PAVI.VS. V. PONT. MAX. ROM
«HATI. AN! NI. NONVMENTVN POSAIT.
I x?s bas-reliefs expriment les principaux faits accomplis par ce pape et sont expliqués par des inscriptions.
Au centre du tombeau de gauclie est la statue de Paul \ . Ce pape est représenté à genoux, les mains jointes, et tourné vers l’image vénérée de la. Vierge; au-dessous de cette statue ou lit l'inscription suivante :
pavuis. v. I*ONT. MAX. .
MOATIS. MEMOR ,
V1VENS. SIBI. POSVIT.
SCII-IO. CARDINAUS. BVIU'.HESns. FVNVS. DA Cl IVSTA. SOI.VI. CORPVS. INFERE]. CVRAVIT.
I .es faits importants accomplis par ce paj>e sont exprimés sur des bas-reliefs et rappelés dans des inscriptions. On trouvera à la page <137 des renseignements snr la nature des matériaux qui composent ces tombeaux.
(.'autel est d’une richesse et d une variété de marbres, telles qu'on n en trouverait peut-être pas ailleurs d’exemple. laes quatre colonnes sont en jas|>e sanguin; les bases, les chapiteaux et le filet des ean-nel urçs sont de métal doré; elles posent sur un socle de jaspe vert de Sicile, la1 tympan «lu fronton est en jaspe oriental; les anges assis sur les moulures de ce fronton sont en métal doré; le bas-relief plqcé au centre du fronton est environné d'un cadre en jaspe et surmonté d'un petit fronton en métal doré. Entre les colonnes de ce même autel se voit l'image de la Vierge attribuée à saint Luc. l,e cadre de cette peinture est en améthyste et enrichi de pierres précieuses; il est supporté par un groupe d’anges en métal doré, rpu se détache sur un fond en lapis-la/.uli.
I. intrados des quatre voûtes en berce.au est divise en conqiartiments décorés de peintures et de stucs, en partie dorés. Dans les quatre pendentifs sont représentés à fresque les quatre grands prophètes, et au-dessus île chacun d'eux un ange en relief et formé île stuc. 1 - •
, F.T CRITIQUES. (i3r)
Au-dessus de ces |>endentifs règne un entablement élégant' dont'la frise porte cette inscription :
SIGNVM MAGNVM APPARVIT.
IN COEl.O. MV l.l ER. AMICTA. SOLE. ET. I.VNA. S\ B. l’EDIBVS. KIVS. F.T IN. CAP1TE. RIVS. .CORON A. STF.I.LARX». DVOHF.CIM.
I .es pilastres et demi-pilastres du tambour, ainsi que les chambranles et frontons, sont dorés, [/intérieur de la coupole est orné d‘uue fresque dont le sujet est l'arrivée de la .Madone au ciel, au milieu des anges, des apôtres et de tous les saints. Enfin air sommet de la lanterne on distingue la figure du I’cre éternel.
Nous avons fait suffisamment connaître l'intérieur de l'église Sainte- Marie-Majeure, dans ses parties essentielles, par le plan de la planche 3o4, par la vue de la planche 3of> et par la coupe transversale de la planche 307. Cependant, pour que rien dans cet important édifice ne reste inexpliqué, nous eu compléterons l'intelligence en donnant ici une coupe longitudinale sur une petite échelle.
On \ trouvera des renseignements utiles sur le nombre des fermes de la charpente, sur l’abside, sur les ajustements du vestibule, etc.
XOTICKS HISTORIQLF.S
Basiluptr de S. M. Muggiore; détail des deux principales chapelles.
t». I.es plans des deux principales chapelles de Sixte V et de Paul V, reproduits ici sur une plus grande éehelle, font mieux comprendre la disposition et la proportion des ressauts, des colonnes et pilastres qui constituent cette belle décoration; ils marquent mieux le rapport des pleins et des vides, et enfin ils donnent avec plus de . détail le dessin des mosaïques ou compartiments du pavé des chapelles.
Ces plans, tout en manifestant lu grande analogie qui existe entre les deux chapelles, en font aussi ressortir les différences. On remarquera, entre autres, dans la chapelle de Paul V, l’adjonction de quelques dépendances et d'un corridor de communication dans l’épaisseur du mur extérieur. . •
Ija sollicitude de l’architecte Flamiuio Ponzio ne s’est pas bornée là ; son œuvre atteste une entente mieux raisonnée de la construction. S’il y a lieu de louer Fontana d’avoir songé à fortifier les voûtes do sa chapelle par l'introduction , aux angles situés du côté de l'entrée, de deux très-petites chapelles circulaires, qüi forment de ce côté un vigoureux point de résistance aux grandes voûtes sur lesquelles porte la coupole, il faut reconnaître qu’on ne retrouve plus la même prévoyance de l’autre côté. C’est ce qu'a parfaitement senti Flaminio Ponzio : pour augmenter dans sa chapelle la force de résistance du côté opposé à l'entrée, il a donné aux mtn-s extérieurs une épaisseur considérable.
