‹ Edifices de Rome moderneChapitre 100 sur 154 · MORTIS. MEMOR VIVENS. SIBI. POSVIT · texte numérisé non relu

MORTIS. MEMOR VIVENS. SIBI. POSVIT

SCIPIO. CARDINALIS. BVRGHESIVS. FVNVS. DVCI

IVSTA. SOLVI. CORPVS. INFERRI. CVRAVIT.

Les faits importants accomplis par ce pape sont exprimés sur des bas-reliefs et rappelés dans des inscriptions. On trouvera à la page 637 des renseignements sur la nature des matériaux qui composent ces tombeaux.

L’autel est d'une richesse et d’une variété de marbres, telles qu'on n'en trouverait peut-être pas ailleurs d'exemple. Les quatre colonnes sont en jaspe sanguin; les bases, les chapiteaux et le filet des cannelures sont de métal doré ; elles posent sur un socle de jaspé vert de Sicile, Le tympan du fronton est en jaspe oriental; les anges assis sur les moulures de ce fronton sont en métal doré; le bas-relief placé au centre du fronton est environné d’un cadre en jaspe et surmonté d’un petit fronton en métal doré. Entre les colonnes de ce même autel se voit l’image de la Vierge attribuée à saint Luc. Le cadre de cette peinture est en améthyste et enrichi de pierres précieuses ; il est supporté par un grotipe d'anges en métal doré, qui se détache sur un fond en lapis-lazuli.

L'intrados des quatre voutes en berceau est divisé en compartiments décorés de peintures et de stucs, en partie dorés. Dans les quatre pendentifs sont représentés à fresque les quatre grands prophètes, et au-dessus de chacun d'eux un ange. en relief et formé

de stuc.

Au-dessus de ces pendentifs règne un entablement élégant dont la

frise porte cette inscription :

SIGNVM MAGNVM APPARVIT. L IN COELO. MVLIER. AMICTA. SOLE. ET. LVNA. SVB. PEDIBVS. EIVS. ET.

IN. CAPITE. EIVS. CORONA. STELLARVM. DVODECIM.

les pilastres et demi-pilastres du tambour, ainsi que les chambranles et frontons, sont dorés. L'intérieur de la coupole est orné d’une fresque dont le sujet est l’arrivée de la Madone au ciel, au milieu des anges, des apôtres et de tous les saints. Enfin au sommet de la lanterne on distingue la figure du Père éternel.

Nous avons fait suffisamment connaître l'intérieur de l’église Sainte-Marie-Majeure, dans ses parties essentielles, par le plan de la planche 304, par la vue de la planche 306 et par la coupe transversale de la planche 307. Cependant, pour que rien dans cet important édifice ne reste inexpliqué, nous en compléterons l'intelligence en donnant ici une coupe longitudinale sur une petite échelle.

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On y trouvera des renseignements utiles sur le nombre des fermes de la charpente, sur l’abside, sur les ajustements du vestibule, etc.

Basilique de S. M. Maggiore; détail des deux principales chapelles.

Les plans des deux principales chapelles de Sixte V et de Paul V, reproduits ici sur une plus grande échelle, font mieux comprendre la disposition et la proportion des ressauts, des colonnes et pilastres qui constituent cette belle décoration; ils marquent mieux le rapport des pleins et des vides, et enfin ils donnent avec plus de détail le dessin des mosaïques où compartiments du pavé des chapelles.

Ces plans, tout en manifestant la grande analogie qui existe entre les deux chapelles, en font aussi ressortir les différences. On remarquera, entre autres, dans la chapelle de Paul V, l’adjonction de quelques dépendances et d’un corridor de communication dans l'épaisseur du mur extérieur.

