‹ Edifices de Rome moderneChapitre 88 sur 154 · AU · texte numérisé non relu

AU

1, Go.

Plan et vue du cimetière de Phopital di S. Spirito et chapelle del SS. Crocifisso.

Ce cimetière, situé à proximité de hôpital di S. Spirito, est destiné à en recevoir les morts. On y remarquera l'alignement des tombes régulières et uniformes. | |

Après avoir enlevé la pierre de recouvrement, on descend le corps dans la fosse et on y jette de la chaux vive, qui le consume. Cette disposition est due à l’architecte Fuga. Les murailles de l’enceinte sont d’un dessin architectural simple-et correct, et ont été décorées par lui de peintures; elles laïssent apercevoir quelques édifices voisins et les collines à l'horizon.

La chapelle est petite, et sa rotonde, surmontée d’un dôme peu élevé, complète d’une manière convenable l’ensemble de la perspective.

Plan de l'église di S. Bibiana, via di S. Bibiana.

Cette église est située dans le quartier désert qui. est proche de la porte S. Lorenzo. Elle occupe, selon les légendes, lé lieu où furent inhumées, après leurs martyres, Bibiana et sa sœur Démétria, filles d’un préfet de Rome; elle fut élevée en 365 par la matrone Olympina; consacrée par le pape Simplicius, en 470; restaurée en 1224, par Honorius If, et reconstruite par Urbain VIIF, sur les dessins de Bernini, qui ajouta la facade. |

L'intérieur, assez petit, est divisé en trois nefs par huit colonnes antiques, dont six sont de granit. Sur le maïtre-autel est une statue en marbre de sainte Bibiane, considérée comme un des plus beaux ouvrages de Bernini, et dont la pureté de style contraste avec le goût

tourmenté de ses derniers ouvrages. « L/urne qui est sous l’autel ren-

ET CRITIQUES. 949 ferme les dépouilles des deux sœurs et de leur mère; elle est en albâtre oriental et a dix-sept pieds de tour. C’était le plus gros morceau d’albâtre oriental qui fût à Rome avant les colonnes que le pacha d'Égypte envoya en cadeau à Grégoire XVI, pour l'église S:Paul-

Plan de l'église Gest e Maria, via del Corso.

Carlo Milanese fut, en 1640, l'architecte de cette église, qui brille par la richesse décorative de ses intérieurs. Le mérite de cet édifice consiste particulièrement dans la belle disposition et les proportions du plan. L'entrée, à droite, conduit au cloître; celle de gauche ouvre sur un simple corridor, qui aboutit à la riche sacristie ; celle-

ci communique, soit avec le chœur des chanoines, soit avec l’église. PLANCHE 262.

T'ombeau de Giovanni della Rovere, dans l'église S. M. del Popolo.

La famille della Rovere, suivant quelques historiens, était originaire du territoire de Savone, près de Gênes; elle fut tirée de l’obscurité par suite de l'élévation au pontificat de Sixte IV, auquel on reprocha les abus du népotisme, et surtout par suite de celle de Julien della Rovere, qui monta sur la chaire de saint Pierre, en 1503, sous le nom de Jules I.

Le tombeau, gravé au haut de la planche 262, est placé à droite en-entrant dans l’église S. M. del Popolo, sur la paroi de droite de la deuxième chapelle. Le défunt est représenté couché. L'inscription indique sa parenté avec Sixte IV, et qu’il mourut en 1483, à l’âge de quatrevingts ans. Ce tombeau n’a qu'une importance secondaire, au milieu des monuments si remarquables du même genre réunis dans cette mème église; cependant il offre quelque intérêt à cause de sa dispo- sition.et de la finesse d'exécution de la sculpture.

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Me

Tombeau du cardinal Antonio Pallavicint, dans l'église

S: M. del Popolo.

Il est situé dans la première chapelle à gauche, dans l’église S. M. del Popolo, et à gauche dans cette chapelle. Le dessin, la proportion et l’ornementation du sarcophage sont excellents. L'étude de l’ordre composite, les caissons sous l’architrave, les diverses arabesques et autres détails sont pleins de gout et d'élégance. Les figures de la madone et des anges ont de l'expression et du charme dans les poses. Quelques parties sont dorées, d’autres sont teintées en rouge et en

bleu d’une manière fort harmonieuse.