1 -es deux parties de coupes qu'on trouve sur le haut de cette même planche sont destinées à faire apprécier plus en détail la belle décoration des chapelles et les délicatesses de l’architecture des tombeaux des deux fondateurs Sixte V et Paul V.
Dans la chapelle de Sixte V les colonnes du tombeau de ce pa|w,
KT CRITIQUÉS-- 637
ainsi que relies du tombeau de Pie V, qui lui fait face, sont en vert antique-; les bases et les chapiteaux sont en marbre blanc; l’entablement est en marbre de Paros, à l’exception de la frise, qui est en vert antique, les quatre cariatides de l'attique sont en marbre blanc, et les deux candélabres au-dessus sont en marbre jaune, fa niche du milieu est ornée de marbres de couleur; enfin les cadres des cinq bas-reliefs sont en jaune antique.
Quant aux marbres du tombeau de Paul V et du tombeau de Clément VIII, qui lui fait face, ils sont entièrement semblables; mais ils different de ceux des tombeaux de la chapelle de Sixte V. Le socle inférieur est en marbre gris lumacbelle, comme celui qui règne au pourtour de In chapelle. Les quatre colonnes, engagées nu tiers de leur diamètre, ainsi que le» demi-pilastres, sont en vert antique; les bases, les chapiteaux et l'entablement sont en marbre blanc. I.a frise est en albâtre. L’attique entier est en marbre blanc, à l’exception -de l'encadrement des baS-reliels, qui est en jaune antique.
Cette planche contient en outre le plan, la coupe transversale de In chapelle souterraine de la Crèche, ainsi qu’une face de l'autel supérieur et -du tabernacle qui le surmonte. Ces divers objets ont été décrits plus banf. ; '
Détails divers de ta basÙûjue de S. \f. Maggiore.
la» tranche placée sur le haut et au milieu.de cette planche donne sur une grande échelle le dessin géométral d’une partie dé la basilique moderne de Suinte-Marie-Majeure, telle que l'a faite la restauration de Ferdinando Fnga. Elle permet d’apprécier les diverses proportions et les mesures des deux ordres de la grande nef et la valeur de chaque moulure.
Sans s’arrêter îi quelques ajustements d’un goût un peu capricieux, on peut louer l’harmonie de^ détails qui concourent au bel ensemble
NOTICES HISTORIQUES
GJ8
«le cette grande œuvre. I<es proportions relatives en sont fort bien entendues, et, à ce titre, l’urchiteeture de Sainte-Marie-Majeure peut être utile à consulter. Ce sont, en effet, ces monuments réussis, cpie doit prendre pour objet de ses études l'architecte qui veut fortifier son jugement par des comparaisons sur les œuvres des maîtres, et faire lui-même sa propre éducation, an lieu de se guider aveuglément sur l’opinion d’autrui.
Vignole n'a pas agi autrement pour composer son Tniité tirs onlrTs. Après avoir dessiné et mesuré tous les monuments antiques de Home et de ses environs, il dut ensuite, pour chaque ordre et pour chaque détail, établir des parallèles et adopter ou modifier les mesures, suivant les impressions éprouvées en présence du monument lui-même. Les proportions générales, et celles des moindres moulures, ainsi raisonnées , furent déterminées par lui. Ses jugements ont été sanctionnés par l’épreuve du temps; et sou livre est encore suivi, de préférence même au-x ouvrages d’architectes estimés.
Nous ferons ici, sur un point important et négligé, l’application de la méthode que nous recommandons. On sait que la théorie des entrr-oolonuements ne saurait être fixée d’une manière absolue. Cependant on a dû chercher à établir une base fondée sur l’observation. Vignole et d’autres auteurs ont généralisé les règles à ce sujet. Mais s’ils ont réussi à bien déterminer les proportions des ordres et de leurs entre-eolonnements à l’extérieur des édifices, ils ont laissé une lacune dans leur travail, en omettant de mentionner- les entre-colonnemçnts intérieurs; ce qui de nos jours a occasionné bien des méprises et des erreurs, provenant de ce qu’on a supposé que les règles données pour les premiers étaient applicables sans distinction et «pielles que soient les circonstances. Cependant nous remarquerons qu’à diverses époques les architectes romains ont été «l’un avis différent, si nous consultons le tableau ci-dessous, dont nous avons puisé les éléments parmi les meilleurs exemples des basiliques antiques et modernes.
ET CRITIQUÉS
Batiliqur L’iptenne Basilique do l'ancien Saint Paul, hors 1rs murs.
Basilique de l'ancirti Saint-Pierre
B.iftiliqtif de Sainte-Marie, in Trastevere
Basilique de Sainte-Marie Majeure.
Basilique de Saint-Grisogono
rdre corinthien.
3 diamètre*
c»-iilit*nirs
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
IO
id.
ordre ionique,
id.
id.
id.
id.
ay
id.
i'^e cjtii donne en moyenne, pour Tentre-colonnement, 3 diamètres et 1 3 centièmes environ.