La sollicitude de l'architecte Flaminio Ponzio ne s'est pas bornée là; son œuvre atteste une entente mieux raisonnée de la construction. S'il y a lieu de louer Fontana d’avoir songé à fortifier les voûtes de sa chapelle par l’introduction, aux angles situés du côté de l'entrée, de deux très-petites chapelles circulaires, qui forment de ce côté un vigoureux point de résistance aux grandes voûtes sur lesquelles porte la coupole, 1l faut reconnaître qu’on ne retrouve plus la même prévoyance de l’autre côté. C’est ce qu'a parfaitement senti Flaminio Ponzio : pour augmenter dans sa chapelle la force de résistance du côté opposé à l'entrée, il a donné aux murs extérieurs une épaisseur considérable.

Les deux parties de coupes qu’on trouve sur le haut de cette même planche sont destinées à faire apprécier plus en détail la belle décoration des chapelles et les délicatesses de l'architecture des tombeaux des deux fondateurs Sixte V et Paul V.

Dans la chapelle de Sixte V les colonnes du tombeau de ce pape,

ainsi que celles du tombeau de Pie V, qui lui fait face, sont en vert antique; les bases et les chapiteaux sont en marbre blanc; lentablement est en marbre de Paros, à l’exception de la frise, qui est en vert antique. Les quatre cariatides de l’attique sonten marbre blanc, et les deux candélabres au-dessus sont en marbre jaune. La niche du milieu est ornée de marbres de couleur; enfin les cadres des cinq bas-reliefs sont en jaune antique.

Quant aux marbres du tombeau de Paul V et du tombeau de Clément VITT, qui lui fait face, ils sont entièrement semblables; mais ils différent de ceux des tombeaux de la chapelle de Sixte V. Le socle inférieur est en marbre gris lumachelle, comme celui qui règne au pourtour de la chapelle. Les quatre colonnes, engagées au tiers de leur diamètre, ainsi que les demi-pilastres, sont en vert antique: les bases, ‘les chapiteaux et l’entablement sont en marbre blanc. La frise est en albâtre. L’attique entier est en marbre blanc, à l'exception de l'encadrement des bas-reliefs, qui est en jaune antique.

Cette planche contient en outre le plan, la coupe transversale de la chapelle souterraine de la Crèche, ainsi qu'une face de l'autel supérieur et du tabernacle qui le surmonte. Ces divers objets ont été décrits plus haut. .

Détails divers de la basilique de S. M. Maggiore.

La tranche placée sur le haut et au milieu de cette planche donne sur une grande échelle le dessin géométral d’une partie de la basilique moderne de Sainte-Marie-Majeure, telle que l’a faite la restauration de Ferdinando Fuga. Elle permet d'apprécier les diverses proportions et les mesures des deux ordres de la grande nef et la valeur de chaque moulure.

Sans s'arrêter à quelques ajustements d’un goût un peu capricieux, on peut louer l'harmonie des détails qui concourent au bel ensemble

de cette grande œuvre. Les proportions relatives en sont fort bien entendues, et, à ce titre, l'architecture de Sainte-Marie-Majeure peut ètre utile à consulter. Ce sont, en effet, ces monuments réussis, que doit prendre pour objet de ses études l'architecte qui veut fortifier son Jugement par des comparaisons sur les œuvres des maîtres, et faire lui-même sa propre éducation, au lieu de se guider aveuglément sur l'opinion d’autrui.

. Vignole n'a pas agi autrement pour composer son 7/raité des ordres. Après avoir dessiné et mesuré tous les monuments antiques de Rome et de ses environs, il dut ensuite, pour chaque ordre et pour chaque détail, établir des parallèles et adopter ou modifier les mesures, suivant les impressions éprouvées en présence du monument lui-même. Les proportions générales, et celles des moindres moulures, ainsi raisonnées, furent déterminées par lui. Ses jugements ont été sanctionnés par l’épreuve du temps; et son livre est encore suivi, de préférence même aux ouvrages d'architectes estimés.

