la préi’ède est ornée d'une colonne «pie surmonte une Croix et de deux piédestaux portant les emblèmes «les sept collines de Rome, qu'on retrouve si souvent répétés sur les monuments de la ville. Au bas sont reproduits des détails des ordres inférieurs de la nef et de l’ordre du portupie extérieur avec son riche entablement.
Plan <ie la basilique de S. Lurcnzo ; détails des nmbons et des mosaïques.
La planche précédente contient le plan général «le l'église et du couvent; celle-ci présente le plan particulier «le l'église seulement, à une plus grande échelle. A l'extrémité de la grande nef sont deux escaliers qui montent au sanctuaire, surélevé au-dessus du sol de la nef, et entre ces «leux escaliers un troisième «pii descend à la confession on chapelle souterraine, dans laquelle reposent, dit-on, les corps de saint Laurent et de saint Étienne, proto-martyr. Derrière le iiiattre-autel, recouvert d'un ciboire, la tribune, ainsi qu’on appelle . * ' 7'-
en Italie cette partie du chevet des basiliques, où était le piesl/yterium, ne se termine pas ici en hémicycle, comme à Saint-Clément (Voir planche a48). Au fond est la cathedra ou siège épiscopal. Le pavé de la tribune est en opas ale.vandrinum. T -es douze colonnes qui entourent le sanctuaire et la tribune reposent sur un sol plus bas.
/Jasi/ùpte de S. Liuitiizu : plafond, ambon, détails de et de eharpente.
laissons'
Nous donnons iei l’ensemble du plafond de la grande nef, qui présente une jolie combinaison , et dont les caissons offrent une ornementation élégante et délicate. La décoration del'ambon, pour la lecture de l'Évangile, est en mosaïque. A côté est la colonne destinée au cierge pascal et qui repose sur deux lions, disposition symbolique assez fréquente en Italie pour les colonnes des porches des églises au moyen âge.
/ ne intérieure de la heisilir/iic de S. Lorenzo, prise de la grande nef.
Cette vue est pittoresque et d’un effet très-varié. On achève d'y prendre une juste idée de l’ordonnance des ambons, ainsi que de l'ajustement des escaliers montant au sanctuaire et de l'ouverture de celui qui descend à la confession. Cette gTavure est d’une franchise d'exécution remarquable. Le graveur avait soixante-douze ans quand il terminait le travail de cette planche et de la suivante.
l ue intérieure de la Imsiliipie de S. Lorrnzo, prise du stuletuaiir.
Toute la partie du sanctuaire, comme il a été dit aux précédents
El" CaiTIQURg.
articles, est élevée de plusieurs marches au-dessus du sol. On voit comment les sièges en pierre qui entourent le presbyterium masquent jusqu'à la moitié de leur hauteur les colonnes qui reposent sur le pavé inférieur. On remarquera que le bel entablement porté par les chapiteaux corinthiens est composé de fragments divers. Les deux fenêtres placées à droite et à gauche de la mosaïque de la grande arcade -rappellent la disposition des fenêtres latérales de la nef, qui, dans le principe, étaient closes avec des plaques de marbre, percées d’ouvertures circulaires, où étaient fixés des morceaux de verre ou d’albâtre.
Plan et coupe de l'église SS. Çosiuv et Damiano.
