‹ Edifices de Rome moderneChapitre 89 sur 154 · L'ART · texte numérisé non relu

L'ART

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XII

Ce qui donne un intérêt tout particulier à ce couvent, situé dans ce quartier isolé et désert, c’est le séjour qu'y fit le Tasse quelque temps avant de mourir. Du haut de ce point élevé, ses regards mourants s’étendaient sur la ville éternelle, et sur la campagne romaine jusqu’à la mer. Les moines qui lui avaient donné l'hospitalité l’enterrèrent dans l’église et mirent une simple pierre sur sa tombe, avec cette inscription touchante et bien humble pour un nom si glorieux :

TorqQuaTI Tassi ossa HIC JACENT. Hoc NE NESCIUS ESSET HOSPES FRA-

TRES HUIUS ECCLESIÆ P. P.. MDCI; oBur anvo MDXCV.

Plan et vue de la fontaine Paola (Pauline), sur le mont Giarnicolo.

Cette fontaine monumentale, bâtie sur le point le plus élevé et le plus visible de Rome, est la plus grande de la ville, et elle est surtout remarquable par l'abondance de ses eaux. Elles sont formées de l’ancienne eau Trajane, et non Alséatine, commeil est dit par erreur dans l'inscription. Elle prit le nom d’eau Pauline, du pape Paul V, qui fit réparer l’aqueduc antique par Giovanni Fontana, frère du célèbre Domenico, et y réunit une partie de l’eau du lac de Bracciano. On y a, depuis, introduit l’eau du lac de Martignano. Ces eaux, parvenues dans Rome, après un cours de 35 milles, alimentent tout le quartier et font mouvoir des moulins et différentes usines.

Le monument de la fontaine Pauline fut élevé en 1612 par Giovanni Fontana et Maderno (Stefano, sculpteur, suivant Nibby). Les colonnes de granit et les matériaux proviennent du forum de Nerva. Ces colonnes, élevées sur des piédestaux maigres et allongés, paraissent trop grèles pour la hauteur excessive de l’attique, surmonté lui-même des armes du pape; ces'armes sont composées d’une aigle et d’un griffon. Cependant, bien que l'ordonnance

de ce monument laisse beaucoup à désirer sous le rapport de la

ET CRITIQUES. 565 correction et des proportions, cette vaste façade à un aspect gran-

diose, et l’on reste en admiration devant lé volume d’eau qui se

précipite de ses arcades et qui est évalué à 1800 pouces de fontainier.

Plan d'une cascade dans le jardin du palais Colonna.

Les jardins du palais Colonna s'étendent sur les hauteurs du mont « Quirinal. Les cascades, dont le plan est donné ici, sont d’un bel effet

et ajoutent à la magnificence de ces jardins, enrichis de fragments antiques.

Plan d'une piscine dans le jardin de la villa Negronr.

Pour bien faire apprécier l'effet de cette piscine, nous en donnons t

ici une vue réduite d’après celle de Falda et reproduite telle qu'elle

était de son temps, c’est-à-dire avec ses statues, ses fontaines Jaillissantes et les marches en avant qui n'existent plus.

Les balustrades sont inclinées pour aller rejoindre le sol plus élevé du côté de la via Strozzi ; le trottoir intérieur, au contraire, est horizontal. On trouve sous ce trottoir des vases en terre cuite placés entre chaque arcade et qui étaient destinés à donner un abri au poisson.

La vue est prise par le petit diamètre. Le mur qu’on aperçoit au fond est un mur de clôture séparant la villa de la wia Strozzt.

Elévation principale et plan du palais Saloiati, via della Longar«.

Ce vaste édifice fut construit par le cardinal Salviati pour y loger Henri IIL, roi de France. Nanni di Baccio Bigio en fut l'architecte. Quelques-uns cependant l'ont attribué au Florentin Baceio d’Agnolo. La facade, quoique pesante, est d’une belle apparence, surtout vue

de la rive opposée du Tibre. L'architecture de ce palais, qui n’a pas

été achevé, est traitée dans le style florentin; mais on n'y trouve ni le même goût, ni la même grâce dans les proportions. |

Les appartements étaient enrichis de tableaux choisis, dont un grand nombre sont passés au palais des Borghese, qui héritèrent des ducs Salviati. Le gouvernement, ayant acheté ce palais, y a établi l'Archivio urbano, ou dépôt des anciens actes publics des notaires. Une charmante villa, embellie de jardins et de fontaines, formait la dépendance de ce palais; elle fut négligée et elle était dans un état d'abandon lorsque Léon XIIT en fit un jardin botanique destiné à servir d'école pratique à l’université de la Sapienza.

Le plan du palais sur la cour principale est bien disposé; les étages ne s’y élèvent que sur trois des côtés; le quatrième, n'étant qu’un mur de clôture, orné de pilastres correspondants aux piliers des arcades du portique, permet de jouir du coup d’œil des jardins et donne à cette cour beaucoup d’air et de grandeur. Les dépendances placées au fond sont bien distribuées ; derrière les bâtiments les jardins, avec

leurs fontaines et leurs cascades, occupent les rampes de la partie du

mont Janicule qui conduit au couvent de S. Onofrio.