On trouvera au bas de la même planche un détail de l'ordre ionique, inférieur de la grande nef de Sainte-Marie-Majeure, avec l'indication de diverses mesures qui complètent les renseignements que nous avons réunis sur cet ordre.
Basilique de S. M. Maggiort.
Trois détails importants sont figurés sur cette planche : i.
i“ Le détail du deuxième ordre, avec son entablement complet, dont la corniche si riche pénètre dans le plafond et se confond avec lui ; .
a° fine tranche de ce beau plafond ou soflite de la grande nef, où Sont reproduites toutes les moulures et l’ornementation. A côté de ce détail on voit à gauche un petit ensemble, où la totalité des caissons est indiquée. Cinq de ces caissons sont ornés des armes de Calixte III et d’Alexandre VI, qui ont dû présider à l'exécution de ce beau soffite,-dont Giuliano da Sangallo passe pour être l'auteur. Trop jeune cependant an temps de Caliste III, cet architecte ne dut sans doute l'exécuter que sous Alexandre VI. Toutes les moulures et les ornements sont dorés et se détachent sur un fond gris qui dans l'origine était azur (voir page 609);
3* Enfin la charpente de ce grand édifice, qui est fort simple, mais bien raisonnée, méritait à divers titres d’être connue avec
NOTICES HISTORIQUES
détails. On voit que les lértnes y sont accouplées. Les arbalétriers, déjà' fortifiés |iar les sous-arbalétriers, sont en outre fortement contre-buttés par l’entrait relevé, et l’entrait inférieur est soulagé et maintenu par deux clefs pendantes. Tout ce système est bien balancé et parfaitement solidaire. On peut obtenir la longueur et la grosseur des bois d’après le dessin, et arriver à une intelligence plus complète de l'agencement de la ferme en consultant les deux coupes tracées à droite de la planche.
. la-s ferrements qui sont marqués sur le plan se composent en grande partie «le clavettes, et ceux de l'élévation de brides’ et d'écrou».
La menuiserie des caissons demandait un détail particulier; on le trouvera sur le plan de la charpente. Ces caissons sont suspendus aux fermes; leur profil ou coupe est indiqué au-dessus et applique sur l'entrait.
ÏVtai/s de /'ancien maître-autel de ht basi/ù/ue de S. M. Maggioiv.
lie maitre-autel, avec ciboire, fut élevé en i 483 par les soins de - ( fiiillaume d’Estouteville, cardinal de Rouen, comme l'indiquait une inscription et h- confirmaient ses armes, -sculptées aux quatre angles, au-dessus de l'entablement de l’ordre. Sur une des faces de l’attique un. bas-relief de marbre exprime le miracle de la neige, relatif à la fondation de la basilique. D’après le caractère et le style de l’architecture, on doit attribuer ce ciborium à Giuiiano da Sangallo. Ij fut détruit en lorsque l’église fut restaurée par Benoit XIV, sous
la direction de Ferdinando Fuga. læ dessin nous en ti été conservé par l'abbé de’ Angelis, dans son ouvrage sur la basilique de Sainte- Marie- Majeure ( BasUicte S. M. Alajoris de.Urbe, a Libéria papa ustjue ad Paulum f , descriptio et de/ineatio, Rome, tfial). (iet autel, d'une structure dégante, se composait de quatre colonne»
HT CK1TIQUBS: *>4 1
de porphyre, d'un attique et d'un petit dôme. l-es sculptures dont il était orné étaient exécutées avec délicatesse. I-es colonnes ont été réemployées dans l'érection du nouvel autel, et les sculptures ont été en partie encastrées, soit dans le soubassement de l'abside, soit dans le mur d’une petite cour voisine de la saeiistie. On y remarque la cérémonie de la pose de la première pierre par le pape saint Silvestre, lors de la fondation de la basilique.
I a portion de plan placée au haut de la page montre la disposition de l'ancienne abside; l'autel B, dont nous venons de parler; les ciboires C et C', représentés sur la planche loy, et enfin les deux amboiui D et D', dont il ne reste pas de dessins. Nous avions déjà indiqué ces dispositions sur le petit plan d'ensemble de la page 61 ï du texte; on les jugera mieux d'après ce fragment de plan, donné ici sur une plu$ grande échelle.
■Hasitiquc rfo S. M. Màggiutr; (Ma ils. f/c.t mma'ùfues.
Lu peinture en mosaïque de l'abside, qu’on-voit figurée au liant de cette planche. Tut exécutée vers la Gn du xmf siècle par le frère Jaeopo Torriti, ou Mino (Giacomino) da Torrita (près de Sienne) ; on le désigne simplement sous le nom de Turrita; il mourut avant taga, et laissa inachevée cette fresque, à laquelle le peintre florentin Claddo Gaddi mit la dernière main en i-ayi. Vasari, qui parle incidemment de frère Mino da Turrita, dans la vie d’Andrea Tafi, ne rend pas suffisamment justice à cet habile mosaïste, qui fit preuve d’un talent si élevé à une époque où l’art était encore grossier.
