‹ Èdifices de Rome moderne, ou Recueil des palais, maisons, èglises, couvents, et et autres monuments publics et particuliers les plus remarquables de la ville de Rome dessinès, mesurès et publièsChapitre 63 sur 104 · GO · texte numérisé non relu

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semble de cette disposition harmonieuse et dont la non-exécution est regrettable. - . . . • .

Elévation <!>• lu maison <lu notaire Sam 1er.

J,es inscriptions répétées dans la Crise des fenêtres et de la porte •de cette maison indiquent que le propriétaire, nommé Sonder, originaire de Nordliausen (Northusanus), ville de l’ancien cercle de Saxe, était notaire de la Rota, tribunal suprême des Etats romains, et que la maison fut construite en 1 !io6. ..

lia distribution des étages, la décoration de la façade sont parfaitement ordonnées; les moulures ont de la délicatesse, et les peintures en sgraffito ont de la grâce et de la finesse; enfin il règne dans toute cette composition un entrain et un air de fraîcheur qui ont beaucoup de charme.

On ignore quel fut l’architecte de cette élégante habitation. On pourrait volontiers l’attribuer à Bramante, d’autant mieux quelle est mitoyenne avec l’église de S. M. dell’ Anima, dans la façade de laquelle, comme nous l’avons dit précédemment (page ail), nous croyons retrouver l’influence de ce maître. Or les deux pilastres accouplés de l’angle de l'église (planche Gy) empiètent sur la façade de la maison. Or nous avons noté (page aïo du texte) que pour les plans de cette église, qui appartient à la nation allemande, on avait pris les conseils de Bramante; on jieut supposer, avec quelque vraisemblance, que le notaire Sander, Allemand lui-même, dut prendre part à cette affaire ; qu’ainsi il put entrer en relation avec Bramante, et par suite le charger de la construction de la maison. Cette conjecture d'ailleurs serait confirmée par le caractère même de l’œuvre que nous examinons.

Cette façade a beaucoup souffert des injures du temps; aujourd'hui la décoration en est fort altérée et se retrouve à peine ; plü-

NOTICES HISTORIQUES

sieurs inscriptions et (pielques peintures oi>t totalement disparu, notamment la Irise de l'appui du premier étage; les fenêtres du rezde-cliaussée ont même été supprimées, et nous les avons remplacées par celles du rez-de-chaussée d’une autre maison située via i/i Mon- ,i -errata (VII, 6), qui nous ont semblé s'adapter ici avec lieaucoup de convenance; car elles datent de la même époque et sont d'un excellent goût (t). ;

Plan i/o iialais PanjUi, place Aacoiic.

Ce plaît est bien conçu : on y louera le vestibule spacieux, l'escalier bien étudié, l'heureuse disposition de la deuxième cour et le bon effet de la fontaine qui en décore le fond. I.a gravure ci-dessous suffit pour

• (l } La planche reproduit le drain, j une grande échelle et avec les mesures, d'one de oes f«*n«Hres «le la maison «le la via rii Mnm errata. Nous donnons plus loin (planche ^45) la porle ti'i-nüfc de ceiti* même maison, qui nous a semble u’oITrir d'intérêt que dans ces deux parties.

ET CRITIQUES

donner une idée de la façade de ce palais, dont elle reproduit une vue en perspective. On peut reprocher sans doute à cette façade d'ètre entachée de mauvais goût; mais elle est «l’une belle masse, et l’omenientation en est très-riche : elle présente un caractère imposant et tient noblement son rang parmi les édifices qui décorent cette place, «l'un aspect monumental.

('misée d'une maison, vin Flaminia, faubourg du Peuple.

(jette croisée est d’un caractère sévère, meme rustique; elle peut trouver son emploi dans maintes circonstances; les moulures y sont rares, mais d'un bon style.

Fontaine antû/ue dans la villa Horghèse.

Cette fontaine, qui existait autrefois dans la villa Borghèaç, a été supprimée. I.e motif en était assez original; les figures étaient antiques; elles ne manquaient pas d’un certain caractère, et leur ajustement était assez bien combiné.

Porte d'une maison, via de Specchi.

Cette porte, qui, dans notre planche, sert d'encadrement à la fon- vu, »j laine ci-dessus, se distingue par une certaine élégance et par la finesse de l’exécution.

Porte (T une maison, via de/l’ Anima.

Elle est d’une bonne proportion; leschapiteaux présentent quelque vt, >6 variété et sont bien ajustés.