Fragments de balustrade.

Sur les côtés de la planche précédente sont disposés de beaux fragments de la balustrade fermant une chapelle du transsept de droite, dans l’église S. M. sopra Minerva; les balustres ont un galbe élégant et qui ne manque pas de fermeté; la sculpture en est variée et de bon goût. On prétend que l’un de ces balustres est antique. L'examen de cette question m’a échappé. Il mérite cependant de fixer l'attention ; il serait intéressant, en effet, de constater l’existence d’un exemple de balustre antique. On sait que jusqu'ici on n’a trouvé dans aucun édifice antique un exemple de ce genre d'amortissement, dont

on fait aujourd’hui un emploi si fréquent et si banal. PLANCHE 263.

T'illa Farnesiana ou jardins Farnèse, situés sur le mont Palatin;

plan et vue d'une partie du Forum.

Le plan et la vue du Forum antique gravés sur cette planche, donnent avec exactitude la situation de la villa Farnesiana, sur le

mont Palatin, Aucun site ne pouvait être plus favorable que cette col:

line, qui fut le berceau de Rome, et où plus tard les Césars euxmêmes avaient assis leurs palais. C’est sur ce sol tout couvert de substructions antiques, et où chaque jour on faisait d'intéressantes découvertes, que le pape Paul [IT (Farnèse) voulut se faire élever une maison de plaisance.

Dans ces jardins si pittoresques, les rampes, les fontaines, les grottes, les volières, sont disposées avec symétrie, et la verdure des gazons et des bosquets s'associe d’une manière heureuse au bel ensemble tracé par Vignole et par d’autres architectes ingénieux qui y ont ajouté des embellissements. On peut cependant y relever des erreurs de goût qui surprennent de la part d’un architecte justement considéré comme le chef de l'ecole classique. Quand on étudie les œuvres de ce maître, on remarque que Vignole, s’il conserva tou- Jours une correction extrème dans ses constructions de ville, se permit parfois des licences et même s’abandonna à quelques bizarreries dans $es travaux exécutés à la campagne; son expérience lui ayant sans doute fait reconnaître qu'ici, dans les conditions pittoresques particulières résultant de l'alliance de l'architecture et de la verdure, il pouvait, sans inconvénient, se relâcher au besoin de sa sévérité habituelle. |

Si l’on cherche à pénétrer la pensée d'ensemble qui a dù présider à ces travaux, on croit reconnaître qu'elle n’a pas reçu son complet développement, et que les constructions, au lieu d’avoir été élevées d’un seul jet, ont été entreprises à diverses époques et par divers artistes ; on reste persuadé que, dansle principe, l'architeete avait concu le projet d’un vaste palais, dont nous ne trouvons ici que des accessoires ou des dépendances. Probablement, après la mort de Paul IE, son neveu le cardinal Alexandre Farnèse, déjà engagé dans des dépenses considérables pour sa villa de Caprarola, ce magnifique palais que Vignole lui construisait du côté de Viterbe, aura-t-il été contraint de ralentir ou même de suspendre les constructions moins avancées

de la villa Farnesiana.

C’est au roi de Naples, héritier des biens des Farnèse, qu'appartiennent aujourd’hui ces jardins. Le manque d'habitation a contribué sans doute à l’état d'abandon dans lequel ils sont tombés. Ces terrasses, ces pavillons, construits avec des débris antiques, sont à leur tour devenus une espèce de ruine moderne, qui menace d’aller se

confondre avec les ruines du palais des Gésars. PLANCHE 9264.

Fill Farnesiana ou jardins Farnèse, sur le mont Palatin ; facades

intérieures et extérieures.

Les jardins de la Farnesiana présentent un aspect très-varié et très- pittoresque, par suite du mouvement de terrain et de la perspective des bâtiments qui s'élèvent en amphithéâtre; mais au point de vue de l'architecture, la partie inférieure est la plus digne d’attention : sa décoration doriqué, classique et régulière, est évidemment l'œuvre de Vignole.

Les deux volières du fond sont d’un style bien éloigné de celui de ce maître ; elles sont attribuées à Girolamo Rainaldr. Le soubassement de ces volières est décoré de peintures en sgraffito fort dégradées, et qui n’ont jamais dû être que: d’une valeur assez médiocre. Quelques-uns ont prétendu que la partie supérieure des terrasses à

été exécutée d’après des dessins de Michel-Ange. PLANCHE 9265. ,

Jardins Farnèse, sur le mont Palatin ; vue intérieure des jardins

et coupe générale sur la longueur.