Un grand cercle occupe le milieu de cette voûte, et dans ce cercle est placé le Christ, assis sur un trône, ayant à sa droitr sa mère, sur la tête de laquelle il pose une couronne.
Autour de ces deux figures brillent des étoiles, qui se détachent sur un fond azur, èt le soleil et la lune sont placés à leurs pieds.
f>1u NOTICES HlStORIQl'ES
Une troupe nombreuse d’anges, à genoux et dans l’attitude de 1 adoration, sont disposés de chaque côté; debout et derrière eux sont représentés plusieurs saints, dont le nom est inscrit près de leur auréole. Ainsi on trouve, à gauche et du côté de la Vierge, d'abord saint Pierre, puis saint Paul, et enfin saint François. En avant de saint Pierre on remarque le pape Nicolas IV, qui fit exécuter cette peinture. Il est à genoux et revêtu de ses habits pontificaux. Du côté droit, «lui est celui du Christ, trois autres saints sont disposés pour balancer les premiers et placés dans l'ordre suivant : saint Jean- Baptiste, puis saint Jean l'Evangéliste, et enfin saint Antoine. On voit, à genoux et en avant «lu premier saint, le cardinal Jacques Colonna, qui contribua, ainsi «|ue Nicolas IV, à la dépense de cette grande mosaïque. On distingue aux deux extrémités latérales de la voûte deux troncs d'arabesipies qui engendrent «les enroulements ornés d'oiseaux et qui se développent en se dirigeant vers le sommet du tableau, dont iis décorent la partie Supérieure.
Au-dessous de la marche du trône on lit cette inscription en l'honneur de la Vierge, et qui relate le sujet de la mosaïque :
mari*, viruo. assïïpt* ê. ai», etherec. thalamû in qco rex. begü.
STEI.I.ATO. SEDET SOLIO. EXALTAT A EST. SANCTA IIEI GENITRIX. . .
SUPER. CHOROS ANGELORLM. Al) C ELEST1A REGNA. .
Plus'loin, vers la gauche et sous le tronc déjà mentionné, on trouve le nom de l’artiste, auteur de cette composition, ainsi écrit :
jacor. roRRiri. imctor. hoc ores mosiac. fec.
Enfin sous les deux dernières inscriptions et sur la longueur de la bordure se développe une suite d'images symboliques: aux deux extrémités on distingue deux figures de fleuves, {1,'art a de la peine à se soustraire au paganisme.) I.es eaux qui s’échappent «le leurs urnes se confondent, et, selon l'interprétation de Valentini (/« (Quattro priaripoJi hasilicke di K orna dwritle et d/iistmtr), elles représenteraient
ET CRITIQUES
le Tibre et l'Anio, réunis et liaignant une cité qui n'est autre que Rome elle-même. Sur les murs on voit dominer l’image du Christ et les tètes des saints Pierre et Paul. I.es cerfs qui s'abreuvent sur les bords des fleuves symbolisent les fidèles qui viennent se désaltérer dans les ondes pures de la vérité sainte. I.es barques semblent indiquer le concours universel des peuples vers le siège suprême du catholicisme, fl n'est pas jusqu'aux oiseaux et aux poissons dans lesquels l’auteur retrouve encore des symboles, — qui, cette fois, nous paraissent un peu obscurs, — de ce grand mouvement catholique.
L'encadrement de toute cette peinture se compose à l'intérieur •l'un ajustement de fleurs et de fruits, où sont entremêlés des cercles contenant des bustes d’anges; celui du milieu ne contient que le monogramme du Christ. A l'extérieur, l’encadrement est composé d’ornements en mosaïque d’un assez lieau style; il est interrompu au milieu par un cercle qui renferme l’Agneau mystique.
I,es petits tableaux en mosaïque, placés entre les quatre fenêtres ogivales, sous la grande mosaïque dont nous venons de donner la description, représentent les principaux faits de la vie et de la mort de la Vierge; l’exécution en fut ordonnée par le même pape Nicolas IV et achevée en iag5, trois ans après sa mort.
[.es peintures en mosaïque qu’on voit au bas de la planche liaient de la fin du xme siècle et appartiennent à l’ancienne façade d’Eugène. III. Elles furent ordonnées par le cardinal Pierre Colonna, en accomplissement d’un voeu formé par lui, pour avoir échappé à une grande tenqiête. Dans la partie inférieure de la peinture, qui est fort distincte, on remarque quatre tableaux où sont représentés tes faits qui précédèrent la construction de la basilique. Dans le premier tableau à gauche on voit le pape Liberius couché sur un lit somptueux, et au pied de ce lit un cubiculaire prêt à répondre à ses ordres. Au-dessus apparaît vers le ciel étoilé la Vierge, tenant l’enfant Jésus dans ses bras, et qui marque du doigt au pontife le lieu
NOTICES HISTORIQUES
qu'elle a choisi pour l'établissement d'un temple en son honneur. Dans le second tableau on voit le patricien romain Jean, endormi sur un lit élevé; au pied de ce lit une servante, et au-dessus un serviteur qui semble dormir. Ici, comme dans le précédent tableau, la Vierge, tenant dans ses bras l’enfant Jésus, désigne du doigt le lieu qu’il faut lui consacrer. Pour mieux exprimer que la Vierge s'adresse au patricien, un rayon de lumière part du groupe de la Vierge et se dirige sur le visage du personnage endormi.