dette église est située sur le Campo-Vaccino , entre le -temple d'Antonin et de Faustine et la basilique de Constantin, ou temple de la Paix. F .a rotonde qui lui sert de vestibule est considérée comme ayant fait partie d’un monument antique. D'après le caractère de la construction, et une inscription qui se lisait encore au xvr siècle sur la façade, cet édifice serait de l’époque de Constantin. Au commencement du xvn* siècle, les pierres en travertin des murs- furent enlevées pour servir à la construction de l’église de Saint-Ignace. -S'il faut en croire les écrivains ecclésiastiques qui parlent de l’origine de l’église des saints Côme et Damien, cette rotonde aurait été la ee/lu d’un temple de Romulus et de Rémus. Mais, Roiuulus ayant déjà son temple particulier, les écrivains régionnaircs, pour distinguer celui qui nous occupe ici, lui donnèrent seulement le nom de temple de Rémus. C'est à côté de ce temple qu'en 537 le pape Félix IV éleva une église dédiée aux saints Côme et Damien, Arabes de naissance et médecins, qui reçurent le martyre sous Dioclétien. Ils étaient frères comme les fondateurs de Rome; et ce point de rapprochement viendrait peut-être à l'appui de la dénomination première de
r)Go NOTICES HISTORIQUES
l'édifice. Le christianisme aura voulu élever un autel aux deux frères martyrs, à l'endroit même où le paganisme adorait aussi deux frères, les premiers du nom romain. Cependant, bien <pie cette dénomination soit généralement admise, quelques antiquaires modernes la contestent. La même incertitude existe sur l’âge et la destination de deux colonnes en cipolin, debout devant l'oratoire de la via Cruris, à côté de l’église des saints Cômc et Damien, et que l'on a prétendu avoir fait partie du portique du temple. F.lles furent déterrées en 1753.
E11 fi8q, le pape Sergius I*r fit couvrir de lames de plomb la coupole de la rotonde qui avait été réunie à l'église construite par Félix IV. En 780, Adrien I,r fit exécuter une réparation générale; d’autres papes ajoutèrent divers embellissements. Cependant, par suite de l’exhaussement considérable du sol de cette partie de Home, le pavé de l’ancien temple était enfoui et se trouvait au niveau île celui dit temple voisin d’Antonin et de Faustine, où cet exhaussement apparaît d'une manière si évidente.
C’est sur le pavé de cette rotonde qu'était gravé le plan de Rome antique, dont les fragments, recueillis sous Paul III, ornent aujourd’hui l’escalier qui mène au musée du Capitole. On sait que ces fragments, que l'on croit être de l’époque de Septime Sévère, contiennent, en totalité ou en partie, le plan du portique d’Octavie, de la basilique Emilienne, des Septa Julia, des thermes de Titus, de la scène du théâtre de Marcellus, du théâtre de Pompée, etc.,. Au-dessous du pavé de l’ancienne église souterraine se trouve encore un second souterrain.
Cependant, l’exhaussement du sol rendant l’église des Saints Corne et Damien trop humide, Urbain VIII, au xvitc siècle, la fit entièrement rebâtir sur les dessins d'Arrigucci ; l'inscription suivante donne l'énoncé de ces travaux : Urbanus y 111% Pont. Max. tenipluni pemini.i urbis conditoribus siiperstilmse dicatum, a Felice III (Félix IV', suivant Baronius), sanrtis Cosmee et Darniano J'mtribus consccratnm, vetustate labefartatum , dcjeetii latent! ibus fxirietibus , totius saperions BasUutr.
■ïGi
ET CRITIQUES
a. se ejiedifieatie e.eeitatis , fornice media inter in/érionem et liane c.cstrueto, nova imposito laqueari , area denitpic complu mita, in splrndidiarem forniam rei/egil, anno I IDC \ V 17//. Le pavé fut donc exhaussé au niveau du sol moderne, au moyen d’une voûte construite entre l'église inférieure et l'église supérieure ( fornice media inter infenorem et liane e, est rue ta ). La rotonde , avec sa coupole inférieure en hauteur à l’église nouvelle, fut conservée comme vestibule; la partie supérieure de l’ancienne abside fut également conservée; mais elle ne se raccorde point à l'intérieur avec les lignes de l'architecture de l'église nouvelle, comme cela a lieu, par exemple, dans la basilique de Saint- Llément. (Voyez la coupe de la planche a{8.) La hauteur de l’entablement du grand ordre correspond ici au tiers de la naissance île la voûte de l’abside.
