‹ Edifices de Rome moderneChapitre 77 sur 154 · OT | UNE OU · texte numérisé non relu

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deux voütes, mais elle diffère complé-

tement dans le détail : au centre de

l'une, on a représenté la Victoire; la

Renommée figure au centre de l’autre.

Toutes les deux se font remarquer par l’ajustement exquis de leurs arabesques. — On reconnait partout, dans

ET CRITIQUES. A61 ces pièces du rez-de-chaussée, qu'un artiste plein de goût a présidé à leur décoration; car les peintures gracieuses et fraîches qui parent les voûtes, et leurs encadrements si riches, ne sont pas les seules parties méritoires qu'on ait à signaler. L'art, en effet, se retrouve même dans les détails les plus modestes et les moins remarqués , et Jusque dans le carrelage en terre cuite, composé de briques de formes diverses et de couleurs plus ou moins foncées. On voit que ce carrelage résulte d’une combinaison assez ingénieuse ; le dessin en est agréable, et on pourra juger de l’ensemble d’après le fragment que

nous avons placé au bas de la page qui précède.

Villa di papa Giulio ; facade du fond de la grande cour, plan et

coupe sur la cour basse et la nymphée.

Cette partie de la villa est bien inférieure à l’autre, surtout sous le rapport du style de son architecture. Elle à néanmoins du mérite, qu’on retrouve dans l’ingénieuse disposition des plans sur un sol étage, qui rendait les conditions de distribution plus difficiles à remplir. On convient que les loges des deux extrémités, la double rampe, la nymphée avec sa balustrade, que toute cette agglomération de richesse architecturale dans une enceinte aussi resserrée produit un certain effet; mais l’incorrection de divers détails, et plusieurs ajustements d'une combinaison maladroite, jettent dans cette partie réservée de l'habitation une sorte de froideur qui agit sur le spectateur au point de le rendre indifférent dans un lieu où tant d'efforts ont été faits pour lui plaire. Quelques arbres plantés autour de la balustrade de la nymphée, et encaissés dans de petits socles en pierre et à moulures, existatent dans l'origine, comme semble l'indiquer une ancienne gravure. Ces plantations, dans une cour toute de pierre et de marbre, devaient être d'un effet des plus pittoresques ; on conçoit tout le charme que cette

verdure répandait dans ce lieu isolé, et combien l'ombre qu'elle projetait devait y ajouter d'agrément et de mystère.

La facade du fond de la grande cour, qu’on voit au haut de cette planche, n’est pas d’une belle masse. Les parties en saillie, telles que les colonnes et les cariatides , ne lui enlèvent même pas de sa monotonie. Les détails ne rachètent malheureusement pas la faiblesse du parti de l’ensemble. Is n’ont rien de remarquable, si ce n’est cette particularité, que les volutes, aux extrémités des parties saillantes et aux angles de la cour, se ploient de la même manière qu'au temple antique de la Fortune virile, L'inscription de lattique, en l'honneur de Clément XIV qui commenca la restauration, et de Pie VI qui lPacheva, est aujourd’hui enlevée ; nous avons figurée sur la gravure, et en voici le texte :

PIVS SEXTVS P. M IVLIAE VILLAE IAM VETVSTATE CORRVPTAE INCHOATAM A CLEMENTE XIV INSTAVRATIONEM PERFECIT.

ANNO MDCCLXXVIII. PONT. SVI ANNO III.

la coupe, étudiée simultanément avec les plans, vous fait parfaitement connaître la loge de l'entrée et celle du fond, près de laquelle sont placées les volières ; elle vous explique la double rampe ou cor. donata qui fait descendre à la cour basse ; enfin elle vous introduit dans les salles fraîches situées sous les deux loges, et vous fait même pénétrer plus bas, jusque dans l'intérieur de la nymphée.

En fixant son attention sur la première loge, on se demande ce qui a pu déterminer l'architecte à détruire, sans motif apparent, la régularité du vestibule, et pourquoi il a donné, aux deux portes qui se font pendant, une modénature si différente. Il est présumable que primitivement la loge dont il est ici question n'avait qu’une épaisseur à peu près égale à celle de la loge placée à l’autre extrémité, et que la

double rampe où cordonata aboutissait à un palier découvert. Am-

manati, en prenant la direction des travaux, supprima done et envahit le palier, en reportant à son extrémité la facade de la loge; entre les colonnes de cette facade il plaça des balustres à double panse , semblables à ceux qui entourent la nymphée. Il faut croire, comme nous l'avons déjà dit, qu'il était extrêmement jaloux de constater sa particlpation aux travaux, puisque, non content de l'indiquer par une inscription (1), il a cherché à l’exprimer d’une manière plus explicite encore, en changeant de style pour la nouvelle porte, voulant marquer par-une irrégularité flagrante le point où il prenait les constructions. Je regarde la première porte comme l’œuvre de Michel-Ange ou de Vasari, qui dirigèrent momentanément les travaux après la retraite de Vignole, et avant l’arrivée d’Ammanati (2). Je soupçonne toutefois celui-ci d’être l’auteur de l’attique de la facade gravée au haut de cette planche. Les cariatides qui décorent cet attique semblent, en effet, témoigner pour le sculpteur, et, à cette époque, Ammanati n était guère connu que pour tel; on ne s'aperçoit que trop qu'il débutait alors en architecture, et ce n’est pas ici qu'on pourrait retrouver l’habile architecte du palais Negront (3).

L'ensemble de la cour se fait remarquer par un décousu facheux

entre les diverses ordonnances, par l'absence d’une. pensée unique

Mc 0) 4 (1) Cette inscription, en caractère de o0",01h, se retrouve sur la face À du pilastre carré de l’angle de droite du vestibule qui donne entrée aux bâtiments

\ dela nymphée. Elle est placée à la hauteur de 2",04

au-dessus du carrelage, et en voici le texte et la dispo-

sition :

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