MIND
YI, prés 2.
VIS pres 2.
Plan d'une maison, piazza Madama.
La marche simple et sage de ce plan et la bonne disposition de son vestibule, dont la voûte est ornée de compartiments bien divisés, donnent de l'intérêt à cette maison, qui a deux entrées , l’une sur la
place Madama , et l’autre sur la place Navona.
Vue du vestibule et plan d'un petit palais, piazza di Campo Marzo.
Le mérite principal de ce plan consiste dans le vestibule et dans la disposition de l'escalier. Quoique dépourvu d’'ornements, le vestibule plaît néanmoins par l'originalité de sa forme et la manière dont il est relié avec l'escalier. Celui-ci est d’un aspect assez piquant; il se présente en face de l'entrée, et l’on découvre à son sommet des treilles d’un effet pittoresque.
Ce petit palais doit avoir été construit par Giovanni Stern, frère de l’auteur de la nouvelle galerie du Vatican, dite Braccio Nuovo : c’est du moins ce qui m'a été affirmé par un architecte de Rome, contemporain de G:io : Stern.
Détails de la porte d'entrée du palais del Governatore, via del Governo
l’ecchio.
Le palais del Governatore, ancienne résidence du gouverneur de Rome, a été probablement construit vers le milieu du xv° siècle. La porte qui en décore la façade est une des plus grandes, des plus belles et des plus riches de la renaissance. Elle est exécutée en marbre blanc, et se fait remarquer par la pureté de ses profils, le bon goût de ses ornements et le fini du travail. On y trouve réunies des qualités qui semblent s'exclure l’une l’autre, une grande richesse
alliée à beaucoup de fermeté.
Plan et coupe du palais Patrizi, piazza di S. Luigi de’ Francesi.
Un vestibule spacieux et d’un abord facile, un escalier qui se présente avec une belle apparence, enfin une petite cour d’un arrangement original , telles sont les parties les plus intéressantes du plan. Quant à la décoration de la cour, on peut en avoir l'idée en consultant la coupe; son architecture, quoique d’un style peu correct, n'est pas néanmoins sans quelque mérite.
Plan du palais Tomati, via Gregoriana.
La disposition de ce plan est, sous plus d’un rapport, fort bien entendue; mais la partie comprenant le portique et les escaliers adjacents mérite de fixer particulièrement l'attention. On voit, sous le portique du fond de la petite cour, deux rampes d’escaliers à l’aide desquels on a mis cette cour en communication avec une autre plus grande dont le sol est plus élevé. La rampe de droite est habilement combinée avec le grand escalier conduisant aux principaux appartements. [l résulte de cet arrangement que l'escalier devient également
accessible du côté de la grande et de la petite cour.
Elévation et. détails de la partie construite du palais € apranica ,
piazza della F'alle.
On doit regretter d'autant plus vivement que le palais dont il n'existe que ce fragment soit resté inachevé, qu'il est difficile de trouver, même à Rome, et dans les plus beaux édifices, une réunion de qualités aussi éminentes : rarement on rencontre dans un monument un caractère aussi noble, des divisions aussi bien entendues,
VIIL, cr.
VIIL, 32.
un accord aussi parfait dans toutes les parties, et enfin, des profils qui, pour la convenance et la correction, aient droit à des éloges aussi légitimes, On reconnait dans ces profils, comme dans tout le reste, la main habile d’un maître que nous ne saurions même désigner par conjecture, mais dont la manière se rapproche beaucoup de celle d'Antonio da Sangallo. Fest toutefois peu probable que ee dernier ait pris part à cette construction, mais on pourrait, avec quelque vraisemblance, Pattribuer à lun de ses élèves, ou bien à quelque architecte de Ta même époque, nourri de ses exemples et de ses doctrines. Peut-être estl œuvre d'un jeune artiste que la mort enleva au début de sa carrière, et trop tôt pour que son style fut
suffisamment caractérisé dans ses ouvrages.
Palais Patrizi, situé près de l'église S. Catarina de Funart.