La disposition du plan de l'église, reproduit ici, n'est pas sans quelque mérite, la mosaiipte de l'abside est d’un très-beau caractère. Sous Alexandre VII, le cardinal Barberini la restaura, et l’on rétablit alors la ligure de saint Félix, qui avait été précédemment convertie en celle de saint Grégoire.
Plan de l’église S. \f. delle Gruzie; a parta Ange fieu.
L’église S. Maria delle Grazie est située dans le quartier. du /largo, xiv, i. à l’extrémité de la via di /rorta Angel ica, et près de la porte île Home de ce nom. Le plan n'en a été donné ici qu'à cause de la disposition originale qu'il présente.
Plan de l'église S. Giovanni; a porta Latina.
Ce plan, gravé à l’opposite du précédent, est celui d'une petite \. ni. église ayant une disposition analogue à celle des basiliques, et située à l’écart, près de la via di porta Latina , à cette extrémité déserte de Rome que l’on ne visite guère que pour y aller voir le tombeau
NOTICES IIISTOKIQUKS
des Scipions. Celle église fut élevée sur remplacement d un ancien temple de Diane et à quelque distance de la chapelle ronde, dite de San Giovanni in Oleo, qui est devant la porte latine, a 1 endroit même où, selon les légendes, saint Jean fut plongé dans I huile bouillante sans en éprouver aucun mal. (N oyez l'r volume, planche a5.) Parmi les restaurations de cette église, on en cite déjà une, en 77a, par Adrien Ier. I, 'intérieur est divisé par dix colonnes de marbres différents. • •
Fontaine <(c l’obélixijne île la /ilarr \ avoue.
Cette fontaine est située au milieu de la place Navone, vis-à-vis de l’église de Sainte-Agnèse. Elle fut élevée du temps du pape Innocent X (Pampbili), sur les dessins de Bernini. L'obélisque, eu granit rouge , / provient dit cirque de Romulusj fils de Maxence, dont les ruines sont en dehors de la porte San Sebastiano, et à peu de distance du tombeau de Ceeilia Mctella. « Le style des hiéroglyphes et les noms de Vespasien, de Titus et de Domitien, qu’on y lit, démontrent qu’il fut taillé et gravé sous le dernier de ces empereurs. Une fleur de lis et une colombe |>ortant dans son bec une branche d’olivier sont placées sur la pointe de l’obélisque. Ce sont les armes de la famille Pampbili. .» I,e piédestal en granit qui portet cet oltélisque est dressé sur un haut rocher s’élevant du milieu d’un bassin circulaire et percé de quatre côtés de manière à former une sorte de caverne. C’est évidemment la conception la moins égyptienne qui pût se présenter à l’esprit. Aux quatre angles du rocher sont assises des statues colossales en marbre blanc, exécutées d’après -les dessins de Bernini, et figurant le Gange, le Nil, le Danube et la Plata.
L'inimitié connue qui existait entre les deux architectes Bernini et Borrimini a seule, sans doute, suggéré à la gaieté italienne les
ET CRITIQUES
interprétations malignes au sujet de deux des statues composées par Bernini : ainsi l’on a prétendu que le voile qui couvre la tête du Nil n'est pas ici une allusion au mystère de sa source, mais que cette ligure se voile pour ne fias voir la façade «le l’église Sainte-Agnès,, qui est de llorromini. On a dit également que la ligure rejetée en arrière, et le liras levé, manifestaient son effroi de voir tomber un des clochers de la même église. . • ■
Petit lavoir public.
Le plan et la coupe de ce petit lavoir, situé via del Lava ton-, ex- u. pliquenl certains détails qui ont de l’intérêt pour l'usage.
Peintures ainbesfiues tl’tute dm pelle dt‘- l'église S. M. r/e//’ dnima.
Ces arabesques décorent la quatrième chapelle à gauche dans l’é- v, giise Santa Maria delf Anima. Plusieurs motifs sont charmants.. l,a perspective du portique, au-dessus du médaillon, rappelle les proportions capricieuses et le style des peintures décoratives de Pompéi. On sait que Vitruve blâmait déjà l’abus qu’on en faisait de sim temps. , ,
Plan de L église et du couvent A'. Onofrio, situés sur le mont Gianietdo.
