‹ Edifices de Rome moderneChapitre 66 sur 154 · XIE · texte numérisé non relu

XIE

portique. Sous celui-ci se trouve, à droite l'entrée du grand escalier, et à gauche un petit escalier qui mène à un entresol établi à mi-étage, au-dessus des trois pièces du rez-de-chaussée groupées au milieu de la facade. La cour qui vient ensuite est petite, carrée, et entourée de portiques. Celui du fond donne entrée, d’une part, à une trèspetite cour destinée à éclairer le grand escalier, et de l’autre à la cour de service, autour de laquelle sont disposées les écuries, remises et autres dépendances. Une fontaine, formant point de vue, est -située à son extrémité.

Le grand escalier est d’une noble apparence et bien étudié ; mais il est un peu sombre depuis qu’on à surélevé les bâtiments qui entourent la petite cour servant à lui donner du jour. La largeur des marches est trop considérable et leur hauteur trop faible (exviron 0" ,505 sur 0",112), ce qui forme une sorte de pente douce, dont la montée est peu commode. On distingue, à droite et dans l'épaisseur du mur mitoyen, un escalier dérobé très-petit et circulaire, qui, dit-on, faisait communiquer de l'extérieur aux appartements du premier étage.

La grande salle du rez-de-chaussée, à l’angle gauche du palais, est ornée au plafond d’une belle fresque de Zuccheri, et dans les salles du premier étage on cite encore quelques peintures estimées.

La façade, une des plus remarquables de Rome, est la partie du palais qui se recommande le plus par son importance et son mérite. E’ensemble est calme et noble, les lignes y sont grandes et belles, les étages judicieusement distribués, l’entablement d’un bon rapport et bien profilé; enfin les détails de la porte, des bandeaux, des croisées du rez-de-chaussée et du premier étage sont, par leur correction, dignes d’être offerts à l’étude. On pourrait désirer, et nous faisons cet aveu sans difficulté, que ces mêmes croisées-fussent plus écartées, mais d’une quantité très-minime, et suffisante toutefois pour

atteindre à la parfaite harmonie.

Palais Negroni; partie des détails de la facade.

Le fragment de l'angle de la façade étant reproduit ici sur une échelle plus grande que celle de l’ensemble de la page précédente, on pourra mieux juger de la proportion des croisées, de la valeur des bandeaux, de l'importance de l’entablement , enfin de la disposition des bossages. Cette nouvelle étude, nous l’espérons, fera ratifier nos premières appréciations. Quant aux détails de la croisée du rez-dechaussée et de la porte d'entrée, on reconnaîtra sans doute que les lignes y sont belles, le profil simple et noble, et les consoles d’une forme élégante et d’un galbe pur; le tout dans une sorte de style éclectique, approprié au goût du plus grand nombre. Si on ne retrouve pas dans ces détails la finesse, la grâce et l'originalité qui caractérisent les œuvres de ces artistes éminents qu'on nommerait volontiers les princes de l’architecture, du moins on ne peut leur refuser un mérite réel, des qualités solides, et l'avantage d’appartenir à la bonne école.

Les feuilles qui naissent et se développent sous les consoles manquent de délicatesse dans l'exécution, et l’on se demande avec surprise pourquoi cette négligence de la part d’'Ammanati, qui n'était pas seulement un grand architecte, mais qui était aussi réputé pour nn habile sculpteur.

Lés mezzanines et croisées à crocettes des deux derniers étages sont d’une bonne masse et d’un excellent effet sur l’ensemble ; mais le détail qu’on voit au bas de la planche n’est pas d'un aspect agréable : on croit saisir l’idée de cet ajustement, où contrastent les lignes brisées des crocettes avec les lignes droites qui les enveloppent ; cellesci Constitueraient une sorte de cadre destiné à faire valoir les autres lignes. Mais cette combinaison, qu'on trouve répétée dans plusieurs autres édifices, ne nous semble pas atteindre le but qu’on s’était proposé, et mettre davantage en reliefles chambranles et leurs crocettes.

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