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X VI NOTICE :SUR BA VIE ET LES TRAVAUX

la rue Saint-Jacques est au contraire une véritable entrée d'académie; et encore n’a-t-elle point jusqu'ici reçu le complément de décoration que Le Tarouilly se proposait de lui donner, en plaçant des statues dans les niches préparées latéralement, et au-dessous de celles-ci des tables de bronze où devaient être inscrits les noms des professeurs du Collége de France depuis l'origine de cet établissement jusqu’à nos jours. De mesquines susceptibilités, tout à fait en dehors des conditions artistiques, ont fait écarter jusqu'ici ces projets d'inscriptions.

Toute cette disposition architecturale donne la mesure du goût que Le Tarouilly eût apporté dans l'exécution de constructions publiques, s'il avait été plus souvent mis à même de produire. L'eût-il fait d’ailleurs, son nom n'aurait eu probablement qu’un retentissement éphémère, tandis qu'il reste à tout jamais attaché au monument durable élevé par lui à la glorification des architectes romains.

C'est dans l’année 4821 qu’il commença ses dessins d’après les édifices de Rome moderne. Il explique dans son discours préliminaire {page 4) pourquoi il a choisi pour objet de ses études les monuments modernes de préférence à ceux légués par l'antiquité : « Les monuments de la Renaissance, » dit-il, « moins connus et enfants d’un âge plus rapproché du nôtre, étaient destinés à satisfaire à des usages où à des besoins plus conformes à ceux de notre époque ; leur application devenait conséquemment plus directe et plus facile. » En s’attachant à l'architecture des xv°, xvi° et xvir° siècles, Le Tarouilly n'a pas voulu lhmiter son choix aux seules productions de premier ordre. Partout où il rencontrait une disposition habile, ou seulement un motif mgénieux, un détail remarquable, il le recueillait en tout ou en partie. Au début de son travail, du reste, il n'avait pas l'intention de lui donner le développement considérable qu'il à acquis; mais entraîné par l'accueil favorable fait à ses premières planches, il se détermina à le livrer à la publicité, sur les instances de M. Percier, séduit par la richesse de son portefeuille, par le soin et exactitude consciencieuse apportés à l'exécution de ses dessins. Dès lors il se consacra

entierement à celte vaste entreprise. De nouveaux séjours faits à Rome en

DE P. M. LE TAROUILLY. XVI] 1831-1832 et en 1844-1845 furent employés par lui en études laborieuses et en recherches actives et habilement dirigées, qui le. mirent en possession d'une abondante et précieuse moisson de matériaux. Ce qui leur donne un prix mesüimable pour les architectes; c’est la rigueur des mesures et la scrupuleuse attention avec laquelle a été fait le relevé des cotes. D'un autre côté, l’extrème correction que Le Tarouilly s’efforçait d'obtenir dans ses dessins, il lexigeait des graveurs. Comme il ne laissait rien à une interprétation douteuse, il voulait retrouver dans les gravures la précision et le sentiment du dessin, la netteté du trait et la finesse des détails. Les bons graveurs d'architecture manquaient quand il commença son travail; par ses exigences envers eux et par la perfection des dessins qu’il leur livrait, il stimula les efforts et provoqua l’habileté ; sous ce rapport il a fait faire de véritables progrès à l’art du graveur d'architecture ; il suffit pour s’en assurer de comparer les planches de son ouvrage avec celles des publications antérieures à la sienne.

Non-seulement la beauté de lexécution ne s’est pas démentie pendant le cours d’une aussi longue publication, mais encore l'intérêt a été croissant de volume en volume. Dans chacun des trois volumes de planches, au-milieu d'un choix varié d’édifices religieux et civils, Le Tarouilly choisit une œuvre capitale, pour en faire l’objet d’une étude beaucoup plus étendue. Tels sont, dans le premier volume, le palais de la Chancellerie, qui comprend 12 planches ; dans le second, le palais Farnèse (25 planches) et la villa Giulia (17 planches); dans le troisième, les palais Massimi (24 planches) et la basilique Sainte-Marie-Majeure (9 planches).

Au nombre des documents les plus intéressants de l'ouvrage 1! faut compter quelques restitutions d’après des dessins manuscrits des grands architectes romains; nous citerons entre autres la porte du palais de la Chancellerie et celle de S. Lorenzo in Damaso, retrouvée dans les manuscrits de Bramante. Ces dessins originaux, soigneusement consultés par Le Tarouilly, comme nous le dirons tout à l'heure, lui ont fourni des éléments de comparaison à l’aide desquels,

familiér comme il l'était avec le style des maitres, il a pu parfois interpréter

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