Nous ferons ici, sur un point important et négligé, l'application de la méthode que nous recommandons. Ou sait que la théorie des entre-colonnements ne saurait être fixée d’une manière absolue. Cependant on a dü chercher x établir une base fondée sur l’observation. Vignole et d’autres auteurs ont généralisé lés règles à ce sujet. Mais s'ils ont réussi à bien déterminer les proportions des ordres et de leurs entre-colonnements à l'extérieur des édifices, ils ont laissé une lacune dans leur travail, en omettant de mentionner les entre-colonnements intérieurs; ce qui de nos jours a occasionné bien des méprises et des erreurs, provenant de ce qu'on a supposé que les règles données pour les premiers étaient applicables sans distinction et quelles que soient les circonstances. Cependant nous remarquerons qu'à diverses époques les architectes romains ont été d’un avis différent, si nous consultons le tableau ci-dessous, dont nous avons puisé les éléments parmi les meilleurs exemples des basiliques anti-

ques et modernes.

Basilique Uipienne.….. + ee 4. dose ordre corinthien, 3 diamètres 42 centièmes. Basilique de l’ancien Saint-Paul, hors les murs. id. DNS TE 74 id. Basilique de l’ancien Saint-Pierre... .......... id. iC 19 id. Basilique de Sainte-Marie, in Trastevere...... id. SO (6 10 id, Basilique de Sainte-Marie-Majeure.......:... ordre ionique, 3 id. 7 id, Basilique de Saint-Grisogono............... id. D 2) id.

Ce qui donne en moyenne, pour l’entre-colonnement, 3 diamètres et 13 centièmes environ.

On trouvera au bas de la même planche un détail de l’ordre ionique, inférieur de la grande nef de Sainte-Marie-Majeure, avec l'indication de diverses mesures qui complètent les renseignements que nous avons réunis sur eéet ordre.

Basilique de S. M. Maggiore.

Trois détails importants sont figurés sur cette planche :

1° Le détail du deuxième ordre, avec son entablement complet, dont la corniche si riche pénètre dans le plafond et se confond avec lui ;

2 Une tranche de cé beau plafond où soffite de la grande nef, où sont reproduites toutes les moulures et l’ornementation. A côté de ce détail on voit à gauche un petit ensemble, où la totalité des caissons est indiquée. Cinq de ces caissons sont ornés des armes de Calixte HE et d'Alexandre VE, qui ont dù présider à l'exécution de ce beau soffite, dont Giuliano da Sangallo passe pour être l’auteur. Trop jeune cependant au temps de Caliste IT, cet architecte ne dut sans doute l’exécuter que sous Alexandre VI. Toutes les moulures et les ornements sont dorés et se détachent sur un fond gris qui dans l’origine était azur (voir page 609);

3° Enfin la charpente de ce grand édifice, qui est fort simple, mais bien raisonnée, méritait à divers titres d’être connue avec

détails. On voit que les fermes y sont accouplées. Les arbalétriers, déjà fortifiés par les sous-arbalétriers, sont en outre fortement contre-buttés par l’entrait relevé, et l’entrait inférieur est soulagé et maintenu par deux clefs pendantes. Tout ce système est bien balancé et parfaitement solidaire. On peut obtenir la longueur et la grosseur des bois d’après le dessin, et arriver à une intelligence plus complète de l'agencement de la ferme en consultant les deux coupes tracées à droite de la planche.

Les ferrements qui sont marqués sur le plan se composent en srande partie de clavettes, et ceux de l'élévation de brides et d’écrous.

La menuiserie des caissons demandait un détail particulier; on le trouvera sur le plan de la charpente. Ces caissons sont suspendus aux fermes ; leur profil ou coupe est indiqué au-dessus et appliqué sur l’entrait.

Détails de l'ancien maître-autel de la basilique de S. M. Maggiore.

Ce maitre-autel, avec ciboire, fut élevé en 1483 par les soins de Guillaume d’Estouteville, cardinal de Rouen, comme l’indiquait une inscription et le confirmaient ses armes, sculptées aux quatre angles, au-dessus de l’entablement de l’ordre. Sur une des faces de l’attique un bas-relief de marbre exprime le miracle de la neige, relatif à la fondation de la basilique. D’après le caractère et le style de l’architecture, on doit attribuer ce ciborium à Giuliano da Sangallo. Il.fut détruit en 1743, lorsque l’église fut restaurée par Benoît XIV, sous la direction de Ferdinando Fuga. Le dessin nous en a été conservé par l'abbé de Angelis, dans son ouvrage sur la basilique de Sainte -Marie- Majeure (Basiicæ S. M. Magoris de Urbe, a Liberio papa usque ad Paulum F, descriptio et delineatio, Rome, 10621).