Cette planche complète la connaissance de l’ensemble des jardins Farnèse. La coupe sur la longueur montre l’inclinaison des rampes, et rend compte de la hauteur des terrasses successives, en même

temps qu'elle fait voir la disposition des grottes et des constructions

er

À ; os] ET CRITIQUES. 23

souterraines. La vue intérieure fait bien saisir l'étendue des jardins,

ainsi que leur aspect général, combiné d’une manière pittoresque

D avec celui des monuments du voisinage, tels que les ruines du palais

des Césars, le Capitole et une partie des ruines du Forum, qui forment ici une de ces belles perspectives si caractéristiques dans la

ville de Rome.

PIANCHE 9266.

Eglise. de” SS. Nereo ed Achilleo; plan, facade, détails

et vue tntérieure.

Cette église, et le cloître qui en dépend, sont situés entre la via di Porta Latina et les thermes de Caracalla. Les deux saints, Nérée et Achillée, auxquels elle est consacrée, étaient des eunuques de sainte Flavie Domitille; on dit qu’ils recurent, ainsi qu'elle, le martyre à Terracine, sous Trajan. En 523, Jean [‘", leur éleva un oratoire, qui fut converti en une église par Léon II, à la fin du vint siècle. En 1597, elle était dans un état de dégradation tel, que le cardinal Baronius, qui alors en était le titulaire, dut la faire rebâtir en entier. Il chercha à lui conserver, ou, selon quelques-uns, à lui donner le caractère des anciennes basiliques. Outre la confession, il fit placer les ambons pour la lecture de l'Évangile et de l’Épitre. Au fond de l’abside, décorée de peintures en mosaïque, est le siége de marbre où s’assit saint Grégoire le Grand, lorsqu'il prononça dans cette église sa vingt-huitième homélie. Une partie de cette homélie est gravée sur le dossier. Le ciborium, ou baldaquin de l'autel, est soutenu par quatre belles colonnes de marbre africain. Sur la petite place, devant la porte d’entrée, s'élève une colonne de granit portée par une base de porphyre. La facade est d’une extrème simplicité; elle pourrait servir de modèle pour une église de campagne.

Il y avait sur l'enduit de cette facade des peintures que le temps à dégradées et qui aujourd’hui sont illisibles.

XII

Palais Stoppani, aujourd'hui l'idoni.

Bien que l'architecture de ce palais soit de l'immortel Raphaël, le plan ne présente pas un motif décidé et de quelque valeur; aussi nous sommes-nous borné à n’en donner que la partie la plus apparente.

Dans l'examen de la facade, dessinée aussi par Raphaël, il faut faire abstraction de l’attique qui en altère l'ordonnance, et dont la mesquine addition est due à l’architecte Sansimoni. Cette facade est d'une uniformité trop continue; on y regrette l'absence de parties saillantes qui l’accentuent davantage et en rompent la monotonie. Le premier étage, à colonnes doriques accouplées, manque de caractère et trahit quelque mollesse dans. les profils. Au rez-de-chaussée, qui est à bossages horizontaux et verticaux au centre, et à bossages de lits seulement aux deux extrémités, lés ouvertures sont d’un dessin indécis et combinées entre elles d’une manière peu heüreuse.

Ce palais, dans le principe, fut bâti pour les dues Caffarelli; il devint ensuite la propriété du cardinal Stoppani ; puis il échut par hérédité au cardinal Vidoni , dont la famille le possède aujourd'hui. Charles-Quint y séjourna lorsqu'il vint à Rome.

Plan du palais Camerata, piazza dell Orologio.

Il y a un double portique; les colonnes sont accouplées. On y

trouve de bonnes proportions.

Plan du palais S. Giacomo deglt incurabili, piazza di Sciarra.

Jolie disposition de plan; portique aboutissant à deux beaux es-

caliers.