Hans le troisième tableau, de l’autre côté de la croisée circulaire, le même Jean, toujours vêtu de l'habit de patricien, est représenté à genoux, ainsi que les personnages qui l’accompagnent, aux pieds du pontife, auquel il semble révéler l'apparition miraculeuse,
Knfin dans le quatrième tableau le pape Liberius, revêtu des haliits pontificaux, marche en tète d’un groupe nombreux. De la main gauche il désigne le lieu qu'il faut choisir pour la fondation, et de l’autre main il le bénit. Derrière luion distingue, dans lecortége, le patricien Jean, deux cardinaux, le porte-croix et le porte-ombrelle. Au-dessus d’eux apparaît le Christ et la Vierge, qui semblent répandre une neige abondante.
Au-dessus et au-dessous de la croisée circulaire qui sépare ces quatre tableaux l'artiste a figuré les armes de la famille Golonna et les attributs du cardinal, voulant rappeler par ces emblèmes que l’on devait ces [Teintures aux deux cardinaux Colonna, dont il cherchait à honorer la mémoire.
Il faut reconnaître dans cette grande et splendide composition un talent véritable, et elle, dut être acclamée avec transport par les contemporains. L'architecture, bien qu’un peu confuse, y est bien disposée; elle a du mouvement, et il règne même un certain goût dans quelques détails. Ce qu’il faut surtout remarquer, ce sont les progrès déjà sensibles qu’on découvre dans cette [Teinture, soit dans l'agencement des ligures, dans la convenance et la dignité de leur attitude, soit enfin dans le style des draperies. Sous ce rapjiort et
BT CSITIQUES.
sous relui de la beauté décorative de l’arrangement, aucun ouvrage contemporain ne lui est supérieur. C’est du reste le moment où la lumière va se faire; c’est l'époque où Cimabue parait avec éclat, et où bientôt Giotto va renouveler les principes de l’art. Cependant, an milieu de ce mouvement qui s’opère, il est juste de considérer l'auteur de cette belle • mosaïque comme un artiste précurseur. Il tira l'art de la mosaïque de la rudesse et de l'immobilité traditionnelle où le laissaient les artistes byzantins. Il faut donc savoir gré à Fuga d’avoir combiné sa restauration de manière à nous conserver cette page si intéressante de l'histoire de la peinture au moyen âge; mais il y a lieu de regretter toutefois que plusieurs saillies de la nouvelle architecture aient envahi quelques parties de l'ancienne peinture, qu'elles ont ou masquées ou détruites.
I,a partie supérieure de la composition dont nous venons de donner la description porte un tout autre caractère. Au centre la figure du Sauveur, entourée d'anges en adoration, se détache dans une auréole sur un fond parsemé d'étoiles. D’une main le Christ donne la bénédiction, et de l’autre il porte un livre, où sont inscrites ces paroles : eoo scm lux mundi qui... A sa droite sont représentés la Vierge, puis saint Paul portant l’épée, et un cartouche contenant ces mots : mihi vivet chkistus, enfin saint Jacques le Grand, portant le bâton de pèlerin. De l’autre côté, à gauche du Christ, on voit d’abord saint Jean-Baptiste, puis saint Pierre tenant un rouleau avec cette inscription : tu es cbejstus pilius dei vivi, et enfin saint Andra. D’autres figures de .saints viennent ensuite, mais elles ont été gâtées ou effacées par te temps. Au-dessus de ces images de saints sont les symboles des quâtre évangélistes. I*e tout est surmonté d’une jolie bordure d’arabesques.
l-e nom de l’auteur de ces dëmières peintures est inscrit sur la partie inférieure du cercle ou de l’auréole qui enveloppe la figure du Christ : Philipp. Rusutifecü. Malgré ce témoignage précis le tableau entier est attribué à Turrita ou â Gaddo Gaddi. Dagincourt, dans
t>4<* NOTICES HISTORIQUES
son histoire de l’art, ne mentionne que la partie inférieure et ne cite que Gaddi ayant, dit-il, perfectionné alors sa méthode. Il serait aujourd hui difficile de se prononcer sur cette question, vu que la peinture a subi à diverses époques tant de restaurations, qu’il ne subsiste plus de nos jours que très-peu de fragments du travail primitif.
Outre les mosaïques que nous venons de décrire, l'église de Sainte- Maric-Majeure en possède encore de très-curieuses sur le grand arc qui précède le chœur et l’abside. Nous avons précédemment parlé (voir page fiofi) de ces mosaïques, qui sont du V siècle.