Cette église, construite en i43q, et le couvent qui en dépend, sont x sur les hauteurs du Janieule, à l'extrémité de cette colline de Home qui domine la rue de la Longara’ vers- la porte S. Spirito. Ces constructions -présentent un laisser-aller et un décousu qui attestent l’inexpérience des architectesdu temps. Un portique commun s'étend, d'un côté en avant de l’église, de l’autre en avant du couvent. Si l'église ne s'annonce pas extérieurement par une facaiîe caractéristique, du moins à l'intérieur sa disjiosition pittoresque est bien accusée.
NOTICES HISTORIQUES
Ce qui donne un intérêt tout particulier à ce couvent, situé dans ce quartier isolé et désert, c’est le séjour qu’y fît le Tasse quelque temps avant de mourir. Ou haut de ce point élevé, ses regards mourants s'étendaient sur la ville éternelle, et sur la campagne romaine jusqu’à la mer. I.es moines qui lui avaient donné l'hospitalité l’enterrèrent dans l'église et mirent une simple pierre siir sa tombe, avec cette inscription touchante et bien humble pour un nom si glorieux :
ToHQl ATI TàSSI OSSA HIC JACKNT. Hoc NE NESCIUS ESSF.T H OS F ES CHA- TRES h mus ecci.esi.e P. P. MPCI; obiit as\o MDXCV.
Plan et vue fie lu foutante Paa/ti (Pauline), sur le iniint (iianiea/o.
v Celte fontaine monumentale , bâtie sur le point le plus élevé et le plus visible de Rome, est la plus grande de la ville, et elle est surtout remarquable par l’abondance de ses eaux. Elles sont formées de l'ancienne eauTrajane, et non Alséatine, comme il est, dit par erreur dans l'inscription. Elle prit le nom d'eau Pauline, du pape Paul V, qui fit réparer l'aqueduc antique par Giovanni Fontana, frère du célèbre Domenico, et y réunit une partie de l’eau du lac de Bracciano. On y a, depuis, introduit l’eau du lac de Vlartignano. Ces eaux, parvenues dans Rome, après un cours de 35 milles, alimentent tout le quartier et font mouvoir des moulins et différentes usines. -
Le monument de la fontaine Pauline fut élevé en ifiia par Giovanni Eontana et Maderno (Stefano, sculpteur, suivant Nihliy). Les colonnes de granit et les matériaux proviennent du forum de Nerva. Ces colonnes, élevées sur des piédestaux maigres et allongés, paraissent trop grêles pour la hauteur excessive de üattique, surmonté lui-même des armes du pape; ces armes sont composées d’une aigle et d’un griffon. Cependant, bien que l'ordonnance de ce monument laisse beaucoup à désirer sous le rapport de la
ET CHITlollKS. %f>
correction et des proportions, eetle vaste façade a un aspect grandiose, et l'on reste en admiration devant le volume d'eau qui se précipite de ses arcades et <pii est évalué à 1800 pouces de foulai- . nier.
Pian /tune eeisee/ele élans le jartliu el/e ueelais ( eiloiuui.
I .es jardins du palais Colonita s'étendent sur les hauteurs du mont 11. *». Ouirinal. I,es cascades, dont le plan est donné ici, sont d'un hel effet et ajoutent à la magnificence de l'es jardins, enrichis de fragments antiques.
J ‘le/ le ef une /lisrinc /liens le je/relin eh- la villa JVrgin/u.
Pont* bien faire apprécier l'effet de cette piscine, nous eu donnons 1. ici une vue réduite d’après celle de l'aida et reproduite telle qu elle
était de son temps, c'est-à-dire awc ses statues, ses fontaines jaillissantés et I es marches en avant qui n’existent plus.
NOTICES HISTORIQUES