‹ Edifices de Rome moderneChapitre 87 sur 154 · NI · texte numérisé non relu

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Des plans que j'ai retrouvés parmi les dessins d’Antonio da Sangallo démontrent qu'il y fit des travaux. On verra avec intérêt celui de son projet si régulier de restauration, mis en regard du plan désordonné de l’église dont il voulait corriger les imperfections. Antonio da Sangallo y construisit aussi une chapelle, ainsi que Flaminio Ponzio. Cette église, outre d’élégants tombeaux, contenait des peintures par Annibal Carrache, ou exécutées d’après ses cartons par l’Albane et le Dominiquin.

La façade tombait en ruine et était en partie démolie, il y a une dizaine d'années ; on se décida à en achever la démolition.

Porte de l'église S. Giacomo degli Spagnuolr.

Cette porte appartient à la facade postérieure de l’église sur la via de” Sediart, vis-à-vis du collége de la Sapienza. La proportion de l’ensemble est excellente; les moulures sont bien entendues; la sculpture des ornements et des figures est en parfaite harmonie avec le tout.

Détails de la porte de l'église S. € riacomo degli Spagnuolr.

Cette porte, dont le dessin d'ensemble occupe la planche précédente, est intéressante sous trop ‘de rapports pour que nous négligions de développer les détails délicats de son ornementation ; nous nous applaudissons d'autant plus de les avoir reproduits, que ces

sculptures ont, depuis, subi des mutilations.

Plan de l'église S. Giovanni de” Fiorentinx.

Cette église est située, au bord du Tibre, au commencement de la via Julia. Elle doit son origine à une association de pieux Floren-

tins qui, en 1445, au moment où la peste sévissait, se dévouèrent à ensevelir les pauvres ; ils décidèrent ensuite qu'une église serait fondée aux frais des nationaux, et voulurent surpasser en magnificence dans cet édifice les églises que les autres nations catholiques se cons-

truisaient à Rome.

D Michel - Ange fit cinq projets ;

a é4 nous reproduisons ci-contre un de ot ces projets (plan, façade et coupe),

qui, pour la disposition, a quelque ressemblance avec le Panthéon.

Antonio da Sangallo, Baldassare Peruzzi, Raphaël, concoururent également; mais Léon X donna la préférence au modèle de Jacopo Sansovino. Celui-ci, trouvant l’espace trop restreint, imagina d’em-

piéter sur le Tibre. Outre le surcroît considérable de dépense, il 6o.

rencontra de graves difficultés pour établir à quinze cannes ses fondations dans l’eau. Une chute qu'il fit suspendit les travaux. I les reprit plus tard; mais, après le sac de Rome, en 1527, il se réfugia à Venise; et Antonio da Sangallo, appelé à le remplacer, surmonta les difficultés et donna des preuves de son habileté comme constructeur. Giacomo della Porta jui succéda; puis à celui-ci Carlo Maderno, qui fit la décoration du chœur. Enfin, Alessandro Galilei, sous Clément XII, en 1734, exécuta la facade qui existe aujourd'hui et qui porte un cachet de grandeur.

En 1845, on établissait à l’intérieur de l’église un pavé de marbre

dont les compartiments étaient assez bien composés.

Tombeau d'Hieronimo Butio, dans l'église S. M. sopra Minerva.

Parmi les églises de Rome, on signale celle de 5. M. sopra Minerva comme étant une des plus riches en tombeaux des xv° et xvi° siècles. Celui d'Hieronimo Butio, disposé sur le dernier pilier de gauche, bien qu'étant un des plus simples, présente cependant de l'intérêt, si l’on considere la finesse, le bon goût et la souplesse de ses sculptures, surtout de celles de la frise et du champ compris entre les

chapiteaux des pilastres.

Plan de l “hopital et de l'église di. Spirito et du palais du Com-

mandeur.