Palais Mattéi- Paga/i ira',
si. i. I<a famille Mattéi, aujourd'hui éteinte, a longtemps fixé sa demeure sur cet îlot de bâtiments, du XP quartier de Rome, dont nous donnons ci - contre la configuration. Sur cinq palais compris dans cet îlot il en est quatre, r'4, 17 > />, c et il, qui ont été bâtis successivement
par quelque membre de cette même famille. Les detix palais a et b sont anterieurs à l’an- ’née lüfio et furent construits, l’un par Jacopo Mattéi, et l’autre, suivant l’inscription de la façade, par Ludovico Mattéi, (ils de Pierrel'SffS; Antoine et petit-fils de Ludovico’. I -e palais « fut élevé sur les dessins de Nanni di Baccio Bigio, et le palais b sur ceux de Vignole. Quant à l'habitation r, désignée aujourd’hui sous le nom de palais Negroni (voyez page 353 du texte), elle fut bâtie en 1 5f>4 par Bartolomeo Ammanati, pour un Lndovico Mattéi, qui |ient-étre n’était autre que le -précédent. Enfin le quatrième palais «/, qui porte le nom de Mattéi di Giovc (voyez page y 4 8 du texte), fut construit par Asdrubal Mattéi, sous la direction «le Carlo Maderno. Quant au
KT CRITIQUES
cinquième palais, il est situé à l’angle de l’ilot, entre les palais b et c, et Bartolomeo Bruccioli en fut l'archjtecte. Nous n’avons à nous occuper dans cette notice que du second de ces palais, désigné par la lettre b et connu sous le nom de Mattei-Paganiea; ce surnom lui vient sans doute de la petite place Paganica, sur laquelle il est établi et dont il occupe un des côtés. Par suite de l’extinction de la famille Mattéi, ce palais est devenu la propriété des marquis Longhi.^
I^i construction de cette habitation est attribuée à Vignole, et en cela nous suivons l'opinion de Filippo Titi, auteur toujours assez, bien informé, et celle de MM. Percieret Fontaine, qui la confirment. Nous nous en référons surtout à l'autorité, évidente pour nous, de certains profils et de plusieurs détails, qui, par suite de rapprochements qu'on peut faire, ajoutent aux probabilités. .
Le plan de ce palais est bien conçu et la distribution en est fort sage. A l’entrée de la cour se trouve un portique, aboutissant du côté gauche à l'escalier, et vers la’ droite à une grande salle qui sert de cuisine. L’escalier est commode et habilement étudié ; il conduit au premier étage, précisément à l’entrée de la belle loge qni a vue sur la cour. Au fond de cette cour on remarque, au rez-de-chaussée, deux salles ornées de colonnes qui supportent des arcades et des voûtçs. fa salle de gauche est décorée de peintures; telle de droite présente un ajustement en saillie, avec colonnes, niches et rocailles. Il serait difficile d'expliquer la destination première de ces deux pièces, aujourd'hui transformées en remises. A l’origine, probablement, elles étaient placées dans des conditions très-différentes; la cour étant |>etite, et de plus entourée de bâtiments s'élevant à uite assez grande hauteur, ces pièces évidemment eussent été trop peu éclairées.
La façade de la cour, représentée sur cette planche, est adossée à la façade extérieure; c’est la plus régulière et la meilleure des façades intérieures. Elle offre quelques parties faibles; mais d’autres, et c’est le plus grand nombre, sont justement recommandables. Si l'on cherche à -se rendre compte des difficultés que l’architecte eut à
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surmonter, on trouvera des motifs de se montrer indulgent pour son œuvre. Ainsi il v a lieu de penser que les douze colonnes de granit gris qui figurent dans la décoration extérieure et intérieure lui furent livrées avec l'obligation d'en trouver l’emploi. L'ordonnance de son architecture fut alors subordonnée à une condition précise et absolue; aussi pour donner au rez-de-chaussée des ouvertures suffisantes en hauteur et en largeur, a-t-il dû renoncer à un système d'entreeolonnements qui eût sans doute été préférable à ces arcades, formées avec des colonnes de dimensions trop petites. Les arcades ainsi établies au rez-de-chaussée ont nécessairement déterminé l'entrecolonnement du premier étage, dont la hauteur était naturellement limitée par celle des colonnes disponibles. De cette combinaison d’entre-colonnements placés au-dessus d’arcades il devait s’ensuivre une proportion trop lâche, mais prévue à l'avance comme inévitable. Si le problème n’a pas été résolu de la même manière au palais Massimi, dont la cour a quelque analagie avec celle-ci, cela vient de ce qu’au palais Massimi les arcades n’étaient pas obligatoires au rez-dechaussée, et que l’architecte, moins entravé, a pu obtenir des entrecolonnements tant au rez-de-chaussée qu’au premier étage, et agrandir simultanément les deux ordres. Il est résulté de là plus d’harmonie entre les deux étages et plus de correction dans les entre-colonnements.
Au palais Mattei-Paganica le second ordre est tronqué; il n’a d'autre couronnement qu’une architrave, d'où résulte qu’il semble pauvre. Les croisées qui viennent ensuite ont trop d'importance; et au-dessus d’elles les arcades du dernier étage, privées de moulures, conviendraient plutôt à un rez-de-chaussée qu'à un étage supérieur. Au reste la pensée de l’architecte se dévoile ici clairement : il n’aura [tas vu d'inconvénient à négliger les étages supérieurs, qui sont rarement aperçus, attendu la petitesse de la cour, et il se sera attaché de préférence à reporter la richesse sur les parties les plus apparentes.
