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TOO

492 NOYICES HISTORIQUES

chargé par lui d'élever un portique à double étage en avant de la vieille façade, sans détruire les clochers de Pie IV. Ce portique se compose de deux rangs d’arcades superposées;. il est décoré de deux ordres de pilastres, doriques au rez-de-chaussée et corinthiens au premier étage. Le tout est couronné d’une balustrade maintenue par treize piédestaux sur lesquels l’acrhitecte avait projeté de placer les douze apôtres, et le Christ au centre. On voit, d’après notre gravure au trait, que Fontana à supprimé l’ancienne balustrade établie entre les deux clochers.

Le motif de la loge nouvelle n'offre sans doute pas d'originalité. On voudrait dans les détails plus de fermeté et d'élégance, plus de décision dans la moulure et le profil; mais en somme il faut reconnaître que les arcades, comme les ordres , sont d’une proportion satisfaisante, bien qu’elles ne soient pas exemptes d’une certaine maigreur ; et l’on ne peut qu'approuver l’accouplement des pilastres aux angles, comme un ajustement sage, et inspiré par des raisons de solidité. L'inscription de la frise n’est pas entièrement conforme à celle que Fontana a indiquée sur la gravure de son livre. l’une porte la date de 1586, et l’autre celle de 1588. Toutes les deux peuvent néanmoins être admises : la première exprime, sans doute, l’époque de la fondation, et la seconde celle de l’achèvement des constructions. Au rez-de-chaussée comme au premier étage, les votes sont ornées de

peintures et de stucs dorés qui produisent un fort bon effet.

Scala santa.

Nous avons dit que le vieux palais de Saint-Jean de Latran, incendié et ravagé plusieurs fois, était réduit à l’état le plus déplorable lorsque Sixte V le fit démolir pour bâtir celui qui existe aujourd'hui. L'Escalier saint (la Scala santa) fut compris dans cette démolition. Ce monument est composé de vingt-huit marches en marbre blanc, qui

passent pour avoir appartenu au palais de Pilate à Jérusalem, et sur

ET CRITIQUES. 493 lesquelles on pense que le Sauveur dut monter lorsqu'il fut appelé à comparaître devant le juge.

Sixte V prescrivit à Domenico Fontana de transporter cet escalier près de la chapelle voisine de S. Lorenzo, dite Sancta sanctorum, où l’on conservait des reliques aussi très-vénérées, et qui avaient échappé à l'incendie. Fontana disposa donc le nouvel édifice de manière à recevoir ces précieuses reliques , qu'il plaça au premier étage dans une enceinte murée et fermée de grilles ; et en avant de celle-ci il établit l’Escalier saint, qui ne se monte qu'à genoux. Pour faciliter la circulation aux Jours solennels , il ajouta de chaque côté deux nouvelles rampes d'escalier. Cette disposition est parfaitement combinée ;:mais, pour bien lapprécier, il faut recourir au plan détaillé sur la pl. 53 du Tome premier.

Quant à la facade, elle se compose au rez-de-chaussée de cinq arcades ouvertes, sur un pareil nombre de rampes d'escalier. Ces arcades sont séparées par des pilastres doriques qui, au premier étage, ont pour correspondants des pilastres ioniques ; entre ceux-ci existent des croisées à frontons, qui répondent aux arcades. L'ordonnance de cette décoration est bien conçue, mais n’a pas l'ombre d'originalité. La masse générale est d’une belle proportion; les ordres, les arcades et les croisées ont un juste rapport; enfin, le motif de l’accouplement anx angles est empreint d’une sage prévoyance, et produit un heureux effet. On regrette que les détails soient pour la plupart incorrects; que sur toute la longueur de la frise du rez-dechaussée l’espacement et la combinaison des triglyphes soient mal ordonnés: enfin, que plusieurs profils, surtout ceux des croisées,

soient d’un goût bizarre.

Place S. Gio : in Laterano ; vue de la fontaine.

Cette fontaine est adossée au piédestal de l'obélisque qui décore la place ; elle est posée sur le premier socle de ce piédestal, et fait face

à la rue 17 Merulana, qui conduit à la basilique de Sainte-Marie Majeure. Vue à distance, elle produit peu d’effet, à cause du monument colossal qui s'élève au-dessus d’elle ; mais ce gracieux détail plaît davantage lorsqu'on s'en approche. [l n’a pas une grande importance, mais il se rattache bien à l’obélisque, dont il forme comme le complément. La statue assise de saint Jean l'Évangéliste, placée ainsi en avant, est ici pleine d’à-propos, et semble indiquer le culte qui lui est rendu dans les bâtiments placés derrière.

Cette fontaine pourrait être attribuée à Domenico Fontana, ou, avec plus de vraisemblance, à son frère Giovanni Fontana, qui a élevé à Rome un certain nombre de monuments de ce genre.

La portion d’édifice qu’on distingue à droite dans la vue appartient à l'hôpital du Sauveur ; cet hôpital est déjà connu du lecteur, nous

en avons parlé à la page 480.

Vue du monument dit Triclinio Leoniano.

Le pape saint Léon IIT avait fait décorer d’une peinture en mosaique l’abside du triclinium ou réfectoire qu'il avait fait bâtir dans le palais patriarcal du Latran (1). Cette mosaïque avait échappé à tous les désastres du palais, ainsi qu'à la démolition des vieux bâtiments, grâce aux soins du cardinal Francesco Barberini, neveu d'Urbain VII. Lorsque Clément XIT fit agrandir la place, la mosaique fut déposée par morceaux dans une petite chapelle voisine, d’où elle fut ensuite retirée par Clément XIV, qui, en 1743, -chargea Ferdinando Fuga de restaurer ce précieux monument et de lui trouver une place convenable. Fuga disposa donc une abside dont la mosaique fit le principal ornement, et décora cette abside d’un ordre dorique couronné d’un

fronton. L'édifice est d’une noble apparence et parfaitement situé. Il

(1) La situation de l’ancien triclinium se voit sur le petit plan de la page 473 ; ce triclinium

est désigné par la lettre »».

est adossé à la Seala santa, et mis à la fois en regard de la basilique et

de la porteS. Gio-

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