L'hôpital di San Spirito, le plus considérable de Rome, fut fonde en 1198 par Innocent III. La désignation : #7 Saxia ou Sussia, ajoutée à son nom, provient de la rue voisine des Saxons, où Ina, roi des Saxons de l'Occident, avait construit, en 717, un hospice pour ses nationaux. D'autres voient dans le nom de cette rue un souvenir des Saxons qui logeaient en ce lieu lorsque Charlemagne délivra l'Italie

du joug des Lombards. Cet hôpital fut si richement doté, qu'on

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l’appelait : le plus grand seigneur de Rome ; il possédait une grande partie du territoire entre Rome et Civita-Vecchia. Un incendie terrible, qui eut lieu en 817, et un second, en 847, détruisirent les bàtiments, qui furent en partie rétablis par Léon IV. Plus tard, les ravages de l'empereur Henri IV, qui assiégea Rome en 1081, et ceux exercés par les soldats de Robert Guiscard, accouru au secours du pape, dévastèrent tellement ce quartier de la ville, qu'il ne resta même pas de traces de l'établissement. Cet état de choses subsista jusqu’à Innocent ILE, à la fin du x siècle. Il ordonna une construction nouvelle, dont fut charge l'architecte Marchionne XIII, d’Arezzo. Innocent IV en augmenta l'étendue. Il ne reste aujourd’hui aucun vestige de ces anciens ouvrages. Sixte IV, en 1471, et ensuite Innocent VIT, firent renouveler une grande partie des bâtiments par l'architecte Baccio Pintelli, et peut-être par le Pollajolo. C’est au premier de ces architectes qu’est dü le dessin de l’église; ce dessin, fut du reste modifié sous Paul If, par Antonio da Sangallo. Sous Grégoire XIN, Ottaviano Mascherino construisit le palais du Commandeur, qui réunit l'hôpital à l’église; enfin Ferdinando Fuga exécuta, sous Benoît XIV, une salle nouvelle dans le prolongement de la façade.

André Palladio, à l'époque où il

à SÉER __e Ù EN étudiait et mesurait à Rome les mosé # 7\ numents antiques, érigea un autel au SE À on do À milieu de la longue salle de l'hôpital; EE —— a - # et cet autel est l’unique production - = a a de ce grand maître, qui existe à Rome. > | La vignette, en forme demédaillon, LU | intercallée ici dans le texte, donne la de vue de la porte di S.Spirito, de l’é-

olise et de l'hôpital qui sont contigus, tels qu'ils sont figurés dans un ancien plan de Rome, à la date de 1555, conservé dans cette ville à la bibliothèque de la Minerva.

L'hôpital est spécialement destiné aux fiévreux; on n’y admet que

des hommes. Il y à aussi une salle pour les opérations chirurgicales. Les salles, tant grandes que petites, sont au nombre de douze et contiennent 1680 lits. Quatre médecins en chef et deux chirurgiens sont chargés du service. Deux salles sont affectées à l’école de médecine clinique, fondée par Pie VIT. L'hôpital possède un musée anatomique, une belle salle de dissection, une pharmacie, une collection d'instruments de chirurgie et une bibliothèque. À l'hôpital di San Spirito sont annexés deux autres établissements : le premier est un hospice des enfants trouvés, dont le nombre s'élève annuellement à 800; le second est un hospice contigu, rue de la Longara, destiné aux aliénés des deux sexes; il peut contenir 500 individus. l’administration est confiée à un prélat, qui est commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, ordre de prêtres réguliers et hospitaliers, fondé au xu° siècle par Guy de Montpellier. Ils portent l’habit ecclé-

siastique, et sur la poitrine une croix de soie blanche.

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Le long portique de la façade, aujourd’hui bouché, se reconnaît

encore parfaitement bien au milieu des constructions modernes. Sur

un vieux dessin que nous croyons être du xvi‘ siècle, et qu'on pourrait

attribuer à Ottaviano Mascherino, ce portique est clairement indiqué ;

l’on y voit en outre un petit avant-corps que nous avons rétabh.