I^es détails des deux ordres de la même cour sont présentés sur
ET r.RITIQlTES.
la droite de la planche avec leurs principales mesures. On reconnaîtra que les profils y sont irréprochables; s'ils ne sont pas de la composition de Vignole, ils ne seraient pas du moins désavoués par lui.
La vue de la loge du premier étage est d'un bel aspect; elle semble inspirée de la loge du palais Massimi, dont certainement Vignole avait su apprécier l’exquise beauté. Il y a beaucoup, d’analogie entre les deux plafonds, non pas dans les détails, mais dans la disposition générale des trois motifs distincts dont ils se composent et qui sont distribués dans les entre-colonnements. Lés armes de la famille sont, dans l’un comme dans l'autre, ajustées dans le caisson du milieu. Au bas de ces armes on distingue des pièces d'artillerie, et dans les autres caissons des casques, des boucliers et des épées, ce qui semble attester que le propriétaire du palais était un militaire. Les moulures et les ornements sont dorés et se détachent avec harmonie sur le fond des caissons, qui est vert.
Nous signalerons dans cette loge du premier étage une adroite disposition qui montre l'habileté et les combinaisons ingénieuses de l'artiste. Il avait probablement jugé que les colonnes de la loge, vues d’ici même, sembleraient trop courtes. Pour obvier à cet inconvénient il plaça sous cçs colonnes un simple dé lisse, qui forme comme le prolongement de la colonne et semble y ajouter de l'élévation. A l'extérieur, au contraire (voyez la coupe , la corniche de la balustrade se prolonge au devant des dés et de manière k former un second socle sous la base des colonnes, qui, sans cet artifice, par l’apparence exagérée de leur propre hauteur, feraient paraître plus courtes encore les colonnes de l’ordre inférieur.
On doit signaler avec regret le mauvais effet des ba lustres, dont la forme carrée, sèche et anguleuse, a je ne sais quoi d'antipathique.
On distingue entre les colonnes, et au fond de la même vue, quelques parties de l'une des façades latérales qui est irrégulière, mais divisée et arrangée avec goût. la porte qui donne entrée aux appar-
NOTICES HISTOnlQlES
tcments se voit ù droite sur la partie fuyante de la même perspective; nous en avons reproduit le détail géométral, qui est gravé au-dessus du plan. Cette porte est exécutée en marbre noir. I.a teinte sombre de ce marbre fait tache et empêche d'y distinguer les moulures, qui sont en petit nombre, sans doute à cause de la dureté de la matière. I<eur profil est fort simple et ne manque pas d'une certaine originalité.
I, 'inscription gravée sur la frise : D. Joseph Mattheitu Irsinus, semble indiquer une alliance des Mattéi avec les Orsini. Cette inscription doit être postérieure à la construction du palais, puisque le nom du fondateur est inscrit, comme nous allons le voir, sur la façade extérieure.
Elévation fin /ta lois Mattéi- Pagruiien . — Plans fie plusieurs /midis.
xi. j J.'ensemble de cette façade, d'ailleurs fort simple, n'est pas dépourvu d’une certaine distinction. Seulement on peut dire que l’étage inférieur est trop élevé, que les fenêtres sont en général trop distantes les unes des autres, que leur espacement est trop grand, et qu'aiusi le rapport des pleins aux vides n'est pas satisfaisant. Ces fenêtres, au reste, sont d’une belle proportion et convenablement profilées. lai corniche de couronnement est bien composée, mais un peu maigre, et trop riche en raison de la simplicité des autres détails. Quant à la porte d’entrée, elle présente de véritables incorrections, chose si rare chez V ignoleî L’architrave, interrompue par le cadre de l’inscription, est d’un mauvais effet ; et le chambranle qui empiète sur les colonnes engagées, non-seulement les masque en partie, mais produit vers le linteau une confusion de lignes très-regrettable. On s’étonne que Vignole n’ait pas préféré dégager plutôt les colonnes, en les écartant davantage; ce qui eût encore amélioré la masse dit
ET CIMT1QITES. ‘ *
/Hi/lone. Il a d*i reste usé plusieurs fois de ce. mode singulier d’ajustement, lorsqu’un entre-colonnement trop étroit s’opposait à l’élargissement d’une porte. Nous en citerons 'tin exemple dans le vestiliole de la villa Giulia (planche ao8). (Jette licence, qu’il semble avoir admise sans répugnance, est trop caractéristique pour ne pas en induire qu’il fut l’architecte du palais Mattei-Paganica, où on la voit reproduite; surtout quand déjà la tradition fournit à cet égard des demi-preuves, que viennent corroborer quelques particularités observées dans les moulures. Nous pourrions encore signaler une analogie, peu concluante si elle était seule, mais qui, ajoutée à celles que nous avons citées, a cependant du poids. Dans plusieurs circonstances, et notamment dans la cour de la villa Giulia (planche ao8), Vignole s’est' contenté de couronner les petits ordres d'une simple architrave, et c’est aussi ce qui a été fait au premier étage de la cour du palais Mattei-Paganica.