XI, 8 La disposition du plan est commode et l'escalier étudié avec recherche et un soin particulier. Le rez-de-chaussée et le premier étage de la cour sont dans un joli parti, et l'élévation extérieure dans des
z t proport IONS assez heureuses.
Elévation de deux palais, SUUÉS Piazza della Pace.
pro Ces palais, traités Fun et l'autre dans le style florentin, se font d'abord remarquer par une couleur sombre qui leur donne, pour ainsi dire, l'apparence de monuments antiques, bien qu'ils soient cependant dans un assez bon état de conservation. On peut faire remonter l'époque de leur construction à la fin du xve siècle.
On à prétendu que ces palais étaient l'œuvre de Bramante. Cette opimon, attribuée à M. Dufourny, serait pour nous d'un grand poids; mais 11 nous parait peu vraisemblable que le savant architecte ait eu
cette croyance, et nous n'imaginons pas sur quelle autorité où sur quelle analogie il eût pu l’appuyer.
Plan d'une maison, via dell Orso.
Le plan de cette habitation, qui est moderne, offre des dispositions agréables et commodes quise rapprochent de nos usages. Le plafond du vestibule est décoré de caissons d’un bon effet. L'architecture de la facade est lourde , et comme celle de la cour elle ne présente rien d'intéressant. Cette petite maison, d’après l'assurance qui m'en à été donnée par un architecte d’un âge avancé, qui l'avait vu construire,
fut élevée sur les dessins de l'architecte Giuseppe Barberi.
Plan d'une maison, via delle Quattro Fontane.
Le vestibule est dans cette maison la partie la plus remarquable. Il est pourtant d’une grande simplicité, mais il emprunte beaucoup de charme de sa disposition pittoresque. Deux rampes en saillie se présentent d'abord et conduisent au sol du portique formant estrade, et situé à mi-étage. Ce portique donne entrée, d'un côté à l'appartement de l’entresol, de l’autre à l'escalier des appartements supérieurs, et communique directement avec le jardin par son milieu.
Sans rejeter l'opinion qui attribue à Vignole la construction de cette habitation, nous devons avertir que n'ayant trouvé aucun renseignement précis et de nature à la confirmer, nous ne la présentons que comme une simple conjecture.
Cette maison, qui fat bâtie par les Grimani, sert aujourd'hui de
commun au palais Barberini.
Plan et vue d’une maison, située près de l'église S. M. della Pace.
La vue que nous publions suffit pour donner une idée assez exacte de l'aspect agréable de ce petit vestibule, dont la décoration est fort simple. Le plan et l’arrangement de l'escalier méritent encore
A , / d etre remarques.
Plan, élévation et détails de la chapelle S. Giovanni in oleo,
située près la porta Latina.
Cette petite chapelle fut construite l'an 1509, sous le pontificat de
Jules IT, comme le témoigne l'inscription suivante :
DIVO.IO.EVANGTE.SACELLVM.BENEDICTVS ADAM. AVDITOR.GALLIC.DICAVIT.
JVLIO.If.PONT.MAX.AN°.M°.CCCCCVELIT. (7)
I est probable que l'érection de ce petit monument fut confiée à Bramante, l'architecte de Jules IE. Cette opinion, il est vrai, n'est fondée que sur les rapprochements qu'on peut faire, puisque aucun auteur n'en à fait mention; mais il est difficile de n’y pas reconnaître la manière, le style, ainsi que le caractère des profils de Bramante.
Cette jolie chapelle, dont les dimensions sont si petites, füt restée inaperçue, si l’art et le gout d’un habile maître ne lui eussent donné de l'importance. Sa forme octogone est agréable , etson ensemble d’une heureuse proportion. On reproche, avec raison, aux ornements de l’attique, et surtout au couronnement sphérique, d’être grands et
lourds pour la place qu'ils occupent.