Après avoir donné le plan détaillé des constructions de l’hôpital

et de l’église di S. Spirito, qui offre un objet d'étude d’un haut

intérêt, 1l nous eût semblé regrettable de ne pouvoir pas faire

connaître le beau développement des façades. La gravure sur bois,

placée au bas de l’autre page, est destinée à montrer cette longue pers-

pective des bâtiments ; elle permet de-se former une idée de l'aspect

grandiose de ce vaste ensemble.

Palais du commandeur di S. Spirito ; Borgo di S. Spirito.

Ce palais, situé entre l’église et l'hôpital, fut construit, comme il

est dit à l'article précédent, sous Grégoire XII, par Ottaviano Mascherino, architecte bolonais, qui mourut âgé de quatre-vingt-deux ans, sous le pontificat de Paul V.

La cour est carrée et d’une architecture régulière. Les portiques du rez-de-chaussée et les galeries du premier étage y forment des promenoirs commodes, bien ouverts à l’air et à la lumière. Le portique est décoré de quelques figures sans valeur. Cette cour est ornée d’une fontaine d’un goût peu correct, mais d’un effet agréable. et la vue du ciocher voisin, celui de l’église di

San Spirito, contribue à lui donner un aspect

pittoresque...

Nous donnons ci-contre un détail de ce clo-

HUM cher, dont la composition et les proportions entendues. Selon Vasi, il aurait été la seule partie con-

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servée de la première église, bâtie à la fin du xn° siècle. Si cela est,

son architecture à du être modifiée à l'extérieur. PLANCHE 958.

Détails pris dans l'église dr. Spurito et dans le palais du Cont-

marndetr.

x1V, 9-50 Plusieurs détails réunis sur cette planche, et provenant, soit de l’église di S. Spirito, soit du palais

du Commandeur, sont dignes de fixer

l'attention. On remarquera surtout les

fragments empruntés à l’église, dont

les profils et les ajustements ont de l’analogie avec des détails du palais Farnèse , et démontrent une origine commune. L'on a vu, én effet, ci-dessus qu'Antonio da Sangallo fut chargé de la direction des travaux de l'église, à

l'exception toutefois de ceux de la fa-

cade, qu'on attribue, et avec raison je crois, à Ottaviano Mascherino.

Deux détails de cette planche preé-

sentent les arabesques sculptées sur

le pilastre de la chaire de l’église et

dans les compartiments du dais. Cette chaire elle-même, d’une bonne pro-

portion, et où les divisions et la dis-

tribution du décor sont bien enten-

TOUR jil . A a TE dues, nous a paru digne d'être repro-

duite. On la trouve figurée iei dans une gravure sur bois, à laquelle on pourra rapporter le dessin des ornements donné dans la planche

à une plus grande échelle,

Seconde cour de l ‘hopital di: Spirito : coupe de la cour et détail

de la fontaine.

Les deux cours oblongues, situées derrière la grande salle de lhôpital, sont décorées de portiques dans le style particulier à Baccio Pintelli; c'est-à-dire, ayant de la finesse dans les profils, mais en mème temps une certaine sécheresse dans l’ensemble.

La fontaine présente de même: quelques bonnes parties, mais d'autres sont d’un galbe moins heureux; toutefois l’ornementation, d’un goût assez sévère, est convenablement appropriée au lieu, et son aspect général ne manque ni d'élégance, ni de légereté. |

Ensemble et détails de la porte d'entrée de l'hôpital di S. Spirito.

Cette porte méritait d’être reproduite dans son ensemble et dans les détails de son ornementation. L'extrème élégance des sculptures qui l’encadrent témoigne de l’heureux épanouissement de l’art à cette époque du xv° siècle, où deux artistes, Baccio Pintelli et Giuliano da Sangallo, se font remarquer par de si brillantes qualités. |

Le siècle d’or de la sculpture -d’ornement fut, comme celui de la peinture, de 1450 à 1550. Au milieu de la vie qui anime l’art et du mouvement qui l'emporte alors, la tendance générale du style présente de l’analogie avec celle qui régnait au beau siècle de la Grèce; aux deux époques, quelles que soient les différences profondes qui les séparent, les esprits ont eu la même, aperception vive et nette de la forme, et le même goût jeune et pur a

pré valu.

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