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Le champ de Mars était couvert de bois qu'on détruisit pour faire un lieu propre aux exercices militaires; et Auguste destina à une promenade les bois situés près de Ripetta. Sur ce point, les eaux se montrent encore en abondance; il suffit de creuser le sol à une profondeur de quelques pieds pour s’en procurer, de sorte que Rome moderne pourrait se passer des beaux aqueducs qui vont puiser leurs eaux dans des lieux éloignés.
Avant que les Romains des” premiers siècles eussent assaini leur ville, il existait sur plusieurs points du sol des marais fangeux formés à la suite des débordements du Tibre et alimentés par les sources dont nous venons de faire Pénumération. Ainsi l’Aventin était séparé du Palatin par un marais profond, qui inondait cette partie de la vallée Murcia où se trouve le cirque Maxime; c'était ce qu'on appelait le Félabre Majeur. Une autre branche de ce marais s’étendait dans la vallée adjacente entre le Capitole et le Palatin, et formait le F’élabre Mineur : son extrémité, qui s’élargissait vers S. M. Liberatrice, se nommait lac Curtius: enfin, entre ce même lac et le Palatin, près de S. Teodoro, il y avait un petit lac circulaire, le /ac Juturne, où venait se perdre une source provenant du Palatin. Ces deux lacs et les deux Vélabres prirent leur écoulement dans la cloaca Maxima et furent ainsi desséchés. Toutefois, le quartier environnant n’en conserva pas moins le nom de Vélabre, et, aujourd’hui même, la petite église voisine de S. Giorgio porte encore la désignation de in Felabro.
Sur un autre point, dans le champ de Mars , existaient encore des marais également formés par les eaux du Tibre. La situation du marais Caprea pourrait se déterminer en suivant la dépression du sol. Il devait partir des
bords du fleuve, entre ponte Sisto et ponte Quattro Capi, et se prolonger
jusque vers Monte Cilorio, occupant ainsi tout l’espace où sont main-
tenant S. Andrea della Valle, S. Carlo ai Catinari, piazza Navona et S. Luigi de’ Francesi ; mais comme dans cette surface on observe quelques éminences, on peut supposer qu'il y existait plusieurs parties à sec formant des espèces d'îles.
Non loin de là devait se trouver un autre marais nommé Tarento ; il était
probablement situé près du Tibre, vers la place Nicosia et, le collége Clementino.