(1) Deux autres inscriptions indiquent que le cardinal Fran. Paulutius la fit restaurer l’an 1658, sous le pontificat d'Alexandre VIT, et que le pape Clément XI la répara de nouveau l'an 1716. On lit avec surprise, sur le chambranle de la porte, cette devise française : AV PLAISIR DE DIEV; elle est gravée près des armes du fondateur, qui était Français.
Nous aurons lieu, en présentant nos réflexions sur la planche 103, de signaler une semblable erreur dans un ouvrage du même genre et
du même auteur.
Elévation du petit palais Spada, via di Capo di Ferro.
Cette habitation est peu considérable, mais elle est digne d’atten- vi, »
tion sous plus d’un rapport. Le rez-de-chaussée à été conçu dans un principe de simplicité suivi jusque dans les moindres détails. Dans la plupart de ceux-c1 on à exclu, en effet, toute espèce de moulures, et le petit nombre de celles qui règnent sur l’imposte et sur la base des larges piédroits recevant les arcades, sont elles-mêmes peu compliquées. Cette disette d’ornements contribue à faire ressortir davantage la porte d'entrée, intention qui a été visiblement celle de l'artiste, car non-seulement il l’a décorée d’un ordre avec tous ses accessoires, mais il a cherché à lui donner encorée plus de relief au moyen des bossages qu'il y a ajoutés. Un rez-de-chaussée d’un effet aussi tranquille donne beaucoup de valeur à l’étage principal, pour lequel on a su réserver une plus grande richesse architecturale, et où l’on distingue un ordre ionique assez bien étudié.
Le deuxième étage est traité d'une manière toute secondaire; loin de le disputer à l'étage inférieur par sa masse , il est, au contraire, composé de façon à le faire briller davantage. La corniche supérieure, quoique peu ornée, a néanmoins l'importance d’une corniche corinthienne , et forme, pour l’ensemble, un couronnement très-convenable.
On a prétendu que cette habitation était l'œuvre de Vignole. Il existe, en effet, dans les profils, et même dans la composition, quelque analogie avec le style de ce maître; mais des doutes s'élèvent dans l’esprit à la suite d’un examen sérieux.
La dernière arcade de droite, et toute la travée qu'elle supporte,
n'ont pas été exécutées. Pour donner plus de charme et de symétrie
au dessin, nous n'avons vu aucun inconvénient à indiquer ce complément sur la gravure.
Cette facade est bâtie en pépérin, à l'exception des murs du fond
quisont construits en briques apparentes.
Église de S. M. de’ Mont et collége de’ Neofiti.
Cette église fut commencée l'an 1579, sous le pontificat de Grégoire XTIT, par Giacomo della Porta, qui éleva également, du produit des aumônes, les bâtiments de la cour adjacente. L'édifice voisin, servant de collége aux néophytes, fut exécuté sur les dessins de Gasparo Vecchi, par le cardinal S. Onofrio, frère d'Urbain VIE.
Le plan de l’église et de ses dépendances offre des dispositions générales bien entendues, et la sacristie est située de manière à rendre le service d’une extrême commodité. Un corridor la sépare de l'église, et cette combinaison, heureusement imaginée, procure à la fois deux communications avec l'extérieur, et trois entrées diverses à l’église ; l'une mène au chœur, l’autre sous la coupole et la troisième au milieu de la nef. L'intérieur du temple est remarquable, autant pour le motif de son élégante architecture que pour la justesse et l'harmonie de ses proportions générales; il faut toutefois en excepter la coupole, dont l'élévation est trop considérable. Partout règne une grande richesse, et partout les ajustements sont traités avec un goût qui sent l'école de Vignole. Les ornements sont dorés et se détachent agréablement sur le fond réchampi en blanc. Ce parti donne de la valeur aux peintures et s'harmonise bien avec elles. L'orgue est d'une composition char-
mante et présente des ajustements fort gracieux.
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» LL » T CRITIQUES. (à h ET CRITIQ 109 * PLANCHE 98.