I, inscription qu'on lit sur la frise, et qui désigne lé nom du fondateur du palais, est ainsi conçue
• MlD. MATTHKIVS. PET».
A NT. rit.. I.V D. NKPOS.
Plan du palais Colonna di Sonnino'; via tU Torrc-.drgentina.
I«s élévations de ce palais sont dépourvues d’intérêt, et c’est dans le plan seul que réside tout le mérite de l’édifice. On doit surtout y remarquer l’excellente disposition de l’escalier, si bien desservi, ainsi que les principales salles . du re7.-de-chaussée, par un élégant portique. Celui-ci mérite particulièrement de fixer l'attention, car il est parfaitement entendu. Sur les deux ailes en retour il aboutit à vieux pièces importantes, auxquelles il fait ainsi communiquer à couvert. l.a seconde cour, qui vient à la suite de celle que nous donnons, n'a été mentionnée que par un faible arrachement Elle n'offre
NOTICIiS HISTORIQUKS
rien d’intéressant, si ce n'est quelques restes de peinture en sgraf- JiU) d'un bon style. On découvre également sur les murs du passage qui sépare les deux cours quelques traces de fresques, et sur la voûte des feuillages et des oiseaux. Ces peintures témoignent du luxe apporté à la décoration, de ce palais, dont l’architecture est attribuée à Gio. Antonio de' Kossi. Les deux colonnes qu'on voit sur les ailes du petit portique sont en marbre cipollin et d'une belle exécution. - •
Plan du palais Ltwajoni; via Pao/a ■
v. i). La disposition de ce plan, quoique dépourvue d’originalité, n'est pas sans mérite. L’examen des bâtiments fait reconnaître qu’on a pris beaucoup de soin des constructions, qui sont encore aujourd'hui en lion état.
Plan et coupe d’une maison ; i'ia del Train»- P allé.
vin. a. Il ne faut pas s’attacher ici à la disposition du plan, qui n’offre rien de satisfaisant, si ce n’est les deux portiques et l’escalier, I.a façade sur la cour elle-même, bien qu’elle ne manque pas de grâce, ne sera pas d’abord appréciée. On est choqué des disparates qu'on y trouve. Ces colonnes cannelées, ou lisses, ou même torses qu’on aperçoit dans la loge supérieure; ces chapiteaux de mauvais goût, doriques et composites, posés çà et là, semblent accuser un tel désordre, (pi on est peu disposé à s'arrêter devant un ensemble' aussi inharmonieux ; mais un examen plus réfléchi efface cotte première impression et fait trouver de l'intérêt au joli motif et à l’arrangement des fenêtres de l’entresol. D’autres détails encore charment par leur k-propos, tels que les médaillons et la bulustrade; on regrette toutefois que les arcades du dernier étage soient dépourvues d’archivoltes
ET CRITIQUES. 653
et que eet étage n’ait pus été complété par un couronnement convenable (i).
Il ne faut donc pas chercher ici une oeuvre complète et irréprochable; mais on y rencontre une pensée heureuse qui demanderait à être fécondée par l'étude. . '. .
les colonnes qui composent les deux portiques du rez-de-chaussée sont au nombre de huit; sept de ces colonnes sont en granit gris, et la huitième en granit rouge.
Les premières dispositions de cette habitation ont été modifiées depuis que des constructions nouvelles ont été élevées sur le jardin-
Plan de l’église S. C i-eilia in Tmstevere.
Cette église fut, dit-on, élevée sur le lieu même où existait jadis la maison de sainte Cécile. Elle fut consacrée par le pape Urbain I*r, vers l'an a3o. Saint Grégoire le Grand la restaura, et Pascal I", en 8a t, l’ayant rebâtie, y fit transporter les corps de la sainte, de saint Valérien, son époux , et de saint Tiborce, son beau-frère. Clément VIII donna cette église aux Bénédictines, qui bâtirent le monastère contigu. Au xvu' siècle le cardinal Sfrondato, neveu de Grégoire XIV, l'orna somptueusement. Enfin elle fut accrue et embellie à l’intérieur en 1 7 a 5 parles cardinaux titulaires Francesco Aquaviva et Trojano, son neveu. , .
I.a place qui précède l’église est d'un bon effet, mais c'est surtout la cour qui mérite l'attention. Elle fut disposée avec simplicité et convenance par Ferdinando Fuga; il la borda d’un trottoir de chaque côté et l’orna d’un beau et grand vase de marbre, qui a. dû servir, dans les premiers siècles du christianisme, pour l'ablution
(i) Ce serait peut-être apporter une amélioration à cet êta^e que d'y transformer 1rs arcades en entre- colonnementa par b suppression des arcs; nous croyons que l'ensemble ^a^nerail a cette modification. *’**•'
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