Basilique de S. Lorenzo, hors les murs:

Cette église, curieuse par ses restes antiques, est une des cinq basiliques patriarcales; elle est située. sur la via Tiburtina, à un mille de la porte San Lorenzo. Sa première construction date de Constantin, qui l’éleva vers 330 sur un champ appartenant à Cyriaque, natrone romaine, et où celle-ci avait enseveli les corps de plusieurs martyrs, et notamment celui de saint Laurent. Cette basilique fut plusieurs fois reconstruite. Honorius [IT en changea, dit-on, la direction en y ajoutant la grande nef, et il fit batir le portique en 1216. Au xv° siècle, sous Nicolas V, une restauration fut opérée par l’architecte florentin Bernardo Rosellini. Enfin cette basilique fut mise dans l’état actuel par les chanoines réguliers de Latran, de la congrégation du Rhin, qui la possèdent depuis Sixte IV. C'est au cardinal Oliviero Carafa qu'est du le plafond doré.

Ces reconstructions et restaurations si nombreuses ont nécessairement fait perdre à la basilique de Saint-Laurent sa physionomie primitive; cependant c'est, avec Sainte-Agnès et Saint-Clément, une des églises où le caractère archaïque a étéle moins altéré. Elle est précédée d’un portique ou narthex couvert d’un toit en appentis. Dans les premières basiliques, le narthex,. au lieu d’être extérieur, était intérieur, et placé entre l'entrée et la première travée de la nef. M. Alb. Lenoir, dans un article de la Revue générale de l'architecture, a établi que cette disposition fut abandonnée à partir du ve siècle; le narthex devint alors un corps de bâtiment en saillie, en avant de la facade de l’église. On'sait que c’est dans le narthex que se tenaient primitivement les catéchumènes et certaines classes de pénitents, Le portique est ici soutenu par six colonnes antiques d'ordre ionique de diamètres inégaux, ainsi que les colonnes de la grande

nef; les chapiteaux ont été rapportés. Les peintures des portiques sont, dit-on, du temps d'Honorius IL, et représentent des sujets relatifs à l’histoire de ce pape du commencement du x siècle.

L'intérieur de l’église présente deux parties distinctes. La première et la plus récente est la grande nef, divisée elle-même en trois nefs par vingt-deux colonnes ioniques, presque toutes en granit. Une particularité de leur ornementation a fait penser qu’elles provenaient des temples de Jupiter et de Junon, élevés au centre du portique d'Octavie et antérieurs à ce portique bâti par Auguste. En effet, sur la volute des chapiteaux de deux de ces colonnes, on voit sculptés un lézard et une grenouille (voir au bas de la planche 268 ); et Winckelmann à cru retrouver dans ces figures d'animaux, dont les noms sont en grec Saura et Batrachos, les emblèmes des noms de deux artistes grecs dont parle Pline (1).

Quelques archéologues cependant trouvent ces sculptures des colonnes de la basilique Saint-Laurent trop inférieures: pour croire qu'elles soient de la bonne époque des artistes cités par l’auteur latin. Du reste, on a remarqué dans les chapiteaux de ces colonnes quie le sorgerin est placé à quelque distance au-dessous de l’échine, et que les coins des volutes étaient couverts de feuillages sculptés. 00

À droite de la porte d'entrée est un sarcophage antique, orné d’un bas-relief représentant une cérémonie nuptiale; il sert de tombeau au cardinal Fieschi, neveu du pape Innocent IV. Deux ambons de marbre (voir Saint-Clément, page 535) marquent le commencement du chœur, dont l'enceinte a été supprimée. La seconde partie, au

fond de l’église, formant le sanctuaire et le presbytère, a été exhaus-

(1) I ne faut pas oublier, dit-il, Sauras et Batrachas, Lacédémoniens, qui ont fait les temples renfermés dans les portiques d'Octavie. Quelques-uns penseut qu'ils étaient fort riches et qu'ils avaient construit ces ouvrages à leurs dépens, espérant y inscrire leur nom; mais que, l'inscription leur ayant été refusée, ils y suppléèrent en un autre lieu et d’une autre façon : toujours est-il qu'aujourd'hui encore on voit gravés sur les tores des colonnes (x columnarum spiris) un lézard et une grenouille, emblèmes de léurs noms, (Pline, traduction: de Littré, livre XXX VI, 4, 28.)

sée au-dessus de la première, et commence à l'endroit où est la confession où chapelle souterraine. Elle est également divisée en trois nefs par des colonnes de marbre à moitié enfouies et qui posent sur l’ancien pavé de l'édifice (voir la planche 272). Les deux premiers chapiteaux sont d'ordre composite, et ont des trophées au lieu de feuilles d’acanthe; les autres chapiteaux sont d'ordre corinthien. L'entablement porté par ces colonnes est composé de fragments provenant de divers monuments antiques, et dont quelques-uns sont d'un beau travail. Au-dessus de l’entablement s'élève un ordre de colonnes plus petites, qui contribue à. donner à cette partie, la plus ancienne de l'édifice, de la ressemblance avec les basiliques antiques.