Elévation du palais Muti Papazzurri, piazza de” SS. Æpostolr. ri
Il est difficile de trouver une facade d'une plus jolie masse, dont les divisions soient meilleures et les proportions plus heureuses; la porte et les croisées, les bandeaux et les corniches, tout y est dans un rapport des plus harmonieux. Les détails sont ia de répondre au mérite de l’ensemble; ils sont malheureusement fort impurs et d’une exécution peu soignée : Pietro Ferrerio attribue ce palais au marquis Gio: Battista Muti, et fixe la date de sa construction à l’année 1644. [IL fut Rabiié par le roi Jacques et par le prince Édouard, son fils : le
premier y mourut l'an 1767.
Plan du palais della Consulta, aujourd'hui caserne des gardes nobles,
piazza di monte Cavallo.
Ce vaste et somptueux édifice fut construit sous le pontificat de Clément XIIL, et destiné au tribunal della sagra consulta, qui est à la fois une cour criminelle suprême et un pouvoir administratif.
Ce bâtiment sert aujourd’hui de caserne à la garde à cheval du pape, qu'on désigne sous le nom de guardia nobile , garde noble. Le chevalier Ferdinando Fuga, auquel on doit cette construction, y a déployé toutes les ressources de son beau talent, qui brillaït surtout dans les combinaisons et dans l’arrangement d’un plan. Ainsi, il a su ménager des logements commodes et spacieux pour le secrétaire des brefs et de la consulta, procurer aux cuirassiers et chevau-légers des corps de garde, dont les deux éntrées se reconnaissent sur la facade ; eafin, trouver de vastes écuries pratiquées en grande partie dans les souterrains.
Le plan a la figure d’un trapèze, forme ingrate, dont l'architecte à
su néanmoins tirer un parti avantageux. On y trouve de grandes et
Le 10.
170 NOTICES HISTORIQUES P belles dispositions, une cour régulière et spacieuse, et des entrées sur les quatre faces du palais.
Le vestibule, situé du côté de la facade principale, est décoré avec simplicité; mais la vue du bel escalier à double rampe, et des deux grandes niches latérales, le mouvement produit par les voûtes et par les coupoles elliptiques, lui impriment une sorte de magnificence et de grandeur, à laquelle la richesse n’aurait ajouté que peu de chose. L’escalier à double rampe, que nous venons de mentionner, consérve cette même disposition jusqu’au dernier étage. Il est à proximité des principaux appartements, qu'il est destiné à desservir. Les escaliers secondaires, qu'on trouve aux angles de la cour, sont affectés aux besoins de cette partie du palais, et sont d’une commodité extrême pour le service. Les entrées aux écuries souterraines sont placées sous les vestibules des deux faces latérales. Ces écuries et les descentes qui y conduisent sont éclairées avec infiniment d'adresse à l’aide de soupiraux établis sur la cour et sur les rues, ou de jours pratiqués au niveau du pavé de la cour. I n'y a qu'un examen attentif et prolongé des plans et des coupes qui puisse mettre en état d'apprécier complétement toutes les difficultés qu'il a fallu vaincre, et l'intelligence rare qui a présidé à toutes ces dispositions. Ÿ
La facade est d’une belle masse, et la cour d’une architecture noble et simple; maïs la décoration de l’une et de l’autre ne se ressent que
trop du gout qui dominait à l’époque où Fuga exercait son art.
V’ue de la cour du palais della Consulta.
S'il est vrai que l’architecture de cette cour soit peu correcte, on ne peut nier, du moins, qu’elle n'ait du mouvement et de la variété; elle le doit surtout au portique et à la terrasse formant milieu sur l’une des faces. Ce motif très-pittoresque est principalement remarquable pour la manière dont il est combiné avec les masses des bâti-
ments environnants. Le fond de cette cour s'aperçoit du vestibule principal, et ajoute à l'effet animé de celui-ci ; nous l'avons déjà décrit à l’occasion de la planche précédente. C'est pour faire connaître davantage l'effet de ce vestibule combiné avec celui de la cour, que nous en avons donné une vue perspective.