Plan de deux maisons, a de Monterone.

Ces deux maisons, assez proches l’une de l’autre, à moitié distance vin, 5: du Panthéon et de l’église S. Andrea della Valle, présentent toutes

deux une heureuse disposition de plan.

Plan d'une maison, piazza de’ Cenci.

La disposition de ce plan est bonne et assez originale. Au premier vi, 52. palier on peut, ou continuer à monter en face, ou bien, en tournant à gauche, prendre le grand escalier de droite, qui mène sur une hauteur

appelée Monte Cenci.

Autel sans emploi, déposé dans le corridor conduisant à

la sacristie de S. M. del Popolo.

Cet autel est un des plus délicieux monuments de ce genre. Les 1v, 4. proportions en sont bien entendues, les arabesques gracieuses, les sculptures traitées dans un excellent style. Le soubassement, qui n’est aujourd’hui qu'un simple socle, a sans doute, remplacé une base plus riche et mieux en rapport avec le monument, lors de son déplacement. La tête du Christ placée au-dessus dans un demi-

cercle est très-belle.

Tombeau d'Hector Lengles, de sa femme et de sa fille,

dans l'église S, M. sopra Minerva.

Ce tombeau est situé à gauche en entrant, près de la porte. Les 1x, 5.

VIH,

chapiteaux et les ornements, qui ont du rapport avec ceux du palais Giraud, et la date de 1508, nous portent à penser que Bramante en fut l'architecte. Les profils sont méplats et dans le caractère grec. Nous en donnons, à la planche suivante, un détail à une plus grande échelle. |

Tombeau de Bernardo Sculteti et de Giovanni Anibe,

dans l'église 5. M. dell Anima.

Ce tombeau se trouve à droite, près de la porte de droite. Les arabesques en sont charmantes, et les sculptures délicates et bien traitées ; mais il y a lieu de critiquer les chapiteaux, ainsi que la tête de mort du fronton, qui fait un mauvais effet. Les bustes des deux person-

nages sont trop courts. Ce monument est à une très-petite échelle.

Plan de l'église S. Andrea della F'alle.

Cette église prend son nom du palais Valle, qui est sur la même place. Elle est située près des ruines de la scène du théâtre dé Pompée, et de celles de la curie de Pompée, où fut assassiné César. Le cardinal napolitain Gesualdo la fit commencer en 1591, sur les dessins de Pietro Paolo Olivier: ; elle fut terminée par Carlo Maderno. La facade, que l’on a coutume de vanter comme une des plus magnifiques de Rome, est de mauvais goût; elle est couronnée d’un double fronton brisé; Carlo Rainaldi en fut l’architecte. L'intérieur, d'une assez bonne proportion, possède des peintures reniarquables et de riches chapelles : la première, à droite en entrant, a été bâtie parles Ginnetti, d'après les dessins de Carlo Fontana; la chapelle Strozzi, la seconde à droite, est de Michel-Ange; l'architecture en est seche et incorrecte. Elle est ornée de quatre tombeaux de marbre noir, d'un groupe en bronze placé sur l'autel, exécuté d’après la célèbre Pieta, du Buonarotti, qui est à Saint-Pierre du Vatican, et de deux

figures, Rachel et Lia, également en bronze, copiées sur celles du tombeau de Jules IF, à Saint-Pierre in Vincoli. Cette chapelle a douze belles colonnes de lumachelle; les chapiteaux sont en bronze; on y admire aussi deux beaux candélabres en bronze. Au chœur, on remarque un candélabre aux armes de Sixte V : le lion portant la fleur.

Le dôme à 74 palmes de diamètre. Les peintures de la coupole . représentant la gloire céleste, sont un des meilleurs ouvrages de Lanfranc, qui consacra quatre années à ce travail. La célébrité de l’église S. Andrea della Valle est due surtout aux quatre évangélistes, peints dans les pendentifs, qui sont des chefs-d’œuvre classiques du Domi-

niquin.

Détail d'un autel dans l'église S. M. del Popolo.

Ce charmant petit monument, dont la planche 258 reproduit l’ensemble, méritait d’être étudié dans ses détails sur une grandeéchelle, afin qu'on püt mieux apprécier le goût qui a préside à la décoration

du pilastre, du chapiteau, de la portion de niche et de l’entablement.

Détails du tombeau de Bernardo Sculteti et de Giovanni Knibe.

Les délicieuses arabesques de ce tombeau méritaient également, comme les détails de l'autel précédent, d’être reproduites en grand. Ces deux charmants motifs sont d’un sentiment distingué et d’une

exquise délicatesse.

Détail du tombeau de la fanulle Florid.

On trouvera de même ici avec intérêt le détail, donné sur une

plus grande échelle, de ce tombeau d’'Hector Lenglès, de sa

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