La planche 268, outre le plan général de la basilique San Lorenzo et du couvent qui s’y rattache, donne une vue de cette église et de ses dépendances; la place qui la précède est ornée d’une colonne que surmonte une croix et de deux piédestaux portant les emblèmes des sept collines de Rome, qu’on retrouve si souvent répétés sur les monuments de la ville. Au bas sont reproduits des détails des ordres inférieurs de la nef et de l’ordre du portique extérieur avec son riche entablement.

Plan de la basilique de S. Lorenzo ; détails des ambons

et des mosaiques.

La planche précédente contient le plan général de l’église et du couvent; celle-ci présente le plan particulier de l’église seulement, à une plus grande ‘échelle. À l'extrémité de la grande nef sont deux escaliers qui montent au sanctuaire, surélevé au-dessus du sol de la nef, et entre ces deux escaliers un troisième qui descend à la confession ou chapelle souterraine, dans laquelle reposent, dit-on, les corps de saint Laurent et de saint Étienne, proto-martyr. Derrière le

maître-autel, recouvert d’un ciboire, la tribune, ainsi qu'on appelle

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en Îtalie cette partie du chevet des basiliques, où était le preshyterium, ne se termine pas ici en hémicyele, comme à Saint-Clément (Voir planche 248). Au fond est la cathedra où siége épiscopal. Le pavé de la tribune est en opus alexandrinum. Les douze colonnes

qui entourent le sanctuaire et la tribune reposent sur un sol plus bas.

Basilique de S. Lorenzo : plafond, ambon, détails de caissons

et de charpente.

Nous donnons ici l’ensemble du plafond de la grande nef, qui présente une jolie combinaison, et dont les caissons offrent une ornementation élégante et délicate. La décoration del'ambon, pour la lecture de l'Évangile, est en mosaïque. À côté est la colonne destinée au cierge pascal et qui repose sur deux lions, disposition symbolique assez fréquente en Italie pour les colonnes des porches des

églises au moyen âge.

Vue intérieure de la basilique de S. Lorenzo, prise de la grande nef.

Cette vue est pittoresque et d’un effet très-varié. On achève d'y prendre une juste idée de l'ordonnance des ambons, ainsi que de l'ajustement des escaliers montant au sanctuaire et de l’ouverture de celui qui descend à la confession. Cette gravure est d’une franchise d'exécution remarquable. Le graveur avait soixante-douze ans quand il terminait le travail de cette planche et de la suivante.

Vue intérieure de la basilique de S, Lorenzo, prise du sanctuaire.

Toute la partie du sanctuaire, comme il a été dit aux précédents

articles, est élevée de plusieurs marches au-dessus du sol. On voit comment les sièges en pierre qui entourent le presbyterium masquent . \ de . ; jusqu'à la moitié de leur hauteur les colonnes qui reposent sur le pavé inférieur. On remarquera que le bel entablement porté par les chapiteaux corinthiens est composé de fragments divers. Les deux fenêtres placées à droite et à gauche de la mosaïque de la grande P 5 arcade rappellent la disposition des fenêtres latérales de la nef, qui, dans le principe, étaient closes avec des plaques de marbre, percées d'ouvertures circulaires, où étaient fixés des morceaux de

verre ou d’albâtre.

Plan et coupe de l'église 59, Cosmo et Damiano.