NOTICES HISTOHiQl’ES

Porte d’une maison, virolo de ’ / enti.

mi,.-. I /ajustement de cette porte a du rapport avec celui delà porte .précédente ; c'est une variante dont l’architecte pourra faire son profit.

f estibule d’une maison habitée par Michel- Ange, via d' Ara Celi.

x. h. Cette maison est devenue célèbre par suite de la tradition : quelle a servi de demeure au grand artiste. I.a disposition du plan est assez, bien accusée; dans le vestibule est l’escalier principal, et à gauche le passage qui conduit à la cour. I.es peintures de la voûte de ce vestibule sont aujourd'hui fort dégradées et difficiles à déchiffrer. Nous avons' représenté le grand peintre assis, montrant du doigt à un élève le beau torse antique, qui faisait son admiration.

• Au-devant d’un pilastre de l'escalier, nous avons placé un candélabre de la composition de Michel-Ange.

Maison habitée jmr Salvator Posa, via (Iregorûma.

iv, 49. la.* nom de Salvator llosa donne aussi de l’intérêt à cette maison, située entre les deux rues Gregoriana et Sistina, sur le sommet du mont Pincio. Cette position en rend l’habitation très-agréable. 1 .a disposition du plan en est sage ; le petit vestibule est d’une bonne proportion, et l’aspect des fabriques voisines qu'il laisse apercevoir forme une perspective variée et pittoresque.

Basilique île S. M. in Trastevere.

xn. ,6. I .a basilique de S. M. in Trastevere fut, une des premières, élevée

ET CRITIQUES. I

<1 Rome en l'honneur île la Vierge; selon la tradition elle serait même la première église où il fut permis aux chrétiens d'exercer leur culte; elle aurait été bâtie en aaa sur remplacement d'une ancienne tabenta menton», ou maison de dépôt pour les soldats invalides, bâtiment abandonné que l’empereur Alexandre Sévère aurait cédé au pape Calixte 1". Elle reçut d'abord le nom de Font Otei, parce qu’elle était dans le voisinage du lieu où, selon le régit d’Eusèbe de Césarée, une source d'huile de pétrole s'était mise tout à coup a couler pendant une journée, l'an de Home 7 VJ, au moment de la venue du Christ. On rattacha à ce phénomène naturel une idée miraculeuse, et la tradition s'en est perpétuée. Nous ne la rapportons que pour donner l'intelligence de l’inscription placée sur l'archivolte du grand arc de l’église, on se lisent les mots Olri L’église fut abandonnée pendant un siècle; puis, quand les persécutions cessèrent, elle fut rétablie parle pape saint Jules 1"; elle fut restaurée en 707 par le pape Jean VII, et successivement par Grégoire II, par Grégoire III; Adrien Ier y ajouta deux nefs; Grégoire IN v fonda un monastère pour les chanoines réguliers de Saint- Augustin; IJenoît III construisit la tribnne; Innocent II, en ii3<|, rebâtit l'église depuis les fondations et ht faire les mosaïques du haut de la tribune ; au xve siècle Nicolas V la lit restaurer de nouveau |>ar llernai do Rossellini; entin en 1703 Clément XI lit ajouter le jiortique actuel de In façade, sur les dessins de Carlo Eontana. .

I, 'intérieur de l’église est divisé en trois nefs d'une bonne pro- |>ortion; on y compte vingt-deux on vingt-quatre colonnes de granit gris et rouge de différents diamètres et ayant des chapiteaux antiques variés. Les chapiteaux, d’ordre ionique, d'un style fort riche, proviennent d'un temple d’Isis et de Sérapis; on y voit les petites têtes de ces deux divinités égyptiennes et celle d'Harpocrate ; le pavé est en marqueterie de porphyre, de serpentine et de marbres. Le dessin du plafond est très-tourmenté; on y admire, au centre, une lielle peinture du Doininiquin, représentant l assoroption de In Vierge et

<»ya NOTICES HISTORIQUES

exécutée sur une lame de cuivre. L’autel de la confession est orné de quatre colonnes de porphyre portant un tabernacle. L’abside ou tribune a deux séries de mosaïques; celles du haut, où soht figurés en grandes proportions le Christ , la Vierge et divers saints, sont du milieu du xn' siècle. Les mosaïques placées au-dessous, et représentant quelques traits de la vie de la Vierge, furent exécutées vers I a<)<» par Pierre Cavallini, «pii fut le collaborateur de Giotto dans sa fresque de la Navicelia, à la basilique de Saint-Pierre. Ces mosaïques ont été restaurées de nos jours sous la direction de Camuccini. Iæs peintures au-dessous des mosaïques sont de Ciampelli, peintre du xvif siècle.

