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2/2 NOTICES HISTORIQUES des étages, la correction et la belle exécution de la plupart des profils (1).

V’ue de l'extérieur du palais dit la Farnesina.

Cette perspective indique l'effet produit par le développement des deux pavillons en avant-corps, celui des ordres, des corniches, des arcades et des croisées, et fait même connaître l’une des façades latérales de ce charmant édifice, auquel Vasari a appliqué cette heureuse expression : Von murato ma veramente nato. (I ne semble pas avoir été bâti, mais être vraiment né par enchantement.)

On aperçoit au fond, à la suite des jardins et de l’autre côté du Tibre, diverses coupoles, et les palais Farnèse et Falconieri, dont l'aspect

varié et pittoresque ajoute encore à l'agrément de ce délicieux séjour. Vue du vestibule ou Loggta.

Nous n’entreprendrons pas ici la description ou l'éloge des peintures admirables qui décorent les voutes de cette galerie : elles ont été publiées plusieurs fois et ont reçu des applaudissements universels.

Raphaël, aidé de ses meilleurs élèves, y a représenté les amours de Psyché, d’après la fable d'Apulée. Ces fresques avaient beaucoup souffert de l’intempérie des saisons, lorsque Carlo Maratta les restaura ; mais le bleu trop foncé dont il a réchampi les figures, détache trop celles-ci et les rend dures. Les portes indiquées au fond de notre pers-

pective, donnent entrée à une galerie faisant face au Tibre, et conte-

(1) 11 existe sur la façade quelques restes de peinture en grisaille, qui témoignent que la totalité des murs en était autrefois couverte ; mais les vestiges en sont si rares et si incertains, qu'une restauration complète serait aujourd’hui impossible. On doit avoir d'autant plus de regret que ces peintures soient à jamais perdues, que les faibles parties encore visibles sont d’un très-beau style. Les figures assises ou couchées sur les archivoltes du rez-de-chaussée sont les mieux conservées. On pourrait même en recueillir, tant sur la façade principale que sur celle du côté du Tibre, un nombre suflisant pour compléter l’ornement des dix tympans des cinq arcades représentées sur nos dessins : et c’est aussi ce que nous avons fait dernièrement.

nant une fresque célèbre, la Galathée de Raphaël. On remarque dans la même salle des stucs peints par Baldassarre Peruzzi, et d’une imitation si parfaite , que Titien lui-même y fut trompé, et se refusait à croire que cette décoration füt de la peinture : £gli per niur modo voleva credere che quella opera fusse pittura, dit Vasari.

Des Ghigi cette habitation passa aux Farnèse , et elle est aujourd’hui

possédée par le roi de Naples, héritier de cette dernière famille.

Petit temple de S. Pietro in Montorio ; plans, élévation et coupe.

Le roi d'Espagne Ferdinand [IV et la reine Isabelle sa femme firent élever en 1502, dans la cour du cloître de S. Pietro in Montorio, ce petit édifice, l’une des plus admirables productions de Bramante, quoique pourtant l’une des moins considérables. Nulle part, en effet, ce grand homme ne s’est montré plus pénétré de l'esprit des anciens ; nulle part il n’a déployé autant de grâce, autant d'élégance et un talent d'ajustement aussi remarquable ; en un mot, et c’est à notre avis le meilleur éloge qu'on puisse faire de ce petit temple , deux maîtres tels que Palladio et Serlio l'ont jugé digne d’être reproduit dans leurs ouvrages et d’y figurer même parmi les monuments antiques.

Il'est de forme circulaire, et entouré d’un portique composé de 16 colonnes(r), qui reposent sur un socle peu élevé, et autour duquel plusieurs marches forment comme une espèce d'empatement. L'ordre dorique est couronné d’une balustrade au-dessus de laquelle s'élève encore , mais en retraite, un attique correspondant au mur de la Cella, et servant à supporter la coupole. Tel est l’aspect que présente à l’extérieur ce monument, aussi admirable pour l’ensemble de sa composi-

tion et ses heureux rapports, que pour l'élégance de ses détails.

(1) Ces colonnes sont en granit gris, mais les bases et les chapiteaux sont en marbre blanc, ainsi que la porte et le couronnement de la coupole: tout le reste est exécuté en travertin.

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L'intérieur , où l'ordonnance du dehors est, sinon reproduite, du moins habilement rappelée, est traité avec une égale supériorité de talent. C’est bien encore un ordre et un attique; mais la balustrade intermédiaire ne pouvant s'appliquer ici sans inconvenance, à été judicieusement supprimée. Cependant, il résultait de là une difficulté sérieuse, car il fallait se raccorder avec certaines hauteurs du dehors, tout en évitant de grandir l'ordre, qui füt devenu trop important dans un si petit espace. L’adroite etseule adjonction des piédestaux a satisfait à toutes les exigences, et remédié à tous les inconvénients. Cet ajustement sisimple, en apparence, et qu’on dirait trouvé sans efforts, a néanmoins produit un ensemble où tout parait si heureusement assorti, si barmonieux etsi parfait, qu'il faut bien reconnaître que les combinaisons de cette nature n'appartiennent réellement qu'à un génie supérieur.

La chapelle souterraine est ingénieusement placée au-dessous de l’autre, et forme comme une sorte de tombeau où la lumière ne pénètre que par le centre de la voûte, et par un évidement pratiqué audessous de l'autel de l'étage supérieur. C’est, dit-on, dans une cavité qu'on distingue au milieu du pavé, et au-dessus de laquelle est suspendue une lampe ardente, que fut jadis plantée la croix où fut attaché le saint martyr.

La décoration de cette chapelle est visiblement d’une époque postérieure à Bramante, et date, sans doute, d’une restauration qui eut

lieu en 1628, d’après l'inscription gravée dans la frise (1). (1) Voici le texte de cette inscription :

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