Cette église est située sur le Campo-Vaccino, entre le temple d’Antonin et de Faustine et la basilique de Constantin, ou temple de la Paix. La rotonde qui lui sert de vestibule est considérée comme ayant fait partie d’un monument antique. D’après le caractère de la construction, et une inscription qui se lisait encore au xvi° siècle sur la façade, cet édifice serait de l’époque de Constantin. Au commencement du xvu* siècle, les pierres en travertin des murs furent enlevées pour servir à la construction de l’église de Saint-Ignace. S'il faut en croire les écrivains ecclésiastiques qui parlent de l’origine de l'église des saints Côme et Damien, cette rotonde aurait été la cella d’un temple de Romulus et de Rémus. Mais, Romulus ayant déjà son temple particulier, les écrivains régionnaires, pour distinguer celui qui nous occupe ici, lui donnèrent seulement le nom de temple de Rémus. C’est à côté de ce temple qu'en 527 le pape Félix IV éleva une église dédiée aux saints Côme et Damien, Arabes de naissance et médecins, qui reçurent le martyre sous Dioclétien. Ils étaient frères comme les fondateurs de Rome; et ce point de’ rapprochement viendrait peut-être à l'appui de la dénomination première de

OT

l'édifice. Le christianisme aura voulu élever un autel aux deux frères martyrs, à l'endroit même où le paganisme adorait aussi deux frères, les premiers du nom romain. Cependant, bien que cette dénomination soit généralement admise, quelques antiquaires modernes la contestent. La même incertitude existe sur l’âge et la destination de deux colonnes en cipolin, debout devant l’oratoire de la via Crucis, à côté de l’église des saints Côme et Damien, et que l’on a prétendu avoir fait partie du portique du temple. Elles furent déterrées en 1755.

En 689, le pape Sergius [* fit couvrir de lames de plomb la coupole de la rotonde qui avait été réunie à l’église construite par Félix IV. En 780, Adrien If fit exécuter une réparation générale; d’autres papes ajoutèrent divers embellissements. Cependant, par suite de l'exhaussement considérable du sol de cette partie de Rome, le pavé de l’ancien temple’était enfoui et se trouvait au niveau dé celui du temple voisin d’Antonin et de Faustine, où cet exhaussement apparaît d’une manière si évidente.

C’est sur le pavé de cette rotonde qu'était gravé le plan de-Rome antique, dont les fragments, recueillis sous Paul 111, ornent aujourd’hui l'escalier qui mène au musée du Capitole. On sait que ces fragments, que l’on croit être de l’époque de Septime Sévère, contiennent, en totalité ou en partie, le plan du portique d’Octavie, de la basilique Émilienne, des Septa Julia, des thermes de Titus, de la scène du théâtre de Marcellus, du théâtre de Pompée, etc... Au-dessous du pavé de l’ancienne église souterraine se trouve encore un second souterrain...

Cependant, l’exhaussement du sol rendant l’église des Saints Come et Damien trop humide, Urbain VIIT, au xvn° siècle, la fit entièrement rebâtir sur les dessins d’Arrigucei ; l'inscription suivante donne l'énoncé de ces travaux : Urbanus VIIL, Pont. Max. templum geminis urbis conditoribus superstitiose dicatum, a Felice III (Félix IV, suivant Baronius), sanctis Cosmæ et Danuano fratribus consecratum, vetustate

labefactatum, dejectis lateralibus parietibus, totius superioris Basilicæ

ET: CRITIQUES. 561 a se exædificatæ excitatis, fornice medio inter inferiorem et hance exstructo, nOvO imposito laqueari, area denique complanata, in splendidiorem formam redegit, anno MDC XX XJIL, Le pavé fut donc exhaussé au niveau du sol moderne, au moyen d’une voûte construite entre l'église inférieure et l'église supérieure (fornice medio inter inferiorem et hanc exstructo). La rotonde, avec sa coupole inférieure en hauteur à l’église nouvelle, fut conservée comme vestibule; la partie supérieure de l’ancienne abside fut également conservée; mais elle ne se raccorde point à l’intérieur avec les lignes de l’architecture de l’église nouvelle, comme cela a lieu, par exemple, dans la basilique de Saint- Clément. (Voyez la coupe de la planche 248.) La hauteur de l’entablement du grand ordre correspond ici au tiers de la naissance de la voûte de l’abside.

La disposition du plan de l'église, reproduit ici, n’est pas sans quelque mérite. La mosaïque de l’abside est d’un très-beau caractère. Sous Alexandre VII, le cardinal Barberini la restaura, et l’on rétablit alors la figure de saint Félix, qui avait été précédemment convertie en

celle de saint Grégoire.