Pnlai. t RosfùgUosi, sur ht place du Monl-Quiriua! .

. ». Kieri sans doute dans ce palais, sous le rapport de la disposition du plan, ou sous celui de la correction du style, ne mérite de fixer l’attention de l’architecte. La prinripale chose qu’il faut y remarquer, c’est l’arrangement des divers bâtiments, groupes ici d’une manière si pittoiesque, et que souvent des combinaisons plus savantes ne procurent pas. Il faut avouer que ces résultats si heureux sont quelquefois dus au hasard. Le mouvement des lignes, les recul«*es sur l«*s balustrades du rez-de-chaussée, et jusqu’à la loge en arcade du sommet de l’é«lifice, produisent un effet agréable et un certain désordre qui a du charme. I,e jardin (voir le petit plan de gauche) qui s’étend le long du palais est orné de pièces d’eau , et élevé d’un étage au-dessus du sol de la rue. A l'extrémité de ce jardin est un pavillon, composé «le trois pièros, où l’on a réuni une eoIl«»ction de tableaux remarquables; la voûte de la grande salle du centre contient la célèbre fresque de l’Aurore, ce brillant chef-d’œuvre de Guido Reni, qui ne «•esse point d’attirer l’admiration de tous ceux qui visitent Rome.

O f«it le cardinal Scipion Borghèse qui fit édifier, en ifio3, ce vaste

ET CRITIQUES. ' • 6J3

palais sur une partie îles ruines des thermes de Constantin; l'architecte Flamiuio Ponzio fut chargé des constructions; il eut pour successeur Cio. Y'usanzio. Ic palais passa ensuite aux ducs Altemps, puis au cardinal Bentivoglio, et enfin à Mazariu et à sa famille, qui l'augmentèrent sur les dessins de Carlo .Maderno et de Sergio Venturi. Maintenant il appartient à la famille Rospigliosi.

Casin de la villa Giu.stiniani.

Au lias de cette même planche sont réunis un double plan du casin i. de la villa Giustiniani, et une élévation de la façade postérieure. Le plan de cette maison de plaisance est distribué avec intelligence; la façade, ornée de bas-reliefs d’une bonne proportion, est d'un aspect agréable; la loge est assez bien étudiée, et l’entablement tpii forme le couronnement a de l'élégance.

Eglise et couvent de S. Prassede ; et chapelle O/giatî.

Cette église, desservie par les moines de Vallombreuse,est située près ii de la basilique de S. M. Majeure. Au il0 siècle de l’ère chrétienne un premier oratoire aurait été élevé par le pape Pie 1er sur les thermes de Nova tus, frère de sainte Praxède. Suivant les légendes, elle était fille du sénateur saint Pndent et sceur de sainte Pudentienne; elle aidait de sa fortune les chrétiens persécutés et enterrait les martyrs, le puits où l'on prétend qu'elle recueillait leur sang et leurs ossements existe encore aujourd'hui au milieu de la nef. En 8aa, saint Pascal l" fit relmtir et agrandir cette église, qui fut divisée en trois nefs, ornées de seize colonnes de granit provenant d’édifices antiques ; il orna également la tribune et le grand arc de mosaïques. Au xvi* siècle, saint Charles Borromée, titulaire de cette église, la restaura ; fit reconstruire la façade, ainsique l'escalier qui monte à la tribune; enfin c'est lui qui

NOTICES IfISTOIIlQCJKS

bâtit le monastère annexé pour les moines de Vallombreuse. On monte extérieurement à l’église par un ancien portique orné de deux colonnes de granit. L'escalier à double rampe qui mène à la tribune est composé de degrés formés de blocs de rossa anticn, «pie l’on cite parmi les plus gros connus. la* maître-autel isolé, et couvert d’ttn baldaquin porté sur quatre colonnes de porphyre accompagnées de pilastres, fut reconstruit en sa forme actuelle par le cardinal Ludovic Pic de la Mirandole, en i"ôo, sous la direction de l’architecte François Ferrari. La chapelle de la sainte Colonne, la troisième à droite, est ornée de mosaïques qui datent du ixf siècle; à cause de la lieauté de sa décoration, elle reçut autrefois le nom de Orto de/ pamtUso. On y conserve religieusement, une colonne de jaspe, haute de trois palmes, apportée de Jérusalem à Rome en iaa3 par le cardinal Coionna;selon la tradition, ce serait celle où fut attaché le Sauveur lors de sa flagellation.