On remarque avec peine que larchitecte Fuga, après avoir déployé un talent supérieur dans tout le reste de l'édifice, ait composé, pour la face de la cour adossée à l'escalier principal, une élévation dont nous nous abstiendrons de parler, par respect pour cet artiste habile qui toujours fit preuve de génie dans ce qui lui était vraiment propre, mais auquel on peut reprocher d’avoir suivi trop souvent
dans ses décorations le gout et les errements de son siècle.
Plans et coupes d’une maison, piazza de’ Satiri.
Cette maison servit autrefois d'habitation au commandeur Cassiano dal Pozzo, l'ami et le protecteur du Poussin. C'est là que cet amateur éclairé des arts s'était plu à réunir une précieuse collection de statues , de tableaux, de dessins, de médailles, et autres antiquités, dont il reste encore des fragments incrustés sur les murs de Ja cour, de l'escalier et de la loge du premier étage.
Il faut remarquer principalement dans ce plan, parmi tant d’ingéenieux ajustements, l'entrée de l'escalier exécutée tout entière en marbre blanc, la disposition des écuries et des remise$; au premuer étage, la manière dont l’arrivée à la loge est étudiée, et la combinaison au moyen de laquelle on est parvenu à mettre en communication l'appartement du fond avec celui du devant.
La construction de cette maison est attribuée à Baldassarre Peruzzi. Quoique les facades de la cour soient concues dans un assez beau parti et offrent un aspect agréable, je n'ai pas néanmoins retrouvé dans la plupart des détails le goût exquis du brillant auteur du pa-
lus Massimi : les restaurations maladroités que ces façades ont subies à plusieurs reprises, les ont modifiées au point de leur enlever leur caractère primitif. De là vient qu'il est aujourd'hui fort difficile d’en nommer le premier auteur. Cependant on parviendrait peut-être à justifier l'opinion qui désigne comme tel Peruzzi, en établissant divers rapprochements entre les profils de l'entrée de l'escalier, soit avec ceux de la chapelle Ghigi à S. M. del Popolo (pl. 97 ), soit avec ceux
du tombeau d'Adrien VI, dans l'église S. M. dell’ Anima.
Maisons de la première époque de la renaissance, situées
via dell Orso,
V5, Les premiers essais d’un art sont toujours intéressants à connaître ; Yé5 mais souvent il faut moins y chercher des objets d'imitation que des bases sur lesquelles reposent nos principes, ou seulement l’origine de traditions curieuses qui, plus où moins altérées , sont passées jusqu’à nous. C’est en puisant des documents aux sources, qu'on peut juger sainement des diverses transformations de l’art, et distinguer, dans sa marche, les déviations du progrès.
Telles sont les considérations qui nous ont porté à faire choix de ces deux exemples, ayant l'un et l’autre le caractère des habitations des temps reculés de la renaissance, et:où l’on trouve déjà la grâce et
la finesse des détails réunies à la simplicité de l’ensemble (1). s
Détails des élévations des maisons situces via dell Orso. Vs Nous avons parlé du mérite de ces détails à propos de la planche
(1) Aujourd'hui la maison V près 5 n'est malheureusement plus reconnaissable : en cherchant à la restaurer, on n’a réussi qu'à la défigurer complétement. Doit-on accuser de ce vandalisme la cupidité du propriétaire ou la stupidité du bâtisseur ?
précédente : nous pouvons ajouter ici qu'ils ne sont pas moins recommandables sous le rapport de leur belle exécution. La porte de la
maison V, 5, est digne de fixer particulièrement l'attention.
Plan du palais Cardelli, piazza Margana.
Plusieurs dispositions ingénieuses qu'on à su obtenir sur un terrain de forme irrégulière, donnent un certain intérêt à ce plan. L'étude de l'escalier présente d’adroites combinaisons, et c’est une heureuse idée que de lui avoir ménagé deux entrées distinctes; l’une est placée sous le vestibule du fond, et l’autre sous le portique qui sépare les deux cours, lequel forme au premier étage une élégante terrasse. On
doit remarquer encore qu'on à su faciliter le service en établissant
les remises à proximité et à l'intérieur des cours; tandis que pour
éloigner le bruit et l'odeur des écuries, celles-ci ont été adroitement
reportées au loin et à l'extérieur.
