DNS ETES
Palais Giraud, piazza Scossa-Cavalli; plan du rez-de-chaussée.
Ce palais, qui a conservé le nom de l’un des derniers propriétaires, est situé dans le XIV® quartier, entre le château Saint-Ange et la basilique de Saint-Pierre. Il est isolé de toutes parts, et sa façade principale forme un des côtés de la place Scossa-Cavalli, au centre de laquelle s'élève une fontaine.
I fut bâti vers l'an 1504, pour le cardinal Adriano di Corneto, par l'architecte Bramante Lazzari. Après avoir appartenu longtemps aux rois d'Angleterre et servi d'habitation à leurs ambassadeurs , 1l fut donné, vers l’an 1652, au cardinal Campegei par Henri VII, lorsqu'il se fut séparé de l’Église romaine. Il passa ensuite à la famille Colonna, qui le céda à Innocent X pour y fonder un collége ecclésiastique. Cet établissement ayant été transféré au quartier de Ponte Sisto par Clément XI, vers l’an 1760 le palais fut vendu, par la chambre apostolique, 14,000 écus romains au comte Giraud, originaire de Marseille, et père du cardinal Giraud qui, en 1767, était nonce en France. Depuis il est devenu la propriété de la fabrique de Saint-Pierre, qui, vers l’année 1830, l’a vendu au due Torlonia, et, dit-on, pour la modique somme de 8,000 piastres, environ 43,000 francs, ce qui n’est pas, suivant l’expression d’un habitant du quartier, payer même l’eau des fontaines. Le nouveau propriétaire, après avoir décoré l’intérieur du palais avec magnificence, y a formé un musée de tableaux et une collection de statues, de bustes, de bas-reliefs et de fragments antiques d'architecture. à
On ne peut imaginer rien de plus simple que la distribution du plan du rez-de-chaussée. L'entrée du palais, sorte de passage dépourvu de toute décoration, conduit à un portique composé de piédroits qui encadre une cour carrée. Autour de celle-ci, et sur trois
des côtés seulement , sont distribués les escaliers, les magasins, les
cuisines et les lavoirs. Au delà du portique du fond existait un jardin, remplacé de nos jours par des constructions modernes que nous avons mises en regard du jardin restitué sur nos dessins, afin de faire connaître l’état primitif.
L'escalier principal et ce qui l’avoisine est la partie du plan Île mieux étudiée, et l’on y retrouve quelques combinaisons ingénieuses. Il est situé à droite en entrant sous le premier portique, et se présente avantageusement. Ses marches sont larges, peu élevées et légerement inclinées ; à toutes les hauteurs 1l est parfaitement éclairé. Au premier étage, la croisée est cintrée à l'extérieur ainsi qu'à l’intérieur, et concentrique à la voûte du palier : il y a du mérite dans cet ajustement, ainsi que dans la combinaison du chambranle interieur avec les bancs placés dans l’embrasement. Remarquons encore une petite rampe droite qui aboutit au premier palier du grand escalier, et qui relie les pièces voisines du rez-de-chaussée avec les étages superieurs. Près de cette rampe et au-dessous d’elle existait un escalier circulaire, indiqué à droite sur le détail du plan; jadis il mettait les mêmes salles du rez-de-chaussée en communication directe avec les écuries, placées dans les souterrains. Cette disposition ferait croire que lesdites salles servaient de selleries et de magasins à fourrages. N'ayant pas trouvé de traces de cet escalier , j'ai dû, pour le rétablir, avoir recours au plan d’un ancien auteur, Pietro Ferrerio, qui, sans doute, l'aura reconnu. Le petit escalier qu'on voit encore dans l’épaisseur du mur devait conduire à un balcon élevé à mi-étage, et je n’imagine pas qu’il püt avoir une autre destination.
Enfin, sous la première rampe du grand escalier et dans l'axe de la croisée du premier palier se trouve, à l'extérieur, une porte à laquelle aboutit une pente douce qui mène aux écuries, lesquelles originairement étaient reléguées dans les souterrains. On voit, d’après nos dessins et nos descriptions, que cinq escaliers étaient ainsi groupés autour de l'escalier principal. Nous en trouverons même un sixième quand nous examinerons le plan des souterrains.