La décoration de cette église est d’un effet assez bizarre. Au milieu du mélange de styles qu’elle présente, de l’incorrection des détails et •les peintures de mauvais goût, la chapelle Olgiati, reproduite ici par la gravure, a un certain mérite d'unité; la décoration en est régulière et. dans un parti assez bien entendu; elle a été construite par Martino Luuglii. I es peintures de .la voûte sont «lu Joseppin (cavalière d’Arpino); le tableau du maître-autel est de la main de Frédéric Zucchero. L'un des tombeaux de la paroi latérale a été élevé pour le fondateur, lîernardo Olgiati ; et celui qui est en face pour son neveu, Septimio Olgiati. Dans la sacristie on voit un tableau de la flagellation, attribué à Jules Romain, et donné à l’église1 par le cardinal Bibiena.

Tpmbeau de Jean ‘Ortega Gomieli, dans la sacristie de S. M. del '• Pt)/M)lo. »

t. Les détails de ce ]ietit monument sont charmants; les reliefs en

ET CRITIQUES

sont bien accusés et pleins de tiuesse. On remarquera particulièrement les consoles de couronnement et leurs délicieuses arabesques, les chapiteaux et lesarabesques des pilastres et des socles. Une seule ligne du sarcophage se raccorde avec le socle des pilastres, [.a tête du Christ est isolée, avec un juste sentiment de convenance à la fois religieuse et artistique, au milieu d’un champ uni, qui forme un Tepos pour la vue et fait ressortir par le contraste les détails d'orneroenta-. tion délicate qui l'entourent. Deux petits génies qui s'appuient et pleurent sur les armoiries du défunt, s’ils ne sont pas d’un dessin pur et élevé, sont dans un rapport de volume bien raloulé avec les autres parties du monument.

La figure principale est malheureusement inférieure au reste : la sculpture en est faible et généralement peu étudiée.

Tombeau <T Antoine Castàli, dans l’église S. M. sopra Minerva.

Il est adossé à un pilastre de l’église. la1 motif n'en est pas mal ix, conçu, mais les détails manquent de proportion et ils laissent à désirer sous le rapport de la correction.

, Bénitiers.

Outre les deux tombeaux précédents, la planche 33o contient deux bénitiers. Celui de gauche, provenant de l’église S. S. Vincenzo et Anastasio, aile tre fontanc (voir le plan topographique de la planche 334), est d'une forme élégante, et les ornements en sont d’une extrême délicatesse et distribués avec beaucoup de goût.

f/autre bénitier, placé dans l’église S. Onofrio, est composé dans le goût antique. I.* balustre qui supporte la coupe repose sur un trépied. I je galbe général manque un peu d’élégance; la composition pourrait être mieux liée; mais les ornements sont corrects et ont un certain style.

NOTICES HISTORIQUES

f'.yfi

Maison située via (Hulin.

v K. . [.'inscription et les armes répandues sur différents points de cette façade ne permettent pas de douter rpie l'habitation reproduite ici n’ait appartenu à un membre de la famille Famèse. Or, on sait qu'Antoriio da Sangall» ainsi que Vignole eurent (les relations avec le cardinal Farnèse, qui devint pape sous le nom de Paul lll. Cette maison est bien certainement d’un de ces deux architectes. Ci tradition désigne Vignole , et l’on retrouve ici d’ailleurs son sentiment dans quelques détails et dans les moulures; aussi l'attribiierons-nous de préférence à ce dernier artiste.

[«t façade est décorée avec simplicité; les moulures de la porte et des croisées ont de la fermeté et sout d'un bean caractère. Cette petite maison privée, faite sans prétention et par un maître de l'art, est un heureux exemple à consulter et qui peut fournir d'utiles renseignements.

Plan d’une maison, via délia Maddalena.

vni. s. I«» disposition en est assez bien combinée ; la décoration de la cour et l'entrée de l’escalier sont d’un effet agréable.

Porte d- ’ une vigne, via di S. Gtvgorio.

x. 5». Cette porte d’un aspect assez monumental est celle d'un jardin appartenant aux religieuses de Sainte-Catherine. I,es refends en sont parfaitement bien étudiés. L'amortissement est bien entendu comme masse; on y a introduit un bas-relief antique; ce qui donne quelque charme à la décoration sobre et convenable de ce couronnement de . pprte.