Plan du palais Trulli, piazza S. Andrea della valle.
La réunion du palais Trulli avec une maison voisine offre une combinaison qui n'est pas sans mérite. On peut aisément comprendre que larcade dans laquelle on à placé* les deux fontaines adossées, étant ouverte dans la partie supérieure, il en résulte des effets de
perspective agréables pour lune comme pour l'autre habitation.
Plan du palais Boccapaduli, pres la piazza Matter.
On regrette de ne pas trouver dans la décoration architectonique de ce palais un gout plus sûr et répondant mieux à l'intelligence qui a présidé à la disposition du plan. La fontaine, quoique surchargée
de détails bizarres, est néanmoins un ornement pour la cour, où elle
V pres 36
produit un assez bon effet. Elle y occupe une place importante, mais
à l'écart, et de manière à ne point gèner la circulation des voitures.
Maison, via del Governo Vecchio.
La facade de cette maison, dont la construction doit remonter au milieu du xvi° siècle, est décorée avec une certaine magnificence ; mais cette décoration, où l’on ne remarque ni méthode, ni unité, ni harmonie, est certainement vicieuse. Elle est surtout choquante pour celui qui soumet ses jugements au contrôle sévère d’une saine eritique. On se plaît, il est vrai, à retrouver du goût et de l'étude dans l'appareil des refends de l’entre-sol, et principalement dans ceux du rez-de-chaussée; mais on ne saurait approuver de même la proportion des ordres du deuxième et du troisième étage, ni le mauvais style de leurs détails. Cependant, malgré ces imperfections et les autres incohérences qu'on pourrait signaler, il règne dans l’ensemble une sorte d'originalité à laquelle l'œil n’est pas insensible.
Dans la cour, les croisées ont été combinées avec l’ordre dorique. Cet ajustement , assez extraordinaire, que la coupe fait connaître , est
le seul exemple de ce genre que j'aie rencontré jusqu'ici.
Plan d'une maison, située près de l’église S. M. in Monticellr.
Il est assez rare de trouver des escaliers établis dans un espace triangulaire; comme celui-ci a été calculé avec assez d’habileté, nous avons pensé qu'il serait vu avec intérêt. On pourra remarquer encore dans ce plan la manière dont on a su ménager un entre-sol au-dessus de l'écurie à l'aide d’une combinaison fort simple : en même temps qu'une pente douce fait descendre à l'écurie, on monte, à côté et dans la même direction, plusieurs marches qui font arriver à l’entre-sol.
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Plan d'une partie du palais Molara, piazza delle Tre canelle.
Comme le vestibule de ce palais est spacieux, et qu'il a deux larges 11, 5 entrées, les voitures peuvent le traverser ou y être remisées aisément. On aperçoit, en face de l’une des entrées, une grande niche d’un bon effet. L’escalier se présente avec avantage en face de l’autre entrée. Cet escalier, qui ne monte qu’au premier étage, recoit un beau jour par quatre croisées ayant vue sur les Jardins.
Plan et vue de la cour du palais de’ Romanis, via di monte Brianzo.
Il ne faut pas chercher de combinaisons extraordinaires et compli- *, quées dans la disposition de ce plan, qui tire peut-être son plus grand charme de sa simplicité même. Toutefois, en l’examinant avec attention, on reconnaîtra que la distribution en est commode, et que les écuries et remises sont placées suivant les convenances les mieux comprises. Les élévations de la cour sont régulières et composées dans un caractère de simplicité qui ne manque:ni d'élégance, ni de fermeté. Les eaux jaillissantes de la fontaine et les montagnes qu'on aperçoit derrière, au travers des trois baies du portique, forment un point de vue pittoresque fait pour contribuer à l'agrément de cette habitation.