Cet autel, d'une structure élégante, se composait de quatre colonnes

ET CRITIQUES. 641 de porphyre, d'un attique et d’un petit dôme. Les sculptures dont il était orné étaient exécutées avec délicatesse. Les colonnes ont été réemployées dans l’érection du nouvel autel, et les sculptures ont été en partie encastrées, soit dans le soubassement de l’abside, soit dans le mur d’une petite cour voisine de la säcristie. On y remarque la cérémonie de la pose de la première pierre par le pape saint Silvestre, lors de la fondation de la basilique.

La portion de plan placée au haut de la page montre la disposition de l’ancienne abside; l'autel B, dont nous venons de parler; les ciboires C et C', représentés sur la planche 309, et enfin les deux ambons D et D', dont il ne reste pas de. dessins. Nous avions déjà indiqué ces dispositions sur le petit plan d'ensemble de la page 615 du texte; on les jugera mieux d’après ce fragment de plan, donné ici sur une plus grande échelle.

Basilique de S. M. Maggiore; détails des mosaïques.

La peinture en mosaique de l’abside, qu'on voit figurée au haut de cette planche, fut exécutée vers la fin du xni° siècle par le frère Jacopo Torriti, ou Mino (Giacomino) da Torrita (près de Sienne): on le désigne simplement sous le nom de Furrita; il mourut avant 1292, et laissa inachevée cette fresque, à laquelle le peintre florentin Gaddo Gaddi mit la dernière main en 1295. Vasari, qui parle imeidemment de frère Mino da ‘Furrita, dans la vie d’Andrea Tai, ne rend pas suffisamment justice à cet habile mosaiste, qui fit preuve d'un talent si élevé à une époque où l’art était encore grossier.

Un grand cercle occupe le milieu de cette voute, et dans ce cerele

est placé le Christ, assis sur un trône, ayant à sa droite sa mère, sur

la tête de laquelle il pose une couronne.

Autour de ces deux figures brillent des étoiles, qui se détachent

sur un fond azur, et le soleil et la lune sont placés à leurs pieds.

Une troupe nombreuse d'anges, à genoux et dans l'attitude de l’adoration, sont disposés de chaque côté; debout et derrière eux sont représentés plusieurs saints, dont le nom est inscrit près de leur auréole. Ainsi on trouve, à gauche et du côté de la Vierge, d'abord saint Pierre, puis saint Paul, et enfin saint Francois. En avant de saint Pierre on remarque le pape Nicolas IV, qui fit exécuter cette peinture. Îl est à genoux et revêtu de ses habits pontificaux: Du côté droit, qui est celui du Christ, trois autres saints sont disposés pour balancer les premiers et placés dans l’ordre suivant : saint Jean- Baptiste, puis saint Jean l'Évangéliste, et enfin saint Antoine. On voit, à genoux et en avant du premier saint, le cardinal Jacques Colonna, qui contribua, ainsi que Nicolas IV, à la dépense de cette grande mosaique. On distingue aux deux extrémités latérales de la voüte deux troncs d’arabesques qui engendrent des enroulements ornés d'oiseaux et qui se développent en se dirigeant vers le sommet du tableau, dont ils décorent la partie supérieure.

Au-dessous de la marche du trône on lit cette. inscription en

l'honneur de la Vierge, et qui relate le sujet de la mosaïque :

MARIA. VIRGO. ASSUPTA E. AD. ETHEREU. THALAMU IN QUO REX. REGU. STELLATO. SEDET SOLIO. EXALTATA EST. SANCTA DEI GENITRIX.

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