HT ('-RITIQt'HS.

Plan d'une maison, piozza Rustirurci,

Les deux portiques de cette cour présentent une bonne dispo- xiv, sition ; mais l’architecture, qui semble dater du xvi* siècle, est d’une proportion trop lâche et d’un cfTet peu agréable.

Êgli se de S. Giorgio ( saint Georges) in Velabnt.

On prétend qu'elle- fut bâtie au commencement du vi' siècle et Mli qu'elle fut appelée Bnsilica Sempronin, parce qu’elle avait été élevée sur les ruines de la basilique antique construite par T. Scmpronius, et dont parle Tite-Live (l.'XLtv, 16). Elle prit son nom : in fcrabro, du quartier de Rome entre le Tibre et le mont Palatin, où elle était située. Ces mots, comme on le voit dans l’inscription rapportée plus bas, se changèrent par corruption en vélum auri.

Restaurée par Léon II, elle fut également dédiée à saint Sébastien ; saint Zacharie la rebâtit et y transporta les reliques de ce saint.

I<e cardinal Gaetano Stefaneschi, qui en 1295 fut nommé titulaire |>ar Benoît VIII, fit peindre la tribune par le célèbre Giotto. ï.e cardinal Giac. Serra, Génois, restaura de nouveau cette église, et en donna le soin aux ermites déchaussés de Saint-Augustin , qui la possédèrent jusqu’à la domination française. Une dernière restauration, qui date de ce siècle, a prévenu une ruine complète de cet antique édifice. • ’ * -

la; plan de l’église de S. Giorgio est irrégulier; elle est à trois nefs divisées par seize colonnes (quatre en marbre et douze en granit), qui ont été tirées de divers monuments. Le petit portique de la façade est très-simple ; il est orné de quatre colonnes, une de cipollin, une de granit et -deux de marbre de Paros, et fermé, par des grilles en fer; il fut construit an xin* siècle par un prieur de l’église,

NOTICES HISTORIQUES

nomtné Stephanus Ex-Stella, comme cela résulte d'une inscription sculptée dans la frise :

-{• Stephanus Ex -Stella, cupirns capture su peina,

Eloquio ranis, virtuttim lumine clartis,

Expcndens auruni studuit rcnovare pronatdum,

Suinptibiis ex propriis tibi fecit, sanrte Georgi,

Clcricus hic cujus prior ecclesiæ fuit bujus :

Hic locus ad vr/ttm pnenomine dicitur auri.

La simplicité de l'intérieur répond à celle de l'extérieur. I^es nombreuses restaurations de cette église ont effacé son caractère d'antique basilique. Cependant au fond de l’abside on voit encore un banc circulaire où se plaçaient les prêtres, et an milieu duquel est le siège épiscopal. lies peintures de cette abside, exécutées vers i 33o par Giotto, ont beaucoup souffert des outrages du temps et de ceux <1ps restaurateurs; aujourd'hui il ne reste que peu de chose de ces peintures primitives.

Outre le plan et les vues extérieure et intérieure de l’église, nous donnons dans la même planche sa façade géométrale, et des détails empruntés à cette façade.

On remarquera clans la vue extérieure un petit édifice antique attaché à l'église de S. Giorgio; cet édifice est désigné sous le nom d’Aac dr Septimk Sévère, et vulgairement sous celui À’ Arc drs Orfêvres, ou mieux encore sous celui A' Arc des Argentiers. Il fut érigé, en effet, aux frais des banquiers, ou changeurs de monnaies, et des marchands de bœufs du forum boarium en l’honneur de Septime Sévère et de sa famille ; les bas-reliefs sont médiocres et se ressentent de la décadence de l'art; la figure de Geta, qui était sculptée dans un de ces bas-reliefs représentant un sacrifiée, en a été effacée; son nom a également disparu de l'inscription du fronton. On pense que cette mutilation «ut lieu après que son frère Caracalla l’eut poi-

ET CRITIQUES. t>7y

gnardé clans les liras de Julie, leur mère. Voici l’inscription sulptée sur le fronton :

1 MP. CAES. L. SEPT1MIO. SEVEBO. PIO. PERTINACI. AVG.

ARABIC. ADIABEN1C. PARTHIC. MAX. FORTISSIMO, FEL1CISSIMO.

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