Élévation du palais Nart, piazza delle Coppelle.
La belle division des étages, l’heureuse dégradation des croisées, vur, 3 et la correction des profils, constituent le mérite de cette facade. On eut désiré que les refends de la porte, dont l'appareil est d’ailleurs bien étudié, eussent été combinés avec ceux du rez-de-chaussée. Une loge de deux arcades existe au-dessus de la corniche de couronne-
ment ; quoiqu'elle ajoute à l’ensemble un effet pittoresque, nous ; q ] ;
Na Pres 1
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l’avons supprimée comme n'offrant par elle-même aucun ajustement PI [ J
curieux.
Elévation d'un petit palais, situé à l'extrémité de la prazza Navon«,
du côté du palais A ltemps.
l'élégance de cette composition, la belle proportion des ordres, la pureté exquise et le caractère des profils, font dé suite reconnaître l'architecte Vignola. C'est là, en effet, son style, sa délicatesse, son gout. [1 semble même avoir voulu faire ici l'essai des détails qu'il à publiés dans son Traité des ordres, tant la ressemblance est frappante et l'exactitude scrupuleuse. On y remarque, si l'on veut, quelques différences, mais elles n’ont pas d'importance : elles consistent principalement dans la suppression de quelques ornements.
Cette facade n'est malheureusement pas telle que nous l'avons représentée : nous y avons ajouté, pour la régularité et la symétrie, toute la partie comprise au-dessus de l’entre-colonnement de gauche, laquelle n'a pas été exécutée. On regrette encore que la portion qui existe soit enclavée dans des constructions grossières, et, pour ainsi dire, noyée au milieu d'elles.
Malgré le peu de prestige dont est entouré ce beau fragment d’architecture, on éprouve un plaisir infini à le considérer, non-seule: ment parce qu'on y reconnait un mérite supérieur, mais encore parce qu'il offre réalisés les sujets de nos premières études, ces modèles
classiques qui nous guidèrent au début de la carrière.
Détails de l'élévation d'un petit palais, situé piazza Navona. Comme tout a été dit sur le 7raité des ordres de Barozzi da
Vignola, traité qui, en architecture, a valu à son auteur le titre de
législateur, nous ne chercherons pas à nous étendre sur le mérite des
détails réunis dans le cadre de cette planche; nous nous bornerons à constater qu'ils sont identiquement les mêmes que ceux du traité célèbre et populaire que nous venons de citer. On y remarque, à la vérité, quelques modifications dans l’architrave et dans l’archivolte, mais elles sont si légères, qu'à peine doit-on les mentionner. Dans la corniche de couronnement, quelques ornements ont de même été supprimés sur plusieurs moulures et dans les espaces compris entre
les consoles, formant comme des espèces de métopes.
Suité des détails de l'élévation d'un petit palais, piazza Navona.
Nous signalerons ici la même identité entre l’ordre ionique et celui du traité des Ordres : la suppression d’ornements sur quelques moulures de l’entablement et du chapiteau est la seule différence qu'on y remarque. La base attique a été de plus substituée à la base ionique. Quant à la croisée, elle est fort belle, et se trouve exactement reproduite dans plusieurs autres édifices élevés par Vignole.
Plan du palais Astalli, via d’'Ara Celi.
On conviendra qu'il était difficile d'obtenir sur un terrain aussi irrégulier et aussi resserré des distributions commodes et des effets d'architecture bien brillants. Cependant, l’auteur présumé de ce plan, Gio : Antonio de Rossi, est parvenu à satisfaire aux besoins et aux convenances et même à produire quelques heureuses perspectives. Ainsi, à l’aide du portique qui traverse le palais, il a su procurer une descente à couvert et une entrée à l'escalier. L'autre portique, communiquant aux remises, forme une sorte de vestibule assez spacieux pour que les voitures puissent y tourner. L'escalier se présente
avec noblesse ; il est construit avec une telle légereté, que la cour,
MDP pres ur