Plan de l'éghse S. M. delle Grazie; «& porta Angelica.

L'église S. Maria delle Grazie est située dans le quartier du Borgo, xiv, à l'extrémité de la via di porta Ængelica, et près de la porte de Rome de ce nom. Le plan n’en a été donné ici qu'à cause de la disposition

originale qu'il présente.

Plan de l'église S. Giovanni; «à porta Latina.

Ce plan, gravé à l’opposite du précédent, est celui d’une petite x, 6 église ayant une disposition analogue à celle des basiliques, et située à l'écart, près de la via di porta Latina, à cette extrémité déserte de Rome que l’on ne visite guère que pour y aller voir le tombeau

des Scipions. Cette église fut élevée sur l'emplacement d’un ancien temple de Diane et à quelque distance de la chapelle ronde, dite de San Giovanni in Oleo, qui est devant la porte Latine, à l'endroit même où, selon les légendes, saint Jean fut plongé dans l'huile bouillante sans en éprouver aucun mal. (Voyez Ie" volume, planche 25.) Parmi les restaurations de cette église, on en cite déjà une, en 772, par Adrien If. [intérieur estidivisé par dix colonnes de marbres

différents. }

Fontaine de l'obélisque de la place Navone.

Cette fontaine est située au milieu de la place Navone, vis-à-vis de l’église de Sainte-Agnèse. Elle fut élevée du temps du pape Innocent X (Pamphili), sur les dessins de Bernini. L’obélisque, en granit rouge, provient du cirque de Romulus, fils de Maxence, dont les ruines sont en dehors de la porte San Sebastiano, et à peu de distance du tombeau de Cecilia Metella. « Le style des hiéroglyphes et les noms de Vespasien, de Titus et de Domitien, qu'on y lit, démontrent qu'il fut taillé et gravé sous le dernier de ces empereurs. Une fleur de lis et une colombe portant dans son bec une branche d’olivier sont placées sur la pointe de l’obélisque. Ce sont les armes de la famille Pamphili..» Le piédestal en granit qui porte cet obélisque est dressé sur un haut rocher s’élevant du milieu d’un bassin circulaire et percé de quatre côtés de manière à former une sorte de caverne. C’est évidemment la conception la moins égyptienne qui put se présenter à l'esprit. Aux quatre angles du rocher sont assises des statues colossales en marbre blane, exécutées d'après les dessins de Bernini, et figurant le Gange, le Nil, le Danube et la Plata:

L’inimitié connue qui existait entre les deux architectes Ber-

nini.et Borrimini a seule, sans doute, suggéré à la gaieté italienne les

interprétations malignes au sujet de deux des statues composées par Bernini : ainsi l’on a prétendu que le voile qui couvre la tête du-Nil n'est pas ici une allusion au mystère de sa source, mais que cette figure se voile pour ne pas voir la facade de l’église Sainte-Agnès, qui est de Borromini. On a dit également que la figure rejetée en arrière, et le bras levé, manifestaient son effroi de voir tomber un des clochers de la même église.

Petit lavoir public.

Le plan et la coupe de ce petit lavoir, situé via del Lavatore, ex-

pliquent certains détails qui ont de l’intérèt pour l’usage.

Peintures arabesques d'une chapelle de l'église S. M. dell Anim.

Ces arabesques décorent la quatrième chapelle à gauche dans l’église Santa Maria dell” Anima. Plusieurs motifs sont charmants. La perspective du portique, au-dessus du médaillon, rappelle les proportions capricieuses et le style des peintures décoratives de Pompéi. On sait que Vitruve blämait déjà l'abus qu’on en faisait de son

temps.

Plan de l’église et du couvent S. Onofrio, situés sur le mont Gianicolo.

Cette église, construite en 1439, et le couvent qui en dépend, sont sur les hauteurs du Janicule, à l'extrémité de cette colline de Rome qui domine la rue de la Longara vers la porte S. Spirito. Ces constructions présentent un laisser-aller et un décousu qui attestent l’inexpérience des architectes du temps. Un portique commun s'étend, d’un côté en avant de l’église, de l’autre en avant du couvent. Si l'église ne s'annonce pas extérieurement par une facade caractéristi-

que, du moins à l’intérieur sa disposition pittoresque est bien accusée.

Il, >9.

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